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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > « Les fausses confidences » en émulation féminine pour les Molières

« Les fausses confidences » en émulation féminine pour les Molières

Pour sa dernière représentation au Théâtre de la Commune, la jauge est quasi au complet et c’est avec deux nominations au compteur des Molières que le spectacle va pouvoir partir en tournée de printemps, voire davantage en cas de votes préférentiels du jury.

Avec ses comédiennes, ainsi à l’honneur, la mise en scène de Didier Bezace offre les meilleures garanties d’un théâtre de qualité dont la télévision public a retransmis en direct, la représentation du mardi 30 mars.

Toute la distribution concourt à cette démonstration des sentiments amoureux qui se coltinent avec détermination aux résistances de la société du XVIIème siècle, éminemment cloisonnées, en classes sociales hermétiques.

L’enjeu entre Dorante (Robert Plagnol) et Araminte (Anouk Grinberg) sera donc de réussir à pouvoir transgresser toutes les entraves psychologiques, morales et financières que leurs proches dressent autour de leur inclination mettant en porte à faux, leurs statuts socioculturels respectifs.

Les coups fourrés et autres médisances vont se multiplier en renforçant, à la surprise des commanditaires mal intentionnés, le rapprochement des amoureux car un démiurge veille au bon ordonnancement de l’objectif poursuivi.

Celui-ci a pour nom Dubois ; ce valet zélé (Pierre Arditi) est effectivement d’un matériau perspicace mettant son point d’honneur, avec l’aide d’Arlequin (Alexandre Aubry) son alter ego, à retourner les évènements, d’apparence défavorables, en autant de chances à exploiter en leurs contraires.

Alors la mère (Isabelle Sadoyan) d’Araminte, l’oncle (Christian Bouillette) de Dorante et Monsieur le comte d’Orimont (Jean-Yves Chatelais) pourront toujours s’associer objectivement à contrarier l’attirance mutuelle des jeunes gens, ceux-là ne parviendront pas à déjouer l’esprit malin que l’amour est enclin à susciter, dès qu’il se sent menacé.

Selon une magnifique scénographie réversible de Jean Haas où peut se conjuguer de l’intérieur à l’extérieur de la villégiature, un archet des sentiments renvoyant chacun, entre tension et détente, dans les cordes d’un « ring de Tendre », l’imparable victoire à la carte, tout en points cumulés, est dûment programmée par Marivaux.

Toutefois l’auteur ne sera pas sans observer que le bonheur de Marton (Marie Vialle) va lui, en contrepartie, passer par pertes et non profits, puisque c’est ainsi que, de tous temps, chemine la passion amoureuse, rendant parfois les uns très heureux pendant que d’autres restent fort malheureux.

Le metteur en scène fera de cette constatation inéluctable, la scène ultime où Marton, la suivante dépitée, au pied du grand escalier, tendra vers le ciel un regard qui aurait pu, selon une version différenciée de l’Amour, être l’accomplissement de sa propre félicité.

photo © Cat.S / Theothea.com 

LES FAUSSES CONFIDENCES  - *** Theothea.com - de Marivaux - mise en scène : Didier Bezace - avec Pierre Arditi, Alexandre Aubry, Christian Bouillette, Jean-Yves Chatelais, Anouk Grinberg, Robert Plagnol, Isabelle Sadoyan & Marie Vialle - Théâtre de la Commune & tournée


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