Donc, l’autre soir, je n’avais pas envie de revoir pour la énième fois les errements sentimentaux et sexuels de James Spader et Andie MacDowell dans "Sex, lies and videotape", j’ai donc zappé sur une connerie américaine sur NT1 (Vive la TNT), "Ultime décision", qui ressort du genre très spécial des films américains de gros n’avions qui ont d’ailleurs pris un coup de vieux depuis le 11 septembre. Donc, dans cette bouffonnerie, Stiveune Cigale (à l’intention d’un ou deux demeurés ou mal-comprenants qui tomberaient par hasard sur ce blog, je sais que cela s’écrit Steven Seagal) est chef de braves soldats américains qui sont un condensé sympa de melting-potes : un black, un hispanique, un asiatique, un jeune de quartier chaud, mais attention, faut pas déconner, c’est quand même un blanc qui commande encore, Stiveune en personne. Ils viennent pour tuer des très méchants arabes qui veulent qu’on libère des prisonniers sinon les avions vont exploser sur New York, ou Washington, j’ai pas tout suivi. Comme il est drôlement soucieux, Stiveune a les yeux mi-clos. Après comme il est drôlement concentré, il a soudain les yeux mi-clos mais d’une autre manière (expression 2 du film, il n’y en a d’ailleurs que 2). Coup de théâtre, Stiveune se fait flinguer dés le début du film, merdalors, et c’est un ingénieur embarqué lui aussi sur le vol qui prend le commandement des opérations parce que le melting-potes, sans leur chef, ils sont perdus (c’est bien connu, sans supérieur comme sans ennemi le militaire s’étiole). On nous fait croire que c’est type comme les autres : il a des problèmes de fric, de boulot, de sexe ; alors qu’en fait on a bien vu que c’était Snake Pllisken alias Kurt Russel (héros de quelques films d’action). Avec l’aide des gentils petits gars, d’une hôtesse de l’air afro-américaine et d’un gros sympa qui désarme une bombe avec une touillette de machine à café, tout finit bien, il finit même en pilotant tout seul comme un grand le gros n’avion. Et ça finit comme dans "Die Hard 2" avec une chanson de Sinatra à cause de la dérision et tout ce genre de choses, tout ça. Et après les gentils soldats partent en Irak sans se poser de questions se faire trouer la peau pour que des ploucs adipeux puissent continuer à faire le plein.
On trouve toutes les constantes dans ce film, que l’on trouve déjà dans "Air Force One" (où la fille du président c’est Thora Birch, Enid dans "Ghost World", qui a acquis entre deux un buste chasse-neige) ou une série Z avec Wesley Snipes, où l’hôtesse de l’air sexy mais combative c’est déjà Halle Berry (ça le ferait moins si elle s’appelait Halle Creuse, ah, ah, ah, suis-je spirituel). Le héros veut rentrer tranquillement chez lui mais des pirates détournent le n’avion. On remarque que quand les pirates tirent dans les parois de l’appareil, il n’y a pas de décompression de cabine, sauf vers la fin pour rajouter au suspens. Il y a toujours un personnage d’homme politique ou de journaleux, comme dans "Die Hard 2" justement, satisfait de lui, conscient de son importance, et qui veut parlementer avec les terroristes parce qu’il connaît plein de monde (ou qu’il s’y croit comme le suggère ce genre de films). Le héros doit toujours finir par piloter lui-même le gros 747, jamais d’Airbus, et il le fait atterrir sans qu’il n’y ait de blessés, parce qu’il est trop fort. A un moment crucial du film, le méchant prend en otage un proche du héros ou quelqu’un dont il va tomber amoureux à la fin. Le héros serre les dents mais il fint par cèder (il fait semblant). Le méchant, qui est toujours un étranger ingrat qui reproche plein de choses aux gentils États Unis tellement sympas, le fait emmener par des sbires pour le faire tuer plus loin (ce qui prouve que le méchant est con, il devrait le tuer de suite). Les militaires de la "Navy" ou de l’"Air Force" (il y a toujours un peu de propagande pour l’une ou l’autre des deux armées, l’air ou la marine, dans les films de gros n’avions) encadrent toujours l’avion du héros à la fin, et il y a toujours un militaire qui fait un salut respectueux tandis que le gentil lui répond par un geste plus désinvolte. Et comme dans les films de James Bond, une chanteuse ou un chanteur populaire se met à brâmer pour conclure l’histoire pendant qu’un panoramique dévoile tout le panorama du décor...
En photos : les héros de "Ultime décision", en haut, en bas Gary Oldman et Harrison Ford dans "Air Force One", où le président c’est Superman.
Bientôt dans cette rubrique les films d’horreur japonais de couloir.
Ci-dessous des passagers s’affolent dans "Y’a-t-il un pilote dans l’avion ?" qui n’est pas exactement une parodie des films de gros n’avions mais plutôt des films catastrophes avec des gros n’avions (ce n’est pas pareil).

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