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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > « Les garçons et Guillaume, à table ! » en one Gallienne man

« Les garçons et Guillaume, à table ! » en one Gallienne man

Si, pour obtempérer à l’injonction familiale de convivialité, ses frères passent tout simplement à table, Guillaume, lui, pour être en phase avec l’intention présupposée, se met littéralement à table, afin d’extirper du sous-entendu maternel, tous les maux qui font mal à l’identité d’un enfant, en mal être.

Du non-dit homosexuel, il va se dénicher des accointances féminines qu’il pourra revendiquer a volo, afin de faire plaisir à une mère soi-disant frustrée de n’avoir enfanté que des fils.

Guillaume met, ainsi, en scène le rapport hautement privilégié qu’il entretient avec une mère adorée à l’instar d’un Marcel Proust, pareillement soucieux de la sienne.

Si, par extension, toutes les femmes de sa vie deviennent des relais à l’image séduisante et protectrice, l’adolescent va subir, de plein front, les foudres de ses camarades de jeu sur l’air de la tapette ou de la tantouse.

Par la suite, en raison de sa marginalité sociale avérée, le jeune homme sera confronté aux préjugés enclins à toutes formes d’exclusion.

Cependant, chez Guillaume Gallienne, ce processus va inverser tous les marqueurs habituels car, d’un point de vue subjectif, son homosexualité latente ne serait qu’un leurre ou plus exactement le fruit d’un fantasme comploté par autrui.

En effet, se voulant conforme à ce que la toute puissance maternelle et donc la société en son ensemble attendait de lui, dans le vaste jeu des rôles dédiés à chacun, Guillaume serait devenu, à ses corps et esprit défendant, le jouet d’un fâcheux malentendu dont seule, la psychanalyse pourra décrypter l’influence perverse.

Aussi, n’étant décidément pas la sœur de ses frères, il lui faudra remonter le cours du temps dévastateur et prouver, à qui en douterait encore, que la passion amoureuse était à portée hétérosexuelle du Guillaume rêvant, secrètement, d’être, à la fois, l’objet idéal du désir maternel en même temps que le héros de la conquête conjugale.

Afin donc de sortir, par le haut, d’une situation identitaire inextricable, la pratique du théâtre va s’offrir, à proprement parler, sur un plateau, en lui proposant d’être, en puissance, un autre que soi-même.

Ainsi, en composant le personnage qu’il n’est pas, tout en négociant habilement avec la schizophrénie, le comédien découvre un point d’appui solide, le temps de la représentation, pour extérioriser la terreur nihiliste et faire preuve, dans la distanciation du talent, de sa capacité à exister dans le regard d’autrui.

Cela dit, le stand up de Guillaume Gallienne n’a rien d’une tragédie psychiatrique ni même d’une typologie clinique, puisque le public, qui ne s’y trompe pas, rit et applaudit, à chacune de ses intonations, mimiques ou autre poses que plus de dix années de carrière à la Comédie-Française lui permettent de maîtriser dans l’excellence comique de l’autodérision.

photo © Pacome Poirier / Wikispectacle 

LES GARCONS ET GUILLAUME, A TABLE - *** Theothea.com - de Guillaume Gallienne - mise en scène : Claude Mathieu - avec Guillaume Gallienne - Théâtre de l’Athénée

 


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1 réactions à cet article    


  • isotope 28 janvier 2010 20:55

    lorsque l’on est transsexuelle on comprend très bien l’esprit d’une telle prestation 

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