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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Les grands adagios

Les grands adagios

Les adagios ont été rendus célèbres auprès du grand public par le cinéma. L’Adagio pour cordes de Samuel Barber, par exemple, a été utilisé dans Platoon, Elephant Man, Le fabuleux destin d’Amélie Poulain. Un adagio de Richard Wagner accompagne la scène de Chaplin dictateur jouant avec le globe terrestre. Le plus célèbre des adagios, l’Adagio d’Albinoni, a aussi été employé au cinéma mais il n’est pas d’Albinoni !

Un adagio n’est pas une forme musicale à part entière ; il s’agit d’une indication de mouvement comprise entre le lento (lent) et l’andante (en marchant). On le trouve donc dans une sonate, un concerto ou une symphonie. Par exemple, l’adagio de Barber est tiré de son premier quatuor à cordes.

Ecouter l’adagio pour cordes de Samuel Barber.

L’adagio est placé le plus souvent en deuxième position dans une oeuvre musicale (concerto, suite, symphonie...). Mais on le trouve parfois en troisième position.

Le terme vient de l’italien "ad agio" signifiant "à l’aise". Il indique un tempo assez lent (entre 56 et 76 pulsations par minute sur les graduations du métronome). C’est ce qui en a fait le succès ! Ce rythme a conduit à la création d’oeuvres célèbres.

Le plus célèbre des adagios, l’Adagio d’Albinoni, très connu du grand public, a en réalité été composé par un certain Remo Giazotto en 1945.

Ecouter l’adagio dit "adagio d’Albinoni".

On sait qu’Albinoni a composé environ 80 partitions d’opéras dont près de 70 furent détruites pendant le bombardement de Dresde, en février 1945. L’éditeur de cette oeuvre apocryphe affirma donc que l’adagio avait été reconstruit à partir de fragments d’une sonate en trio de Tomaso Albinoni retrouvés après les bombardements. Mais cette thèse est fortement sujette à caution.

Ce morceau a été utilisé par la série de science-fiction Cosmos 1999 et par plusieurs réalisateurs de cinéma dont Orson Welles en 1962 pour Le Procès, d’après Kafka.

Quant à l’adagio de la scène du Dictateur de Chaplin, il est de Richard Wagner.

Ecouter l’adagio de Richard Wagner (Lohengrin, opéra, acte I, prélude).

Les producteurs de disques publient des compilations sous le nom d’adagios, incluant des oeuvres qui ne portent pas forcément cette appellation. Parmi ces oeuvres, il en est qui sont des adagios, d’autres pas.

Les adagios baroques sont particulièrement appréciés. Ainsi ceux de Bach, Haendel, Corelli, Albinoni, Vivaldi, Tartini, par exemple.

Ecouter l’adagio de Bach de la suite pour orchestre no3 BWV 1068.

Ecouter cet adagio de Haendel

Ecouter un adagio de Corelli

Ce Corelli était très réputé pour ses adagios ; en voici donc un second.

Un adagio de Vivaldi

Plus tard, les compositeurs viennois ont aussi composé des adagios :

Un Mozart ? Celui-ci pour clarinette est très connu !

Et ce clair de lune de Beethoven ! (sonate pour piano no 14)

Haydn

Je vous laisse découvrir ou redécouvrir d’autres adagios superbes :

Sergei Rachmaninoff : Vocalise.

Léonard Bernstein : adagio tiré de West Side Story.

Maurice Ravel : Pavane pour une infante défunte.

Mahler : Symphonie no 5 - adagietto.

Et ce magnifique et célèbre adagio du concerto d’Aranjuez de Joaquin Rodrigo, à la guitare classique.

N’oublions pas Edvard Grieg : adagio tiré de l’oeuvre Peer Gynt : "chanson de Solveig".

Aimez-vous Brahms ? Ecoutez cet adagio d’une sonate pour violon de Brahms.

Certains adagios n’osent pas se dire tels :

Un adagio mais pas trop ("ma non troppo") de Dvorak.

Un quasi adagio de Liszt.

Cet adagio est assumé par son auteur : adagio soutenu ("sostenuto") de Chopin.

Le très étrange et fascinant Gymnopédie no 3 d’Erik Satie, qui n’est pas rigoureusement un adagio puisqu’il est "lent et grave".

Gnossienne no 4 du même Erik Satie, tout aussi subjugant.

Schubert

Un adagio de Mendelsohn

On ne pourrait pas citer tous les compositeurs ni tous les grands adagios. Et puisque nous avons commencé cet article en évoquant le cinéma, voici un adagio de Georges Delerue (du film "Le Mépris") histoire de faire hurler certains qui ne vont pas priser mais que nous ne méprisons pas.


 


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20 réactions à cet article    


  • Bernard Dugué Bernard Dugué 8 janvier 2009 11:20

    Bonjour et vive la musique, une valeur refuge par temps de crise

    Pour les férus d’étrangeté et de mystère, l’adagio de la musique pour corde percussion et célesta de Bartok
    on se croirait dans un paysage lunaire


    • La Taverne des Poètes 8 janvier 2009 11:51

      Autant la fugue (vue précédemment) est une "fuite" (au sens littéral du mot d’ailleurs), autant l’adagio est un refuge. Dicton pour ces temps de crise financière : "L’adagio adoucit les agios." smiley


    • Olga Olga 8 janvier 2009 11:43

       Superbe ces adagios !
      Et celui pour violon de Saint-Preux ?


      • Olga Olga 8 janvier 2009 12:08

         Dans ma précipitation j’ai oublié le "s" final de "Superbe".
        @La Taverne des Poètes
        Pour le second lien vers un adagio de Corelli sur le site Jiwa, n’est-ce pas le même (joué différemment) que vous donnez juste avant ? Jiwa l’écouter à nouveau pour être bien sûre... smiley



      • La Taverne des Poètes 8 janvier 2009 12:20

        Jiwa rien ! car je n’ai pas l’accès au bureau. Et d’ailleurs je n’ai que le temps de passer faire de rapides commentaires. smiley


      • Hieronymus Hieronymus 8 janvier 2009 13:13

        merci encore pour ce tres interessant article !

        Je ne peux m’empecher l’adagio du Concerto en Ut mineur pour 2 clavecins Bwv 1060
        de J.S.Bach (nul autre que lui), un des plus beaux adagios dont Stanley Kubrick
        s’est d’ailleurs servi pour illustrer une scene du film Barry Lyndon !
        ici le lien qui permet de visualiser le debut ou ils jouent ce morceau, helas bien vite interrompu..
        http://www.youtube.com/watch?v=xYnclATZTZU


        • La Taverne des Poètes 8 janvier 2009 13:26

          Bach bien sûr. Mais je n’ ai pu tout mettre dans cet article. Il faut laisser de la place aux autres, comme dit l’adage, yo !


        • catastrophy catastrophy 8 janvier 2009 13:35

          Liste sublime !
          Merci Olga.. pour cet Adagio que je ne connaissais pas...
          Du bonheur.


          • Billevesées 8 janvier 2009 13:36

            Je me permets de vous donner un lien vers une version « Orgue et violoncelle » de la vocalise de Rachmaninoff :
            http://www.jiwa.fr/track/Sergey-Rachmaninov-26330/Piano-Concerto-No-4-52664/Vocalise-134343.html

            Bonne écoute, et merci pour l’article !


            • Hieronymus Hieronymus 8 janvier 2009 14:55

              j’allais oublier, encore de Stanley Kubrick, une des sequences les plus envoutantes
              de 2001 l’odyssee de l’espace, celle accompagnee de l’Adagio du ballet Gayane
              de Khatchaturian (celui ou il y a la danse du Sabre)
              simplement sublime .. c’est l’accord le plus merveilleux que je connaisse
              entre la musique et les images, a tel point qu’on n’imagine plus l’un sans l’autre
              cette musique est parfaitement liee a la contemplation du vide intersideral
              elle m’a hante l’esprit durant des annees, ici le lien sur Youtube :
              http://www.youtube.com/watch?v=anjVjj4w5rA


              • Fergus fergus 12 janvier 2009 09:55

                A ce détail près que la Danse du sabre de Gayaneh est à des années-lumière d’un tempo adagio. Je ne connais pas l’indication donnée par Khatchaturian, mais je pencherais plutôt pour un allegro vivace ou un presto vivace.


              • Hieronymus Hieronymus 12 janvier 2009 20:10

                Fergus
                il semble que vous ayez un probleme ..
                avez vous ecoute l’extrait dont je donne le lien ?
                (qui lui est bien un adagio)
                cet extrait du ballet Gayane n’est absolument pas la Danse du sabre
                j’indiquais simplement que le ballet Gayane est celebre surtout grace a ce fameux 
                passage intitule la Danse du sabre (lequel effectivement n’est pas un "adagio")


              • zelectron zelectron 8 janvier 2009 15:28

                Quelle bonne idée !
                aussi je me joint au "concert" de louanges


                • La Taverne des Poètes 8 janvier 2009 16:45

                  Allegro ? Ah les gros, mince !
                  Les Andante : plutôt les al dente !
                  Et un autre sur les quasi adagietto ma non troppo !

                  Sérieux. Je ne cherche pas l’effet catalogue. J’essaie de rendre vivants mes articles autour d’une idée (Ici, le cinéma populaire). Et il faut que cela apporte quelque chose au lecteur (et à moi -charité bien ordonnée...- à travers les recherches que je fais). Je ne sais pas avec beaucoup d’avance vers quoi mon envie va m’orienter.


                • Fergus fergus 8 janvier 2009 16:59

                  En réalité, il n’existe que très peu de différences entre une indication de tempo "lento", "adagio", "andante" ou "largo" (voire "grave" ou plus rarement "romance"), la plupart des interprètes (chefs d’orchestre ou solistes) sont d’accord sur ce point, et ils ne se privent d’ailleurs pas de s’en affranchir régulièrement en fonction de leur sensibilité ou du caractère qu’il entendent donner à l’oeuvre.

                  Quant à trouver de beaux "adagios" dans la musique classique, rien de plus facile puisqu’il en existe des... centaines, bien calés comme l’a dit LaTaverne en 2e mouvement des concertos et le plus souvent en 2e mouvement dans les symphonies (juste avant le menuet ou le scherzo qui a succédé à cette danse). Il suffit de piocher notamment dans la partie de la discothéque allant de la fin du baroque jusqu’à romantique. 

                  En écrivant cela, je suis précisément en train d’en écouter un, superbe, de Johann Stamitz dans son concerto pour clarinette en si bémol majeur.

                  Merci pour cet article, La taverne.


                  • Hieronymus Hieronymus 8 janvier 2009 17:40

                    en parlant de musique de film
                    celle dont on se souvient ds le film "le mepris", de Georges Delerue
                    avec la scene ou BB demande a Piccoli si "tu les aimes mes fesses ?"
                    c’est le morceau intitule "Camille" et non pas l’adagio (a peine connu)


                    • La Taverne des Poètes 8 janvier 2009 18:34

                      Message d’un lecteur anonyme : "Satie pas bien cette Liszt ? Elle Mahler bien et mérite de sortir en compilation dans les Bach des disquaires. Elle ne risque pas de Barber les mélomanes, personne n’aura la Haendel. Elle est bonne comme la Mozart hé là ! Elle nous mène au paradis, bref à l’Haydn. Et si j’en Chopin qui dit le contraire..."

                      Merci lecteur anonymus. En remerciement : Sibelius.

                      P.S : Non, j’ai rien busse...Pourquoi ?




                      • La Taverne des Poètes 8 janvier 2009 18:36

                        Bon, d’accord, c’est moi le lecteur anonyme. De toute façon tout le monde a reconnu mon style.


                      • Yohan Yohan 9 janvier 2009 00:04

                        Interessant. je ne savais pas qu’il y en avait autant


                        • Fergus fergus 11 janvier 2009 10:57

                          Comme j’ai déjà eu l’occasion de l’écrire dans un précédent commentaire, adagio est une indication de tempo mais ne renseigne pas sur le genre de l’oeuvre.

                          On peut trouver des adagios dans toutes les formes de l’écriture musicale à plusieurs mouvements (symphonies, concertos, sonates, suites, etc.), mais ce tempo peut aussi s’appliquer à des oeuvres ne comportant qu’un seul mouvement, par exemple (et entre autres formes) des poèmes symphoniques, des romances ou des élégies.

                          Bien que dénommée "adagio pour cordes", l’oeuvre de Barber mentionnée dans cet article appartient selon moi à ce dernier genre, l’élégie, autrement dit une sorte de longue plainte mélancolique. 

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