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Les grands concertos pour violoncelle

Né à la fin du 16e siècle et longtemps en concurrence avec la viole de gambe ou relégué dans un rôle de soutien du clavecin à la basse, le violoncelle a commencé à s’affirmer avec Giuseppe Jacchini, auteur en 1701 du tout premier concerto pour cet instrument. Le violoncelle n’a toutefois conquis ses lettres de noblesse qu’avec l’émergence de Vivaldi dans le firmament musical du 18e siècle. Auteur de nombreux concertos pour violoncelle, le Vénitien a véritablement lancé le goût concertant pour cet instrument aux timbres si chauds, et parfois si envoûtants...

On recense, dans le catalogue prolifique des œuvres d’Antonio Vivaldi, près d’une trentaine de concertos pour violoncelle, la plupart destinés à être joués par les talentueuses orphelines de l’Ospedale della Pietà. Parmi les œuvres du « prêtre roux » figure un concerto pour violoncelle en mi mineur (largo, allegro, largo, allegro) dont le second largo a acquis une notoriété universelle grâce au film Barry Lyndon. On peut s’étonner de son caractère... peu concertant, et pour cause : il s’agit là d’une sonate pour violoncelle à laquelle le compositeur français Vincent d’Indy a donné un accompagnement de cordes et basse continue. Plus beau encore, et d’une plus profonde intensité, le concerto en si mineur RV 424 (allegro non molto, largo, allegro), peut-être le meilleur de Vivaldi pour cet instrument. 

Compositeur de transition entre le baroque et le classique, l’austère Georg Mathias Monn est, c’est le moins que l’on puisse dire, à peu près inconnu du public, à l’image de son œuvre. Il est toutefois un opus qui échappe à l’oubli dont Monn est victime : son unique concerto pour violoncelle (allegro, adagio, allegro non tanto). Superbement écrit dans la tonalité de sol mineur, ce séduisant concerto, dans lequel on retrouve des accents vivaldiens, est caractéristique du rôle joué par son auteur dans l’évolution de l’écriture musicale. Une œuvre remarquable comme en témoigne, en forme d’hommage, sa fréquente présence dans la discographie au côté des chefs d’œuvre de Haydn.

L’héritage qu’a légué à la postérité le grand Joseph Haydn est à la fois monumental et remarquable par la qualité de ses œuvres. Parmi la quarantaine de concertos qu’il a composés figurent deux des plus belles partitions jamais écrites pour le violoncelle : le concerto en ut majeur de 1762 (moderato, adagio, allegro molto) et le concerto en ré majeur de 1783 (allegro moderato, adagio, rondo : allegro). Deux purs chefs d’œuvre qui, de nos jours, sont encore régulièrement interprétés sur les grandes scènes internationales par les plus illustres formations symphoniques et les meilleurs violoncellistes contemporains. Parmi les interprétations les plus émouvantes : celles de Jacqueline Du Pré, l’épouse de Daniel Barenboïm, trop tôt emportée par la maladie.

Si l’immense Jean Sébastien Bach n’a jamais écrit d’œuvres concertantes pour le violoncelle, tel n’a pas été le cas de son fils Jean-Chrétien qui, dans son impressionnante production instrumentale, nous a légué un superbe concerto pour violoncelle (ou alto) en ut mineur (allegro molto ma maetoso, adagio molto espressivo, allegro molto energico). Dommage que ce concerto, caractérisé à la fois par sa vitalité et son expressivité, ne soit pas plus souvent interprété.

Parler au cœur de l’Homme

Spécialement composés vers 1787 pour le roi et... violoncelliste amateur Frédéric-Guillaume II de Prusse, les concertos pour violoncelle de Carl Stamitz sont caractéristiques du style de composition qui prévalait alors à l’École de Mannheim. Sans prétendre rivaliser avec ceux de Haydn, ils sont régulièrement enregistrés et exécutés en concert, à l’image du concerto pour violoncelle n° 1 en sol majeur (allegro con spirito, romance : andantino, rondo : allegro).

Ignaz Pleyel doit plus, pour sa notoriété, à la création de sa manufacture de pianos et à la prestigieuse salle de concerts parisienne qui porte son nom qu’à ses œuvres musicales. Pleyel a pourtant été un compositeur prolifique et important de l’époque classique, à l’aise aussi bien dans la musique symphonique que dans la musique de chambre. Parmi ses concertos, il n’est pas toujours facile de savoir à quel instrument ils étaient initialement destinés tant il les a transcrits ou arrangés pour de nombreux instruments, le plus souvent pour répondre aux attentes du public. Composés dans un style tout à la fois élégant et virtuose, son concerto pour violoncelle BEN 106 (à l’origine dédié à la clarinette) et son concerto pour violoncelle BEN 108, tous deux écrits en ut majeur à la fin du 18e siècle, illustrent parfaitement le talent d’un Pleyel injustement méconnu (pas de vidéo malheureusement).

Trop souvent réduit à ses excellents quintettes, le talentueux Italien Luigi Boccherini a également composé de nombreux concertos, en particulier pour le violoncelle, instrument pour lequel il avait manifesté dès son adolescence à Lucques d’excellentes dispositions. Écrits pour « parler au cœur de l’homme » selon la propre formule de Boccherini, ses concertos pour violoncelle, d’une grande qualité, sont clairement marqués par l’influence d’Haydn. Sans atteindre au niveau de génie du maître, quelques-uns d’entre eux, à l’image du concerto en sol majeur n° 7 G 480 (allegro, adagio, allegro), méritent sans nul doute leur place dans ce florilège par leur dynamisme et leur grande qualité mélodique.

Á l’image de la maladie qui l’a emporté, le concerto pour violoncelle de Robert Schumann, composé en 1850, suscite encore bien des débats relativement à sa forme et aux sources de son inspiration. Composée dans la tonalité de la mineur, cette œuvre est constituée de sept mouvements enchaînés caractérisés par une inspiration romantique aux accents parfois lyriques. Conclu par un rythme rapide en forme de fuite en avant, ce concerto – auquel Schumann apporta ses dernières corrections six jours avant de se jeter dans le Rhin – garde encore aujourd’hui tout son mystère. 

Ami de Tchaïkovski, le violoncelliste Carl Davidov a écrit quatre concertos pour son instrument. Injustement méconnues et trop souvent reléguées à un rôle didactique, ces œuvres témoignent pourtant d’une grande sensibilité non dénuée de virtuosité. Sans être à proprement parler un « grand », le très mélodique concerto pour violoncelle en la mineur, caractéristique des compositions du 19e siècle, s’impose comme le meilleur du compositeur.

Pianiste virtuose, Camille Saint-Saëns n’a pas seulement écrit pour son instrument de prédilection (on lui doit cinq concertos pour piano), mais également deux concertos pour violon et deux pour violoncelle. Incontestablement, c’est le superbe concerto en la mineur (liens 1, 2), composé en 1872, qui recueille les faveurs non seulement du public mais aussi des solistes, tous ou presque unanimes pour en louer les qualités. De taille réduite (moins de vingt minutes) et composé de trois mouvements enchaînés, cette œuvre offre en effet un harmonieux cocktail de passion lyrique, parfois endiablée, et de difficultés techniques. Une belle réussite !

Un clin d’œil à Staline

Né à Lille, le compositeur Édouard Lalo est resté très attaché à ses origines comme en témoigne sa célèbre symphonie Espagnole (en réalité une symphonie concertante pour violon et orchestre en 5 mouvements). Des accents ibériques, on en trouve également dans son concerto pour violoncelle en ré mineur. Écrit en 1877, trois ans seulement après la symphonie Espagnole, ce concerto s’ouvre sur un allegro alternativement énergique et élégiaque ; suivent un intermezzo rêveur, puis un fougueux rondo. Admirablement orchestré, ce concerto montre à quel point Lalo a été – au sein du Quatuor Armingaud-Jacquard – un excellent violoniste et altiste, particulièrement sensible aux possibilités du violoncelle. Bien qu’il soit moins joué que celui de Saint-Saëns, ce concerto figure incontestablement parmi les préférés des solistes en activité.

Comme pour sa géniale symphonie du Nouveau Monde, c’est aux États-Unis que le Tchèque Antonín Dvořák a écrit, entre la fin 1894 et le début 1895, son célèbre concerto pour violoncelle en si mineur. Remaniée à Prague, cette œuvre n’est toutefois créée qu’en 1896 à Londres par le violoncelliste Leo Stern. Et si les Américains y ont vu l’influence de la musique des Noirs et des Indiens, le musicologue et biographe Otokar Šourek y a, quant à lui, trouvé d’incontestables références aux thèmes nationaux tchèques ! Quoi qu’il en soit, métissé ou pas, ce concerto fait incontestablement partie des œuvres de référence pour le violoncelle, et ce n’est que justice.

Edward Elgar n’a écrit qu’un seul concerto pour violoncelle (adagio, allegro molto, adagio, allegro moderato). Commencé en 1918 dans un hôpital de Londres et achevé en 1919, ce concerto annonce d’emblée la couleur dans une tonalité de mi mineur. Qualifiée d’élégiaque par les uns, de mélancolique par les autres, et même d’ennuyeuse ou de soporifique par certains, cette œuvre, fraîchement accueillie puis peu jouée, eût sans doute sombré dans l’oubli si elle n’avait été chaleureusement défendue par le violoncelliste Paul Tortelier. Á chacun de se faire une opinion.

Dédicacé à Mstislav Rostropovich qui l’a créé en 1959 à Moscou, le concerto pour violoncelle n° 1 en mi bémol majeur de Dimitri Chostakovitch est sans aucun doute le plus inspiré de ses deux œuvres du genre. Ce concerto – assez peu concertant ! – prend pour l’essentiel la forme d’une très longue rêverie et donne une place prépondérante à l’expressivité de son interprète, bien qu’il comporte également de redoutables passages techniques, en particulier dans son final. Á noter, dans le 4e mouvement, l’utilisation distordue de Suliko, un chant géorgien cher à Staline (allegretto, moderato, cadenza, finale : allegro con moto).

On l’aura compris au fil de ces lignes, il y en a pour tous les goûts, que l’on soit amateur de baroque, de classique, de romantisme ou de contemporain. Bonne écoute...

Note : bien d’autres compositeurs ont écrit des concertos pour violoncelle intéressants à des titres divers. Parmi eux : Leonardo Leo, Nicola Fiorenza, CPE Bach, Jean-Louis Duport, Samuel Barber, Henri Dutilleux, Samuel Goldschmidt et, strictement réservé aux amateurs de « contrepoint aléatoire », Witold Lutosławski...

Mstislav Rostropovich : Concerto pour violoncelle n° 1 en mi bémol majeur de Dimitri Chostakovitch - 1er mouvement

Concerto pour violoncelle n° 1 en mi bémol majeur de Dimitri Chostakovitch - 2ème mouvement

Concerto pour violoncelle n° 1 en mi bémol majeur de Dimitri Chostakovitch - 3ème et 4ème mouvements

 

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42 réactions à cet article    


  • Gabriel Gabriel 1er décembre 2011 09:47

    Bonjour Fergus,

    Au milieu de tout le chaos de notre époque, une image d’espoir et de liberté restera gravée dans nos mémoires, celle de Rostropovich jouant au pied du mur de la honte entrain de s’écrouler sous les notes du virtuose. Cordialement.


    • Fergus Fergus 1er décembre 2011 10:00

      Bonjour, Gabriel.

      Rostropovitch jouant devant le mur une suite de Bach, l’image a effectivement fait le tour du monde et... suscité bien des critiques, le grand « Slava » ayant été accusé d’avoir surtout joué devant les caméras du monde entier venues à Berlin filmer la chute du mur. Il est pourtant peu probable que Rostropovitch ait cédé à un désir de pub mais plus probablement à un irrésistible besoin de fêter à sa manière la chute d’un totalitarisme.

      Il n’en est pas moins vrai que sa notoriété a, depuis, très largement franchi le cercle des habitués de la musique classique, et cette image le caractérise désormais plus que n’importe quelle autre prestation de ce très grand serviteur du violoncelle.

      Cordiales salutations.


    • Willy Wonka 1er décembre 2011 11:22

      Article apaisant... comme beaucoup de concerto de violoncelle, un instrument que j’adore.

      Par contre, je ne sais pas si vous connaissez le concerto pour violoncelle de Schnittke. Pas très apaisant...


      • Fergus Fergus 1er décembre 2011 11:56

        Bonjour, Willy.

        Merci pour votre commentaire.
        Non, je ne connais pas le concerto de Schnittke, mais je vais essayer de l’écouter. Pas très apaisant non plus, celui de Gyorgy Ligeti que je n’ai pas cité dans l’article.

        Cordialement.


      • goc goc 1er décembre 2011 17:09

        Bonjour Fergus

        pour ma part, je suis resté à la viol de Gambe avec des auteurs comme John Dowland, ou plus connu ici Marin Marais (connu depuis le film « Tous les matins du monde ») et surtout avec Jordi Saval comme interprète,
        Je trouve sa sonorité plus ample, et surtout j’ai un faible pour la musique baroque, dont certain morceaux sont d’une modernité surprenante

        mais bravo surtout pour ton article. En ces temps troublés, il devient nécessaire de se replonger dans nos fondamentaux culturels, ceux ou l’argent n’est pas l’unique but, et ou seul compte le plaisir de l’émotion


        • Fergus Fergus 1er décembre 2011 17:36

          Bonjour, Goc.

          Merci pour ton commentaire.

          Superbes, John Dowland et Marin Marais, particulièrement interprétés par Jordi Saval. Mais Christophe Coin est également un excellent soliste.

          Cela dit, sur le plan du répertoire, Sainte-Colombe et Antoine Forqueray ont eux aussi composé de superbes pièces pour la viole de gambe. Autre compositeur intéressant et trop méconnu : Johannes Kapsberger qui, lui, a écrit pour le théorbe. En l’occurence, deux intruments cousins qui appartiennent à la famille des luths.

          Mais théorbe ou viole de gambe, baroque ou classique, seul compte, comme tu le soulignes, le plaisir de l’écoute et l’émotion qu’elle suscite.

          Cordiales salutations.


        • Georges Yang 1er décembre 2011 17:44

          Bonjour Fergus, je ne suis pas hélas un grand fervent de violoncelle, plutôt de contrebasse dans le jazz
          Je vous attend sur les instruments bizarres ou minimalistes comme le triangle, le glass-harmonica (vous en avez déja parlé) et autre cymbales et sifflets


          • Fergus Fergus 1er décembre 2011 17:58

            Bonjour, Georges.

            Chacun ses goûts. Personnellement, j’aime également beaucoup la contrebasse. Peu de concertos pour cet instrument, les plus connus étant ceux de Vanhal, Dragonetti et Bottesini (j’aime beaucoup celui de Vanhal).

            En jazz, la contrebasse est à mes oreilles un plus car elle donne une couleur particulière à la partie basse, mais je ne suis pas un spécialiste, et d’autant moins que mes goûts en jazz sont eux aussi très... classiques : très nette prédilection pour le jazz d’avant 1940.

            A propos de contrebasse, une petite pensée pour celle de Pierre Nicolas, le contrebassiste de Brassens, si précieux pour susciter l’émotion dans la « Non demande en mariage ».

            Les instruments bizarres, j’en reparlerai sans doute prochainement.

            Cordialement.


          • FRIDA FRIDA 1er décembre 2011 19:55

            @Bonsoir Fergus,

            C’est toujours un plaisir de vous lire.

            Ce que j’aime le plus c’est Schubert, mais je préfère plus ses lieder et notamment le voyageur de l’hiver. Peut-être que vous nous ferez un article la-dessus smiley


            • Fergus Fergus 1er décembre 2011 20:03

              Bonsoir, Frida.

              Merci pour votre commentaire.

              Schubert est également l’un de mes compositeurs favoris. Mais j’avoue, de manière génrale, ne pas être très amateur des lieder romantiques. Je ne me vois donc pas écrire sur ce thème, d’autres étant beaucoup plus qualifiés que moi.

              Cordialement.


            • Richard Schneider Richard Schneider 1er décembre 2011 20:32

              Bonsoir Fergus,

              Comme j’avais déjà lu votre magnifique article, je ne serai pas long. Juste : un régal ! Bravo !
              Bonne soirée,
              RS

              • Fergus Fergus 1er décembre 2011 22:23

                Bonsoir, Richard.

                Merci pour votre commentaire, et content que ce travail puisse trouver un écho favorable chez les lecteurs d’AgoraVox.

                Cordialement.


              • Peachy Carnehan Peachy Carnehan 1er décembre 2011 20:44

                Heureux de voir - enfin - ce sujet en une d’Agoravox.

                @ Fergus.

                Amusante cette anecdote sur Staline et le chant géorgien.


                • Fergus Fergus 1er décembre 2011 22:25

                  Salut, Peachy.

                  J’ai moi-même été surpris de voir l’article monter en « une ». Surpris et ravi, non pour moi, mais pour la culture que l’on a tendance trop souvent à négliger par rapport aux sujets politiques et économiques.

                  A très bientôt.

                  Bonne nuit.


                • Annie 1er décembre 2011 22:45

                  Bonsoir Fergus,
                  La raison est peut-être qu’il s’agit moins d’aborder un sujet controversé qui va récolter 200 commentaires, que de partager un plaisir ou une passion. Difficile parfois de commenter sur des sujets que les auteurs maitrisent bien, ou beaucoup plus que leurs commentateurs, ce qui n’empêche pas qu’ils soient appréciés. 


                  • Fergus Fergus 1er décembre 2011 23:11

                    Bonsoir, Annie.

                    Vous avez raison, les thèmes politiques ou sociétaux se prêtent beaucoup plus à la controverse. Mais la musique peut également donner lieu à des échanges, pour signaler telle ou telle oeuvre oubliée ou méconnue, telle ou telle interprétation de qualité à laquelle on est attaché, voire pour mettre l’accent sur des points d’accord ou de désaccord comme dirait Woody Allen..

                    Cordiales salutations.


                  • Stupeur Stupeur 1er décembre 2011 23:29

                    Bonjour Fergus, bonjour mesdames, bonjour messieurs, smiley 
                    Comme d’habitude, c’est magnifique
                    Comme d’habitude, je n’arrive pas à trouver le temps de tout écouter
                    Comme d’habitude, je suis en retard de plusieurs batailles. Même pas eu encore le temps de passer en revue tous les concertos pour violons, et encore moins de m’attarder sur les articles qui ont suivi... 
                    Donc, pfffff, pas facile la vie de ♥ Sylphide ♥ ...
                    Vite fait, en passant, une petite passacaille (passacaglia) de Haendel, jouée par deux ♥ gamins ♥ espiègles. 
                    And now, ladies and gentlemen : Itzhak Perlman & Pinchas Zukerman ! 
                    Je trouve ça génial... Et si j’ai tort, qu’on me le dise, et alors, je m’énerve, et, comme d’habitude, je me lève et je te bouscule ♥ smiley ♥ smiley ♥ comme d’habitude... 
                      

                    • Fergus Fergus 2 décembre 2011 09:02

                      Bonjour, Stupeur.

                      Merci pour ton commentaire. Difficile de tout écouter, en effet, et encore ai-je volontairement limité les références.

                      Superbe, le duo Perlman-Zukerman. Deux immenses artistes ! Ils sont d’ailleurs les interprètes de l’un de mes vinyles préférés : la symphonie concertante pour violon et alto de Mozart.

                      A écouter sans modération dès que l’on sent poindre le moindre énervement.

                      Cordiales salutations.


                    • Fergus Fergus 2 décembre 2011 09:06

                      Bonjour, Lübeck.

                      Un grand merci à vous. Et puissiez-vous trouver d’autres occasions de prendre du plaisir musical dans mes prochains articles...

                      Cordialement.


                    • COVADONGA722 COVADONGA722 1er décembre 2011 23:58

                      yep Fergus yep sinon comme Goc découvert Jordi Saval dont l’épouse cantatrice vient de disparaitre une belle voix chantant hors des sentiers battus !
                      Asinus , toujour lecteur et auditeur de vos enluminures auditives !


                      • Fergus Fergus 2 décembre 2011 09:12

                        Salut, Asinus.

                        Je connais mal la femme de Savall, Montserrat Figueras, et je suis relativement ignare en matière d’art lyrique.Néanmoins j’ai eu l’occasion de l’entendre et de l’apprécier au sein de l’ensemble Hespérion XX. Superbe !

                        Je vous souhaite unex excellente journée.


                      • Antoine 2 décembre 2011 01:17

                        Bonsoir Fergus,

                         Toujours votre péché mignon qui consiste à mettre en avant le secondaire (Pleyel, Monn dont d’ailleurs je préfère le pastiche qu’en a réalisé Schoenberg) pour ignorer ou passer plus que vite sur les oeuvres majeures comme les concertos de Dutilleux et Lutoslawski et bien d’autres comme ceux de Kabalevski, Hindemith, Martinu, Schoeck, Milhaud, Penderecki, Villa-lobos, Prokoviev, Mossolov, Weinberg, Scott, Schnittke, Martin, et les compositions pour violoncelle et orchestre comme le Don Quichotte de Richard Strauss, les variations rococo de Tchaikovski, le Kol Nidrei de Bruch, et j’en oublie qui ne viennent pas à l’esprit en cet instant.

                        ps Vous avez aimé le Godard ?


                        • Fergus Fergus 2 décembre 2011 09:45

                          Bonjour, Antoine.

                          Comme dans mes articles précédents, j’ai élaboré un « best of » qui ne prétend pas répondre à l’universalité des goûts. Et ce qui semble « secondaire » à certains peut être essentiel pour d’autres. Nul ne peut d’ailleurs s’ériger en la matière en détenteur de l’incontournable vérité du savoir et des goûts.

                          L’histoire de la musique appelle d’ailleurs à la plus grande modestie. Je vous rapelle à ce sujet ce que j’écrivais à l’occasion d’un précédent article : l’immense Mozart était, au début du 20e siècle, regardé de manière condescendante par les élites intellectuelles, au motif, disait-on, que l’auteur de Don Giovanni ou du Requiem avait écrit avant tout pour... les enfants ! Quant au génial Vivaldi, inventeur de la musique concertante de soliste et auteur d’innombrables chefs d’oeuvre, il n’a, après des sièckes d’oubli, retrouvé son rang qu’après la 2e guerre mondiale !

                          J’ai hésité à parler des Variations rococo de Tchaïkovski qui ne sont pas un concerto mais auraient pu avoir leur place ici ; je ne l’ai pas faire pour ne pas alourdir un texte déjà long. Quant au superbe Kol Nidrei de Bruch, bien connu de la communauté hébraïque, je ne l’ai pas cité car il ne s’agit pas d’une oeuvre réellement concertante, mais plutôt d’une sorte de longue élégie liturgique pour violoncelle avec accompagnement d’orchestre.

                          Quant aux auteurs contemporains que vous citez, peut-être avez-vous raison, mais ils ne m’ont pas semblé avoir leur place ici, encore que j’aie cité dans ma note de fin d’article Dutilleur et Lutoslawski, au côté de Barber et Goldschmidt. Question de goût... Précisément, étant donné votre goût personnel prononcé pour la musique contemporaine, pourquoi ne pas nous faire profiter dans un article de vos connaissances en la matière ?

                          Cordialement.


                        • Antoine 4 décembre 2011 00:19

                          Bonsoir Fergus,

                           Difficile en effet le débat sur les goûts mais tout de même : expliquer au nom de leur prétendue relativité que les derniers crachotis à la mode d’un gugus (entr’autres) avec la casquette retournée et un piercing dans le prépuce valent au moins sinon plus qu’un prélude de Chopin, par exemple, relève de l’ignorance et de la démagogie culturelle les plus crasses. Quant à Mozart (toutefois parfois égratigné par des pointures comme Berlioz ou Gould), sa réputation (ainsi que celle de Haydn d’ailleurs) a été un peu ternie au début du vingtième (contre quoi d’ailleurs s’était élevé le fin connaisseur Sibelius) en raison d’une déification de Beethoven mais le tir a été rapidement rectifié. Cela dit, on trouve tout dans la musique de Mozart, y compris l’enfance qui pour autant n’est pas nécessairement angélique...

                          Ps je n’ai pas un goût plus particulièrement prononcé pour la musique contemporaine mais seulement pour ...la Musique !


                        • Fergus Fergus 4 décembre 2011 10:06

                          @ Antoine.

                          Chaque génération a ses codes et ses musiques, et je n’entre pas dans une comparaison entre les genres du passé et ceux du présent, tant ces derniers sont principalement marqués par les modes. Mode n’est d’ailleurs pas forcément synonyme de médiocrité, et il faudra attendre que le temps fasse son œuvre pour constater, plusieurs décennies après, ce qu’il reste de tel ou tel genre dans la mémoire collective et le fonds musical. La musique classique, en l’occurrence très largement expérimentale, n’échappe d’ailleurs ni aux modes ni aux tris, et bien malin celui qui, aujourd’hui, pourrait affirmer, ce qui restera de l’œuvre des maîtres du moment.

                          A ce propos, si je vous suggère d’écrire sur la musique contemporaine, ce n’est pas par provocation, mais uniquement parce que vous connaissances en la matière sont sans aucun doute très supérieures aux miennes. Et pour cause : j’ai énormément de mal avec la majorité des compositeurs de notre temps, et notamment avec tous ceux qui, dans la foulée des théoriciens du dodécaphonisme, de la musique sérielle ou de la composition aléatoire, nous proposent leurs créations. Le problème posé par ces musiques n’est d’ailleurs pas inhérent à ce seul art : on le retrouve également en peinture et en architecture, nombre de jeunes créateurs ayant la prétention de s’exonérer des formes existantes pour convaincre le monde de leur génie créatif.

                          Quant à Mozart, indéniable et immense génie s’il en est, la manière condescendante dont ont pu en parler des critiques et même des compositeurs du passé montre que les prétendus experts eux-mêmes peuvent dire et écrire d’énormes sottises. Car le génie n’est pas toujours dans la complexité, et il suffit d’écouter le merveilleux andante du 21e concerto pour piano pour se convaincre de cette évidence.

                          Je vous souhaite une excellente journée.


                        • Antoine 4 décembre 2011 16:32

                           Bonjour Fergus,

                           Que la mode soit synonyme de médiocrité est plus que jamais une réalité puisque de nos jours tout est affaire d’audimat et l’oreille commune est devenue la seule référence. C’est la dictature du marché et donc de la vulgarité au sens le plus péjoratif.

                           Pour la musique (vraiment) contemporaine, il est effectivement difficile de faire a priori le tri entre ce qui mérite le détour et ce qui relève du pur snobisme, mais la musique n’est pas seule concernée. Cela dit, vous vous arrêtez presque à l’antiquité puisque Ravel vous parait trop moderne alors que ses compositions collent parfaitement et sans torture pour l’oreille. Aventurez vous dans le vrai contemporain en débutant par du neo-tonal très accessible comme Bacri par exemple !

                           Pour « votre » andante de Mozart, détrompez vous, il est beaucoup plus complexe que vous le pensez : c’est un mouvement de type rhapsodique, rare chez Mozart, et qui utilise des procèdés subtils sans lesquels l’oeuvre perdrait tout intérêt musical. Par exemple, il commence par un doux antagonisme entre la mélodie binaire et des triolets rebelles et le piano enchaine des phrases irrégulières avec de nombreuses modulations sans changement brutal. L’instrumentation est également exceptionnelle puisqu’en particulier on tire un grand plaisir de la dissonance (usage du si bémol) produite par le premier violon. Tout ceci pour vous dire que même là, dans ce qui vous parait simple, on trouve la marque du génie qui fait toute la différence !


                        • Fergus Fergus 4 décembre 2011 17:07

                          @ Antoine.

                          Pour ce qui est de Mozart, c’est de « simplicité » ou de « complexité » apparente que je parle, autrement dit de la manière dont perçoit la musique un amateur non spécialisé dans la technique musicale, ce qui est très largement mon cas.

                          Où avez-vous lu que je m’arrête à Ravel en matière de musique contemporaine ? Ne pas apprécier un compositeur (hormis l’exercice de style du Boléro et la superbe Pavane) ne veut pas dire que c’est toute son époque qui doit être condamnée. Je ne condamne d’ailleurs personne – de quel droit le ferais-je ? - et surtout pas les auteurs d’œuvres qui ne me parlent pas, sachant que d’autres amateurs les apprécient, parfois avec passion. Ainsi en va-t-il également avec Bacri dont la musique, effectivement non rebutante, ne suscite en moi aucune émotion. Permettez-moi de préférer à ces deux-là des compositeurs comme Chostakovitch, Prokofiev, Copland ou Françaix. Encore une fois, les goûts...

                          Bonne fin d’après-midi.


                        • Antoine 4 décembre 2011 17:47

                           Certes, mais sans cette complexité, cet andante perdrait toute sa saveur, raison pour laquelle des tonnes de musique vont rejoindre les poubelles de l’histoire !

                           Ravel est un orchestrateur sans égal qui nous a livré les plus belles oeuvres du répertoire national et pour lequel Stravinsky avait la plus grande admiration et pas vous ? Libre à vous d’amputer votre oreille mais vous vous privez d’une écriture riche, splendide, très diverse et d’une lyrisme superbe...même si vous avez la bonne idée d’aimer ceux que vous citez !


                        • Fergus Fergus 4 décembre 2011 19:04

                          @ Antoine.

                          Votre discours est, une fois de plus, très élitiste et condescendant : en quoi devrait-on comparer mon avis et celui de Stravinsky ? Cela n’a strictement aucun sens car mon approche est celle d’un amateur qui écoute une oeuvre, pas celle d’un musicologue qui la dissèque.

                          Il se trouve que je suis également peintre à mes heures (j’ai par exemple peint mon avatar en 1999) et que j’ai fait partie, pendant quelques années, d’une association où ce débat était récurrent, entre l’approche émotionnelle des uns, et l’approche technique des autres. En quoi l’une des deux devrait-elle prendre le pas sur l’autre ? Faut-il avoir fait les Beaux-Arts pour apprécier les scènes de mariage de Hogart ? Ou connaître toutes les techniques de tournage pour être ému au cinéma par Le Troisième Homme ?

                          Il arrive même que la connaissance approfondie de la technique ait des effets pervers. Comme chez cet ex-collègue, bon vivant et buveur de vin naguère, qui ne trouve plus une bouteille digne de sa table depuis qu’il a suivi une formation d’...oenologie ! La naïveté, la virginityé culturelle sont parfois les meilleurs gages d’une émotion qui repose sur le rapport spontané que chacun peut avoir avec une oeuvre !

                          Bonne soirée.


                        • Antoine 4 décembre 2011 23:13

                           Désolé Fergus de vous avoir offensé en supposant que Stravinsky avait peut-être un goût plus sûr que le vôtre !

                           Sabine, la connaissance approfondie n’est pas indispensable pour apprécier une oeuvre (encore que pas toutes, loin s’en faut) mais pour en comprendre les ressorts et donc se l’approprier totalement, c’est une autre affaire. L’ignorance est parfois une force mais pas dans ce domaine, l’art s’apprend...


                        • Antoine 5 décembre 2011 22:40

                           C’est une affaire de vocabulaire et je veux bien admettre que vous vous appropriez une oeuvre musicale à votre façon et c’est tant mieux. Seulement voilà, vous démontrez le contraire en vous extasiant devant la daube de Nyman, ce que ne peut faire tout titulaire d’une véritable culture musicale. Bravo quand même pour la pâmoison devant la beauté subtile d’une oeuvre qui n’en a pas, belle performance...


                        • Antoine 5 décembre 2011 22:48

                           Fergus, ne seriez-vous pas un humoriste ? Vous rédigez un article pour déniaiser (un peu) les incultes dans le domaine musical et cela se termine par une éloge de l’ignorance, curieuse façon d’achever la boucle...


                        • Antoine 6 décembre 2011 00:37

                           Tant mieux pour vous, les kilomètres de daube déversée en tous lieux assureront sans faille votre bonheur permanent !


                        • Fergus Fergus 2 décembre 2011 10:02

                          Bonjour, Ursulin.

                          Un grand merci pour votre commentaire. Ma démarche en publiant ce type d’article sur AgoraVox est précisément de mettre en contact avec la musique classique des personnes qui ne la connaissent pas, qui la connaissent peu, ou qui s’en sont détachés. Et cela en toute modestie, n’étant moi-même ni musicien ni musicologue, mais simple amateur. Je suis par conséquent ravi de constater que des lecteurs d’AV trouvent un intérêt à lire ces articles et à cliquer sur les liens.

                          Des sites de musique classiques, sans doute en existe-t-il, mais j’avoue ne pas les connaître. Le mieux, à mon avis, est plutôt de fréquenter une médiathèque pour y emprunter, oui écouter sur place, des CD afin de cerner progressivement ses propres pôles d’intérêt. C’est la démarche que j’ai personnellement suivie à partir de l’âge de 23 ou 24 ans. Encore faut-il avoir accès à une médiathèque de quelque importance, et cela implique d’habiter en ville ou dans une communauté de communes sensibilisée à la culture, ce qui n’est pas le cas partout. Reste une autre possibilité : aller se balader sur les sites Youtube et Dailymotion en entrant des mots-clé tels que des noms de compositeurs, de style de musique, ou des noms d’instruments...

                          Bonne recherche.

                          Cordiales salutations.


                        • Fergus Fergus 2 décembre 2011 15:48

                          @ Ursulin.

                          Superbe, le château de Sully-sur-Loire. A visiter pour ceux qui passent dans la région, ne serait-ce que pour la magnifique charpente médiévale du donjon.

                          Je ne doute pas que vous ayez pris plaisir à fréquenter naguère le Festival de Sully. Je le connais de réputation, mais je n’y suis jamais allé. Cette année, il y avait , entre autres, deux formations que j’apprécie : le Sinfonia Varsovia et Le concert spirituel. Peut-être irai-je une année prochaine...

                          Bonne journée.


                        • Fergus Fergus 2 décembre 2011 15:52

                          @ Ursulin.

                          Non, je n’ai pas de blog, mais j’envisage depuis plusieurs mois d’en créer un. Etant en instance de déménagement (mais cela prend pas mal de retard), j’ai remis ce projet à plus tard. J’espère qu’il verra le jour dans le courant de l’année 2012. Il va de soi que j’y mettrai en ligne mes articles sur la musique, éventuellement complétés par de nouvelles informations. Merci de vos encouragements.

                          Cordialement.


                        • Surya Surya 2 décembre 2011 14:46

                          Bonjour Fergus,

                          Je ne me connecte pas tous les jours et j’aurais donc pu rater votre article qui date d’hier !! Excellent, comme d’habitude. smiley Un vrai plaisir de vous lire ! Merci de ce travail phénoménal que vous consentez et entreprenez, afin que nous puissions nous enrichir. Très cordialement,


                          • Fergus Fergus 2 décembre 2011 15:59

                            Bonjour, Surya.

                            Merci pour votre commentaire. C’est également un vrai plaisir pour moi d’écrire ces articles et de constater qu’ils sont appréciés par quelques lecteurs d’AgoraVox. D’autres suivront, sur le répertoire, mais aussi sur des aspects plus anecdotiques de l’histoire de la musique.

                            Cordiales salutations.


                          • Taverne Taverne 4 décembre 2011 00:19

                            Salut Fergus,

                            Je suis bien content que ton article soit dans la sélection du dimanche, jour où l’on a plus de temps pour écouter ces chefs-d’oeuvre. Dommage qu’il n’existe pas une rubrique sur Agoravox regroupant tous les articles de fond sur la musique contenant des liens pour écouter. Sinon, j’ai mon blog perso qui regroupe mes articles sur la musique (jazz, classique, chanson). J’y ai déjà écrit un papier reprenant tes articles. Je pourrais y mettre aussi en référence tes derniers articles.


                            • Fergus Fergus 4 décembre 2011 09:10

                              Bonjour, Paul.

                              Merci pour ton commentaire ainsi que pour les liens, mis en place sur ton blog, qui renvoient vers mes articles musicaux. Je ne peux te rendre la pareille dans l’immédiat, faute de blog personnel : j’attends en effet d’avoir déménagé, ce qui se fera probablement dans le courant de l’année 2012, pour me lancer dans cette aventure sur le net.

                              Cordialement.

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