• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Les grands concertos pour clarinette

Les grands concertos pour clarinette

Fille du chalumeau d’origine médiévale, la clarinette – « le plus parfait des instruments à vent », selon Ludwig Spohr – a vu le jour à Nüremberg à la fin du 17e siècle dans l’atelier du facteur d’instruments Johann Denner. Au fil des perfectionnements, la clarinette* – le « bâton d’ébène » des jazzmen – a apporté à la musique des timbres chauds dont se sont abondamment servi les compositeurs classiques, mais aussi les musiciens traditionnels et les artistes de jazz, pour le plus grand bonheur des amateurs...

S’il a tout naturellement utilisé le chalumeau (ou salmoé), Antonio Vivaldi, toujours friand de sonorités nouvelles, a également été le premier compositeur à faire appel à la clarinette dans divers concertos à plusieurs instruments qu’il destinait aux orphelines de la Pietà, et notamment les célèbres concertos pour 2 hautbois et 2 clarinettes en ut majeur RV 559 et RV 560. Mais c’est à Johann Friedrich Fasch que l’on doit le seul concerto pour chalumeau qui soit encore joué de nos jours. En si bémol majeur, ce concerto est bâti en quatre mouvements, sur le modèle déjà presqu’archaïque de la sonata da chiesa (sonate d’église).

Si le premier concerto pour la seule clarinette soliste est probablement dû au très oublié Antoni Paganelli, Johann Melchior Molter est sans doute l’un des premiers compositeurs de renom à être entré dans l’histoire de la musique pour ses concertos dédiés à la clarinette, et cela dès 1750. Caractérisés par l’utilisation des sons aigus (le clarino) de la clarinette en ré de l’époque, les concertos de Molter, de facture relativement simple, s’inspirent nettement plus de l’éclat des musiques de fête que des tons chaleureux et mélancoliques que Mozart saura plus tard donner à l’instrument. Outre son réel intérêt historique, l’œuvre de Molter n’en est pas moins plaisante et inscrite au répertoire de nombreux solistes, tel le concerto pour clarinette en ré majeur n° 6

Après avoir intégré, dès 1754, la clarinette dans l’« orchestre-type » de la cour de Mannheim, le grand Johann Stamitz a lui aussi composé pour cet instrument comme le montre le superbe concerto en si bémol majeur. Probablement écrit en 1757, cette œuvre de très belle facture illustre parfaitement le style qui prévalait alors à Mannheim et nécessite de la part du soliste une incontestable agilité.

Si le très talentueux Carl Stamitz a laissé un nom dans l’histoire comme étant le père de la symphonie concertante, il n’a pas dédaigné pour autant l’écriture de concertos, et la clarinette lui doit quelques œuvres qui figurent en bonne place au répertoire. On en retient surtout le concerto pour clarinette n° 11 en mi bémol majeur (allegro, aria : andante moderato, rondo : allegro moderato). Partiellement transposé par le compositeur d’un de ses propres concertos pour viole d’amour, cette œuvre illustre parfaitement le style qui s’imposait à Mannheim, avec un premier mouvement très classique suivi d’une superbe romance quelque peu mélancolique, le tout conclu par un finale alla caccia que n’aurait pas désavoué Haydn.

Mozart et Weber au panthéon

C’est au contact du virtuose Anton Stadler que Wolfgang Amadeus Mozart a découvert la clarinette, le cor de basset (clarinette basse), et leurs nombreuses possibilités. Dès lors, le génial compositeur s’est pris d’une réelle passion pour ces instruments aux couleurs si chaudes, au point de leur confier un rôle essentiel dans des œuvres majeures comme l’envoûtante sérénade pour 12 instruments à vent et contrebasse, dite « Gran Partita » (extrait), ou le superbe quintette avec clarinette (extrait). Curieusement, il a pourtant fallu attendre 1791 pour que Mozart compose enfin, pour son ami franc-maçon Stadler, son ultime œuvre concertante, le merveilleux concerto pour clarinette en la majeur (allegro, adagio, rondo). Rien ne transparaît du surmenage de Mozart dans cette œuvre si pleine de vie et de poésie dont l’adagio, d’une très grande pureté, touche au sublime. Comble de l’émotion : moins de deux mois après qu’il eut apporté la touche finale à son concerto, Mozart était mort ; et l’on mesure à l’écoute d’une œuvre ayant atteint un tel niveau de perfection à quel point le décès prématuré du génial compositeur a été une perte immense pour le patrimoine de l’Humanité.

C’est la fréquentation du clarinettiste virtuose Johann Hermstedt qui a conduit Ludwig Spohr à écrire pour cet instrument. Grâce à leur collaboration est né en 1809 le concerto pour clarinette n° 1 en ut mineur (adagio-allegro, adagio, rondo : vivace). Cette œuvre est importante car, au delà de ses indéniables qualités musicales, la partition écrite par Spohr a conduit Hermstedt à porter de 5 à 12 le nombre des clés de l’instrument et à franchir, de ce fait, une étape décisive dans l’étendue de sa tessiture. Toujours pour Hermstedt, Spohr a ensuite composé le superbe concerto pour clarinette n° 2 en mi bémol majeur (allegro, adagio, rondo : polacca) avant de revenir dans ses deux derniers concertos à une tonalité mineure.

Avec son concertino en ut mineur et ses deux célèbres concertos, tous composés en 1811 pour son ami le clarinettiste Heinrich Bärmann à la demande du roi Maximilien de Bavière, Carl Maria von Weber occupe une place de tout premier plan dans le répertoire des œuvres pour clarinette. De ses deux concertos, le plus abouti est incontestablement le concerto n° 1 en fa mineur dont les premières mesures aux violoncelles donnent immédiatement le ton de l’œuvre (allegro moderato, adagio ma non troppo, rondo : allegretto quasi allegro). Pour être plaisant et remarquablement bien écrit, le concerto n° 2 en mi bémol majeur (allegro, romanze : andante, alla polacca) n’atteint pas le niveau de plénitude de son aîné. Il n’en est pas moins universellement connu et particulièrement apprécié du public pour sa polonaise finale. Deux concertos qui, si l’on en croit l’éminent musicologue Georges Servières (1858-1937), illustrent parfaitement « le contraste des deux aspects du tempérament de Weber : la mélancolie [...] et l’allure désinvolte, légère et fringante... » 

Dernier Konzertmeister de la cour de Vienne, le Morave Franz Krommer (Frantisěk Kramář) a, comme ses contemporains, abondamment utilisé la clarinette, y compris sous forme concertante. Ce n’est toutefois pas un concerto pour une clarinette mais un concerto pour deux clarinettes en mi bémol majeur de 1815 qui retient plus particulièrement l’attention dans son œuvre. Après un premier mouvement agréable mais plutôt conventionnel (allegro), ce concerto se poursuit par un adagio mélancolique avant de s’achever, comme le mi bémol de Weber, sur une très dynamique polonaise (alla polacca).

Cette même année 1815 était créé le concerto pour clarinette en fa mineur du compositeur finlandais Bernhardt Henrik Crusell, lui-même brillant clarinettiste. Des trois concertos écrits pour cet instrument par Crusell, celui que l’on a surnommé « Le Grand » est sans conteste le plus réussi. Composé dans un style très classique en trois mouvements (allegro, andante pastorale, rondo : allegretto), il fait partie intégrante du répertoire des solistes. Mais le concerto en si bémol majeur, écrit en 1811, vaut également d’être écouté, ne serait-ce que pour son très enlevé rondo alla polacca, décidément dans l’air du temps.

Des piqués terrifiants

Autodidacte, le Polonais Karol Kurpiński a principalement écrit pour l’opéra, cherchant souvent son inspiration dans les thèmes populaires comme l’usage commençait à se répandre chez les grands compositeurs du 19e siècle. Si l’on ne perçoit pas d’influence populaire dans son charmant concerto pour clarinette en la majeur, celui-ci est en revanche incontestablement marqué par le goût de Kurpiński pour l’écriture scénique et, d’une certaine manière, proche de l’écriture de Weber.

Délaissée par les compositeurs romantiques en tant qu’instrument soliste dans un cadre symphonique, la clarinette a, durant quelques décennies, été réservée à la musique de chambre. Á l’exception de quelques concertos mineurs dus à des compositeurs comme Philipp Jakob Riotte ou Charles Duvernoy, c’est donc au sein de trios, de quintettes ou d’octuors (Schumann, Brahms, Reinecke, Reger, Coleridge-Taylor...) qu’elle a continué de tenir un rôle éminent dans la vie musicale. Et ce n’est qu’au 20e siècle que la clarinette a retrouvé ses lettres de noblesse en tant qu’instrument soliste digne de l’écriture de concertos. 

Max Bruch doit à cet égard être remercié car son double concerto pour clarinette et alto a incontestablement inspiré d’autres compositeurs. Écrit en 1911 pour son propre fils clarinettiste – la même année que la rhapsodie pour clarinette et orchestre de Claude Debussy –, le concerto de Bruch est résolument méditatif avant d’être conclu par un final flamboyant dans lequel rivalisent les deux instruments (andante con moto, allegro moderato, allegro molto). Plutôt mal accueilli dans un premier temps, il s’est ensuite imposé comme l’un des derniers grands concertos romantiques.

C’est à la demande du « Roi du swing » Benny Goodman qu’Aaron Copland a composé son concerto pour clarinette en 1948. Créé par le célèbre artiste de jazz, ce bref concerto, très apprécié des solistes, comporte deux mouvements enchaînés et reliés par une cadence aux accents jazzy : un andante élégiaque (slowly and expressively) suivi d’un mouvement vif (rather fast).

Créé en 1968 par Jacques Lancelot, le concerto pour clarinette (allegro, scherzando, andantino, allegrissimo) de Jean Françaix est, comme l’a voulu le compositeur, tout à la fois « amusant à écouter » et redoutable à exécuter, et cela jusque dans son mouvement lent. Parlant de cette œuvre, Françaix a évoqué « ... un meeting aérien auriculaire, avec loopings, virages sur l’aile et piqués terrifiants... » Le résultat, dans sa plaisante modernité, est à la hauteur des espérances des solistes les plus chevronnés.

Émile Zola a dit un jour à propos de la clarinette : « Cet instrument représente l’amour sensuel ». Chacun appréciera selon sa sensibilité le bien-fondé de cette affirmation, mais une chose est sûre : la clarinette, qu’elle soit utilisée dans la musique classique, dans le jazz ou dans les musiques traditionnelles, est bel et bien toujours porteuse de sensualité. Il suffit pour s’en convaincre d’écouter une doina roumaine interprétée à la taragote par Dumitru Fărcaş (ex : Doina din Batrini). Difficile de faire plus sensuel, non ?

Note : parmi les œuvres concertantes dignes d’intérêt non citées ci-dessus, on peut également retenir les concertos de Franz Anton Hoffmeister (pour 2 clarinettes), d’Antonio Casimir Cartellieri, d’Ignaz Pleyel, de Franz Danzi (pour clarinette et basson), de Leopold Koželuh, de Felix Mendelssohn (konzertstück pour clarinette et cor de basset) et de Saverio Mercadante. Plus près de nous, ceux de Ferruccio Busoni (1918), Carl Nielsen (1928), Igor Stravinsky (1946) ou Berthold Goldschmidt (1954). Liste évidemment non exhaustive...

* Au gré des modifications et des recherches de tonalités plus ou moins élevées, une trentaine de clarinettes différentes ont vu le jour. La clarinette en ré des débuts (celle des concertos de Molter) a très vite été boudée en raison de ses timbres aigus et, mis à part quelques œuvres destinées à la clarinette en ut, ce sont surtout les clarinettes en si bémol et en la, aux sons chauds et voluptueux, qui se sont imposées au fil du temps.

Précédents articles sur la musique classique :

L’incroyable talent des demoiselles de La Pietà

Les grands concertos pour violoncelle

Louise Farrenc, un grand nom de la musique classique

Les grands concertos pour piano

« Eroica », ou la révolution symphonique

Les grands concertos pour violon

Sorciers, elfes, lutins, trolls et fées dans la musique classique

Musique : de Sones de Mariachis à Huapango

La musique classique dans la publicité

L’injuste destin de Fanny Mendelssohn

« Les Adieux » ou la musique au service des revendications

Élisabeth Jacquet de la Guerre, première femme compositeur

Musique : Herschel, la tête dans les étoiles

Padre Davide, rock-star du 19e siècle

Du tuba au bouzouki : des concertos... déconcertants

Les Folies d’Espagne : un thème intemporel

La symphonie concertante : de Stamitz à... Sarkozy

Le siècle d’or de la musique tchèque

Musique : le crescendo rossinien


Moyenne des avis sur cet article :  4.6/5   (20 votes)




Réagissez à l'article

51 réactions à cet article    


  • Fergus Fergus 9 janvier 2012 10:34

    Bonjour à tous.

    Je remercie la personne qui a pris la peine de venir lire cet article avant de le noter négativement. L’intérêt qu’elle manifeste pour la musique classique me va droit au coeur, moi qui en suis un amateur passionné. Mais, tant pour mon édification personnelle que pour amender, le cas échéant, ma manière de parler du « classique » dans mes articles, j’aurais aimé que cette personne m’indique en quoi elle n’est « pas d’accord » avec ce texte.


    • Stupeur Stupeur 9 janvier 2012 21:10

      Bonjour Fergus
      Mesquin et masqué, le coupable court toujours...
       

    • Surya Surya 9 janvier 2012 23:12

      Bonsoir Fergus,

      Vos articles sur la musique classique sont passionnants, et le système de pourcentages n’a d’importance en effet que si la personne explique pourquoi elle n’est pas « d’accord ». L’intéret, c’est qu’un échange d’idées ait lieu dans ce cas. De toute façon, cette formulation ne pouvant se justifier que pour des articles d’opinion, n’y prêtez pas trop d’attention. 

      (Ps : Il serait plus approprié de parler d’article « intéressant » pour les articles privilégiant des faits. Lorsqu’on publie un article et qu’on choisit l’option « article privilégiant des faits », alors il serait mieux qu’apparaisse automatiquement « article intéressant », ou un système d’étoiles à cocher. « D’accord avec l’article » s’afficherait alors automatiquement lorsqu’on a publié l’article sous la mention « article d’opinion ». J’en profite pour dire que je comprends pas trop, sinon, à quoi sert de faire ce choix d’étiquette pour l’article)

      Passez une bonne soirée et merci pour ce nouvel aricle aussi intéressant qu’enrichissant.


    • Fergus Fergus 9 janvier 2012 23:38

      Bonsoir ; Surya.

      Merci pour votre commentaire. Rassurez-vous, je n’attache pas d’importance au vote, mais je regrette de ne pouvoir débattre avec un détracteur qui a peut-être d’excellents arguments à faire valoir.

      Cordialement.


    • Fergus Fergus 9 janvier 2012 11:55

      Salut, Lübeck.

      Merci pour ce commentaire. Les travaux universitaires, et notamment les recherches musicologiques dans les bibliothèques, permettent de découvrir en musique classique des oeuvres inconnues ou dont on connaissait l’existence mais sans disposer de la partition. Doù la multiplication de « premiers enrgistrements mondiaux ». Cela contribue à faire évoluer les « best of » comme celui-ci, et cela procure de nouveaux plaisirs.

      Bonne journée.


    • jymb 9 janvier 2012 13:11

      Bonjour,
      Merci pour cet article qui donne envie de fouiller dans sa discothèque
      Il semble me souvenir que Cimarosa a aussi composé pour la clarinette ?


      • Fergus Fergus 9 janvier 2012 13:39

        Bonjour, Jymb.

        Merci à vous. En ce qui concerne Cimarosa, je n’ai pas connaissance d’une oeuvre pour la clarinette. En revanche, il a écrit un concerto pour hautbois ainsi qu’un superbe et spectaculaire concerto pour 2 flûtes. En fait, Cimarosa a très peu écrit d’oeuvres instrumentales, préférant de loin se consacrer à la composition lyrique.


      • Stadler 10 janvier 2012 09:22

        Un concerto pour clarinette de Cimarosa a été enregistré sur ce CD : http://www.amazon.fr/Clarinet-Concerto-minor-after-Cimarosa/dp/B003G0777A

        Mais c’est une transcription d’un Concerto pour hautbois smiley


      • Fergus Fergus 10 janvier 2012 10:02

        @ Stadler.

        Merci pour cette précision. Je ne connaissais pas cette transcription pour clarinette du concerto pour hautbois de Cimarosa. Mais elle s’explique aisément par la relative rareté des oeuvres de grande qualité dans le répertoire des concertos pour la clarinette relativement au hautbois qui bénéficie d’une antériorité beaucoup plus grande et qui a constitué l’un des piliers de la musique baroque.

        Bonne journée.


      • jymb 15 janvier 2012 10:29

        mille fois merci pour ces précisions et cette érudition

         

         


      • Fergus Fergus 15 janvier 2012 11:40

        Bonjour, Jymb.

        En ce qui me concerne, ma connaissance - très imparfaite, je vous assure - est liée à ma fréquentation quasi quotidienne du répertoire classique, que ce soit par le biais de mes propres vinyles ou CD, ou par la fréquentation assidue des salles de concert et des médiathèques.


      • Fergus Fergus 9 janvier 2012 16:38

        Bonjour, Ursulin.

        Pour faire simple, il existe de multiples formes d’écriture d’écriture musicale, de la sonate qui, en principe, met en scène un instrument seul (parfois deux), jusqu’à la symphonie qui offre le spectacle d’une oeuvre jouée par un orchestre entier comprenant principalement des cordes, des vents, des bois et des percussions.

        Entre les deux, on trouve les trios (3 instruments), les quatuors (4 instruments), puis les quintettes, les octuors, les nonettes... Quant aux concertos, ces sont des oeuvres instrumentales orchestrales dans lesquelles un soliste dialogue avec le reste de l’orchestre, en l’occurence la clarinette dans cet article. A noter qu’il existe des concertos pour plusieurs solistes, notamment chez Vivaldi.

        D’autres formes d’écriture musicale existent qui, en plus des instruments, font appel aux voix humaines. C ’est évidemment le cas des opéras, mais également des oeuvres dites « sacrées » comme les messes, les oratorios ou les motets. Bref, énormément de formes à découvrir pour qui le souhaite...

        Pour ce qui est des « moinsseurs », je ne m’en offusque pas, mais je regrette sincèrement de ne pouvoir débattre de ce qui nous sépare.

        Cordiales salutations et merci pour votre fidélité.


      • Fergus Fergus 9 janvier 2012 20:03

        @ Lübeck.

        Merci pour ces précisions. En ce qui concerne Bach, et j’y faisais allusion dans un précédent article, il a lui-même effectivement réutilisé certains de ses propres thèmes, parfois en les transposant. C’est notamment vrai pour la musique religieuse, mais pas seulement car la presque totalité de ses concertos pour un ou plusieurs clavecins provient de concertos antérieurs écrits pour d’autres instruments.

        Bonne soirée.


      • Fergus Fergus 9 janvier 2012 19:01

        @ Ursulin.

        Les compositeurs ont, de tout temps, fait des « emprunts » à d’autres compositeurs, le plus souvent pour rendre hommage à leurs prédécesseurs ou à des contemporains dont ils admiraient le talent. Que des plagiats aient existé, c’est probable, mais ils sont très anecdotiques dans l’histoire de la musique, et celui auquel vous faites allusion ne me dit rien, mais peut-être avez-vous raison encore que le génbie de Mozart ait été tel qu’il ne lui était pas nécessaire de plagier qui que ce soit.

        A contrario, on a parfois attribué à Mozart des oeuvres qui n’étaient pas de lui tant elles sembaient avoir été composées par lui. C’est notamment le cas de la très expressive « cassation à quatre vents » écrite pour 1 hautbois, 1 clarinette, 1 cor et 1 basson et qui est due au très peu connu... Johann Georg Lickl.

        La musique de Bach est, à mon goût, tout aussi superbe que celle de Mozart, et ce n’est pas un hasard si ces deux-là forment avec Haydn et Beethoven le quatuor majeur des génies de la musique allemande. Mais il est vrai que la musique de Bach est très structurée, au point de paraître parfois austère. Elle n’en est pas moins très belle.

        Bonne soirée.


        • Stupeur Stupeur 9 janvier 2012 21:32

          Si c’est difficile de faire plus sensuel que Doina din Batrini (La doina de l’ancien) ?
          Oh que oui ! C’est difficile de faire plus scandaleusement sensuel. Au-delà même du sensuel... Par delà le soleil, par delà les éthers, Par delà les confins des sphères étoilées... 

          On peut mourir en paix quand on a entendu ça, comme disait Jenessay Pluki. 
           * * * smiley * * * smiley * * * smiley * * * 
           

          • Stupeur Stupeur 9 janvier 2012 21:43

            A ce niveau d’Elévation vers les cieux, on trouve aussi Gabriel’s Oboe d’Ennio Morricone. 
            Oui je sais,
            Ce n’est pas de la clarinette... 
             
             

          • Stupeur Stupeur 9 janvier 2012 21:49

            En Bonus : 
            The Mission medley, dirigé par Ennio Morricone, à Venise... 
            Meraviglioso ! 
             

          • Fergus Fergus 9 janvier 2012 22:53

            Bonsoir, Stupeur.

            Merci pour ces liens, ô combien sensuels eux aussi. Pas de problème pour le hautbois de Carlo Romano, après tout il est un cousin de la clarinette. Et si tu en as l’occasion, écoute les doinas de Farcas jouées au hautbois, certaines sont de pures merveilles !


          • Surya Surya 9 janvier 2012 23:26

            Magnifique Doina en effet, mais je préfère quand la musique traditionnelle roumaine n’est pas accompagnée par un orgue, mais plutôt par un symballum (oh la la je sais même plus comment on écrit ce mot !!) En tout cas, si vous ne connaissez pas le son de cet instrument, écoutez ceci, c’est magique !!


          • Fergus Fergus 9 janvier 2012 23:35

            @ Surya.

            Je préfère moi aussi la doina traditionnelle avec les violons et le cymbalum. Mais il n’y en a guère sur Youtube, d’où ce choix d’une superbe doina en duo orgue et taragote.


          • Surya Surya 10 janvier 2012 09:46

            Bonjour Fergus,
            Et c’est un excellent choix.
             Ici une doina traditionnelle accompagnée du cymbalum. Ce n’est pas non plus de la clarinette, mais du Nai (flute de pan roumaine) mais je partage quand même le lien. Je sais que vous connaissez déjà, je le mets pour les personnes qui ne connaitraient pas. Et ici, une autre.
            Tiens, petite devinette juste pour s’amuser, dans quel film apparait cette doina de Zamfir ? Vous avez une minute pour répondre.
            Tic, tic, tic, tic, tic.. (bruit du compteur qui tourne...)


          • Fergus Fergus 10 janvier 2012 09:53

            Bonjour, Surya.

            Aavant même d’écouter les liens, je dis bien sûr « Le grand blond avec une chaussure noire ». Zamfir a d’ailleurs lui aussi fait beaucoup pour la notoriété de la musique roumaine avec sa flûte de Pan, autre instrument traditionnel encore assez fréquemment joué en Europe centrale.


          • Surya Surya 10 janvier 2012 10:32

            Bravo smiley Je crois que c’est le moment où Pierre Richard est dans sa cuisine et ne voit pas le mec qui arrive par la fenêtre smiley J’adore ce film !!
            A bientôt pour de nouvelles écoutes musicales smiley


          • Stupeur Stupeur 9 janvier 2012 22:08

            J’ai adoré ton article sur les vierges orphelines de la Pietà.
            Ça m’a tout de suite fait penser à l’Ordre de Sainte Marie Reine des Vierges, dans Coalescence de Stephen Baxter. Mais on est très loin de la musique classique là... 
             

            • Fergus Fergus 9 janvier 2012 22:58

              Merci, Stupeur, pour les demoiselles de La Pietà.

              Je ne connais pas ce roman de Baxter, mais j’avoue que le lien me donne l’envie d’en savoir plus. Et cela d’autant plus que Rome est une ville fascinante. Je note la référence pour le lire prochainement.

              Je te souhaite une excellente nuit.


            • Stupeur Stupeur 9 janvier 2012 23:43

              Cette mission, si tu l’acceptes, ne sera validée que si tu lis les trois tomes des Enfants de la destinée  : Coalescence, Exultant et Transcendance. Chez Pocket, ça représente plus de 2200 pages... Je me demande encore comment j’ai réussi à trouver le temps pour tout lire. Et le pire c’est que j’aurais bien envie d’en faire une deuxième lecture... Voilà, tu sais ce qui t’attend. 

              Pour en revenir à la clarinette :
              Hjálmar et l’utilisation de la clarinette dans le reggae islandais (oui, ça existe smiley ) : 
              Elle est adorable la clarinettiste smiley 

               Bonne nuit 
               
               

            • Fergus Fergus 10 janvier 2012 09:04

              Bonjour, Stupeur.

              Sympa, ce groupe de reggae islandais. Une découverte pour moi qui suis un fan de reggae et qui envisage de consacrer à ce genre un ou plusieurs articles. La clarinettiste est effectivement très mignonne ; dommage qu’elle ait un anneau dans le nez !

              A propos d’Islande, je te recommande si tu as l’occasion d’écouter leur musique le groupe traditionnel Islandsklukkur. Ce que font ses musiciens est superbe. Exemple avec ce lien. Dommage qu’il n’y ait pas sur Youtube leurs meilleurs morceaux, et notamment Oskarssateinar ou Bi bi Og Blaka...

              Excellente journée et merci de ta fidélité.


            • Stupeur Stupeur 10 janvier 2012 23:36
               
              Ah bon, tu bloques sur son petit anneau dans le nez ? Et les deux gros anneaux aux oreilles, ça passe mieux ? * smiley
               
              Ah oui, très bien le groupe traditionnel islandais (dont je n’aimerais pas avoir à prononcer le nom... smiley ). 
               
              Tu aimes ça ?
              Sonny’s Lettah (Linton Kwesi Johnson)
               

            • Fergus Fergus 11 janvier 2012 09:43

              Salut, Stupeur.

              Non, je ne bloque pas sur les anneaux, mais je les trouve quelque peu disgracieux sur le nez ou les lèvres. Mais bon, la jeune clarinettiste n’en est pas au point de cette animatrice du Cyberdog à Camden (Londres) qui portait des anneaux non seulement sur le visage mais également tout au long de sa colonne vertébrale !

              Pour ce qui est du reggae, j’avoue ne pas être trop amateur de LKJ. Ce n’est d’ailleurs pas un chanteur, mais plutôt un toaster. Mes goûts dans le genre, outre l’incontournable Bob Marley, vont plutôt vers :
              Burning Spear : Bad to Worse
              Gregory Isaacs : Hush Darling
              Althea & Donna : No More Fighting

              Israel Vibration : Friday Evening
              The Abyssinians : Prophesy
              The Gladiators : Belly Full
              Black Uhuru : Guess Who’s Coming To Dinner
              et des dizaines d’autres, mais j’aurai l’occasion d’y revenir...

              Bonne journée.


            • Stupeur Stupeur 15 janvier 2012 16:43

              LKJ un toaster ? Ouh là là c’est chaud !
              J’y connais pas grand chose en reggae, je te fais confiance, sinon je risque de me faire griller...
               * * smiley * *
              Is this love that I’m feelin’ ?
               


            • Fergus Fergus 15 janvier 2012 18:57

              Bonsoir, Stupeur.

              Ce genre de toaster ne grille pas le pain du p’tit dej’ mais parvient parfois à entraîner les foules de spectateurs : toaster, c’est en réalité parler sur la musique, souvent en mélangeant avec du chant.

              Merci pour le lien sur Bob, c’est un immense bonhomme auquel le reggae doit énormément.

              Cordialement.


            • zelectron zelectron 9 janvier 2012 23:53

              Je suis comme vous très amoureux de la musique et viens de lire votre prose : riche, agréable à lire et quelques découvertes pour moi que je vais m’empresser de poursuivre.
              Vous connaissez JP Rampal ? l’orcheste de chambre de la Sarre dirigé par Karl Ristenpart ?

              http://www.youtube.com/watch?v=M0HFO7eZg9o Concierto No.2 op. 10 « La Notte » en Sol Mayor, A. Vivaldi
              http://www.youtube.com/watch?v=GbRDhZhwGSw  Antonio Vivaldi « La notte »
              http://www.youtube.com/watch?v=NlT8yeEYbMs
               (1) by Karlheinz Zoeller + Rampal
              Bach, J.S. - « Air » Orchestral Suite N° 3 in D Major_BWV 1068
              http://www.youtube.com/watch?v=ez7b2JsBQ80&playnext=1&list=PL080C7B72860CA6F9 brandenburger Karl Ristenpart
              http://www.youtube.com/watch?v=CkqmQz0xT1U BACH - SUITE N°2 POUR FLUTE ET ORCHESTRE - Jean-Pierre RAMPAL ( 1950 ) VINYL

              Je vous ai mis « la notte » dans 2 interprétations à vous de choisir, et quand aux notes aeriennes


              • Fergus Fergus 10 janvier 2012 09:20

                Bonjour, Zelectron.

                Oui, je connais Karl Ristenpart, et bien sûr Jean-Pierre Rampal qui a été à la flûte ce qu’a été à la même époque Maurice André à la trompette : un formidable ambassadeur de la France à l’international.

                Quant aux concertos de Vivaldi, j’ai eu la chance d’écouter à peu près tout le répertoire enregistré. Et bien sûr, à diverses reprises, les concertos de l’Opus 10, dont La Notte. Des concertos qui existent à la flûte traversière, mais aussi à la flûte à bec, et j’ai pour cette dernière (ou plutôt ces dernières car jouer l’Opus 10 requiert d’utiliser tantôt l’alto tantôt le soprano) une préférence pour l’interprétation très vivante et très expressive de Michala Petri (lien).

                Cordiales salutations.


              • zelectron zelectron 10 janvier 2012 00:01

                ... aériennes : Concierto No.2 op. 10 « La Notte » en Sol Mayor, A. Vivaldi - Jean Pierre Rampal 


                • Stadler 10 janvier 2012 09:01

                  Très bel article sur ce magnifique instrument qu’est la clarinette smiley

                  Merci d’avoir parlé de compositeurs trop souvent oubliés smiley

                  Une petite correction malgré tout : le cor de basset n’est pas une clarinette basse. C’est un instrument (en Sol ou en Fa) qui se situe entre la clarinette Sib et la clarinette basse Sib.

                  Une première esquisse du fameux Concerto de Mozart existe d’ailleurs pour Cor de basset en Sol (plus précisément, une partie du premier mouvement), avant que Mozart ne se décide pour la clarinette de basset en La.


                  • Fergus Fergus 10 janvier 2012 09:49

                    Bonjour, Stadler.

                    Un pseudonyme (à moins qu’il ne s’agisse de votre propre nom) qui reflète votre goût pour ce formidable instrument.

                    Merci pour vos observations. Concernant le cor de basset, j’ai voulu faire simple, mais vous avez raison de préciser ce qu’est cet instrument.

                    Mozart a effectivement créé l’essentiel de son 1er mouvement pour le cor de basset (lien) avant de reprendre cette partition, de la retravailler et de lui adjoindre les deux autres mouvements qui en ont fait ce sublime concerto.

                    Mozart a également composé de superbes divertimenti qui font appel à lui, et notamment le divertimento pour 3 cors de basset (KV439b n°2) qui n’est plus joué qu’à la clarinette, le cor de basset ayant quasiment disparu.

                    Comme indiqué dans le chapeau de l’article, la clarinette est également très utilisée en jazz mais aussi dans les musiques traditionnelles des pays d’Europe de l’Est, et particulièrement dans la musique klezmer pour laquelle j’éprouve un intérêt particulier, au point de lui avoir consacré un article en avril 2011 : « Musique klezmer : de Pitchi Poï à New York  ».

                    Cordialement. 


                  • Stadler 10 janvier 2012 15:21

                    Stadler est bien un pseudo lié à mon amour pour la clarinette. C’est le pseudo que j’utilise dans les forums auxquels je participe smiley


                  • brieli67 10 janvier 2012 11:57

                    L’appel ............


                    j’ai cassé du bois dans ma jeunesse

                    un classik de démolissage  toujours apprécié !

                    Tiens Fergus rire celà s’apprend 


                    a l’air con le Giscard avec son accordéon pour faire populo.

                    paul Hindermith a écrit pour les bois en son temps.... cor anglais et heckelphone !!
                    pour sourire pour connaisseurs 

                    • Fergus Fergus 10 janvier 2012 12:53

                      Bonjour, Brieli.

                      Merci pour ces liens, tous intéressants à des titres divers.

                      Le « glissando » est utilisé assez largement, que ce soit en jazz ou en musique traditionnelle. Quant au « rire », c’est surtout (à ma connaissance) dans la musique klezmer qu’on l’entend.

                      Cordialement.


                    • rocla (haddock) rocla (haddock) 10 janvier 2012 13:11

                      La magnifique sonorité de la clarinette enivre l’ oreille . 


                      Tympan , le marteau sur l’ enclume donne le rythme , 
                      Tympan le métronome donne le tempo 
                      Tympan le Fergus donne le la des bons articles .

                      Bonne année à vous Fergus .

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès



Partenaires