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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > « Les Justes » : il était une fois la révolution

« Les Justes » : il était une fois la révolution

Le terroriste n'est pas toujours cet être assoiffé de sang que les médias jettent volontiers en pâture à la vindicte populaire. Sa cause recèle parfois une justesse indiscutable, même si ses méthodes prêtent, par leur nature, à débat. Jusqu'où est-on en droit d'aller pour défendre des principes nobles, démocratiques et/ou humanistes ? Quels enjeux sous-tendent les attentats et leurs dommages collatéraux ?

En cinq actes, Albert Camus nous envoie dans le Moscou de 1905, au coeur même d'une cellule terroriste composée de socialistes révolutionnaires opposés à la tyrannie d'un pouvoir qui asservit et opprime le peuple. Réunis dans un appartement aux allures de quartier général, les cinq séditieux projettent d'assassiner le grand-duc Serge, coupable de gouverner la ville en despote. Après des semaines de filature et une planification méticuleuse, le groupe est persuadé de parvenir à ses fins : faire parler la poudre et attenter à la servitude des masses, quitte à périr sur l'échafaud.

Comme dans toute entreprise, des déficits relationnels et des divergences de vues plus ou moins affirmées vont se faire jour, de même que des questions d'ordre moral. Le doute va s'immiscer parmi les révolutionnaires, l'esprit de camaraderie s'étioler, et les idéaux se trouver en butte aux dures réalités. Le sacrifice d'enfants innocents est-il concevable au nom de « la cause » ? Faut-il s'embarrasser de scrupules quand il s'agit de lutter pied à pied contre l'oppresseur ? Les échanges sont vifs, enfiévrés, et mettent à nu les caractères des différents protagonistes.

Albert Camus greffe une remarquable histoire d'amour à son intrigue principale, et prend soin de peindre ses personnages à traits fins, préférant les interroger plutôt que les laisser figés dans des postures prédéterminées, créant entre eux des tensions parasitaires et une relative défiance. Chaque confrontation, habilement scénarisée, livre ses enseignements et ajoute de l'ampleur au récit, dont on ne peut qu'apprécier les nuances et l'humanisme contrarié. Car ces Justes nous rappellent que le monde n'a rien de binaire ni de schématique, mais qu'il projette sur toute chose une multiplicité d'états.

 

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4 réactions à cet article    


  • Le p’tit Charles 9 juillet 2015 08:07

    (Le terroriste n’est pas toujours cet être assoiffé de sang que les médias jettent volontiers en pâture à la vindicte populaire)... ?

    Un meurtre reste un meurtre est par définition un acte contre nature...Oeil pour oeil dent pour dent...Cette expression provient de la « Loi du Talion », qui apparaît en 1730 avant JC dans le code d’Hammourabi, alors roi de Babylone. Cette loi incitait à la vengeance individuelle, à condition que la peine soit identique au crime commis. Ainsi, si un homme se faisait couper une main, la loi du Talion l’autorisait à en faire de même sur son ennemi. Auparavant, rien n’indiquait que la vengeance devait être égale au préjudice subit, elle pouvait être bien supérieure. « Œil pour œil dent pour dent » signifie que l’on souhaite infliger à une personne une vengeance égale à ce qu’elle nous a fait subir.

    • gaijin gaijin 9 juillet 2015 11:00

      il était une fois la révolution

      https://www.youtube.com/watch?v=VbUHav2v8sY

      no comment .......

      la seule révolution qui ne fasse pas de morts est celle de la conscience


      • Iren-Nao 9 juillet 2015 12:56

        Il n’est pas inutile de rappeler que une grande partie des leaders modernes furent au début de leur carrière des terroristes avant de devenir Nobel de la paix comme Mandela par exemple.
        Bien souvent aussi carrément xénophobes car tant qu’a se faire botter le cul, ils n’aimaient pas la godasse étrangère (Viet Minh, FLN, resistans français).
        Le monde occidental lui est un terroriste mieux équipé, et par conséquent encore plus criminel et adepte des dégâts collatéraux.
        Nos nettoyeurs pilotes de rafale eux bien sur ne sont pas des terroristes mais je me demande souvent si ils dorment en paix ?
        Iren-Nao


        • soi même 10 juillet 2015 13:52

          Le nihilisme es que c’est une rédemption ?

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