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Les Molières se dédoublent en l’honneur de Laurent Terzieff

Avec Laurent Terzieff et Dominique Blanc, en tête d’affiche, comment le palmarès des Molières 2010 n’aurait-il pas pu être consensuel ?

Si donc, en plus du dédoublement privé/public (« L’Habilleur » & « Philoctète ») consacrant, à juste titre, le comédien Laurent Terzieff, la cérémonie permit à Alain Françon de réussir sa sortie de La Colline par la grande porte de sa « Cerisaie », à Nicolas Briançon de savourer la reconnaissance de sa « Nuit des Rois » et à Eric Métayer d’être conforté dans le succès des « 39 marches », la 24ème édition des Molières, en quête de renouveau, semblait avoir trouvé sa juste mesure. 

En révélant au téléspectateur le sourire plein d’allégresse d’Alice Belaïdi, cette célébration annuelle était au coeur de sa fonction implicite de découverte et de prospective.

En couronnant l’esprit de suite, cher à Jean-Paul Farré, se concrétisait la valorisation de l’artiste dans sa quête artisanale à l’instar de l’ambition collective du Théâtre du Soleil, initiée par Ariane Mnouchkine.

Précisément, la soirée paraissait s’être placée sous le signe du « fol espoir » que les naufragés de l’audimat allaient pouvoir se refaire une santé.

Mais que nenni !... Et ce n’est pas l’excellence de « Feu la mère de Madame », destinée à mettre en appétit la France profonde, qui aurait eu l’honneur de catapulter cette utopie audiovisuelle au royaume des étoiles dans les mirettes.

Tout simplement, parce qu’il y a maldonne sur le casting proposé par un vote sans autre ligne directrice que celle d’un métier auto célébrant les siens.

Ce n’est pas tant la cérémonie, par ailleurs menée de mains de maître, Drucker & nièce, qui doit être, sans cesse, remise en questions, que la pertinence d’une assemblée pléthorique de votants, non identifiée dans ses motivations artistiques.

Paradoxalement, ce n’est pas tant l’audience qu’il faudrait rechercher mais la subjectivité d’une sélection qui, comme un phare, viendrait focaliser les lignes de force, structurant la saison théâtrale.

Le Jury de la compétition officielle au Festival de Cannes tient sa légitimité de sa représentativité, certes éphémère mais cautionnée par la visualisation exhaustive des films sélectionnés.

Pourquoi les Molières ne s’inspireraient-ils pas d’un tel modèle, en élaborant des "primaires" où un large panel de professionnels et critiques serait consulté afin de sélectionner une trentaine de pièces à l’affiche au cours de la saison et qu’un jury composé d’une vingtaine de membres amovibles, ayant vu effectivement chacun de ces spectacles, serait amené à départager en remettant une quinzaine de trophées ?

A charge ensuite, aux membres de ce jury occasionnel mais prenant parti, d’expliciter a posteriori, en conférence de presse dédiée, leurs choix et réserves spécifiques.

Ainsi crédibilisé, l’impact des Molières pourrait être plébiscité par le public et entretenir une véritable émulation entre les créateurs.

Cette 24ème édition devrait marquer la fin d’une époque, celle déjà nostalgique où les susceptibilités se froissant au gré des sourires de complaisance, chacun pouvait, en définitive, y ressentir son talent, mal récompensé.

Vive les Molières et hommage à leur prestigieux dédoublement !

 

Molières 2010 du comédien

- pour "L’habilleur" : photo de répétition © Lot 

- pour "Philoctète" : photo © Christian Ganet 

 

Le Palmarès des Molières 2010 


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