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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Les parapluies de Cherbourg

Les parapluies de Cherbourg

Réalisateur : Jacques Demy.

France-Allemagne, 1964.

Musique : Michel Legrand.

Avec : Catherine Deneuve, Nino Castelnuovo, Anne Vernon, Marc Michel.

Les films de Jacques Demy sont si particuliers qu'on ne peut selon moi que les aimer profondément ou les détester sans appel. J'ai choisi mon camp.

De ses films je dirais surtout qu'ils sont libres, dans le sens où toute concession (à la mode, à ce que l'on imagine être le goût du public, ou autre...) semble être totalement exclue. L'univers de Demy ne se discute pas ; c'est un tout, qui se répond de film en film et qu'il faut accepter dans son ensemble, avec ses obsessions, ses couleurs éclatantes, sa noirceur mélancolique et bien sûr la musique de Michel Legrand.

Les parapluies de Cherbourg, c'est le nom d'une boutique tenue par une veuve et sa fille de 17 ans, Geneviève. La jeune fille fréquente Guy, un mécanicien de 20 ans : tous deux s'aiment passionnément et veulent se marier. Mais le garçon doit partir pour la guerre en Algérie et Geneviève découvre qu'elle est enceinte. Et leur vie ne sera pas telle qu'ils l'avaient imaginée.

Les parapluies de Cherbourg est un film entièrement chanté, y compris quand deux ouvriers portant une très lourde machine à laver apostrophent un importun : "Ben pousse ta viande !" Mais contrairement aux Demoiselles de Rochefort, il n' y a pas de scènes dansées.

Alors un film en-chanté, comme le mentionne malicieusement une affiche d'époque ? Oui, il y a de cela, car les mélodies enveloppent le spectateur et l'entraînent à la manière d'un sortilège.

Cependant, cette forme musicale n'arrache pas au réel, qui est toujours présent, qui a même le dernier mot si l'on peut dire ; la musique et les couleurs pop avant l'heure créent une forme d'attention plus soutenue et la réalité, somme toute banale et partagée, apparaît au final beaucoup plus âpre et plus tragique. Car chez Demy, toujours la gaieté côtoie la tristesse.

Les couleurs éclatantes, absolument magnifiques, qu'il affectionne tant, nous décrivent une France de la fin des années 1950, joyeuse, prospère, déjà loin de la guerre et de ses privations, prête aux révolutions sociales de la décennie suivante. Mais derrière apparaît noire et menaçante la guerre d'Algérie.

L'amour aussi est joie, promesse et tourbillon, mais se dressent très vite l'absence, l'angoisse et l'heure des choix.

La dernière scène, dans la station service sous la neige, où les anciens amants se recroisent par hasard, m'a bouleversée aux larmes. Dans Les parapluies de Cherbourg, on ne meurt pas d'amour, on continue à vivre et c'est cela qui est terrible. Perdre un amour est une chose, tragique en soi. Mais derrière cet échec, c'est aussi une part de soi-même à laquelle il faut renoncer. Cette part de nous, colorée et enchantée, capable de promettre et de croire, capable de mourir d'amour.


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6 réactions à cet article    


  • Fergus Fergus 25 juillet 2013 23:05

    Bonsoir, F comme...

    Vous écrivez « Les films de Jacques Demy sont si particuliers qu’on ne peut selon moi que les aimer profondément ou les détester sans appel. »

    Pas si simple : ainsi moi, je déteste Les Demoiselles, Les parapluies et Peau d’Ane alors que je suis un inconditionnel de Lola.


    • F comme... F comme... 25 juillet 2013 23:15

      Effectivement.

      Et d’ailleurs, j’ai vu les trois premiers cités, mais pas encore Lola... que je détesterai peut-être ! 

      Vous l’aviez compris, ce n’était jamais qu’une opinion de ma part. Mais qu’est-ce qui vous a déplu dans Les demoiselles et Les parapluies ?


    • Fergus Fergus 26 juillet 2013 09:16

      D’une part, question de goût, je n’aime pas du tout les films chantés. Et je trouve les films de Demy très mièvres. En revanche très beaux sur le plan esthétique. 

      Bonne journée.


    • kitamissa kitamissa 26 juillet 2013 13:53

      Ben oui....


      une autre époque, j’avais 22 ans quand le film est sorti , ce n’était pas du tout mon style de cinéma, mais tout le monde était allé le voir suite à l’ énorme battage d’alors ..

      ça racontait l’histoire de tout le monde enjolivée par la musique, la photo, les décors, le côté sucre Candy ..

      cette fin de première partie du 20eme siècle où la France découvrait la société de consommation , le début ce cette seconde partie du 20ème siècle où tout le monde avait du boulot, des loisirs, où l’on croyait au bonheur éternel, où tout ou presque était permis ..

      on a tous eu dans notre vie un amour que l’on croyait éternel également, et que la vie avec ses contraintes et ses coups en vache a foutu en l’air !!

      On n’oublie rien, on s’habitue c’est tout !

      • fatizo fatizo 26 juillet 2013 17:51

        J’ai toujours eu un gros problème avec les comédies musicales .

        Il y a tout de même une exception, « West Side Story », j’ai recu un vrai choc lorsque je l’ai vu la première fois étant ado .

        • Fergus Fergus 26 juillet 2013 18:02

          Bonjour, Fatizo.

          Même avis, West Side Story est de très loin le meilleur film du genre. Et pour cause, la musique a été composée par un grand musicien et la mise en scène confiée à un grand réalisateur. On est à des années-lumière des prestations gentillettes de Demy.

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