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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Les politiques aux manettes

Les politiques aux manettes

Le jeu vidéo devient un enjeu politique.

M. Sarkozy joue-t-il à Gear of Wars dans le secret de son cabinet ministériel ? Mlle Royal trouve-t-elle dans les Sims un exemple patent de démocratie participative ? George Bush a-t-il consulté le sergent d’America’s Army, avant de lancer sa campagne en Irak ? Si les femmes et hommes politiques ne sont pas des hardcore gamers, comment comprendre que la politique du jeu s’insère désormais très largement dans le jeu politique ?

En France, en mars dernier, le ministre français de la Culture et de la Communication, Renaud Donnedieu de Vabres, remettait les insignes de chevalier dans l’Ordre des arts et des lettres à Michel Ancel, Shigeru Miyamoto et Frédérick Raynal, trois éminents créateurs de jeux. Loin de l’acharnement juridique mis en oeuvre aux Etats-Unis, les grands noms du jeu trouveraient en France un asile.

La dernière preuve de la considération du gouvernement français pour la chose ludique est la tenue d’un colloque, au Palais Bourbon, sur l’avenir de l’industrie du jeu. A cet égard, le gouvernement dresse, il faut le concéder, un bilan plutôt lucide.

« Sur ce marché en pleine expansion, la France a toujours occupé une place de choix. Aujourd’hui encore, trois des plus grands éditeurs mondiaux sont français : Atari, Ubisoft et Vivendi Universal Games. Mais en dépit d’une croissance soutenue, ce secteur n’emploie plus en France que 1500 personnes alors qu’il en comptait 5000 il y a cinq ans. Les enjeux de cette crise ne sont pas exclusivement économiques : la France ne compte pas moins de 15 millions de joueurs, en majorité des jeunes, ce qui place les jeux vidéo devant le cinéma en salle ou les livres. »

Dans les pays scandinaves, une politique aussi volontariste trouve également sa place. Trond Giske, le ministre de la Culture norvégien, reconnaît la valeur ludique des jeux vidéo, et justifie ainsi l’apport financier de son Etat.

« Je considère le jeu vidéo comme une industrie culturelle, un nouveau média. C’est un moyen par lequel les gens développent leurs capacités émotives, leur vision des choses. Il est également très important d’avoir plusieurs manières de raconter des histoires, de la même manière que les films. »

Pour le ministre, qui souhaiterait établir un fonds européen d’aide, il s’agit également là d’une manière de garantir l’indépendance culturelle de son pays. « Bien sûr, nous pourrions remplir les cinémas de films britanniques ou américains. Mais nous voulons aussi avoir les nôtres. Nos enfants doivent avoir un accès aux jeux vidéo basés sur nos contes nordiques. »

Un écho similaire résonne au Canada. Les autorités ont décidé d’instaurer une saine compétition entre les acteurs locaux du jeu vidéo. Le Great canadian video game competition permettra à dix studios de développement d’obtenir des fonds. Par ailleurs, le grand vainqueur de cette compétition obtiendra la somme de 350 000 euros.

Pour les pays anglo-saxons, la problématique est différente. En Grande-Bretagne, la UK Electronic Gaming est en train de monter un dossier, qu’elle soumettra prochainement aux ministères des Sports et de la Culture. Mais il ne s’agit pas de promouvoir la création vidéoludique. Le projet de l’UKGI vise à faire des joueurs professionnels des athlètes reconnus comme tels. « Le jeu vidéo de compétition n’est pas qu’un mode de vie, mais aussi un choix de carrière », plaide un des responsables de l’initiative.

Toutefois, nombre de développeurs, comme David Braben, estiment que le gouvernement britannique ne soutient pas la création vidéoludique. « Nous ne demandons pas un traitement spécial, analogue à l’industrie du film, mais il apparaît que la situation devient pire pour nos sociétés. »


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8 réactions à cet article    


  • Depi Depi 28 novembre 2006 14:36

    L’eSport a un bel avenir devant lui mais il est clairement délaisse en France par rapport à des pays comme la Suède ou la Corée par exemple.

    Mais bon se rendre compte de l’impact et de l’importance des jeux vidéos est une bonne chose, toutefois la commission européenne ne semble pas du même avis en ce qui concerne l’aide à ces créateurs si je me souviens bien.

    A quand des campagnes politiques sur WoW ? ;p


    • Laurent Checola Laurent Checola 28 novembre 2006 18:29

      L’e-sport, s’il est encore embryonnaire en France, est en passe de s’organiser. Vous connaissez sans doute la Coupe du Monde de jeux vidéo. Un tel événement, organisé à Bercy, à rempli les travées du complexe omnisports.

      l’E-sport pose un autre problème : l’absence de fédération. C’est pourquoi une entreprise, Game service, essaie de s’arroger ce qu’il convient d’appeler « un marché ». Mathieu Dallon, le président de Game service, reconnaît s’inspirer du modèle de franchises de la NBA ou du football américain...


    • Depi Depi 29 novembre 2006 09:57

      Oui je connais très bien puisque je suis un « membre important » d’une organisation non affiliée à Game Service et Cyberleagues mais qui est une des plus importantes en France. Il ne faut pas non plus exagérer le succès de la Coupe du Monde à Bercy qui a été un semi échec au niveau de la fréquentation.

      Toutefois M. Dallon oublie certains acteurs essentiels de l’eSport en France qu’il érige en concurrent alors qu’ils ne se positionnent pas sur le même « secteur » puisque son organisation est principalement destinée aux organisations LANs. C’est d’ailleurs le problème en France par rapport à l’Allemagne par exemple où une organisation professionnelle prédomine qui permet d’ériger des règles communes vers sa professionnalisation.


    • kay (---.---.192.73) 28 novembre 2006 15:59

      Article interessant, mais tous ne partagent pas totalement cette opinion au sein de l’UMP. Tout du moins regrettent-ils certains aspects du jeu vidéo. Je vous met un lien plus explicite que toute la prose dont je suis capable. Je suis assez d’accord avec le rédacteur de l’article : http://www.inpactvirtuel.com/news_multi/15061.htm


      • Yann (---.---.77.204) 28 novembre 2006 16:11

        Ah ! Les jeux videos violents. Pour ma part, j’y ai joué, et j’y jouerai encore. De même que le cinéma ou la lecture, certains jeux videos ne conviennent pas à tous les ages. Aux parents de faire leur boulot.


      • Marsupilami Marsupilami 28 novembre 2006 16:18

        @ Yann

        En tout cas, en votant FN, tu participes aux jeux de vide-idéaux violents.


      • Yann (---.---.77.204) 28 novembre 2006 18:21

        Je vois pas trop ce que ça viens faire ici. Chacun vote ce qu’il veut, et ça n’a rien a voir avec les jeux videos.


      • Laurent Checola Laurent Checola 28 novembre 2006 18:25

        Pour autant, la proportion des ludo-sceptiques est autrement moindre qu’aux Etats-Unis, où certains juges, peu épris d’aventures virtuelles, s’en donnent à coeur joie.

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