• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Les pré-adolescents et la lecture !

Les pré-adolescents et la lecture !

Je viens de lire "Maëlys et ceux des caravanes", écrit par Antoine Blocier.

Ce livre qui va sortir le 10 septembre 2012 en librairie tout en me passionnant, m'a incité à réfléchir sur la lecture chez les pré-ados.

Les pré-adolescents ne lisent plus, ils passent leur temps libre avec des consoles , à pianoter sur l'ordinateur ou sur leur portable ! C'est vrai que ceux d'aujourd'hui ne sont pas comme ceux d'hier.

Faut-il s'en lamenter ?

Je ne le pense pas et les sempiternels commentaires du genre : « le niveau baisse » m'énervent...

Je préférerais que l'on « prenne le taureau par les cornes » pour essayer d'inverser la tendance.

Des solutions existent comme l'augmentation du nombre d'heures de français dans les programmes et le travail de la lecture en primaire et dans le secondaire.

Il existe à la fois un patrimoine de romans d'aventures écrits par de grandes plumes et réédités sous un format moderne, et à la fois des écrivains d'aujourd'hui qui savent passionner leur public.

Antoine Blocier, ancien professionnel de l'enfance est l'un de ces écrivains qui peuvent captiver les jeunes, en traitant de problèmes d'actualité dans un style alerte, accessible tout en étant soigné.

Dans le traitement de faits de société, il faut éviter deux écueils, l'adaptation au goût du jour et la propagande ou la manipulation.

La question du « vivre ensemble » en toute connaissance de cause doit permettre aux jeunes de se faire eux-mêmes leurs propres idées en refusant de s'enfermer dans l'angélisme ou l'exclusion....

L'exercice est difficile mais le fruit obtenu est une récompense pour l'écrivain et l'enseignant, le premier a écrit l’œuvre et l'autre a accompagné l'enfant dans sa découverte.

 

JPEG - 64.7 ko

Maëlys et ceux des caravanes »

roman d'Antoine Blocier

éditions Krakoen

août 2012

185 pages

9 €

Les Roms sont là.....

Ils ne sont pas comme nous et beaucoup d'histoires se propagent sur leur compte : ils mendieraient et voleraient...

Les médias ont beaucoup parlé du démantèlement par la police de leurs camps durant l'été 2012 ….

Qu'en est-il vraiment ? Qui sont-ils ?

Beaucoup parlent des Roms sans les connaître et d'autres, moins nombreux expriment leur solidarité.

Antoine Blocier, écrivain militant offre là une histoire, basée sur des faits réels.

Il n'y a dans ce livre, ni de l'angélisme, ni du « politiquement correct », ni non plus, bien entendu,du rejet justifié.

L'équilibre est difficile, certes, mais le produit fini est un petit bijou.

L'héroïne principale est une pré adolescente qui entre en 6ème. Maëlys et ses camarades, qui composent une bande d'amis vont découvrir dans les bois une cabane habitée.

C'est elle qui nous raconte son histoire, ses certitudes et ses interrogations.

Le premier contact avec les enfants roms est violent et la bande d'enfants va se retrouver à la tête d'une « croisade » contre la présence de « ces gens là »...D'ailleurs, des vols et même l'assassinat d'un chat a eu lieu durant les vacances !

Le lecteur est plongé dans la vie soudainement troublée par la présence de « ceux venus d'ailleurs », les esprits s'enflamment, les adultes s'opposent et un climat délétère règne sur la petite ville.

La haine de l'autre devient plus difficile quand l'autre devient son « camarade « de classe et que côtoyé au collège, il ne semble pas trop différent de soi.

Noël arrive et toutes les certitudes sont bousculées :

« C'est la bonne période pour nettoyer son disque dur mental des mauvaises pensées de l'année et de ses petits arrangements avec la morale, on donne aux restos du cœur, on a une pensée pour les enfants handicapés, pour les vieux qui seront seuls au soir du réveillon.... »....

C'est l'occasion rêvée et saisie par les professeurs du collège pour organiser une semaine « de rencontres et d'amitié »....

La haine, la compassion, l'ignorance, la violence et la solidarité se mêlent dans ce roman passionnant et authentique.

Antoine Blocier a réussi à écrire un roman d'actualité, accessible à des grands primaires de CM et à des pré adolescents.

Ce livre peut aussi être laissé dans les mains d'adultes.

Jean-François Chalot


Moyenne des avis sur cet article :  3.86/5   (14 votes)




Réagissez à l'article

13 réactions à cet article    


  • Jean J. MOUROT Jean J. MOUROT 5 septembre 2012 11:53

    Certes, ils ne lisent guère dans leur ensemble. Mais les programmes de français sont souvent faits pour les dégouter de la lecture et les romans comme celui-ci sont bienvenus même si les nostalgiques du lycées de Papa préféreraient que les jeunes lisent les textes des « grands » auteurs qui malheureusement datent et ne parlent pas aux jeunes d’aujourd’hui.


    • Romain Desbois 5 septembre 2012 12:09

      D’accord avec vous Jean.

      Et j’ai été surpris d’entendre qu’autant de gosses achetaient et lisaient Harry Poter en anglais.


    • jymb 5 septembre 2012 12:35

      le Lagarde et Michard était en son temps considéré comme un abrégé de la littérature pour les potaches incultes n’ayant pas écumé les classiques, bref un manuel que les lettrés ouvraient avec condescendance..

      Je doute fort qu’aujourdhui un bachelier venant de boucler son lycée serait capable de dire quelques mots sur des auteurs pris au hasard dans un des tomes !

      Et c’est encore là un fossé qui se creuse, entre ceux qui se contenteront du minimum servi en classe, et les autres ... Or cette culture là est extrêmement peu coûteuse, un livre de poche classique dans le domaine public, ou un Librio, c’est quelques euros. Question de volonté familiale, à défaut de volonté étatique qui a abdiqué.


      •  C BARRATIER C BARRATIER 5 septembre 2012 13:17

        L’article soulève une question importante, aux yeux du moins de ma génération.

        Je me souviens que je lisais beaucoup, au point de me faire gendarmer car je m’endormais après minuit...J’ai la certitude que cela a été déterminant pour mes études. Je lisais tout, les livres de l’école, mais je préférais la bibliothèque municipale, avec un choix plus « ouvert ». Je ne détestais pas Tarzan et autres bandes dessinées.
        Ce qui est sûr, c’est que j’aimais cela et je ne pense pas que mes préférences allaient vers des livres « pour enfants ». Ce qui est sûr, c’est que je lisais d’autant plus passionnément que cela ne m’était nullement imposé (jamais la moindre obligation du côté de l’école et du collège...). Et je me débrouillais pour avoir sous la main des livres dits pour adultes...

        L’école aujourd’hui propose, il y a même des séances dans les bibliothèques, des enfants lisent, d’autres pas, sauf les bandes dessinées. Mais l’école sur cette utilisation du temps libre ne peut rien, c’est déjà beau quand elle peut ralentir pendant les heures de classe, les SMS...

        Si on veut qu’effectivement les enfants se « rebranchent » sur la langue française, il faut mettre des épreuves éliminatoires dans tous les bacs, des épreuves portant sur le Français, sa compréhension, son écriture. L’ examen détermine totalement les comportements en amont, y compris ceux des professeurs. Cela fait peut être partie de la refondation de l’école.


        • manusan 5 septembre 2012 14:25

          J’ai commencé à lire de moi-même avec « les livres dont on est le héros » et de la BD héroïque-fantasy + Tintin, mes petits cousins avec Harry Potter. Dans l’ensemble les prof m’ont dégouté de la lecture (sauf théâtre).

          Vous voulez les motiver à lire avec des trucs politiques type « Maëlys et ceux des caravanes » ? c’est une blague j’espère. Encore un réflexe de vieux idéologue gauchiste. Les gosses s’en foutent de la politique, ils veulent s’évader et rire, ... et Maëlys dans sa roulotte tirée par un Mercedes c’est pas drôle.


          • easy easy 5 septembre 2012 15:56

            Quel qu’en soit le contenu, un livre, même de recettes culinaires, reste le meilleur vecteur d’une religion.

            Une miryade de livres c’est une miryade de propositions religieuses.
            Ça évite la religion unique, mais ça promeut toujours plus le principe religieux.
             


            • Faedriva 5 septembre 2012 18:33

              Ca ressemble à l’attitude d’un type qui a fini en religieux intégriste de ma connaissance. Faisant moins de bien autour de lui, et se déviant en tournant tout seul dans sa tête.

              Tout d’abord jeune, il disait que les livres lui donnait mal à la tête ;
              Ensuite quand il affûta sa capacité de lecture, il disait que les livres le distrayait de « la vraie vie » ;
              Il a fini par en vénérer un, et qu’un seul, devenant un idolâtre. Récitant et copiant sans cesse chaque ligne du bouquin qui motorise sa démence.


            • Faedriva 5 septembre 2012 18:34

              Dieu ne se trouve certes pas en vente libre en supermarché, et il ne se trouve pas dans les ’ancêtres du catalogue de la redoute que sont les trois maudits.


            • NOLIFE NOLIFE 5 septembre 2012 20:41

              Wahou !
              j’ai un livre sur les champignons, c’est le vecteur de quelle religion ?
              Sinon j’ai une bible achetée 30 francs (c’était au siècle dernier) à franprix
              Tshaw !


            • easy easy 6 septembre 2012 09:44

              Un livre sur les champignons ?

              C’est d’abord un livre. C’est déjà la religion du livre.

              Promenez-vous avec votre livre dans un bois d’un bled où ne vivent que des gens ignorant le livre. Vous voyant vous référer constamment à votre livre, ils considéreront que vous avez une religion et que votre idole est ce livre.


              Dito concernant les nouveaux media. Un Papou nous verrait rassemblés sur une plage de Nice avec une propension à tripoter toutes les minutes un appareil appelé Iphone, il nous verrait paniquer quand on l’a perdu, il trouvera que nous sommes religieux et que notre idole c’est cet objet (ainsi que tout ce qu’il représente au-dela de sa seule enveloppe physique)



              Je ne suis pas en train de dire que c’est mal la religion car il me semble qu’il nous en faut tous et souvent de multiples (il est rare qu’on ait qu’une seule religion, avec acception au sens large)
              Je dis seulement que ceux qui se croient athés ou laïcs sont en réalité dans une religion ou plus exactement dans un jeu de multiples religions.
              Celui qui est fan de bière, de Ferrari, de Mozart, de tissu vichy ou de cèpes de bordeaux est dans une religion. Il va sacrifier beaucoup d’autres possibilités à cette passion (et parfois au détriment de ses proches) 



              Ce n’est pas bien ce n’est pas mal, mais c’est ainsi, nous sommes tous en religions


              Dans une année, dans un mois, dans une semaine, dans une journée, SDF inclus, nous nous déplaçons à 99% selon les mêmes trajectoires. Je parle des vraies trajectoires de marche, de voiture et de métro. Si l’on excepte le fait qu’il nous faille aller voir un client à Vincennes, puis un autre à Rambouillet parce que le patron nous l’a ordonné, nous serions sur des rails. 
              Rien que sur le sujet de la trajectoire, nous sommes prévisibles à 50 cm près et à 10 minutes près. 

              Répétition de mêmes gestes, de mêmes paroles, de mêmes réflexes, prévisibilité = liturgie.


            • rakosky rakosky 5 septembre 2012 20:12

              @chalot


              Il y a 2 ou 3 choses que je dois vous avouer à ma très grande honte,des préados ,j’en ai 2 à la maison qui ne lisent pas beaucoup et passent beaucoup de temps sur l’ordi ou la console de jeu
              Quant au papa,il s’éclate tellement avec Homère et Shakespeare qu’il n’ jamais eu le temps de se plonger dans la littérature contemporaine ,l’auteur le plusrécent que j’apprécie c’est Julien Gracq,pour vous dire à quel point d’ignorance j’en suis
              Pour aggraver mon cas ,si possible,je trouve que la production littéraire des surréalistes et des auteurs de ’gauche’ genre Barbusse ne valent pas un clou et que malheureusement pour nous Céline avait infiniment plus de talent
              Un dernier point pour conclure ,il me semble que l’école porte une lourde responsabilité dans le désamour des jeunes pour la littérature
              Nos pédagogues et réformateurs ,de gauche,qui voulaient mettre fin à l’encyclopedisme et à l’élitisme républicain ont réussi au delà de toute espérance
              Tous égaux devant le MACDO et plutôt le Slam que ce ringard de Victor Hugo

              • CHALOT CHALOT 5 septembre 2012 20:37

                L’école porte une lourde responsabilité avec l’appauvrissement des contenus, la diminution des heures de français....Mais elle n’est pas seule aussi.
                Les médias et même certains de mes amis se gaussent de rythmes de l’enfant, ils n’ont pas tort dans l’absolu mais avec des enfants gavés de télé et de consoles, se couchant à des heures impossibles, le rythme « scolaire » a une responsabilité moindre.
                Vous me parlez de Barbusse et de Céline mais aucun des deux ne m’a enthousiasmé, j’ai préféré Camus, Victor Hugo, et même Alexandre Dumas...Chacun est le produit de son histoire personnelle et parfois on se remet en cause, je ferme souvent la télé et je lis énormément : je ne choisis pas la coloration politique de mes auteurs mais le style...Mon petit fils pré ado lit beaucoup peut être parce que chez ses grands parents il y a des livres partout...


                • Jean J. MOUROT Jean J. MOUROT 7 septembre 2012 10:32

                  J’ai eu deux enfants, élevés de la même façon dans le même foyer. L’une a été et reste une grande lectrice, l’autre n’a jamais aimé lire et ne lit plus aujourd’hui que des magazines professionnels ou d’auto-moto... et les livres écrits par son père !


                  Personnellement, dans mon enfance, j’ai lu les seuls livres qu’on nous proposait dans la bibliothèque de l’école et que je trouvais dans la bibliothèque familiale ( réduite à la collection verte et à la collection Nelson). Bref, Victor Hugo mais aussi Alexandre Dumas, Jack London, Mayne Raid, Walter Scott, Jean Aicard, Edmond About et surtout Erckman-Chatrian -nous venions d’Alsace-Lorraine). Adolescent scout , j’ai lu la collection « Signe de piste », ancêtre des collections de livres pour jeunes. Je reste un grand lecteur mais j’avoue préférer l’ancien commis boulanger Bernard Clavel à l’ambassadeur aristo Chateaubriand ou au très intello Philippe Solers.


                  Quant au reproche de Manusan, il n’engage que lui. Tous les jeunes ne sont pas des égoïstes enfermés dans une bulle à lire de l’héroic-fantasy (c’est déjà de la lecture !) ou à jouer interminablement sur leur console ou leur ordi. Il leur arrive de s’intéresser à ceux qui les entourent. Et d’ailleurs, les livres pour la jeunesse ne sont pas tous moralisateurs ou politiquement connotés. Il y a aussi des polars et des livres d’aventure...

                  Mais quel intérêt peut-on trouver à 14 ans aujourd’hui à lire Bel Ami ou Madame Bovary quand on ne vit pas dans une famille de bourgeois intellectuels ?

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON








Les thématiques de l'article


Palmarès