• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Les précieuses féministes

Les précieuses féministes

 Pour changer de sujet, intéressons-nous à une réforme, certes bénigne, mais qui n’en offense pas moins le sens et le goût. Il y a déjà quelques années, au nom de l’avancée de la cause des femmes, ont été inventés des noms féminins là où il n’y avait que des masculins. Ainsi dans le temple précieux de la langue où seul le temps fait office de créateur, ont été introduits d’une main brusque, des docteures, auteures, écrivaines, proviseures et autres procureures. Je saigne en écrivant ces créations à la Mac Do. Inventez si vous voulez mais faut-il, pour qualifier des femmes qui sont la beauté même, leur accoler des noms affreux ? Quand je lis sur un post que l’on m’adresse : @ l’auteure, « Mon cœur crie dans chacun de mes membres ! » ( Eschyle/ Les Perses.)
Bon, ce n’est qu’un brimborion dans nos vies chahutées, une escarbille dans l’œil quand le train file vers le pont de Cassandra, mais permettez-moi d’éventer mon bouillonnement !
 
Les meilleures intentions sont parfois calamiteuses.
Au nom de l’égalité des sexes, des féministes ont féminisé certains vocables insolemment masculins. Vaugelas, nous voilà !
C’est ainsi qu’auteur est devenu « auteure ».
Pauvre femmes.
 Déjà qu’il leur était très difficile de devenir auteur, les voilà désormais condamnées à ne plus jamais l’être.
 Imaginons une fille qui ait plus de talent que Mme de La Fayette et Colette réunies, elle ne sera pas « auteur », nom noble s’il en est, mais « auteure ». Pleurons.
Les doctes qui ont féminisé ce nom semblent ignorer que, depuis le moyen-âge, le e muet final ne se prononce plus en Français.
Ainsi une auteure est tout au plus une auteur. Une hauteur, venant tout de suite à l’esprit pour faire regretter cette bassesse.
En fait ce mot « auteure » ne peut s’entendre que dans un contexte particulier.
On est sur le Vieux Port. Une dame vient d’acheter une rascasse et une autre demande à la poissonnière :
-Ma, Mireilleu, qu’esse qu’elle fait cetteu dameu qui vient de te prendreu la rascasseu ?
-Cette dameu, Germaineu ? Mais c’est une auteureu !
 Tout autre emploi est redhibitoirement ridicule et les journalistes qui se tordent la langue pour montrer qu’ils obéissent aux diktats du féminisme : « Oui, vous êtes auteure… », ne sont que les pauvres victimes d’une aberration bien-pensante.
Vous allez me dire, peu importe. Un auteur n’est ni un homme, ni une femme.
 Un auteur est un mort.
Seuls le temps et les louanges le consacrent.
Une réalité me frappe. Nos grands auteurs, eux-mêmes, n’ont jamais su qu’ils l’étaient. Ainsi Rimbaud n’a jamais entendu son nom comme nous l’entendons : « Rimbaud » dans un bouquet de vers, d’insolence, d’audace, de beauté, d’absinthe, de folie, de passion, d’admiration, de têtes hantées par la splendeur inaltérables de ses mots !
 Quand il entendait son nom, c’était dans des phrases du type :
-He ! M’sieur Rimbaud ! Oubliez pas d’sortir vot poubelle ! Qué crado cui-là !
-IL s’appelle comment madame Merlu ? Rateau ? Rideau ?
Même Hugo, pourtant déifié de son vivant, n’a jamais été notre Hugo, le Hugo du Lagarde et Michard, de la Comédie Française, le délicieux monsieur vintage aux yeux si doux qui appuie son menton sur sa main.
Seul le temps donne au talent sa patine et aux têtes leurs lauriers.
Auteur est une carte de visite qui ne vaut qu’au paradis.
 
Comment donc appeler une femme qui écrit. ?
On peut s’en tenir aux genres qu’elle pratique.
Ainsi, pour le théâtre, inutile de se fatiguer, le mot existe avec un « e », ouf : une dramaturge.
Je propose que pour les hommes on enlève le « e ». Un dramaturg me paraît plus viril. Hugh !
Je propose même que l’on supprime le « e » de Molière et Racine, Molier et Racin étant, ainsi dénudés, tels, après tout, qu’on les prononce. De grandes réformes s’imposent, nous le savons. N’hésitons pas à tailler dans l’Art.
 
Ecrit-elle des romans ? Romancière évite toute contestation. Si féminin « romancière » !
Je dirai même que romancière me paraît plus beau, plus excitant que romancier, plus sec.
Ainsi je dirai que Robbe-Grillet est un romancier et Balzac une romancière. Plus bavard, plus attaché aux détails d’une maison, couleur des rideaux, nature de l’argenterie, détail des vêtements et autres courtepointes. Rien ne lui échappe. 
Mais la vraie romancière est une femme.
Je l’imagine qui descend de l’Orient-Express. Dans une gare enfumée comme autrefois Anna Karénine. Elle porte une mallette de cuir dans laquelle les feuilles qu’elle vient de composer nuitamment reposent. Elle se dirige vers la ville puissante qui dort dans la nuit aux yeux de lune ! Elle traverse le parking de la gare de Lyon et là, soudain, se tord. Comme une mère qui va enfanter ! Ses personnages la pressent ! Elle se précipite dans un café, s’attable, sort sa mallette, et telle Simone de Beauvoir, cette auteure bien connue, se livre à l’accouchement de ses monstres ! Femme !
 
Pour les femmes poètes, la question est réglée. Ce sont des poétesses.
Poétesse, on a compris.
Marcelline Desbordes-Valmore.
Je crois qu’il n’y a pas de façon plus cruelle de signaler aux femmes que cet art leur est étranger en les baptisant poétesse.
Poétesse rime avec fesse ce qui est une manière de les renvoyer à leurs fondamentaux.
Certes, ne nous chagrinons pas de cette incompétence : les femmes ne sont pas poète car elles sont la poésie.
Elles ne sont pas là pour l’écrire, elles sont là pour l’inspirer.
On ne peut pas être au four et au moulin. Au lit et à la cuisine suffit à leur vocation.
 
Laissons donc aux vocables leur liberté et si un masculin désire honorer un féminin de sa désinence virile, celle qui s’en offusque, à mon avis, est une idiote.
Chaque mot a son charme propre. Parfois le masculin l’emporte parfois le féminin atteint au sublime. Ainsi le féminin de doge : dogaresse. On s’y voit. Des dogues et des caresses.
-Monseigneur ! Une missive pour vous !
-Que me dis-tu Pipo ? Une missive ? Dans une enveloppe rose avec des étoiles d’or ? Mais d’où vient-elle ?
-Comment ! Monseigneur ne le sait pas ? Ce sont les couleurs de la dogaresse ! Vous lui plaisiez ! Elle vous le fait savoir.
-La dogaresse !!!
 Ah ! L’instant où cet homme glisse dans les venelles obscures de Venise, pénètre dans la Ca’ d’Amore , échappe aux morsures des dogues et soudain s’abîme dans le taffetas de sa robe, illuminé de ses yeux verts et de cette main diaphane qui le caresse…Ah ! Dogaresse !!!
 
En fait, pour nommer une femme qui écrit, je crois que le mot que je préfère est « écrivaillonne. »
J’imagine la scène suivante. Un père est auteur et il a une fille, petite, qui gribouille. Il ne sait pas ce qu’elle fait. Mais un jour, par curiosité, il lit. Et là, il sourit dans le ravissement de sa découverte. Elle entre, le regarde, n’ose poser aucune question. Alors il lui passe la main sur la tête, lui chiffonne les cheveux et lui dit : « Ma petite écrivaillonne ! »
Litote.
Ce n’est pas un mot qui rabaisse. C’est un mot qui transmet dans un jeu d’amour, de complicité, d’héritage, de joie de savoir que tout se poursuit.
Ecrivaillonne qui rime avec sauvageonne.
Celle qui est près de la Nature.
 
Et je signe ce post d’un nom féminin, ouf !, je ne me ferai pas gronder :
La postière.

Moyenne des avis sur cet article :  3.77/5   (26 votes)




Réagissez à l'article

79 réactions à cet article    


  • Tall 25 octobre 2010 10:51

    Ce qui est choquant parfois aussi, c’est connotation femme-objet, comme dans :

    un portier, une portière

    • Ariane Walter Ariane Walter 25 octobre 2010 12:02

      @ Tall
      Il paraît que les boudins protestent parce qu’ils ne veulent pas que leur belle saucisse noire serve à qualifier des créatures difformes...Affaire à suivre.


    • Tall 25 octobre 2010 12:49
      La grosse boulette que doit éviter un boudin, c’est de se marier à une saucisse.

    • rocla (haddock) rocla (haddock) 25 octobre 2010 10:56

      Par exemple une femme qui parle pour quelque chose c ’est une  pourpaleuse ......


      • Salsabil 25 octobre 2010 10:59

        Superbe ! 


        • rocla (haddock) rocla (haddock) 25 octobre 2010 11:00

          quand pour un mouvement de grève avec des hommes on parle d’ un débrayage , pour les femmes quand elles marchent sur la grève on dit ’ tiens un banc de moules "


          • Tall 25 octobre 2010 11:20

            à noter que le mot « embrayage » n’est ni féminin ni masculin, c’est le genre travesti

            définition du dico : embrayage = pédale de gauche

          • Ariane Walter Ariane Walter 25 octobre 2010 12:04

            @ Tall
            Très drôle cette pédale de gauche !


          • rocla (haddock) rocla (haddock) 25 octobre 2010 11:02

            Bonjour Gül , 

            Quelle est votre position ?


            • Salsabil 25 octobre 2010 11:07

              Bonjour Cap’tain,

              Féminine, bien entendu !


            • Ariane Walter Ariane Walter 25 octobre 2010 11:08

              Cher haddock,
              je vois que je vous ai inspiré, vous me faites rire.
              La journée commence bien !

              J’attends la réponse de Salsabil !!


            • Ariane Walter Ariane Walter 25 octobre 2010 11:10

              chère Salsabil,

              féminine ! Quel joli mot !
              Excellente réponse !

              Et merci pour vos encouragements féminins !


            • rocla (haddock) rocla (haddock) 25 octobre 2010 11:32

              Bonjour Ariane 

              Je suis contre la féminité ,  tout contre ....... smiley



              • anty 25 octobre 2010 11:44

                Il y a quelques années c’était une offensive planétaire des féministes en faveur de féminisation de certains mots de différents langues.
                Mais très vite elles se sont aperçues que dans certaines langues et pas seulement en français
                les mots féminisés avait un rendu ridicule voir ordurier

                Bref comme disait ma mère :

                on réfléchit avant de faire quelque chose....


                • Ariane Walter Ariane Walter 25 octobre 2010 11:47

                  @ anty
                  Encore une mondialisation ratée !

                  Vous avez des exemples en langue étrangère ? Ca serait amusant de les connaître !


                • anty 25 octobre 2010 11:59

                  Hélas non (je crois qu’il s’agit d’une langue des pays de l’est )

                  je cite de mémoire des faits que j’avais lu à l’époque


                • anty 25 octobre 2010 11:54

                  Plus grave

                  En Suède dans une commune près de Stockholm les féministes locales se sont aperçues que dans la bibliothèque de la commune plus de 8 livres sur dix sont les œuvres des hommes.
                  Et bien ces dames ont exigé de la mairie de la commune qu’il s’arrange pour qu’il y a autant de livres signé par une femme que d’hommes

                  La mairie obtempéra...


                  • Ariane Walter Ariane Walter 25 octobre 2010 11:59

                    @ Anty

                    Ahahahahahahahahahhhh !!!
                    je n’arrive pas à y croire.

                    Pauvre Suède !
                    C’est quand même le pays qu’on nous donne comme modèle pour les retraites !!

                    Sans vouloir être excessive...
                    Tous ces suicides, chaque année ??? Des auteurs mâles retirés des bibliothèques ????


                    • pigripi pigripi 25 octobre 2010 12:16


                      Toujours aussi drôle et piquante, Ariane smiley))

                      Mais rendons justice au féminisme et non à ces soit-disants féministes qui ont cassé la baraque du féminisme avec leurs suggestions technocratiques.

                      Il faut introduire dans notre vocabulaire, comme vous le suggérez d’ailleurs, des mots dignes de notre qualité et surtout de notre réalité qui va au-delà d’un « beau sexe » (ou d’une moule pour certains ici- bas)
                      Et yen a marre que le masculin l’emporte sur le féminin. Comme on disait en 69, dans une foule de mille femmes, s’il y a un chien on dira : ILS s’étaient rassemblés au Panthéon.

                      Yen a marre aussi de ces féminin à la finale péjorative comme -esse. Désolée pour votre dogaresse si bien amenée smiley

                      Alors comment parler juste au féminin et non pas à la féminine car là, on est dans le péjoratif de cette masse féminine, douce, gentille, soumise à la féminitude.
                      Moi, je veux bien être féminine mais seulement si ça me valorise sur le marché du travail et non pas seulement sur celui du porno ou du mariage.

                      Perso, je me sers des articles pour marquer le féminin : une auteur, une docteur, une camionneur, une ministre, une écrivain (et pas écrit-vaine en vain), une bébé et j’évite de leur accoler ces suffixes dépréciatifs à l’image de notre statut dans un monde toujours organisé et dirigé, dominé et parlé par les mâles.

                      Tenez, avez-vous remarqué comme tous les débats sérieux, interviews dans la presse, la radio, la TV, le ciné sont tenus par des hommes, des experts (toujours les mêmes s’accrochant à leur place) comme s’ils n’y avait pas d’expertes (autres que sexuelles), de scientifiques, d’universitaires, spécialistes, savantes (autres que les femmes savantes ridiculisées par Molier...), de grandes reporters, de journalistes (autres que les animatrices d’émissions de confidences et de soucis domestiques et conjugaux), de médecins, de chirurgiennes ou de gynécologues femmes ?


                      Alors que les femmes semblent avoir disparu de la surface du terrain médiatique on nous ressort à grand coup de pub la grandiose production de canal+ : Maison close (féminin) pour ne pas dire bordel (masculin) ;-(((


                      • Ariane Walter Ariane Walter 25 octobre 2010 13:04

                        @ Pirigri

                        He oui, il y a le féminin, le juste féminisme et les dérives inévitables de toute chapelle.
                        Quand on pense à ce qu’est la pensée de Confucius et ce qu’elle est devenue dans le confucianisme père de toutes les « chinoiseries », on a compris !!

                        J’aime votre remarque sur les « expertes sexuelles » !!
                        Quant à maison close dont la présentation était outrancière, c’est une daube.
                        Un daube, n’existe pas ,je crois ???


                      • Moule 26 octobre 2010 10:36

                        Manifestement pour vous le juste féminisme c’est se satisfaire du statu-quo. Il est facile de critiquer les initiatives féministes mais plus difficile de proposer des stratégies qui contribuent aux différentes luttes. Nierez vous les disparités de traitement entre hommes et femmes (salaires, violences, etc, etc ...) ? Et sinon pensez vous qu’il faille s’attaquer aux causes ? Comme l’avait très bien montré Beauvoir (et c’est vieux maintenant), la littérature est truffée de stéréotypes sexistes (et s’il n’y avait que la littérature ...). La langue elle même a un rapport problématique aux genres, voir Judith Butler par exemple. Alors pour ne pas en arriver à des extrémités absurdes comme celles décrites dans un des commentaires (la mise à l’index de livres en bibliothèque), le mieux est au minimum d’avoir un regard critique sur ce phénomène. Ce qui n’a pas l’air d’être votre cas.


                      • Ariane Walter Ariane Walter 26 octobre 2010 11:07

                        @ Moule

                        je vais vous répondre sérieusement.
                        Suis-je féministe ? Non.
                        D’une part parce que dans mon milieu professionnel, l’égalité hommes-femmes est parfaite.
                        D’autre part parce que je n’ai jamais souffert de sexisme.
                        J’ai toujours eu des relations très harmonieuses avec les hommes. cela a constitué ma personnalité et je crois que mon caractère équilibré vient de cette bonne entente.
                        je n’en suis pas aveugle pour autant.

                        Que les femmes soient sous-payées, sous-employées c’est hélas une vérité et lutter dans ce sens est un devoir de notre société.
                        Qu’elles soient plus souvent l’objet de violences, même si les hommes battus existent, c’est certain.

                        De la à torturer la langue française, non.
                        Le côté « chienne de garde » n’a jamais fait avancer la cause féministe.

                        Quant à ce que notre langue fourmille de machismes sournois et divers, nous ne pouvons tout de même pas nier une histoire qui, des temps de l’animalité, a couronné celui qui savait se battre et donner la mort. Indispensable étape à la protection de celles qui donnaient la vie.

                        Voilà pourquoi je ne suis pas fière d’être « auteure », gardons à ce mot son sens léger, « personne qui écrit », même si ce mot est le témoignage d’une lutte.
                        Tout au contraire , être auteur est entrer dans la bibliothèque des âges où il n’y a plus des hommes et des femmes mais des âmes et des pensées.

                        Pour résumer. je n’aime pas mélanger les genres et féminiser brusquement et sans élégance les noms ne me paraît pas une bonne stratégie.

                        En ce qui concerne les combats pour les femmes, elles ne sont pas les seules malheureusement à avoir besoin d’aide et les enfants, les ouvriers, les pauvres, les animaux et maintenant les Européens sans oublier tous les peuples du tiers-monde ont besoin de cette vigilance.

                        Mais par pitié, pour améliorer d’un côté, n’abimons pas de l’autre.

                        Bien à vous


                      • Moule 26 octobre 2010 11:28

                        Il existe une littérature abondante à ce sujet, cela peux être intéressant d’aller y faire un tour. Les Gender Studies aux Etats Unis sont aujourd’hui très développées et les féministes françaises participent à ce mouvement loin des clichés véhiculés à leur sujet dans les médias.
                        Il me semble que la langue a toujours évolué suivant les différents pouvoirs majoritaires. D’après mes souvenirs de quelques textes de Barthes, la fixation actuelle de la langue résulte d’une volonté de clarté due au pouvoir bourgeois. Barthes conteste que cette fixation soit un progrès. L’ouverture sur la langue peux avoir un intérêt certain. De ce point de vue, les propositions des féministes peuvent être vues comme des avancées puisqu’elles n’imposent rien mais permettent plus. Comme sur les vêtements, vous avez le droit aujourd’hui de porter un pantalon, mais également une robe si bon vous chante, votre liberté est plus grande.


                      • Ariane Walter Ariane Walter 26 octobre 2010 12:14

                        @ moule
                        je vous remercie de ces idées de lecture. c’est un domaine que j’ignore et le découvrir sera un plaisir.
                        La lecture de Simone de Beauvoir qui m’avait rendue folle d’excitation est tellement lointaine !
                        Bonne journée


                      • pigripi pigripi 25 octobre 2010 12:33

                        J’aime beaucoup la langue française mais je trouve intéressant et utile d’utiliser et décliner ses mots à bon escient. Les anglicismes et l’utilisation de mots étrangers (ramdam, bazar, perestroïka, WeltAnshaung, opéra, cravate, pacha, tsar, internet, mail, ShadenFreude, ... , les néologismes (bravitude, féminitude, acadabradantesque...) permettent d’affiner le sens des paroles.

                        Le français est suffisamment compliqué avec toutes ses exceptions grammaticales et sytaxiques pour supporter l’introduction de mots étrangers ou inventés, surtout quand ils s’insèrent dans une parfaite maitrise de notre langue.


                        • Abou Antoun Abou Antoun 25 octobre 2010 21:18

                          Tant qu’à faire :
                          Weltanschauung
                          Schadenfreude
                          Bitteschön !


                        • anty 25 octobre 2010 12:48

                          Et dire que selon certains

                          ce sont les mères qui transmettent la langue aux petits depuis toujours

                          Question

                          les mamans seraient un tantinet antiféministe ?


                          • Fergus Fergus 25 octobre 2010 13:00

                            Bonjour, Ariane.

                            Intéressant et amusant votre article. Mais si je comprends votre courroux, je ne le partage pas complètement car le mot « auteur » ou celui de « procureure » ne me choque pas plus que cela. Peut-être aurions-nous pu opter pour « auteuse » ou ou « procureuse », mais cette dernière eut alors été regardée d’un oeil bizarre tant le sens de son métier s’en fût trouvé changé.

                            L’agaçant dans cette affaire n’est pas dans la féminisation de ces mots qui eût normalement dû n’être que la conséquence d’un usage, mais dans le décret qui les a créé de manière quelque peu artificielle. Là dessus, je vous suis. Pour le reste, je crois que les Québecois qui, bien souvent, se révèlent bien meilleurs protecteurs du français que nous-mêmes, ont depuis longtemps adopté le vocable, depuis peut-être que Laure Conan, première écrivaine québecoise (zut, j’ai encore gaffé avec ce mot-là !) a publié « Angéline de Montbrun » au 19e siècle.

                            Cordiales salutations. 


                            • Ariane Walter Ariane Walter 25 octobre 2010 13:09

                              @ Cher Fergus,
                              Votre gaffe est pardonnée !
                              Comme féminin d’auteur, je propose « femme de lettres ». femme de l’être si l’on veut !

                              Quant à nos amis québécois dont j’adore le pays, reconnaissons qu’ils sont inventifs, mais d’une invention baroque qui leur convient plus qu’à nous. Tabernacle !!

                              Bien à vous


                            • pigripi pigripi 25 octobre 2010 13:08

                              @Ariane
                              Quant à maison close dont la présentation était outrancière, c’est une daube.
                              Un daube, n’existe pas ,je crois ???
                              ----------------------------------
                              Si, le masculin de daube est maquereau smiley)))


                              • Ariane Walter Ariane Walter 25 octobre 2010 13:09

                                @ Pirigri

                                je ris, je ris !!


                              • anty 25 octobre 2010 13:12

                                Cela pose aussi la question qui a construit les langues :
                                 les hommes ou les femmes .

                                A entendre certaines féministes

                                les femmes sont les gardiennes du verbe depuis toujours
                                pourtant à les entendre maintenant ce sont les hommes qui ont construit les langues pour leur usage exclusive et qu’ils faut les modifier maintenant pour que les femmes se retrouvent aussi
                                à travers des mots féminisés

                                Conclusion
                                Les hommes dans le passé ont été plus pipelettes que les femmes
                                Mais ils ont perdu leur langue face à une offensive de « charme » de ces dames...


                                • Ariane Walter Ariane Walter 25 octobre 2010 13:24

                                  @ Anty
                                  on sait ce que c’est qu’un homme muet !


                                • pigripi pigripi 25 octobre 2010 13:17

                                  @Anne
                                  étainet plus sexy que beaucoup de femmes en pantalon, ce vêtement, certes pratique, n’allant pas à toutes et de loin ! Toutes les femmes n’ont pas des fesses de cow-boy ! (heureusement, d’ailleurs !!)
                                  -----------------------------
                                  Anne ! ;-(((((

                                  J’avais 15 ans et j’adorais grimper dans les arbres, ramer sur la rivière, escalader les collines. Ma mère me refusait le port du pantalon :« tu as vu tes hanches ? tu es faite pour faire des enfants, pas pour porter des pantalons ».

                                  A cette époque, on n’était pas encore sorties de la réglementation vestimentaire qui, au 19ème siècle, interdisait le port du pantalon aux femmes sauf autorisation préfectorale renouvelable mensuellement (cf la peintre Rosa Bonheur, autorisation exposée au château de Buy où elle vécut, près de Fontainebleau).)

                                  Dans mon enfance, le pantalon était interdit au collège sauf en cas de grand froid et porté obligatoirement sous une jupe....


                                  • Ariane Walter Ariane Walter 25 octobre 2010 13:22

                                    @ pirigri

                                    Quel souvenir vous réveillez !
                                    je suis passée en conseil de discipline au lycée Montgrand à Marseille pour être venue un mercredi, quand je n’avais pas cours, en pantalon !


                                    • cathy30 cathy30 25 octobre 2010 13:28

                                      bonjour Ariane
                                      Je n’ai peut être pas compris l’article, mais la féminisation des noms de métier et autres n’a pas pris (décret de 84). Les académiciens d’ailleurs s’y opposent.
                                      Dix ans plus tard on s’aperçoit que cela n’est toujours pas mis en pratique, le gouvernement ne l’applique pas, on dit madame la ministre et non ministresse.
                                       En conclusion la fonction ne peut être identifiée à la personne qui l’occupe, le titre à la personne qui le porte et donc que la version féminine des métiers n’est pas souhaitable. (les femmes n’y tiennent pas particulièrement).

                                      http://www.academie-francaise.fr/langue/index.html


                                      • Ariane Walter Ariane Walter 25 octobre 2010 13:35

                                        @ Cathy 30

                                        je me demandais justement de quand datait cette fantaisie. Merci de le préciser.
                                        ce que vous me dites est une bonne nouvelle.
                                        on n’impose pas ce que l’on veut à une langue et les choix du public, leurs refus et leurs choix, parfois nous le regrettons pour des mots étrangers, sont loi.
                                        Mon article témoigne simplement d’un rejet propre donc à beaucoup. Tant mieux


                                      • LeGus LeGus 25 octobre 2010 14:42

                                        @l’auteure,

                                        Désolé mais faire crier votre cœur dans chacun de vos membres, quelle tentation.
                                        Ecrivaillonne, mais quelle horreur, et pourquoi pas pisseuse de ligne, petite pisseuse de ligne ? Notez que si par là vous touchez au sublime, on vous donnera du cher Maître ou maîtresse, j’hésite.

                                        Femme de lettres a ma préférence.


                                        • Ariane Walter Ariane Walter 25 octobre 2010 14:59

                                          @ LeGus

                                          Aïe ! Ouille !
                                          ca y est j’ai crié !
                                          Gros vilain !

                                          je pense à « maîtresse »
                                          Je suis étonnée que les féministes laissent une instit s’appeler « maîtresse » . Est-ce pour cette raison, dans cette ambiance quasiment érotique, que les petits bambins tombent si vite amoureux de leurs petites copines de six ans ? Ah ! Puissance des mots !
                                          Femme de lettres me va à moi aussi. Dans une neutralité de sonorités qui représente bien le secret de l’écriture.


                                        • LeGus LeGus 25 octobre 2010 15:23

                                          Chère Ariane,

                                          Je pense qu’elle doivent s’attaquer à l’autre sens du mot maîtresse. Pourquoi maîtresse d’ailleurs ? Qui maîtrise quoi ou qui ? Peut-on être féministe en étant aussi une maîtresse ; même si on est souvent plus libre que l’épouse qu’on trahit. Que de questions embarrassantes...Chuuuut.

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON







Palmarès