"Le Monde" a écrit que Karin Alvtegen était "Une des voix les plus singulières du roman suédois contemporain" !
Je n'ai pas lu beaucoup de romanciers suédois mais ce que je sais c'est que cette auteure a une très belle plume et sait admirablement passionner son lectorat.
"Oublier son passé"
roman de Karin Altegen
éditions JC Lattès
12,50 €
mai 2012
379 pages
Du passé, faire table rase....
Ce roman ressemble au début à un livre d'été avec une histoire à l'eau de rose qui coule facilement et qu'on oublie rapidement.
Détrompez vous....
Très vite le lecteur s'aperçoit qu'il tient dans les mains une oeuvre pleine et entière qui, non contente de le passionner, l'interroge sur lui-même.
Anders Standberg est un homme riche, comblé par la vie-semble t-il-jusqu'au moment où las de tout, il subit un accident de voiture qu'il aurait même provoqué.
Comme d'autres, il a un passé : pour lui c'est une mère très présente, adorée qui l'a quitté prématurément...
Que faire de la vie ? A t-il encore un avenir ?
Las, il cherche après son accident un peu de repos pour repartir.
C'est chez Helena qui, séparée de son mari, élève sa grande fille et surtout tient un hôtel dans cette campagne suédoise où "le calme n'est qu'apparence"qu'il va se ressourcer.
Evidemment, tout semble simple : deux écorchés de la vie qui se trouvent enfin et ça y est l'histoire est bouclée !
Rien n'est si simple, d'autres personnages, au passé tourmenté sont là, eux aussi ainsi que le vieux Verner, cet homme qui vit, là bas dans la forêt et que beaucoup de personnes rejettent car il est différent....
Ah les différences ! Dans cette campagne, les gens passent plus de temps à parler du voisin qu'à causer avec ce même voisin.
Beaucoup de personnes détiennent un secret pesant qui les empêchent d'avancer et de trouver le bonheur. Ce n'est pas en se focalisant sur soi-même qu'on arrive à s'en sortir et à construire et comme le dit sans retenue Sanders à Helena :
"....Chacun choisit de devenir du vinaigre ou un vin millésimé. L'amertume ne sied à personne même pas à une belle femme comme vous. C'est une des couleurs les plus vilaines qui soient."
Ce roman, c'est un peu de sociologie, de la psychologie, de l'optimisme, certes mais pas "béat"
C'est aussi une philosophie de la vie qui nous faire revenir très vite sur terre :
"Le monde n'est rien d'autre que la représentation que chacun en a, il devient ce qu'on en fait"
Voici là une romancière suédoise que j'ai eu le plaisir de lire.
Jean-François Chalot

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