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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Lettre ouverte à Claude Hagège

Lettre ouverte à Claude Hagège

Dans les grandes heures de l'Histoire de la France, il s'est toujours trouvé un homme face à son destin pour la relever. Or, celle-ci est gravement attaquée par ceux-là mêmes qui sont chargés de la diriger, et qui sont en train de capituler en rase campagne au prétexte que la mondialisation aurait choisi sa langue et qu'il est du devoir de la France de s'abandonner à des objectifs mercantiles, fut-ce au prix d'un renoncement à défendre ce qui constitue le ciment fédérateur de la nation, la langue française. Je viens de parler de capitulation, mais il n'y a pas d'ennemi extérieur, il s'agit donc d'une collaboration.

Jean Dutourd de l'Académie française a écrit : "La langue française n'est pas malade, elle est en guerre. Elle est victime d'une agression. Elle est envahie par les armées du sabir qui la ravagent comme les armées anglaises ravageaient la France pendant la guerre de Cent ans."

Il nous faut un homme providentiel, et je n'en vois qu'un, c'est Claude Hagège, professeur au Collège de France. Sera-t-il Jeanne la Pucelle ou Charles de Gaulle, peu importe. Qu'il reste Claude Hagège tout simplement et qu'il fende l'armure : qu'il devienne le militant de la défense de notre langue, qu'il lance une croisade contre les fossoyeurs du français.

Monsieur le professeur,

Je m'adresse à vous, sous la forme d'une lettre ouverte pour vous demander de prendre en considération ma demande. Je souhaiterais que vous preniez en charge une action de communication par toutes les voies possibles afin de fédérer derrière vous les associations de défense de la langue française, de la libre pensée, les associations culturelles et d'une manière générale de toutes celles qui soutiennent les valeurs de la République afin de fédérer tous les Français qui comme moi sont indignés par le projet scélérat que la ministre, Geneviève Fioraso, s'apprête à défendre devant le Parlement.

Accordons à cette dame une seule chose ; c'est que ses prédecesseurs directs (Laurent Wauquiez et surtout Valérie Pécresse, Prix de la Carpette anglaise en 2008)1 lui avaient préparé le terrain. Les ministres passent, l'administration reste. Mais cette entreprise est soutenue pour ne pas dire encouragée par un ennemi de l'intérieur : la plupart des journalistes, les directeurs des grands hebdomadaires et tous ces intellectuels à la botte de l'Empire.

Je n'insisterai pas sur les arguments et réponses formulés par la ministre par respect pour vous. Votre argumentaire est bien au-dessus de ces petites arguties. Non, simplement je rappellerai pour les lecteurs de cette lettre ouverte que l'on essaie de nous faire croire que l'anglais sera enseigné à la marge alors que bien évidemment, ce sera un Cheval de Troie qui entraînera une perte considérable d'influence de la langue française non seulement dans le monde, mais en France même.

Il est plus que temps que l'entreprise de déculturation des esprits, à commencer par celle qui s'applique sur les jeunes soit enfin dénoncée par une des plus brillantes plumes actuelles : la vôtre. Vous ne serez pas seul, et l'Histoire, la grande, retiendra votre décision et votre engagement. Sachez que l'esprit qui m'anime ne peut en aucun cas s'encombrer d'une quelconque appétence à la flagornerie.

Je ne sais, à l'heure où j'écris ces lignes, comment vous faire parvenir cet écrit. Nul doute que les lecteurs d'Agora Vox m'aideront dans cette entreprise. J'ai besoin d'eux, et je les remercie par avance.

Je n'ose croire qu'un amoureux des langues comme vous, un défenseur de la diversité linguistique puisse refuser de prendre le commandement de ce qu'il faut bien appeler une croisade.

Nos armes seront les mots, rien que les mots. Nos grands auteurs classiques qui ont porté la langue française si haut au cours du Grand siècle méritent qu'on se mobilise pour qu'enfin cesse cette entreprise de formatage des esprits si précieuse pour les ennemis de la liberté des peuples.

Je vous prie de croire, Monsieur le professeur, en mon plus profond respect.

Thierry Saladin

1http://fr.wikipedia.org/wiki/Académie_de_la_Carpette_anglaise


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30 réactions à cet article    


  • ZEN ZEN 24 mai 2013 10:46

    Ce n’est pas l’anglais qui nous menace, belle langue au demeurant, c’est l’ anglomanie généralisée, le globish imposé, dont se moquent nos voisins d’Outre-Manche..

    Même les Québecois déplorent un de nos travers qui s’aggrave et s’élargit : la fatigue linguistique de la France.
    Allons-nous un jour devenir étranger à notre propre langue ?

    "
    Quand la France s’anglicise avec enthousiasme et désinvolture, bien au-delà de ce qu’exigent ses intérêts, quand elle donne l’exemple du zèle dans la soumission au nouvel empire, elle trahit ceux et celles qui depuis Léopold Senghor ont cru à une universalité de la culture française qui survivrait au déclin du pouvoir politique de la France. Le prestige de la culture grecque n’avait-il pas survécu à l’affaiblissement de la Grèce ? « 
    ____________Un article du New-York Times
    soulignait  »ce phénomène d’anglomanie qui semble se généraliser dans toute la France et dont les illustrations ne laissent pas d’étonner. La langue de tous les jours en est affectée ; dans les commerces, les médias, les publicités, en politique, on emprunte directement à l’anglais pour faire moderne, tendance, à la page, pour se distinguer de la « plèbe » restée franchouillarde, pour marquer son appartenance à un monde unifié, globalisé, interconnecté, électrostatique, sans frontières. Les emprunts à l’anglais sont de plus en plus délibérés, choisis à la manière d’une signature, d’un logo, d’une image de marketique qu’on lance à la volée pour épater le Gaulois ; plus l’emprunt est fracassant, grossier, tonitruant, meilleure est la réclame. Ainsi à la télévision française organise-t-on des « Talk », comme si la langue française était sans ressource pour nommer une émission de variété. Même le monde de la littérature se place sous le patronage de l’anglo-américain. Ainsi, s’inspirant du Courrier International, pourtant fondé comme une entreprise d’ouverture à la diversité linguistique, un magazine de recensions de livres a pris le nom de Books , façon désinvolte d’annexer une publication française au modèle anglo-saxon de revue littéraire (comme le New York Review of Books). Sur la scène parisienne, se faire jouer les trésors de la littérature française en anglais semble être du plus grand chic : ainsi le renommé théâtre du Châtelet a-t-il mis à l’affiche du 28 mai au 4 juillet 2010 une production anglaise de la comédie musicale Les Misérables d’Alain Boublil et de Claude-Michel Schönberg originalement conçue en français d’après le célèbre roman de Victor Hugo. (Quand verra-t-on sur les scènes londoniennes une comédie musicale Hamlet ou King Lear en français ?)
    Dans les grandes entreprises françaises, l’anglais a supplanté le français dans les rouages névralgiques ; mêmes les entreprises à vocation strictement nationale voient arriver à leur tête des armées de jeunes managers formés à l’anglo-saxonne, pressés d’appliquer les recettes apprises en anglais à la lecture de manuels américains. Les universitaires français se convertissent aussi frénétiquement à l’anglais. Le prestige des publications dans les grandes revues et maisons d’éditions françaises a faibli ; les embauches dans les universités, les promotions, les honneurs se jouent de plus en plus sur la capacité à publier en anglais dans les forums mondialement cotés, à s’insérer dans les réseaux de recherche « européens » où tout se décline en anglais. Les grandes écoles et les universités françaises, au nom d’une autonomie fraîchement accrue, multiplient les programmes et les formations bilingues ou donnés strictement en anglais, dans l’espoir de toucher une part du marché lucratif des étudiants étrangers qui rêvent de vivre « a french experience » sans dépaysement linguistique. Il n’est pas rare que des professeurs français se vantent de donner leur cours en anglais, sans protestation des bacheliers français, au grand dam des étudiants…. étrangers que la France séduit encore par la langue et la culture
    x. Même le vocabulaire de la politique française se ressent de cette anglomanie. Le secrétaire du Parti socialiste, Martine Aubry, a proposé en avril 2010 de renouveler les politiques sociales françaises en s’inspirant du « care » britannique v. La diplomatie française s’est mise aussi à l’english, en publiant, sous l’impulsion de Bernard Kouchner, ses cahiers (Mondes) en version bilingue. On applaudit même en France à « l’impérialisme cool de l’anglais », ainsi que l’a fait le thuriféraire de la culture américaine Frédéric Martel, dans un texte publié dans Le Point du 28 juillet 2010, « Français, pour exister, parlez English  », où il clame sans ambages sa conviction que le français est incapable d’être autre chose qu’une langue de Gaulois rétifs à la modernité, sans dimension internationale ni même européenne.
    Si le français fut l’une des langues fondatrices de la construction européenne, il se recroqueville aujourd’hui dans l’arrière-cour de l’Union européenne, détrôné par un « euroglish » triomphant. ..
    ."

    __Même Alain Touraine se croit obligé d’utiliser l’anglais pour faire une communication à Montréal , dans le cadre d’une réunion sur la francophonie !


    • Krokodilo Krokodilo 24 mai 2013 19:31

      @Zen, je ne connaissais pas cet article. Il faut parfois des étrangers pour nous rappeler ce que nos médias refusent de voir... 


    • jno įno 24 mai 2013 10:47

      Thierry SALADIN
      .
      Je me joins à vous de tout choeur Monsieur,
      mais il me faut vous confier que votre professeur
      ressemble beaucoup au mien, ce sont des docteurs.
      J’ai l’aime beaucoup le mien je l’ai même dis au monsieur, l’autre
      docteur.


      • ZEN ZEN 24 mai 2013 10:54

        Quelques perles relevées... en attendant le libre-échange euro-américain.

        -«  L’anglais est la langue du vainqueur. »(général Jean Béca)

        -« L’anglais est l’avenir de la francophonie
         » (B.Kouchner)

        -Dans son rapport de 1987/88, le directeur du British Council écrit «  Le véritable or noir de la Grande-Bretagne n’est pas le pétrole de la Mer du Nord mais la langue anglaise . Le défi que nous affrontons est de l’exploiter à fond.  »

        -«  Il y va de l’intérêt économique et politique des États-Unis de veiller à ce que, si le Monde adopte une langue commune, ce soit l’anglais et que, s’il s’oriente vers des normes communes en matière de communication, de sécurité et de qualité, ces normes soient américaines et que, si ses différentes parties sont reliées par la télévision, la radio et la musique, les programmes soient américains ; et que, si s’élaborent des valeurs communes, ce soient des valeurs dans lesquelles les américains se reconnaissent...Les Américains ne doivent pas nier le fait que, de toutes les nations dans l’histoire du monde, c’est la leur qui est la plus juste, la plus tolérante, la plus désireuse de se remettre en question et de s’améliorer en permanence, et le meilleur modèle pour l’avenir ..."
        David Rothkopf, Praise of Cultural Imperialism, 1997
        ___Comment Sarkozy a imposé le « tout à l’anglais » :


        • Constant danslayreur 24 mai 2013 11:40

          "De même, on constate que beaucoup d’Arabes se connectent dans les chats de langue française, ce qui signifie qu’ils immigrent même sur Internet, et viennent parfaire leur français parce que la langue française est supérieure à l’arabe." smiley

          Ne serait-ce pas plutôt parce que les arabophones en question maîtrisent parfaitement votre langue et que vous ignorez tout de la leur ?


        • pyjahman pyjahman 24 mai 2013 20:42

          Je pense que vous vous trompez, non pas que vous ne sachiez raisonner, mais parce que vous amalgamez certains points à mes yeux :

          Nous ne dénonçons pas l’anglais en tant que tel, les pièces de Shakespear sont justes fabuleuses, mais nous dénonçons un néoanglais ultra simplifié (souvent appelé le globish) ou anglais d’aéroport dénué de toute nuance et formé uniquement d’expressions simplistes. Il n’y a qu’à voir les séries américaines, ou d’entendre des discussions en anglais pour reconnaitre les mêmes formules récurrentes. C’est justement la complexité d’une langue qui permet la nuance des propos et la manipulation des concepts. On peut traiter au même niveau l’anglicisation de la langue français que son SMSisation.
          Il faut bien comprendre qu’historiquement, les langues (latines pour nous) se sont complexifiées jusqu’au 20 ième siècle, et que d’une certaine façon, la mondialisation et le capitalisme dérégulé a inversé la tendance en supprimant les concepts permettant de le critiquer.
          Le problème étant plus la destruction des langues au profit d’une pensée commune, que l’influence de la langue anglaise sur la notre.

          Pour ne pas mettre de côté les problèmes de communication que nous rencontrons et rencontrerons, je pense qu’il ne faut pas abandonner nos langues mais au contraire développer la traduction précise et notamment les traducteurs automatisés en temps réel.

          Bien à vous tous.


        • Esclarmonde Esclarmonde 24 mai 2013 21:44

          Il n y a pas de langue « supérieure » ou « inférieure », c’est aussi con que de dire qu’il y a des peuples supérieurs aux autres... Le français à sa richesse, l’anglais aussi (et je parle du « vrai » anglais, pas du sabir ultra simplifié qu’on veut nous imposer) et dans toutes les langues, on peut exprimer des choses très profondes et très complexes, j’en suis persuadé même si évidemment, je ne les connais pas toute...


          Le gaulois devait avoir sa richesse lexicale et grammaticale tout autant que le latin, s’il a disparu, c’est à cause de la domination de la civilisation romaine sur la civilisation celte.

        • Mowgli 25 mai 2013 08:03

          Esclarmonde : « et dans toutes les langues, on peut exprimer des choses très profondes et très complexes »

          Essayez donc voir d’exprimer quelque chose de ni profond ni même complexe en piraha. Le piraha, qu’es acò ? Voyez ici : http://fr.wikipedia.org/wiki/Piraha

          Juste un extrait de l’article pour vous donner une idée de quoi il s’agit :

          « [ses locuteurs] ne comptent pas et ils n’ont pas de vocabulaire pour décrire les nombres. Selon les chercheurs, ils sont incapables d’apprendre des notions de calcul. »

          L’auteur de l’article oublie de vous dire que le même mot signifie indifféremment « un », « peu » ou « petit » et un autre « plusieurs », « beaucoup » ou « gros, grand ».


        • pyjahman pyjahman 25 mai 2013 23:39

          @esclarmonde

          Le principe d’une langue vivante c’est qu’elle est en constante évolution, et normalement elle tend vers une complexification car on apprend, invente et découvre toujours plus de nouvelles choses.
          Apres il ne faut pas se leurrer, les langues n’évoluent pas au même rythme, et il peut être facile de faire un lien direct entre la puissance d’une civilisation et son niveau de langage, c’est lié.


        • rocla (haddock) rocla (haddock) 24 mai 2013 11:53

           smiley bien vu Constant !




              • Krokodilo Krokodilo 24 mai 2013 19:34

                Toujours difficile de demander aux gens en vue de prendre la tête d’une croisade ; déjà qu’il se fait sévèrement tacler dans les médias ! Il semble y avoir un clivage entre les universitaires des sciences dures, de l’économie, informatique et commerce, majoritairement favorables à cet article de la loi Fioraso, et ceux des SHS.


                • Esclarmonde Esclarmonde 24 mai 2013 22:13

                  Paradoxalement, je trouve que la langue qui est victime dans cette globalisation, c’est... l’anglais !

                  C’est une langue aussi riche et intéressante qu’un autre, avec d’immenses écrivains (Shakespeare bien sûr, mais aussi Orwell, Joyce, les soeurs Brontë.... j’en passe et des meilleures) mais bien entendu, l’anglais qu’on veut nous imposer n’est qu’un pauvre langage de quelques centaines de mots (Basic English ou Anglais simplifié ou pire ; l’anglais commercial...).

                  En clair, si rien n’est fait, on parlera tous un anglais considérablement appauvri par rapport à sa version d’origine ce qui nous empêchera d’avoir une pensée élaborée et complexe... d’autant plus que, l’anglais est avant tout la langue de peuples bien précis avec les civilisations qui vont avec et apprendre l’anglais sans être intéressés un tant soit peu par elles est une sottise....

                  Le paradoxe aussi est que lorsque on attend un certain niveau en anglais, on ne peut que trouver ridicule ce sabir publicitaire qu’on ose nommer « anglais » et être finalement protégé contre cette invasion parasitaire de mots-slogans comme l’a dit Zen plus haut.

                  Selon moi, on peut bien sûr apprendre à très bien parler une autre langue (y compris l’anglais- tout en restant attaché à la langue française et à une belle langue française... Le problème étant moins l’invasion de l’anglais que la soumission à une culture (ou plutôt une pseudo culture « McDo ») et un certain masochisme français se voyant comme un pays avec une culture à la ramasse...

                  Bref, on craint qu’un jour l’anglais domine toute l’Europe mais quel anglais au juste ?
                  En tout cas, ce pauvre Shakespeare doit se retourner dans sa tombe !

                  Et comme l’avait dit le patriote irlandais Padraic Pearse « un peuple sans langue est un peuple sans âme »... 

                  • COVADONGA722 COVADONGA722 24 mai 2013 22:47

                    yep , en appeler à un militant de la langue gaélique pour défendre l ’Anglais , foutre !nos éduqués prêt a se vendre au melting pot acculturé nos ralliés aux élites cooptées bruxelloises !n’est ce pas magnifique tous ses serviles de la langue du commerce et moooonde oui monsieur du monde ! En appeler à Padraix Pearse pour défendre la langue chargée de convertit le monde 

                    à Dickens et le trublion de stafford upon avon qui devrait s’en retourner dans sa tombe lui qui truffait ses pieces de mots français !!!!
                    yep à l’instar des vieux gael mon papy disait
                    si dieu a mis les brits sur une île c’est qu’il avait une fichue bonne raison !
                      Tiocfaidh ar la !

                    asinus : ne varietur

                  • Thierry SALADIN Thierry SALADIN 24 mai 2013 22:53

                    Est-il déplié, maintenant ?

                    T.S.

                  • Esclarmonde Esclarmonde 24 mai 2013 23:00

                    Je suppose que le message de Pearse était universel et qu’il pensait bien entendu à la langue gaélique en tout premier lieu mais cette citation nous concerne aussi, c’est pour cela que je l’ai mis en conclusion de mon commentaire.


                    Et l’exemple de l’Irlande est intéressant : voilà un pays où l’on parlait une langue qui n’avait strictement rien à voir avec l’anglais et si le gaélique est enseignée dans les écoles irlandaises, c’est quand même l’anglais qui est utilisé quotidiennement par une majorité d’irlandais... Même si je sais qu’ils restent attachés au gaélique, symbole de leur identité... 

                    L’Irlande est aussi l’exemple d’un pays où l’on a forcé les gens à parler anglais... ça devrait nous faire réflèchir !

                  • Esclarmonde Esclarmonde 24 mai 2013 22:33

                    Je ne comprend pas pourquoi mon commentaire précédent a été replié ! 


                    • Thierry SALADIN Thierry SALADIN 24 mai 2013 22:44

                      Pardon, mais votre commentaire a été replié par erreur.

                      Je suis importuné par un individu depuis 19H50, et en voulant replier une nouvelle fois son commentaire insultant j’ai dû faire une fausse manœuvre. Visiblement, il n’a rien d’autre à faire de sa soirée. 
                      Cela doit bien le faire rigoler... 
                      Je viens de déplier votre commentaire. J’espère que cela restera ainsi. Sinon, réécrivez-le et je vous promets qu’il ne se passera plus rien contre vous

                      J’étais donc en train de vous écrire :
                      Bonsoir Esclarmonde,
                      Votre intervention est judicieuse, comme du reste celle de la plupart des autres commentateurs que je remercie. Effectivement, la langue anglaise, la vraie, n’a rien à gagner dans cette affaire, vous avez parfaitement raison.
                      Mais cela ne semble pas soucier nombre de nos compatriotes, alors qu’en Grande-Bretagne, certains s’inquiètent de cette situation car leur langue est massacrée chaque jour, et ce dans le monde entier, et dans l’indifférence générale.
                      Et pour finir par une citation, moi aussi, j’ajouterais :
                      « Tant qu’un peuple n’est qu’envahi dans son territoire, il n’est que vaincu ; mais s’il se laisse envahir dans sa langue, il est fini »
                      Louis de Bonald.
                      Toutes mes excuses à nouveau, et merci pour votre commentaire.

                    • Esclarmonde Esclarmonde 24 mai 2013 23:05

                      Mon commentaire n’est pas déplié, mais pas grave, du moment que je sais pourquoi, merci !


                      J’ai séjourné au Pays de Galles et en Irlande, il est vrai que ces deux peuples avaient été soumis à la domination anglaise et n’ont pas cet esprit conquérant de la pseudo-élite anglo-saxonne, mais j’ai été frappée quand même par la simplicité des habitants. Aucun mépris contre la France, au contraire, et le désir de se faire comprendre dans un anglais le plus clair possible pour les étrangers. Leur comportement et la qualité de l’anglais qu’ils utilisent généralement n’ont strictement rien à voir avec les fantasmes de nos bobos en France.

                      • Gonzague Gonzague 25 mai 2013 09:11

                        Je ne sais si l’auteur de cette tribune est sérieux ou non. Tous les ingrédients de la parodie y sont présents, de l’outrance du propos au vocabulaire exagérément belliqueux. Imaginons que cet article soit à prendre au premier degré.

                        Je ne parviens pas à saisir les craintes formulées de ci de là par nombre d’intervenants. L’anglais (le mauvais anglais souvent) est la langue véhiculaire actuelle et il est de fait normal qu’elle soit enseignée, que des cours soient tenus dans celle-ci (attendu qu’un enseignement formellement homogène facilite la communication entre les différents pays impliqués dans la chose transmise).

                        J’habite à Berlin et puis vous assurer que l’allemand, sans toutefois être en danger, est bien plus soumis aux influences de l’Anglo-Américain. S’il est vrai qu’outre-Rhin bien des cours universitaires sont proposés en anglais, il n’en demeure pas moins que l’allemand est tout à fait maîtrisé par tout un chacun, que la littérature et la culture allemandes n’ont pas disparu ensevelies sous le ketchup ni la sauce à la menthe ; au contraire de la langue française en France qui pâtit selon toute vraisemblance d’un désintérêt certain de la part de ses locuteurs (je parle de la population, non des institutions). Le danger ne viendrait ainsi non pas des barbares anglo-saxons mais bien des Français eux-mêmes. En imaginant qu’il y ait danger d’ailleurs, ce dont je doute fortement.

                        Nous ne sommes et n’avons jamais été le centre du monde, le français, si important soit-il pour nous, les recettes de cuisine, l’Eurovision et l’escrime, reste une langue d’enseignement sans toutefois être LA langue véhiculaire. En outre, et je peux vous l’assurer en tant que bilingue (franco-allemand), une instruction en langue étrangère ouvre de nouveaux horizons qui invitent à un regard critique sur notre propre histoire et permet de saisir bien des choses qu’un onanisme franco-français interdit. 

                        Si c’est cela que vous appelez « Cheval de Troie », je suis tout prêt à lui ouvrir mes portes. 


                        • Mowgli 25 mai 2013 09:47

                          Le commentaire référant à l’article de David Monniaux dans la tribune de Libération vient de disparaître. Voir http://david.monniaux.free.fr/dotclear/index.php/post/2013/05/22/Tribune-dans-Lib%C3%A9ration-sur-l-usage-des-langues-dans-la-recherche-scientifique

                          Voici ce que j’en avais à dire.

                          Bien d’accord avec David Monniaux.

                          Il y a quelques mois j’avais reçu de l’Université des Sciences de Malaisie un manuscrit pour avis. Non seulement le contenu ne valait rien, mais la forme non plus. C’était écrit dans un anglais bourré de termes archaïsants, un anglais précieux et ridicule. Quand j’ai lu « tenscore » (pour « two hundred ») je n’ai plus perdu mon temps à démonter le tissu d’âneries que c’était, je me suis contenté d’écrire au rédacteur en chef que ce manuscrit ne valait rien et surtout qu’il bafouait la charte qui précisait que les manuscrits devaient être en anglais clair et accessible à une audience internationale dont beaucoup n’ont pas l’anglais pour langue maternelle, donc en anglais simple, sans fioritures. Cela seul le rendait impubliable. « J’avais mes doutes, » m’a répondu le rédacteur en chef, « je suis bien content que vous me les ayez confirmés. »

                          Je n’ai pas haute opinion non plus de Claude Hagège. Je reconnais toutefois qu’il sait bien déterminer de quel côté est beurrée la tartine.


                          • Τυφῶν בעל Perkele Τυφῶν בעל Perkele 25 mai 2013 11:46

                            C’était moi qui avait posté le lien vers l’article de D. Monniaux, merci de l’avoir reposté.

                            Je ne me fais pas d’illusion, nous sommes sur Agoravox, les gens intelligents ayant des opinions raisonnables sont minoritaires ici.

                            Typhon


                          • Clouz0 Clouz0 25 mai 2013 09:55

                            Bullshit !


                            L’anglais n’est vu, par l’auteur et par certains commentateurs appartenant à sa coterie, que comme l’adversaire honni à leur rêve le plus fou : Imposer l’espéranto.
                            Le rêve s’éteint peu à peu, mais chaque occasion de tenter de rallumer la flamme est à saisir.
                            Il ne s’agit pas pour eux de défendre le français, qui n’a nul besoin de leur sollicitude intéressée, mais bien de profiter de l’agitation actuelle pour tenter une nouvelle attaque en biais contre l’anglais.

                            Chimères ! 
                            Aucune langue fabriquée, sans histoire, sans écrivain, sans production d’humour, sans jeux de mots, sans patois, sans variantes, sans accents... n’existera jamais nulle part. 
                            Jamais elle ne prendra la moindre importance face à des langues vivantes.

                            Quant au Français, aucune inquiétude. 
                            Simplement sa vocation n’était pas de devenir la langue planétaire.

                            • Krokodilo Krokodilo 25 mai 2013 18:24

                              Ce que vous dites n’a pas de sens : dire d’une chose qui existe qu’elle n’existe pas n’a aucun sens.

                              Voici par exemple une exposition indépendante qui a choisi son titre en espéranto.

                              @L’auteur, tu as toi aussi affaire à Asp ? Au moins un de ses pseudos est ici : Τυφῶν

                            • Τυφῶν בעל Perkele Τυφῶν בעל Perkele 25 mai 2013 21:42

                              Je ne suis pas Asp.

                              Krokodilo est un menteur.


                            • vesjem vesjem 25 mai 2013 18:16

                              bon , je vais me fendre d’une interrogation ; savez-vous pourquoi les pays d’europe ont (presque) tout inventé ces trois derniers siècles ? je vous fais grâce de la poudre et de l’algèbre .


                              • Bur K Bur K 9 juin 2013 10:13

                                Bonjour, 

                                Un peu tard pour poster un commentaire qui sera lu par le plus grand nombre, mais je poste quand même. Pour la mémoire AgoraVoxienne.

                                L’histoire des civilisations démontre que la langue dominante est toujours celle du vainqueur. 

                                Cela amène à considérer que le meurtre perpétré contre un peuple ne nécessite pas obligatoirement un génocide : tuer sa langue, c’est tuer son identité culturelle et historique, ce qui revient à le rendre « inexistant ». C’est un meurtre identitaire. Ce qui est arrivé – entre autres – aux Gaulois sous la domination romaine. 

                                Le mode de penser se construit avec le mode de parler. Y compris dans l’inconscient, individuel et collectif (cf. Lacan : l’inconscient est structuré comme le langage).

                                L’empire anglo-saxon s’apprête à soumettre le reste du monde à son mode de parler, et par voie de conséquence à son mode de penser. S’il y parvient, il sera le vainqueur, et le maître du monde.

                                Un gouvernement qui pactise avec l’ennemi ? On ne peut s’empêcher de penser à un précédent historique : le gouvernement de Vichy. 

                                Alors oui, l’appelle à la résistance, linguistique dans le cas présent, est une impérieuse nécessité si nous ne voulons pas nous soumettre à l’envahisseur. 


                                 

                                • Bur K Bur K 9 juin 2013 10:25

                                  Pardon, plutôt que « empire anglo-saxon », parlons d’empire « anglo-américain », ou l’empire de l’anglophonie. 

                                  Mais ne soyons pas pour autant anglophobes. 
                                  La langue de Shakespeare est pleine de charme smiley




                                • Thierry SALADIN Thierry SALADIN 9 juin 2013 10:46

                                  Bonjour Bur K,

                                  Votre intervention de ce matin aura été lue, finalement, au moins une fois.
                                  Rien à ajouter à votre commentaire, d’autant que vous avez vous-même rectifié un détail, mais qui a son importance : il vaut mieux parler en effet d’empire anglo-américain que d’empire anglo-saxon. Les Saxons n’ayant rien à voir dans cette affaire, et depuis très longtemps.
                                  Bien sûr qu’il faut faire de la résistance, comme celle avec un grand R qui sut s’organiser à l’appel d’un seul homme, d’où mon allusion historique.
                                  C’est le thème d’un article que je suis en train de préparer pour Agora Vox. Même si le temps me manque en ce moment. 

                                  À bientôt.

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