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Logos, du prog italien aux ambiances floydiennes

JPEG Le rock progressif fait carrément partie de la culture italienne et devrait figurer dans les spécialités reconnues dans le patrimoine immatériel de l’Unesco, au même titre que la gastronomie française ou le mugam azéri. Il faut dire que pour cuisiner les sonorités, les Italiens sont les meilleurs. Les années 2010 ont été riches avec des dizaines d’albums produits et des nouvelles formations complétant les anciennes, issues des années 1990 et 2000, sans oublier quelques vétérans qui sévissent encore dans les studios et sur la scène.

Le groupe Logos fait partie de ces formations intermédiaires. Il s’est constitué en 1996 à Vérone avec trois musiciens dont deux figurent dans la line-up actuelle, celle qui vient de sortir en 2014 un troisième album longtemps espéré par les fans. Le claviériste Luca Zerman et le bassiste et percussionniste Fabio Gaspari ont été rejoints par un second claviériste, Claudio Antolini puis le guitariste Maoli Massimo, pour former un quatuor efficace dans l’exécution d’une musique marquée par un symphonisme appuyé, avec les deux claviéristes aux keys, comme c’était le cas du légendaire Banco. Piano, orgue, synthétiseur et mellotron sont de la partie, largement employés sur les onze plages musicales offertes dans ce CD intitulé « L’énigma della vita » et qui s’étend sur 75 minutes, avec la plupart des morceaux étirés sur 7 à 12 minutes, ce qui est un format convenable pour toute musique qui a des prétentions progressives et se veut à l’écart des normes de la pop rock formatée pour les médias de masse.

A l’écoute, l’oreille est séduite et surprise par le style assez éloigné des effluves baroques produites en Italie par les acteurs du progressif. On se situe plutôt dans un registre néoprog avec des ambiances planantes et atmosphériques. Une facture d’ensemble qui ressemble à ce que peut offrir Pendragon mais avec des fioritures très personnelles et des parties vocales en italien ce qui donne une teinte méridionale. Pour situer Logos, vous n’avez qu’à imaginer ce que donnerait le Pink Floyd de « Wish you where here » s’il s’amusait à faire du progressif italien. Le résultat est très agréable à entendre, avec des claviers utilisés pour créer des ambiances et des effluves comme on peut en trouver dans le space rock. On reste néanmoins proche du prog avec la guitare qui se fait mélodique et des compositions parfois teintées façon jazzy ou folk, évoquant des formations comme Gentle Giant ou même Goblin, comme c’est le cas dans le troisième morceau assez enjoué, fluide autant que saccadé, et chaleureux comme la péninsule. Le quatrième morceau est assez étrange, mariant un style néo-prog et des instruments vintage ce qui rend l’ensemble plutôt intemporel, comme une superposition de styles et d’époques récentes ayant marqué la musique rock. Un morceau assez envolé du reste.

La cinquième pièce musicale tranche avec les précédents morceaux, offrant des saccades marquées par un esprit free rock avec des envolées presque crimsoniennes. Parfois, cette exécution très rock contemporain rappelle le Orme des débuts ou même les fausses improvisations qu’on trouve dans les formations issues de l’école de Canterbury. Ce cinquième morceau est une réussite avec cette fois la guitare qui s’étire et se veut bien plus free que mélodique. Et toujours en arrière fond cette toile sonore faite de nappes de clavier subtilement placées comme si elles voulaient colorier les figures découpées par la guitare et les jeux de rythmique. Le sixième morceau est plus conventionnel, bien exécuté, propre comme du néo prog des années 90. La septième pièce musicale s’étire sur presque 12 minutes et s’avère des plus agréables à écouter avec une succession d’ambiances musicales assez planantes pour ne pas dire floydiennes. Ensuite, ça déroule, toujours avec cette fausse légèreté qui masque toutes les subtilités de ces exécutions richement ciselées avec des ruptures et des séquences inattendues conférant à chaque écoute un plaisir renouvelé. Et ce style faussement facile qui est en fait, relativement déstructuré, ce qui montre bien la facture progressive de cet album qui éclaire une année 2014 déjà bien fournie en productions de qualité, sans aller jusqu’au grand cru que fut l’année précédente.

Logos séduira les amateurs d’ambiances néo-progressives au risque de décevoir les mélomanes obtus rompus au prog italien plus alambiqué et baroque. L’énigma della vita est un excellent disque qui saura agrémenter les longues soirées d’automne au coin du feu. Un CD enregistré entre 2006 et 2012 par Luca Zerman, édité sur le petit label Andromeda Relix et distribué par Lizard Records.


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2 réactions à cet article    


  • claude-michel claude-michel 9 septembre 2014 09:53

    L’influence des Moody Blues est évidente (pour moi)..ainsi que le folklore Irlandais..

    Pas mal mais la batterie est trop forte...et puis un peu « fouillousse » dans l’ensemble...

    • Pillippe Stephan Slipenfer 9 septembre 2014 12:41

      pour écouter l album en question c"est ICI

       smiley

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