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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > « MADIBA » Mandela ! L’Humanisme en Résistance au Comédia

« MADIBA » Mandela ! L’Humanisme en Résistance au Comédia

Au Comedia, une comédie musicale ambitieuse est à l'affiche pour rendre hommage à Nelson Mandela : MADIBA, ainsi surnommé affectueusement par les Sud-Africains.

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MADIBA
photo © Theothea.com

Après une épopée sur Ulysse en 2002, un Musical sur la jeune Anne Frank en 2009, le nouveau spectacle de Jean-Pierre Hadida s'inscrit dans une même lignée, celle de bâtir une petite histoire dans la grande, raconter en musique une histoire fédératrice, ce sera, ici, celle de deux jeunes que tout oppose, autour d'un homme, l'Africain du XXème siècle, figure politique iconique qui a pris les dimensions d'un mythe au fond d'une prison.

Sur scène, les grandes étapes de leur combat pour la liberté ''Freedom" seront distillées au fur et à mesure par un narrateur rappeur (Lunik), co-auteur de plusieurs titres de Madiba.

On assistera ainsi à la reconstitution d'une fresque historique en 3 actes ponctués de chants et de danses appropriés aux événements :

Le jeune Nelson Mandela, incarné par un James Noah à la massive carrure, vu dans Sister Act, ouvre un cabinet d'avocats pour défendre les Noirs victimes de l'Apartheid. Après le massacre de Sharpeville en 1960, il se radicalise, sera recherché et arrêté en août 1962. Il sera condamné à vie au fort de Robben Island. La 3ème étape verra sa libération après 27 ans d'incarcération et son élection en 1990. Il deviendra Président de son pays en prônant le Pardon : "Savoir se pardonner'' est le titre d'une chanson. "La Nation Arc-en-ciel" est chantée par toute la troupe, explosion d'espoir et d'élan fraternel.

Pour nous sensibiliser au pouvoir de cet homme charismatique et de cette cause humanitaire, on nous conte en parallèle un histoire sentimentale entre Helena, une jeune afrikaner Blanche et William, un jeune homme Noir. La belle idée est d'avoir fait de lui un artiste dessinant sa "Juliette" en catimini, toujours en noir et blanc car, en plein régime d'Apartheid, période de clivages impitoyable, on ne peut s'exposer en plein jour. Ce carnet de croquis sera un lien essentiel de communication, véritable "arme" de combat non violente pour la paix entre les hommes. Ces dessins apparaissent en projections video (dessins réalisés par Jean-Pierre Hadida) sur un écran à 180°, ils enlacent la scène se créant au fur et à mesure de l'action qui se déroule. En noir et blanc tant qu'il faut se cacher, lutter pour obtenir l'égalité des droits. Le monde ne se colorera et prendra les couleurs de l'arc-en-ciel qu'avec la libération de Nelson Mandela.

Chaque étape est accompagnée de chansons solo ou en choeur et de danses qui associent tous les genres, break dance et prestations de hip hop, par exemple, dans un tableau plein de bruit et de fureur intitulé "Soweto" pour illustrer la dureté de l'événement. En effet, après diverses manifestations pacifiques à Soweto en 1976, la police avait tiré à balles réelles sur les manifestants pacifiques munis de pancartes.

Un militant de l'ANC, Sam, incarné par Jean-Luc Guizonne (le Roi lion), est arrêté et entrera en correspondance en prison avec Nelson Mandela, surnommé "Madiba". Sa fiancée Sandy, interprétée par Falone Tayoung - chanteuse de gospel à la voix puissante - le fera libérer au bout de six ans grâce à ses relations avec le chef de police chez qui elle travaille, Peter van Leden, l'afrikaner blanc (Roland Karl). Celui-ci entonnera plus tard, de sa voix de ténor, un hymne phare du musical "Ma Civilisation" pour justifier son incompréhension et la non acceptation de la liaison de sa fille avec un homme Noir.

Entre Helena et William (Juliette Behar et Manu Vince) qui tentent malgré tout de se rapprocher alors que la ségrégation bat son plein, les chants se font plus intimes. Ils seront cependant obligés de se séparer, William jugeant nécessaire de lutter auprès des siens après l'arrestation de Sam.

Aux ritournelles d'amour éternelles ou aux chants de combat, poings levés, se mêlent des chorégraphies diverses (Johan Nus) qui vont du rap aux danses "zouloues". Les danseurs en habit traditionnel - pagnes, bracelets et chaînes aux chevilles - ou chaussés de bottes en caoutchouc - se déchaînent sur des rythmes africains frénétiques. Notons l'énergie qui se dégage des athlétiques danseurs Konan Jean Kouassi également flûtiste et Thomas Bimai ainsi que, parmi les danseuses, le feeling fougueux d'Audjyan et la grâce naturelle de Mômô Bellance.

Enfin, dans un cocktail d'énergie, un chant fédérateur " Freedom", clamé par l'ensemble des chanteurs et danseurs, marque un final plein d'espoir. Hymne à la joie, à la paix, à la réconciliation. Les couleurs éclatent dans l'espérance de l'unité retrouvée. Des foulards multicolores sont agités par la foule en liesse.

Une bande-son est jouée en partie par un orchestre live (percussionniste : Haykel Skouri). Les textes sont parfois naïfs et l' accent un peu trop appuyé sur le côté sentimental affadit légèrement le spectacle. Malgré ce bémol, ce show, mis en scène par Pierre-Yves Duchesne, est émouvant aussi vocalement que visuellement.

En proposant le pardon, Nelson Mandela a obtenu une paix, certes fragile mais durable. Par sa stature, sa force morale, il a prôné l' éducation comme remède le plus puissant pour renverser l'obscurantisme et l'intolérance. "On ne peut changer le monde contre les autres. On change le monde avec l'autre" est le leitmotiv de cette comédie musicale dont le langage universel peut rendre l'espoir d'un monde plus bienveillant.

photos © Theothea.com

MADIBA - ***. Cat'S / Theothea.com - de Jean-Pierre Hadida & Alicia Sebrien - mise en scène Pierre-Yves Duchesne - avec James NOAH, Juliette BEHAR, Manu VINCE, Jean-Luc GUIZONNE, Lunik Grio’ (LUN1K), Falone TAYOUNG, Roland KARL, Harmony DIBONGUE-LEVY, N’dy THOMAS, Anthony FABIEN, Stéphanie SCHLESSER, Joel WOOD .... - Théâtre Comédia

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MADIBA
photo © Theothea.com

 


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1 réactions à cet article    


  • eric 24 février 2016 21:37

    On aurait pu ajouter au moins une allusion a la tres riche histoire d’amour de Mandela avec la veuve de Samora, sa troisieme epouse, a 80 ans, dont l’achat, par l’intermediaire du roi de Nelson donna lieu a des negociations internationales de plusieurs mois sur la base d’une somme exceptionellement elevee compte tenu du prestige de l’epouse.

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