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Maelstrom : réédition d’un chef-d’œuvre du prog américain

S’il y a bien un domaine où l’Europe a surpassé les Etats-Unis depuis quarante ans, c’est celui du rock progressif. Fait assez curieux car on aurait imaginé ce grand pays à la pointe de la science, de l’innovation et des tendances musicales. Certes, le rock est arrivé des States avec Elvis mais les innovations radicales sont venues d’Europe avec les Beatles dès 1966 puis au début des seventies le prog du roi Crimson, de VDGG et le krautrock allemand. Ce qui n’a pas empêché les Etats-Unis de voir apparaître quelques formations oeuvrant dans ce genre particulier mais elles furent peu nombreuses tout en révélant un talent et un professionnalisme confirmé. C’est le cas avec cet album enregistré en 1973 par Maelstrom, groupe de Floride qui a porté très loin l’inventivité et signé des compositions assez hétéroclites, ce qui ne peut que ravir tout amateur de prog qui se respecte. C’est électrique et éclectique.

Comme d’habitude, un disque se raconte difficilement et nécessite quelques références pour situer les compositions. En fait, cet album est marqué par de multiples influences, entre les improvisations californiennes du Dead et du krautrock allemand. Egalement quelques influences planantes à la Gong. La réalisation fait parfois penser également à du Zappa ainsi qu’aux expériences à la Soft Machine menées à Canterbury et plus particulièrement celles du légendaire Egg qui sortit deux albums en 1970. C’est donc un bien étrange disque conçu aux interfaces des avant-gardes américaines et européennes au moment où l’invention progressive est à son sommet, c’est-à-dire pendant la première moitié des seventies. C’est en 1973 que Maelstrom, formation basée en Floride, sort un premier et excellent album intitulé « on the gulf », enregistré à Fort Walton Beach. Par la suite, un autre album sera à nouveau dans les bacs, plutôt décevant, comparé à ce petit bijou de rock expérimental qu’est « on the gulf » avec un style aisément identifiable comme représentatif de l’époque mais néanmoins très personnalisé.

Maelstrom repose sur deux multi instrumentistes, Robert Owen oeuvrant sur mellotron, guitares et saxes, et James Larner spécialisé dans la flûte, le marimba, le vibraphone et le piano. Cette formation est complétée par Marc Knox aux claviers et Jim Miller aux percussions. Et pour finir, Paul Klotzbier à la basse et Jeff Mc Mullen pour les parties vocales. L’atmosphère dégagée par cette dizaine de petites œuvres musicale est assez étrange, grâce notamment à un usage généreux du mellotron. Il n’y a pas d’homogénéité dans le style des morceaux, ce qui montre le travail de composition réalisé essentiellement par Owen et Larner. Le mellotron confère à l’ensemble cette tonalité progressive très européenne à laquelle se marient quelques exécutions de guitare digne du psyché planant des seventies qu’on trouve en Californie ou bien en Allemagne avec les impros de Ash Ra Tempel. Sinon, le chant résonne assez bizarrement, avec une tonalité légèrement mélancolique et une voix très west-coast rappellant Tim Buckley. Ne cherchez pas à vous procurer le vinyl, hors de prix sous réserve que vous le trouviez. Une réédition numérique maintenant épuisée a été éditée en 1997 et c’est grâce à Black Widow que ce CD est à nouveau disponible, paru il y a un mois, plus deux morceaux bonus enregistrés en 1980 avec une line-up recomposée et un style plus orientés vers les expérimentations eighties. Deux enregistrements live qui ne manquent pas d’intérêt pour appréhender l’évolution des styles d’une décennie à une autre.

On retiendra donc ce côté très inventif et débridé joué avec générosité et franchement, dès le premier morceau, on est étonné et désorienté par composition complexe et des incantations vocales semblant tracer un pont vers l’éternité. L’impression de naviguer sur un flot de nappes sonores trouées par les différents instruments. Complètement free dans l’esprit, on ne s’en lasse pas car on ne peut pas mémoriser ce morceau complexe qui défie les règles de la chanson rock. Tout à fait dans l’esprit de l’époque et très ambigu dans le contenu. On sent un désir d’expérimentation musicale mais la maîtrise du jeu instrumental permet d’éviter le côté brouillon qu’on a pu connaître à cette époque, par exemple chez les Amon Dull. Aucune ligne directrice sur cet album qui laisse le champ libre à toutes les innovations. Nul morceau ne ressemble à un autre. Bref, un déchaînement musical entre la Californie et Canterbury et c’est bien là que se situe cette étrange musique venue d’un autre âge pas si ancien mais si loin pour nous qui naviguons à la vitesse du Net.

MAELSTROM 1973 : ROBERTS OWEN : Acoustic Guitar, Saxophone, Piano, Mellotron, vocals JAMES LARNER : Flute, vibraphone, Marimbas, Piano, Harmonica PAUL KLOTZBIER : Bass MARK KNOX : Hammond Organ, Mellotron, Harpsichord JIM MILLER : Percussives JEFF McMULLEN : Lead Vocals, Electric Guitar

MAELSTROM 1980 : ROBERTS OWEN : Flute, guitar, Synthesizers ROLLIN WOOD : Percussives PAUL KLOTZBIER : Bass D. KENT OVERHOLSER : Hammond Organ, mellotron, Synthesizers


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2 réactions à cet article    


  • LE CHAT LE CHAT 19 juin 2013 10:49

    Ce qui est bien à cette époque , c’est que l’inspiration n’était pas limitée au format commercial de 3-4mn , on a dans le progressifs des morceaux très longs

    à la même époque , pareil dans le rock psychedelique , ici un morceau de 17 mn
    de Iron Butterfly , précurseur de ce qui deviendra la Heavy Metal


    • slipenfer 19 juin 2013 14:34

      chef-d’œuvre américain (Oxymore)

      Il s’agit d’une pure anomalie qui ne se reproduira pas. smiley

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