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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Magistrale autopsie psychologique de trois philosophes majeurs

Magistrale autopsie psychologique de trois philosophes majeurs

 Cet ouvrage d'une densité édifiante, aux confins du roman et de l'essai, entremêle brillamment psychanalyse, philosophie et biographie. Imaginez trois philosophes d'envergure internationale à savoir Platon, Kant et Sartre, allongés sur le divan du docteur Freud. L'idée est ingénieuse, audacieuse ; le résultat est proprement bluffant et passionnant.

Par ce travail psychanalytique de haut vol, Charles Pépin met à jour les ressorts inconscients, les affects refoulés à l'origine des systèmes de pensée de ces trois philosophes : l'idéalisme platonicien, le moralisme kantien, l'existentialisme sartrien. Pépin exhume chez chacun d'eux les mécanismes empiriques et psychologiques qui ont concouru à l'établissement de la théorie de la liberté et du regard de l'autre, de la prééminence de l'esprit sur le corps et de la prépondérance de l'impératif catégorique. Il explique pourquoi Sartre rejetait toute idée de déterminisme et prônait mordicus les vertus du couple libre, pourquoi Kant s'interdisait toute passion, pourquoi Platon a consacré toute sa vie à retranscrire la philosophie socratique.

Au fil de leur analyse, les philosophes se dénudent. Ils consentent tant bien que mal à confesser leurs angoisses, leurs fêlures, leurs doutes. Leur confrontation à Freud se révèle souvent tendue et génératrice de résistances. Pour autant, leur cuirasse symbolisée par la propension maniaque à la conceptualisation se lézarde progressivement. Les masques tombent, laissant apparaître derrière la stature rigide et dogmatique du philosophe l'humanité fragile et ordinaire de l'individu. In fine, Pépin contribue à démythifier l'image du philosophe curieusement enclin à éclipser de sa réflexion la trivialité humaine et à privilégier ce qui devrait être au détriment de ce qui est vraiment. Accessoirement, il confronte l'homme moderne au crible des conceptions freudiennes.

 


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25 réactions à cet article    


  • kalachnikov lermontov 30 septembre 2015 21:36

    Non recommandé. D’une part parce que Freud a allègrement pioché chez Platon ; et en second lieu parce que le Socrate de Platon est délibérément ’fictif’ (je ne trouve pas de mot ad hoc).

    https://books.google.fr/books?id=G-YGP0NmV9gC&pg=PR7&lpg=PR7&dq=le+vrai+socrate&source=bl&ots=kcdpRAD5Rh&sig=dJ696BrM0bJ_Ymm3jBGb-yxSFes&hl=fr&sa=X&ved=0CEIQ6AEwBzgKahUKEwi3iYG7v5_IAhXK2RoKHaSQAHc#v=onepage&q=le%20vrai%20socrate&f=false


    • bakerstreet bakerstreet 30 septembre 2015 23:35

      Au delà du dépliant de vente, on voudrait avoir quelques extraits pour se faire une p’tite idée de la qualité critique du grand homme. 


      • Cyrille Godefroy Cyrille Godefroy 1er octobre 2015 09:33

        @bakerstreet
        Je ne suis pas marchand, je ne vends rien... De quels extraits parlez-vous ?


      • bakerstreet bakerstreet 1er octobre 2015 10:11

        @Cyrille Godefroy
        Vous dites que ce travail est d’une densité édifiante. C’est un peu court. Il faudrait tout de même avoir un peu plus de matériel que ce billet très court pour juger


      • Cyrille Godefroy Cyrille Godefroy 1er octobre 2015 10:31

        @bakerstreet
        Convenons que le mieux est que vous lisiez ce livre. Peut-être accorderez-vous un début de crédit à votre propre jugement...


      • Jeussey de Sourcesûre M de Sourcessure 1er octobre 2015 07:43

        il ne reste plus qu’à faire la psychanalyse de Freud :


        «   L’épopée freudienne du Moi, du Surmoi et du Ça ne peut pas plus sérieusement prétendre à un statut scientifique que les histoires qu’Homère a collectées sur l’Olympe. Ces théories décrivent certains faits, mais à la façon des mythes. Elles contiennent des énoncés psychologiques des plus intéressants, mais qu’on ne peut soumettre à vérification... »
        Karl Popper

        • JL JL 1er octobre 2015 08:29

          @M de Sourcessure,


          Popper a dit des choses intéressantes, mais une belle formule comme la plus jolie fille du monde, ne peut donner que ce qu’elle a. 

          A cette formule de Popper, outre que je réfute la hiérarchisation des connaissances implicitement contenue, j’opposerais un point de vue pragmatisque : la théorie freudienne n’a pas besoin d’être soumise à une quelconque vérification - quelle serait-elle ? - elle doit être évaluée à l’aune de ses réussites, n’en déplaise à tous ses détracteurs parmi lesquels bien des gens frustrés par une pratique thérapeutique qui a eu le tort de porter des diagnostics sur des cas qu’elle n’a dans le même temps jamais prétendu soigner. Et c’est peut-être là son plus grand tort.

        • njama njama 1er octobre 2015 09:12

          @M de Sourcessure
          il ne reste plus qu’à faire la psychanalyse de Freud :
          des vilains congénères lui ont raccourci un peu le zizi quand il était petit pour de sombres raisons superstitieuses, et après le sexe ça l’a traumatisé ... smiley


        • Jeussey de Sourcesûre M de Sourcessure 1er octobre 2015 08:42

          Le raisonnement psychanalytique est circulaire, puisque pour montrer l’existence de l’inconscient, il faudrait pouvoir le connaître, et en faisant cela, il deviendrait conscient. Il est donc impossible d’observer l’inconscient et de démontrer son existence. Il ne s’agit que d’une hypothèse à laquelle on adhère par un acte de foi, ce qui ne retire rien à son intérêt ni à son importance, mais l’exclut du domaine de la science.


          • JL JL 1er octobre 2015 10:21

            @M de Sourcessure

            Mais non, c’est faux : toute la science est bâtie sur des hypothèses. 



          • alinea alinea 1er octobre 2015 17:29

            @M de Sourcessure
            Oh là !! vous n’avez donc aucune relation avec votre inconscient ?
            Et puis la science, elle, n’a rien à voir avec l’humain ; laissons lui le domaine de l’abstrait et de ses applications hasardeuses !


          • Gollum Gollum 1er octobre 2015 18:56

            @M de Sourcessure

            C’est un peu court comme raisonnement. On ne peut connaitre l’inconscient en son entier mais ses contenus oui.

            Pour prendre une analogie l’inconscient est comme un lac, contenant des poissons. On ne peut connaitre les poissons du lac qu’en les sortant de l’eau avec une canne à pêche.

            De même les rêves, quand on s’en souvient, sont comme les poissons pêchés du lac.

            Ceci dit il est assez vrai que cela sort du domaine scientifique stricto sensu. Puisque pas d’expérimentation possible et pas de répétition des expériences.
             
            Cela n’enlève rien à la validité de se souvenir de ses rêves. Tout le problème est l’interprétation entre différentes clés. La clé freudienne à laquelle je n’adhère pas et la clé de Jung. Il pourrait y en avoir d’autres.

          • kalachnikov lermontov 1er octobre 2015 23:19

            La vie tout entière est folie circulaire, la science aussi, puisque la conscience, c’est quoi ? C’est prouvé, ce machin ? Le siège est où ? Le bouton marche/arrêt est où ?


          • Pierre Laroche 1er octobre 2015 12:19

            La psychanalyse n’est que charlatanisme. Même Lacan a fini par l’avouer : “La psychanalyse n’est pas une science. Elle n’a pas son statut de science, elle ne peut que l’attendre, l’espérer. C’est un délire - un délire dont on attend qu’il porte une science. On peut attendre longtemps ! Il n’y a pas de progrès, et ce qu’on attend ce n’est pas forcément ce qu’on recueille. C’est un délire scientifique” (L’insu que sait de l’une-bévue s’aile a mourre [sic]. Ornicar ? Bulletin périodique du champ freudien, 1978, 14 : 9). Bref ! La psychanalyse est un puits sans fond dans lequel s’engouffrent les charlatans et les ripoux de la psychiatrie.


            • alinea alinea 1er octobre 2015 17:31

              @Pierre Laroche
              Oui c’est vrai !! il y a la science, de sources sûres, et les charlatans !! voilà un beau binarisme !


            • Neymare Neymare 1er octobre 2015 13:07

              "Pépin contribue à démythifier l’image du philosophe curieusement enclin à éclipser de sa réflexion la trivialité humaine et à privilégier ce qui devrait être au détriment de ce qui est vraiment« 

              C’’est l’inverse : la trivialité humaine fait fi de ce qui est vraiment, alors que ces philosophes montrent ce qui est vraiment.
              C’est pas parce que l’humain lambda considère la réalité visible et compréhensible par lui comme »la réalité", que celle ci est vraiment la réalité.
              En ce qui concerne Platon, son savoir ne vient pas de sa nature psychologique, ni meme de celle de Socrate, mais vient d’une connaissance plus universelle, intuitive, malheureusement peu répandue encore à ce stade chez l’etre humain.
              Freud a refusé cette connaissance intuitive et de faire de sa théorie la suite logique de cette connaissance, alors que Jung a bien compris les liens qui unissent les 2 savoirs


              • kalachnikov lermontov 1er octobre 2015 16:27

                @ Neymare

                Très bon commentaire de ta part.

                Ajoutons que Freud a traficoté le récit de ses rêves, etc, parce que justement il craignait d’être psychanalysé ; que de surcroît il a traficoté sur le sens de ses rêves ; ainsi, de celui bien connu où il tient un chapeau de verre sur les genoux : quand c’est n’importe qui, c’est pipi-caca-quéquette ; mais quand c’est Freud, ce sont des rêves supérieurs ! (il a interprété ce chapeau comme la psychanalyse, son oeuvre, et pas du tout comme le kiki qu’on peut châtrer ; le sens est encore ailleurs mais bref...). Comme Jung le rapporte, c’est l’interprétation des rêves qui a entraîné la rupture entre eux (Jung dit dit que Freud cherchait de façon monomaniaque des trucs inavouables dans ses rêves, etc). Freud était un ambitieux qui avait l’ambition de devenir un grand homme genre Goethe et il avait pris comme devise implicite : ’la fin justifie les moyens’.


              • Cyrille Godefroy Cyrille Godefroy 1er octobre 2015 16:35

                Il paraîtrait outrecuidant d’émettre un jugement définitif sur la genèse des systèmes de pensée des philosophes.
                Ceci étant dit, il est à noter que moult philosophes ont planché sur des théories, pour certaines à caractère moralisateur, ont ciselé d’exemplaires recommandations et de nobles préceptes visant à la sagesse et la vertu sans toujours les observer scrupuleusement dans leur vie quotidienne et personnelle.
                Il est, en effet, difficile à l’individu... et donc au philosophe de se défaire de ses passions ordinaires, de ses vils travers et de ses instincts importuns. Il est plus commode de les nier, de les refouler voire de les dissimuler sous des liasses d’écrits gratifiants pour l’image ou le passage à la postérité.


                • kalachnikov lermontov 1er octobre 2015 16:46

                  @ Cyrille Godefroy

                  Il me semble que tu fais une confusion et si cette confusion vient de ce bouquin, il est bon à jeter. Il y a une différence entre duplicité (effectuée consciemment) et refoulement (au sens freudien).


                • Neymare Neymare 1er octobre 2015 17:02

                  @Cyrille Godefroy
                  « Il paraîtrait outrecuidant d’émettre un jugement définitif sur la genèse des systèmes de pensée des philosophes. »
                  Cette genèse chez beaucoup de philosophes, et en particulier Platon et Socrate est dans l’initiation à ce que Jaurès a appelé la philosophie pérenne. Un système de pensée qui est toujours resté le meme depuis l’homme primitif jusqu’à ce jour car il se base sur quelque chose de fixe et immuable. Ce système de pensée que l’on retrouve tout ou partie dans la plupart des philosophies et dans certaines religions (quand on les approfondies) n’est pas pensé, il n’est pas idéologie mais il est donné à celui qui le cherche vraiment.


                • alinea alinea 1er octobre 2015 17:36

                  @Cyrille Godefroy
                  Non, pourquoi se défaire de ses passions ordinaires ; la seule chose, c’est que le lecteur doit les connaître.Car est philosophe celui qui, à partir d’elles, rejoint, ou tente de rejoindre l’universel.
                  Un philosophe inhumain n’aurait strictement aucun intérêt, autant s’en prendre à dieu directement à ce moment là !!
                  Avec un peu d’entraînement, on réussit à savoir tout de la psychologie, des traumatismes et autres complexes des philosophes, c’est pourquoi ce bouquin m’intéresse foutrement !!


                • Cyrille Godefroy Cyrille Godefroy 1er octobre 2015 17:08

                  Nulle confusion, juste une addition de 2 phénomènes qui aboutit au même résultat : la spéculation.

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