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Mais où est donc passé le bon vieux Vodka Martini de Bond, James Bond ?

Bond cuvée 2008 : de la Vodka Martini classieuse à la Red Bull bourrine !

L’espion 007,
c’est un secret pour personne, n’est plus James Bond. Alors, pour une touche de Quantum of Solace, autrement dit un « minimum de réconfort », champagne ? Non, sans (contre)façon ! (Pour la petite histoire, il faut savoir que Quantum of Solace, dans le dernier Bond, est à la fois le nom d’une organisation internationale crapoteuse, cherchant à tirer profit des ressources naturelles de la planète, et un titre qui, si l’on se réfère à une nouvelle de Ian Fleming, signifie « chaleur humaine » ou « part de réconfort »).


22, v’là le RoboCop ! Bon sang, dans ce 22e épisode, notre agent secret tout-terrain est devenu un héros buté qui bute à tire-larigot, une machine de guerre pyrotechnique bête et méchante, à la mâchoire carrée éternellement vengeresse, lorgnant du côté d’Hostel et de Saw. So what ? Eh bien, my God, quelle Connery ! Exit les bons baisers de cartes postales vintage, les hôtels quatre étoiles et hors de prix d’antan. Le rêve Swinging London, les dorures glamorama de la Côte d’Azur, les teintes chaudes cuivrées de John Barry et le champagne pop s’émoussent, irréversiblement. Fuck ! Avant, 007, rien que pour ses yeux plus deux ou trois choses, c’était la classe incarnée, un smart so british, un flegme naturel à tomber par terre, un tombeur de ces dames devant l’Eternel et ses diamants. Souvenons-nous, de l’époque de Sean, de Roger Moore et autres Pierce Brosnan, il dansait entre les balles, plein de légèreté, il courait encore les filles, maintenant c’est à peine s’il couche avec une James Bond Girl le temps d’un opus (le one shot, il le pratique à peine, le voilà dans la rétention girly, voire la débandade !) et, pis encore, il est balourd, limite beauf, et ne pense jamais à esquisser le moindre sourire. Ce qu’on aime dans James Bond, on le sait bien, c’est le gentleman au service secret de Sa Majesté, c’est l’hédoniste, le Chevalier moderne mi-Dionysos mi-Héraclès, on aime aussi chez lui la bulle pétillante de temps suspendu et le fait qu’il soit un véritable saint Georges en smoking. Maintenant, au-delà du film, 007 est avant tout et plus que jamais plus jamais un produit marketing, une griffe, un placement, une source de revenus inépuisable, une rampe de lancement, à savoir une figure mythique gérée comme une marque (de fabrique) et qui en appelle d’autres à l’infini : Coca, Sony, Ford, Omega, Brioni, Bollinger et tutti quanti… of Solace. Pourtant, au sein du film-vitrine en question, Bond est moins dans le Kiss Kiss Bling Bling d’autrefois, mais à la périphérie du produit film, la carte super Gold(eneye) est de sortie - c’est Bang Bang à tous les étages ! 

Avec Quantum of Solace, on a ici affaire à une espèce de trader baroudeur et canardeur, faisant beaucoup de bruit pour rien ou pour si peu ! Le film glisse sur nous façon un jeu vidéo ennuyeux ou l’eau savonneuse sur la peau, je crois qu’il pourrait se dérouler sans spectateurs, ça reviendrait à peu près au même. Rien n’accroche vraiment. Le costume de 007 ne serait-il pas trop grand pour Daniel Craig ? That is the question ! Celui-ci, via ses faux airs de bad boy américanisé des pays de l’Est, fait de Bond un Brutus bodybuildé à l’ombre de la haine, tout juste bon à sortir de l’eau miroitante avec un moule-bite de culturiste à deux pounds, digne du sable show d’Alerte à Malibu. Q et Miss Moneypenny sont désormais aux abonnés absents. Exit le famous vodka Martini au shaker (il en a désormais rien à foutre !), exit également les manières ironiques de séducteur de cocktail et d’humoriste boy-scout taquin, le voilà au taquet, collé à ses armes, à son portable et à sa montre à 3 100 € TTC. Brut(e) de décoffrage, pas drôle, froid, crade, violent pour être violent, c’est une sorte de Rambo en (no) smoking ayant remplacé à la va-vite son permis de tuer d’espion britannique en artillerie lourde estampillée Total Western. Le Casino Royale (2006, Martin Campbell) était déjà d’un chiant, une espèce de Jet Tour Operator tournant à vide malgré un côté jeu de massacre bigger than life et un décorum opératique de château de cartes plutôt attractif, et c’est peu dire que le tout dernier, Quantum of Solace, nonobstant la présence internationale d’Olga Cunnilingus, euh pardon… Kurylenko, et d’un frenchy so arty  (le punchy et vilain Mathieu Amalric en digne successeur du très méchant Michael Lonsdale, great !), ressemble à un épisode standard de série TV fusionnant Jason Bourne & Jack Bauer - bref c’est du lourd et on est bien loin du grand millésime, on nage plutôt dans le Champomy, voire dans le Coca Zéro 7 éventé - au secours !

Euh, question licence cultissime et productions Broccoli & Co, si vous le voulez bien, Bond, appelons-le désormais 000 (je sais, facile). Diantre, Craig, où donc place-t-il la dérision légendaire de Bond et l’ironie de la prestigieuse école du théâtre anglais (compagnie du Liverpool Everyman, National Youth Theatre de Londres) dont il est issu ? Quant à son surnom, n’en déplaise à Sa Majesté et aux a-mateurs de boxeur à l’air las, ça devrait désormais être James… Boring.

Bon(d), soyons francs, voire Gaulois, Daniel Craig, avec son corps-masse de rouleau compresseur, ses déplacements de bulldozer, son côté action hero hyperbolique, son visage-cicatrices christique, son regard bleu acier tranchant et ses traits tirés de zombie super fatigué en souffrance, n’est pas complètement déplaisant à suivre, mais il ne semble pas encore vraiment sorti du Munich (2006) de Spielberg – où il y interprétait, très bien d’ailleurs, un agent exécuteur du Mossad, le Sud-Africain Steve et, quant à la franchise Bond, franchement il faudrait penser à changer le sur-nom de son personnage filant 24 heures chrono ainsi que le support de diffusion de ses prestations tous azimuts : plutôt qu’un écran extralarge de cinéma à 10 €, un simple écran plasma du dimanche soir sur TF1 ou M6 peut largement suffire – parole de scout !

Apocalypto ? Jason Bauer ? Jack B(o)urne ? Steve Austin Martin ? Ethan Hunt ? Vladimir Poutine ? Dolph Lundgren ? Schwarzie ? Tom Crise ?  :  James, comment faut-il dorénavant l’appeler ? Bond, are you talking to me ? I’m so sorry, my dear, do you want a cup of tea  ? 
Amicalement vôtre,
VD

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Cinéma

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    Par Anto (xxx.xxx.xxx.10) 3 novembre 2008 10:51

    arf ! les gens intelligents dont vous faites partie evidemment. Les gens intelligents, n’aiment pas les cliches et les stereotypes, ils aiment les heros ambivalents et profonds. Ils aiment pouvoir s’identifier aux personnages, imaginer ce qu’ils auraient fait a leur place et constater que finalement ce personnage imaginaire ne l’est pas tant. Bref, les gens intelligents ne vont pas au cinema pour se distraire mais pour reflechir et donner du grain a moudre a leur envie de debattre. tching. C’est une affaire serieuse le cinema ouais. Heureusement que les gens intelligents sont la pour nous devoiler le dessous des cartes. Merci d’avoir decortique James Bond pour nous. Je le regarderai autrement maintenant.

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    Par Ran (xxx.xxx.xxx.108) 3 novembre 2008 11:23

    Je suis assez d’accord avec Ombre ! Bond, quoiqu’on dise et quoiqu’on fasse, est somme toute un assez sale type : il a le permis de tuer et est un simple exécutant (exécuteur ?) au service d’un gouvernement. Le reste, le smoking et le Martini, c’est pour le decorum : Bond, appelons un chat un chat, n’est jamais qu’un porte-flingue.

    J’ai apprécié Quatum of Solace nettement plus que les Bond précédents : en fait, c’est celui que j’ai le plus aimé depuis la regrettée époque de Sean Connery. Parce que, à défaut d’imiter le maître, ce nouveau Bond crée son propre style : plus torturé, il questionne la légitimité du pouvoir qu’il sert ; plus cynique et plus brutal, il semble maintenant connaître et assumer l’assez sale type qu’il est.

    Parce que bon, on a beau ne pas être insensible au charisme de Maître Sean, le Bond de Docteur No, en tant que macho colonial qui sauve l’occident du Péril Jaune, vu en 2008 ça fait quand même un peu Ancien Régime...

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