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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Maison de disque et artistes indépendants : une guerre ouverte

Maison de disque et artistes indépendants : une guerre ouverte

Radiohead, Manu Chao, Nine Ich Nails, Saul Williams, Jamiroquai ont ceci en commun qu’ils on quitté leur maison de disque. Ce choix de rupture est aujourd’hui partagé par des milliers d’artistes et devient de moins en moins marginal. La raison principale de ce déclin est que le modèle offert par les maisons de disque a fait son temps et que nous assistons à une redéfinition des rapports entre artistes, producteurs, et nous autres auditeurs.

Un modèle en déclin

Le rôle des maisons de disque s’estompe de jours en jours. Elle n’effectue plus la découverte des nouveaux artistes qui se font connaître directement sur le terrain ou sur internet. Internet a permis cette mini révolution dans la musique qui est la redécouverte de la promotion des artistes par un modèle purement méritocratique. Via Myspace, sellaband, ou encore jamendo, les artistes « méritants » se font repérer par des mélomanes en mal de matière première. Reste la distribution, emblème des maisons de disques, qu’elles font miroiter aux artistes comme le synonyme de la viabilité économique de leur art. Mais la encore le bat blesse, un artiste touche environ 30cts par album vendu, et 3cts par chanson sur les plateformes en ligne, quand on compare ces sommes à la récente réussite de Radiohead le paradoxe devient évident. Radiohead a récemment mis en ligne sur Internet son dernier album en téléchargement libre, la participation financière étant laissé à la libre appréciation du visiteur. Résultat des courses : 200 000 albums téléchargé, avec un prix de vente moyen de 4€.

Le réveil des artistes

Saul Williams a sorti son nouvel album sous un modèle à peu près similaire à celui de Radiohead : téléchargement gratuit ou à 5$ pour soutenir l’auteur. Cet exemple est également parlant car il s’agit presque d’un brûlot contre les maisons des disques et autres labels, je cite le monsieur : “La plupart des gens n’ont pas conscience du monde de l’art et du commerce où l’exploitation dépouille chaque artiste comme un nègre” explique-t-il. “Chaque label, à l’instar de l’apartheid, nous divise par nos différences et nous bat jusqu’à ce que nous acceptions les plus petits chiffres. Ce qui tombe entre les mailles du filet, c’est une pile de disques empilés sur la montagne de talents qui ne sont pas mis en lumière.”

Les démarches de ce genre se développent exponentiellement sur Internet aujourd’hui. Le home studio est devenu quelque chose d’abordable pour tous les jeunes groupes un peu sérieux, le boom de la musique sous licence « créative commons » est en marche (téléchargement gratuit mais pas d’utilisation commerciale) avec des plateformes telles que jamendo.com (10000 albums disponibles) ou Myspace et les plateformes de vente en ligne s’ouvrent au artistes indépendants.

De la nécessité d’une maison de disque

Bien entendu ce réveil n’est pas unilatéral et les maisons de disques bien conscientes de la situation font des efforts pour relancer leur « attractivité » : CD collector, interopérabilité, streaming gratuit de musique, et bien entendu toujours un réseau de distribution et de promotion monstrueux. Les événementiels physiques, les opérations de co-branding, les ventes de produits dérivés sont autant de moyens que l’artiste seul ne peut se permettre de réaliser ou tout du moins pas aussi bien, et cette distinction est très importante. Aujourd’hui avec Internet et un bon ordinateur je peux tout faire moi-même, un Home Studio pour enregistrer et mixer mon CD, un ami qui me développe mon site internet, je fais mon autopromo avec des sites web2.0 et j’attends que la mayonnaise prenne. Mais bien que je sois le plus grand de tous les artistes, rien ne dit que j’ai l’expérience ou encore le talent nécessaire pour réaliser toutes ces étapes correctement. C’est ici que réside la nécessité d’une maison de disque : le talent de centaines de personnes au service de mon petit talent artistique.

On peut imaginer que dans quelques années, si l’évolution continue dans le même sens, on ne trouvera plus beaucoup de grands groupes internationaux mais beaucoup plus de petits groupes pouvant vivre de leur musique. Via la suppression des intermédiaires entre eux et le public, se créerai une sorte de mécénat généralisé qui permettrait à tous d’accéder à la musique. Finalement les grands vainqueurs de cette guerre, c’est nous. Pendant que les artistes se débattent pour être sur de pouvoir vivre de leur art, et que les maisons de disques se démènent pour prouver qu’elles ont encore leur place dans l’écosystème musical, c’est la création artistique dans son ensemble qui est bousculée, motivée, excitée, et pour nous une qualité supérieure.

Muziko


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23 réactions à cet article    


  • Forest Ent Forest Ent 16 août 2008 16:56

    Très bon article. A long terme, les artistes seront gagnant en se débarrassant d’un intermédiaire avide et envahissant. A court terme, ils sont perdant, car les majors ne leur payent pas les ventes sur internet (voir en particulier le procès Allman Bros Vs Universal Music Group). A long terme les consommateurs seront gagnant car ils payeront moins cher et auront plus de choix. Mais à court terme, c’est un prétexte pour restreindre les libertés sur internet.


    • saint_sebastien saint_sebastien 16 août 2008 17:28

      Article complètement stupide ( voir plus bas )

      A long terme, les artistes seront gagnant en se débarrassant d’un intermédiaire avide et envahissant.

      C’est faux. encore une fois il est difficile de vendre de la musique, si on a aucune visibiité , comme dans tout marché. Le bouche à oreille et la promo blog est quelque chose qui a une efficacité limitée. Par contre passez à la radio et à la télé , faites un clip et la vous serez connu. Pour ce faire il faut beaucoup d’argent, c’est ce à quoi servent les majors , il est normal qu’elles récupèrent leur billes dans le deal.

      Aujourd’hui les plateformes comme Itunes prennent entre 40 et 70% des ventes sur un titre suivant l’artiste, qui est l’intermédiaire avide alors ?

      A court terme, ils sont perdant, car les majors ne leur payent pas les ventes sur internet (voir en particulier le procès Allman Bros Vs Universal Music Group).

      Oui, idem pour les ventes de sonneries et autres produits dérivés. C’est scandaleux en effets surtout pour les sonneries qui est un business monstre



      A long terme les consommateurs seront gagnant car ils payeront moins cher et auront plus de choix.

      C’est faux, ils ont accès à une musique de moindre qualité sonore que le CD donc déja trop cher payée,

      Mais à court terme, c’est un prétexte pour restreindre les libertés sur internet.

      C’est un peu le même problème que la conduite sur les autoroutes. On aura beau mettre des panneaux de vitesse , tant qu’il n’y aura pas de radars et de controles par les flics , les gens ne respecterons pas les indications. Laissez de la liberté au gens et ils en abusent de manière irresponsable malheureusement




    • Forest Ent Forest Ent 16 août 2008 18:08

      Il est difficile de vendre de la musique, si on a aucune visibiité , comme dans tout marché. Le bouche à oreille et la promo blog est quelque chose qui a une efficacité limitée. Par contre passez à la radio et à la télé , faites un clip et la vous serez connu. Pour ce faire il faut beaucoup d’argent, c’est ce à quoi servent les majors , il est normal qu’elles récupèrent leur billes dans le deal.

      Tout cela décrit ce qui se passait au 20ème siècle. Ca ne fonctionnera plus ainsi au 21ème. En tant que consommateur, je peux vous assurer que je n’ai pas besoin de tout cela pour faire mes choix. Ca fonctionnera autrement. La promo coûte effectivement très cher, mais n’apporte plus grand chose. Le net, les forums, youtube, tout ça ... Il y avait un système industriel cohérent. Il n’existera plus.

      Aujourd’hui les plateformes comme Itunes prennent entre 40 et 70% des ventes sur un titre suivant l’artiste, qui est l’intermédiaire avide alors ?

      Faux. La marge brute de itunes est de 15% et Apple ne gagne pas de sous avec itunes seul.

      A court terme, ils sont perdant, car les majors ne leur payent pas les ventes sur internet (voir en particulier le procès Allman Bros Vs Universal Music Group).

      Oui, idem pour les ventes de sonneries et autres produits dérivés. C’est scandaleux en effets surtout pour les sonneries qui est un business monstre.

      Le marché sur le net n’est pas très développé, mais il n’y en aura plus d’autre, d’où l’importance de la répartition des droits. C’est ce point qui explique, comme décrit dans l’article, que des artistes préfèrent vendre directement.

      C’est ce même sujet qui a motivé la grève des scénaristes, puis des acteurs de Hollywood.

      Ils ont accès à une musique de moindre qualité sonore que le CD.

      Faux. C’est la même. Un CD, c’est du numérique. On peut diffuser du .wav si l’on veut sur le net. Et il y a des formats lossless comme le FLAC.

      C’est un peu le même problème que la conduite sur les autoroutes. On aura beau mettre des panneaux de vitesse , tant qu’il n’y aura pas de radars et de controles par les flics , les gens ne respecterons pas les indications. Laissez de la liberté au gens et ils en abusent de manière irresponsable malheureusement.

      Amusant. Et tout à fait dans l’esprit de la RIAA.


    • Leekid 16 août 2008 18:19

      A long terme les consommateurs seront gagnant car ils payeront moins cher et auront plus de choix.

      C’est faux, ils ont accès à une musique de moindre qualité sonore que le CD donc déja trop cher payée,


      N’avez vous jamais entendu du FLAC (Free Lossless Audio Codec) ? De plus en plus de fichiers musicaux s’échangent sous ce format qui n’engendre aucune perte comparé au CDA. Et vous ne prenez pas non plus en compte le fait que l’accroissement de la vitesse des débits internet permet dès aujourd’hui et plus encore demain de s’échanger des fichiers audio sans compression. Et attendez de voir que se développe la fibre optique...
      Télécharger aujourd’hui un cd audio non compressé ne prends pas plus de temps qu’en prenait un mp3 à 64kbps il y a 10 ans...il faut manquer de prospective pour ne pas s’apercevoir que dans quelques années, les fichiers qui s’échangeront sur internet seront de qualité égale au cd audio (c’est d’ailleurs déjà le cas avec le FLAC dont je parle plus haut.) De manière générale, il n’y a qu’à voir comment le bitrate standard d’un fichier mp3 a évolué. Aujourd’hui là majorté des mp3 s’échangent à 320kbps (à ce taux déjà, les pertes par rapport à du cda sont déjà infimes), alors qu’il y a 4/5 ans encore la norme était le 128kbps.


    • Leekid 16 août 2008 18:21

      Ah ben je vois que nos réponses se rejoignent Forest Ent (à propos du FLAC) :)


    • Francis Francis 16 août 2008 19:15

      C’est faux. encore une fois il est difficile de vendre de la musique, si on a aucune visibiité , comme dans tout marché. Le bouche à oreille et la promo blog est quelque chose qui a une efficacité limitée. Par contre passez à la radio et à la télé , faites un clip et la vous serez connu. Pour ce faire il faut beaucoup d’argent, c’est ce à quoi servent les majors , il est normal qu’elles récupèrent leur billes dans le deal.

      Rien n’empêche d’imaginer dans le futur des coopératives d’artistes chargées de leur promotion .. cette fois la structure rapportera directement aux artistes et non à des actionnaires véreux ...


    • Forest Ent Forest Ent 16 août 2008 19:24

      @ leekid

      Oui, la mention du lossless s’imposait. La RIAA aimerait bien vendre quelque chose en plus, mais ce n’est pas le cas.

      Cela dit, le lossless n’est pas très répandu. Je pense que cela vient du fait que la plupart des gens écoutent de la musique sur des dispositifs qui ne permettent pas de faire la différence. En tout cas, avec un dispositif correct sans plus, je n’entends pas la différence entre un CD et un mp3 moyen vers 200 kHz.


    • Cetras Cetras 16 août 2008 19:27

      Quant on voit les gens écouter du 64 kbps sur deezer, on se dit que le temps ou tout le monde demandera du lossless n’est pas encore arrivé.



    • Leekid 16 août 2008 19:39

      Bonjour l’auteur. On ne peut pas vraiment comparer Deezer, qui est une plateforme d’écoute en streaming (un peu une sorte de jukebox qu’on va s’écouter entre amis, vite fait, sans trop se soucier de la qualité sonore), et les p2p ou autres ftp, où s’échangent des fichiers destinés à être stockés. Et sur ces derniers, il y a belle lurette que le turbo a été enclenché et qu’on n’y trouve plus de fichiers en 64kbps (même en webradio le standard est à 128). La majorité des fichiers se trouve désormais en 256 ou 320kbps, et le FLAC est de plus en plus présent aussi. A noter en revanche (et hélas) la faible proportion de fichiers en ogg, format de compression libre, et de qualité supérieure au mp3 à bitrate équivalent.


    • Cetras Cetras 16 août 2008 19:46

      Bien entendu la comparaison est un peu abusive, cependant le fait comme tu le souligne que des formats comme ogg, flac ou un autre lossless ne sont presque pas utilisés dans l’industrie, prouve bien que la grande masse des consomamteurs se soucie encore peu de la qualité sonore.

      On peut faire l’analogie avec les casques d’ailleurs. Les gens achètent des balladeurs à 200 euros qui délivrent un son de très bonne facture et mettent dessus des mp3 128 kbps avec les écouteurs d’origine...

      On s’éloigne du sujet, mais il est vrai que le problème sur internet de la qualité sonore est un faux problème,  les artistes proposent de plus en plus leurs morceaux dans tous les formats possibles pour satisfaire tout les profils d’auditeurs.


    • Leekid 16 août 2008 19:58

      On est bien d’accord. La qualité sonore sur internet est effectivement un faux problème. A mon sens, pour une utilisation ’grand public’, le mp3 fait largement l’affaire. En écoute sur une minichaine de base, l’oreille ne distingue pas de différences entre un mp3 à 320 et un cda. Il faut au minimum de bonnes enceintes de monitoring pour se rendre compte des pertes, et même là elles ne sont pas forcément flagrantes. Le FLAC, pour l’instant encore, est surtout prisé des pros ou semi-pros qui diffusent du son sur de grosses configurations sonores, où là en revanche, le mp3 montre ses limites. Bref, à chaque type d’utilisation son format, et on a déjà le choix.


    • RilaX RilaX 18 août 2008 14:37

      Pour le non succes du flac et du ogg, il y a aussi des raisons "industriels". Les industries du disque ayant peur de se faire voler leur precieux morceaux de musique, et refusant de revoir leur modeles, ont écoutés naïvement les industries informatique qui leurs faisaient miroiter des fichiers audio "involable" : les wma et autres aac. Du coup, les industrie du materiel sonore ne se sont que tres peu penché sur ces format libre et gratuitement implementable que sont le flac et le ogg.

      Essayez donc de trouver un baladeur numerique capable de lire du flac ou du ogg (alors que bien souvent la puce a l’interieur en est capable elle).


    • saint_sebastien saint_sebastien 16 août 2008 17:11

      Vous oubliez que les maisons de disques servaient surtout de banques ou actionnaires à l’artiste. Elles transformaient un petit produit en un blockbuster avec ça force de vente. La musique sans les grosses majors
      c’est surtout l’impossibilité de vendre énormement. Radiohead ou NIN ont beau jeux de leur cracher dessus, sans elles ils ne seraient pas la ou ils sont.
      Ils profitent aujourd’hui de cette notoriété développée à grands coups de millions de dollars pour vendre leur came , je ne suis pas sur que cela dure éternellement et je ne serai pas étonner de voir certains artistes réintegrer les grosses écuries.`


      Parlons maintenant des petits artistes , qui pensent qu’il suffit d’être sur Itunes pour vendre. Ceux la se mettent le doigt dans l’oeil, car le digital ne rapporte absolument rien.Moi même je produis du vinyle, si j’en vends 2000 par mois je me fais un smic. Vendre 2000 mp3 représente au plus une centaine d’euros...

      Pour vendre il faut faire de la promo  pour faire de la promo il faut être soit très créatif , soit avoir de l’argent. Si les banques "musicales" ferment , ce n’est surement pas la BNP qui va vous preter un centime sur ce genre de marché.

      Les gagnant sont donc
      1) les maisons de disques avec un bon backing qui s’en foutent de signer de nouveau artistes et peuvent vivre des rentes d’Elvis ou LED ZEP

      2)Les shops digitals ( qui sont en faite des labels eux même , et pas juste des ditributeurs ) qui peuvent survivre en signant 900 000 reférences.

      3) les artistes ayant déja une certaine notoriété ou ayant leur propre label.

      Le reste ne doit pas se faire d’illusion et se contenter de la voie amateur, car la vente de musique digital  ne rapporte pratiquement rien.Un service googleAD avec un site de moyen audience rapporte bien plus.




      • Cetras Cetras 16 août 2008 19:23

        J’ai déjà pas mal écrit à ce sujet sur rapport que j’ai rendu sur la manière dont notre écoute de la musique s’est modifiée depuis l’arrivée d’internet. Comme Forest Ent l’a très justement souligné, la promesse qu’apporte internet aujourd’hui avec le "web 2.0", est une nouvelle voie de promotion qui se base sur la méritocratie et le goûts des visiteurs, et non plus sur une promotion énorme de la part d’une maison de disque.

        C’est aujourd’hui utopique de penser qu’on peut se passer d’une maison de disque si l’on est pas encore connu, mais l’évolution actuelle d’internet peut nous laisser imaginer qu’il n’en sera peut être pas de même dans 5 ans, ou 10 ans.

        La découverte musicale (ou artistique plus généralement), qui était passive jusqu’a maintenant, devient pro-active grâce à internet, et c’est cela qu’il faut encourager à mon avis.

        Cet article est un article opinion, et il y a beaucoup de conditionnel, mais internet est encore jeune et le champ des possibles est encore grand. Alors il ne faut pas abandonner trop vite ;)


        • Gargamel Gargamel 16 août 2008 23:43

          @saint_sebatien : Radiohead en sont là ou ils sont "grâce" aux maisons de disques oui, mais les batards profitent de leur position dominante pour empocher l’essentiel de l’argent que leur art récolte (et par pitié ne me sortez pas que c’est la pub et tout ça qui coute tout, je manque de chiffres j’avoue mais je ne serait pas surpris que leur bénéfice soit de plus de 50% de ce qu’ils prennent sur l’album).

          Imaginez vivre dans un endroit ou la seule personne capable de fournir la communauté en nourriture en profite pour quadrupler le prix, ok vous êtes en vie "grâce" à lui mais vous pourrez sans honte sauter sur le moindre moyen qui vous permettrait un jour de vous débarrasser de cette exploiteur. Là c’est pareil.

          Les maisons de disque n’ont pas encore fait leur temps, mais on peut espérer qu’elles attaquent bientôt leur pente descendante. Et très franchement j’irai applaudir et danserà leurs enterrements.


          • Marc Bruxman 17 août 2008 01:59

            Oui internet est en train d’oblitérer le commerce des maisons de disques. Les artistes commencent à le comprendre et le business model des majors va petit à petit devoir s’adapter ou il s’effondrera.

            Les artistes risquent par contre de passer sous la tutelle des organisateurs de concerts tant il est clair qu’organiser des festivals ou des concerts est aujourd’hui un boulot de pro. Le monde de la techno est déja précurseur en ce domaine. Les gros organisateurs de festivals comme ID&T ou QDance y ont un grand pouvoir notamment sur les pays ou s’étendent leurs festivals (Belgique, Pays-Bas, Allemagne). Cela sera d’autant plus vrai en France que à cause de cette loi inique qui réglemente les établissements de nuit, il est très difficile pour un petit groupe de se produire. (Inversement à Rotterdam c’est assez simple d’avoir une chance de jouer et donc de se faire repérer du public).

            Mais ce qui est intéréssant aujourd’hui n’est plus tant le sort des maisons de disques qui est déja scéllé mais tout ce qui vient. Le papier électronique (grosso modo un iPod du livre) arrivera en 2009 pour les grandes séries (mais déja 240 000 unités vendues pour le Kindle d’Amazon rien qu’aux USA). La presse et l’édition vont donc a court terme subir le même sort que le monde de la musique.

            Si le cinéma est protégé par les très gros couts de réalisation d’un film, on commence aussi a voir arriver des inovations intéressantes comme les caméras "RedOne" ainsi que des logiciels de montage "abordables" par rapport à ce qui se fesait avant. Le tout se couple avec l’arrivée du projecteur numérique (sans projectioniste et sans bobines) et quand on sait que la bobine coutait très cher dans la distribution d’un film on voit que le cinéma risque de devenir à la portée d’acteurs beaucoup plus petits.
            Cela ce n’est que pour l’art. On va assister dans les prochaines années à un vrai clash entre les techniques numériques et le vieux monde. De très mauvaises lois sont à attendre tant nos amis politiques risquent d’être désagréablement surpris de ce tsunami qui va déferler.



            • Deneb Deneb 17 août 2008 09:51

              Marc, très bon commentaire. Je ferais juste remarquer que le tsunami provoqué par les outils numériques de la création fait des ravages déjà depuis des decennies. De plus, avec les Wikis, Linux et autres Agoravox nous nous sommes rendus compte que polariser les enthousiasmes est bien plus efficace que de polariser les cupidités. L’humain ne serait-il donc pas aussi méchant que "les puissants" convertis à l’industrie sécuritaire veulent nous faire croire ?. Bonne nouvelle, n’est-ce pas ?


            • foufouille foufouille 17 août 2008 11:02

              les logiciels de montage gratuit existe. ils sont aussi plus rapide que les payant genre premiere. reste le prix des cameras


            • Traroth Traroth 17 août 2008 05:03

              Intéressant, Sellaband. J’en avais entendu parler, cet article a été l’occasion de voir ça d’un peu plus près. Et de mettre 50$ dans l’affaire, histoire de voir ce que ça donne... smiley

              http://www.sellaband.com/


              • Deneb Deneb 17 août 2008 08:35

                "le talent de centaines de personnes au service de mon petit talent artistique"
                Mais ces centaines de personnes, améliorent-ils l’oeuvre ou le rendent-ils juste plus vendeur ?
                Si l’on investit plus d’argent dans une oeuvre, sera-t-elle plus créative, ou juste plus vendable ? Le marketing ainsi contenu ne l’est-il pas au détriment du coté créatif de l’oeuvre ? Mélanger le marketing et la culture est-ce vraiment très sain pour la culture, et à long terme, pour la société en général ?

                Sans vouloir être complotiste, l’"industrie culturelle" peut très vite, si "par malheur" la situation l’exige, devenir l’industrie de la manipulation, si elle ne l’est pas déjà.


                • Cetras Cetras 17 août 2008 13:07

                  Mais ces centaines de personnes, améliorent-ils l’oeuvre ou le rendent-ils juste plus vendeur ? 

                  Je pense qu’il n’est pas simple de répondre à cette question, dans un sens tu as raison, c’est juste une grosse entreprise au service d’un marketing lourd et efficace.

                  Mais ces gens sont compétents, aiment ce qu’ils font la plupart du temps et ajoute une valeur ajoutée à certains artistes. Quelle déception sur internet d’écouter un artiste qui a du talent avec un enregistrement mal normalisé et une pochette immonde :(


                • Deneb Deneb 17 août 2008 17:46



                  "...ces gens sont compétents, aiment ce qu’ils font la plupart du temps et ajoute une valeur ajoutée à certains artistes. Quelle déception sur internet d’écouter un artiste qui a du talent avec un enregistrement mal normalisé et une pochette immonde."

                  Vous me parlez de gens de métier. Le problème du métier c’est qu’une machine peut aussi l’apprendre.La seule chose dont une machine est incapable, c’est la vocation. Cette dernière est d’ailleurs assez mal vu dans l’economie de marché, "quand tu commences à prendre ton pied, il est temps de changer de métier", disait la maquerelle à sa protégée. Pour sauver la culture il faudrait à mon sens qu’il y ait moins de métiers, et plus de vocations.

                  Quant aux "habillages" et autres "normalisations" (brrr) d’une oeuvre, elles ne servent, hélas, dans la très grande majorité de cas, que de cache-misère à l’absence des idées. Jimi Hendrix n’était pas vraiment "normalisé" pour l’epoque, la plupart des gens trouvaient que c’était un drogué qui jouait trop fort et sortait des sons désagréables de sa guitare. Mais 40 ans après sa mort on sent son empreinte dans n’importe quel solo de guitare, on se rend compte qu’il eut inventé la guitare éléctrique. Mort à 25 ans, bien trop jeune pour avoir "du métier", il a tout simplement changé le monde. Il faut dire qu’il avait de l’audace, chose qui manque aujourd’hui à ces jeunes blasés dans leur cocon.


                • pierce 18 août 2008 11:42

                  c’est toujours amusant de voir des dinausores ne pas se rendre compte qu’est venue la période d’extinction. Les majors sont en train de crever d’internet comme les copistes du moyen age sont morts de la presse de Gutemberg.

                  Oh c’est certain qu’ils ne vont pas se laisser faire, ils sont même prêts à criminaliser s’il le faut la moitié de la population (*) pour sauver leurs bénéfices... Ils seraient même prêts à tuer internet s’il le faut ou du moins à en extirper toute liberté. Pour eux, le rêve c’est pas l’autoroute de l’information, c’est métro, boulot, dodo.



                  (*) population (définition des majors) : ensemble d’ilotes qui, quand on les surveille pas de prêt, font toutes les bétises possibles, par exemple du p2p.

                  Mais ces ilotes ont aussi le droit de vote : vous voulez faire pogresser la situation ? choisissez votre député, maire, conseiller général en fontion uniquement de ses positions sur l’économie numérique.







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