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« Meurtre par omission » de Jean-Pierre Klein au Théâtre de l’Atalante

Autour d’un lit médicalisé, une euthanasie pourrait aisément en cacher une autre et même elles pourraient fort bien se cacher l’une et l’autre, derrière le thème de l’inceste paternel implicite.

Dans un jeu de rôles psychanalytique, trois soeurs se partagent la reconstitution symbolique du meurtre du père.

L’une est censée être tombée dans un coma profond sans que la cause de son absence à la réalité puisse être établie.

Les deux autres vont se relayer autour de la gisante dans une valse hésitation où la frustration du non-dit tergiverse entre colère, jalousie et culpabilité.

Car c’est, de toutes évidences, l’amour qui est le véritable enjeu de ce combat à mots feutrés ou chuchotés avec la survie en questionnement.

Quelle était donc celle que le père aurait aimé le plus ?

Celle qui l’a objectivement aidé à passer de l’autre côté de la pulsion vitale après que celui-ci lui en eut confié le soin ? Celle qui, a posteriori, aurait été dépositaire de cet arrangement avant que sa soeur entre elle-même en léthargie ? Ou la troisième qui aurait été tenue à l’écart de toute douleur pour non assistance, à personne chère, en danger de mort ?

Dans un transfert où les identités seraient interchangeables mais où chacune aurait la possibilité de réagir, selon son tempérament, face à la décision du père de quitter définitivement ses trois filles avec leur accord tacite, Jean-Pierre Klein esquisse dans l’imaginaire psychique, un simulacre médical et législatif du pêché mortel par action et(ou) par omission.

Ainsi, c’est dans le triangle de la sororité que va s’opérer la reconstitution scénique du choix ou du non choix transcendantal qu’en définitive seul l’amour, sans exclusive, serait à même de résoudre.

De cet entre-deux où chaque pensée salvatrice peut se retourner en son opposée jusqu’à cet entre-trois où Christine (Agathe Alexis), Clémence (Anne de Broca) et Claire (Nicole Estrabeau) se mesurent aux subtiles mobiles du parricide, c’est Philippe Adrien qui mène l’Atalante au plus profond des doutes du Surmoi.
 
Photo © Antonia Bozzi
 
MEURTRE PAR OMISSION - ** Theothea.com - de Jean-Pierre Klein - mise en scène : Philippe Adrien - avec Agathe Alexis, Anne de Broca & Nicole Estrabeau - Théâtre de l’Atalante -
 


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