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« Meurtres à l’Empire State Building » : Première au Festival du cinéma américain de Deauville

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Les producteurs du film et le réalisateur William Karel, hier, lors de l’avant-première au casino.

L’intérêt principal de Meurtres à l’Empire State Building, film figurant dans la section Première et présenté au casino hier après-midi, réside dans la sa forme, unique et particulièrement originale, et même audacieuse, s’inspirant de celle des films auxquels elle rend hommage (les films noirs des années 40), et mêlant astucieusement images d’archives de films de ces années-la et interviews de monstres sacrés du cinéma américain (Kirk Douglas, Cyd Charisse disparu récemment, Mickey Rooney, Ben Gazzara…), le tout donnant l’impression, grâce à un montage particulièrement travaillé et intelligemment ficelé et grâce à un scénario remarquable, de voir un documentaire sur Penny Baxter dont le film raconte le destin imaginaire (et qui prend les traits de Laurent Bacall), celle dont les témoins se souviennent, abattue par un tueur à gage soixante ans plus tôt sur l’ordre de son mari, un mafieux notoire. Jim (Kirk Douglas que l’on voit aussi bien dans des images de films dans lesquels il a tournés qu’aujourd’hui, se souvenant), le policier qui fut chargé de l’affaire raconte ainsi comment jeune policier, chargé de faire tomber son mari, était tombé amoureux d’elle et n’avait pu empêcher son assassinat… un assassinat dont il ne s’est jamais remis et qu’il avait tenté d’enfouir dans les tréfonds de sa mémoire jusqu’à la réception d’une troublante cassette surgie du passé.

 Au-delà de la prouesse technique et scénaristique, Meurtres à l’Empire State Building est un film atypique particulièrement réjouissant pour le spectateur, et même ludique, celui-ci pouvant s’amuser à retrouver les titres des films dont les extraits servent pour constituer l’intrigue : une cinquantaine de films mythiques ont ainsi été utilisés. Des acteurs apparaissent ainsi dans une même intrigue alors que, parfois, certains d’entre eux, n’ont jamais joué ensemble : James Cagney, Humphrey Bogart, Lizbeth Scott, Richard Widmarck, Glenn Ford, Edward G. Robinson…

 Meurtres à l’Empire State Building aurait pu n’être qu’une bonne idée, et s’en contenter mais il joue savamment avec les clichés du film noir (femme fatale, brouillard, rues sombres…) pour constituer une véritable intrigue policière, réellement captivante, malgré et grâce à son ton décalé, jouant avec nos références (le mode narratif avec ces témoins contribuant à donner de la disparue un portrait magnétique et contradictoire s’inspirant de celui de La Comtesse aux pieds nus, Les Ensorcelés ou encore Citizen Kane), ou même avec cette voix off typique des films noirs américains, avec cette sorte de détachement et de nonchalance qu’incarnait si bien le charismatique Humphrey Bogart (que l’on retrouve ainsi en ami de Jim-Kirk Douglas, et qui s’appelle ici Sam comme dans Casablanca dont on retrouve d’ailleurs une scène mythique).

 Quant au lieu, l’Empire State Building, qui sert de cadre principal au film, il n’a évidemment pas été choisi par hasard : c’est le symbole du gigantisme américain, mais aussi de sa fragilité, évoquant la perte des Twin Towers, et donc la force autant que la fragilité de l’Amérique.

 William Karel joue intelligemment avec les mythes que ce soient ceux du cinéma ou même ceux de l’Amérique pour nous entraîner dans cette histoire jubilatoire, ludique, qui révèle et que révèle un magistral travail de montage et d’écriture.

 Un vrai coup de cœur que je vous recommande vivement ! (Il repasse ce dimanche, à 19 heures, au casino pour les festivaliers qui ne l’auraient pas vu hier.)

 Si vous aussi avez vu ce film, n’hésitez pas à laisser vos commentaires…

Cet article est extrait du blog "In the mood for Deauville" (http://inthemoodfordeauville.hautetfort.com) en direct du 34e Festival du cinéma américain de Deauville.

 Sandra.M

 


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2 réactions à cet article    


  • tonton 8 septembre 2008 10:16

    Personnellement, j’ai encore jamais flingué dans un building


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