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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Michel Onfray : la sainteté athée

Michel Onfray : la sainteté athée

Michel Onfray, est en passe de devenir une vedette médiatique de l’intelligence athée. Pourtant, si nous regardons de plus près son itinéraire, nous pouvons percevoir qu’il est, d’une certaine manière, marqué par la question religieuse. Il aspire à une vie peu ordinaire...

Michel Onfray écrirait des choses peu dites, peu vues dans le paysage intellectuel français. Il vient de signer une petite histoire de l’athéisme, un succès de librairie. Son Traité d’athéologie reprend une terminologie de Bataille pour exprimer ce mouvement d’idées qui court tout au long de l’histoire de la pensée occidentale, et qui consiste à refuser toute pensée d’un arrière-monde. Michel Onfray s’engage dans une contre -histoire de la philosophie, qui devrait comporter six tomes, où il évoque notamment les chrétiens hédonistes, ce qui ne pourra que réjouir les chrétiens heureux de l’être : ils auront enfin leur propre histoire. Michel Onfray n’écrit pas pour la gloire, mais pour ce que son père peut penser de lui ! Envoyé dès son plus jeune âge à l’orphelinat religieux, alors que ses parents sont vivants, il reste médusé par le regard du père, à l’instar des plus grandes figures bibliques.

Un aspirant à la sainteté

Il le dit très clairement : "D’une certaine manière j’aspire à la sainteté". Il n’a pas quitté sa chère Normandie où il habite, à Argentan, il trouve là-bas l’inspiration pour une vie droite à la paysanne. Il n’est pas homme de cour, mais de résistance, il fut enseignant en lycée technique pendant vingt ans ; malgré un doctorat, il refusa de rentrer à l’université "officielle " pour créer son université populaire, à Caen, à quelques encablures des plages du débarquement. Il se consacre à sa vocation : écrire une contre-histoire de la philosophie, où les vaincus de l’histoire officielle auront enfin droit à une place publique ! Il ne souhaite rien d’autre que considérer le réel tel qu’il est ; à cet égard il se déclare matérialiste. Ainsi son premier livre publié s’intitulait Le ventre des philosophes ; il y démontrait avec talent comment les goûts culinaires et les modes de pensée sont liés. Vous saurez tout de l’appétit de Diogène, en passant par celui de Rousseau ou de Sartre, et dans le même mouvement vous aurez étudié leur système de pensée !

Un multi-miraculé

Pour revenir à la sainteté supposée de Michel Onfray, il faut rappeler qu’il est multi-miraculé, il a survécu à un infarctus et à deux accidents cérébraux. Cet homme est un miraculé, ou un saint ? Vorilhon, non pas Varillon le célèbre jésuite du Dieu humble mais le chef de secte raëlienne, vient de déclarer Michel Onfray "prêtre honoraire" de son mouvement. Notre philosophe s’en trouva fort courroucé, il souhaite le soumettre à procès. La secte de Raël est devenue célèbre pour avoir déclaré, en 2002, la création d’un être humain cloné, ce mouvement compterait 60 000 membres, qui doivent diffuser des messages envoyés par les Elohim. Un autre Michel (Houellebecq), auteur contemporain à succès, a été proclamé de la même façon prêtre raëlien ; sans s’en offusquer, il a écrit un roman, L’impossibilité d’une île, où, parmi d’autres choses, il se moque avec allégresse d’un gourou aux thèses proches du mouvement de Raël. Bref, de nos folles croyances contemporaines, il rit, sinon aux éclats, tout au moins en douce !

(A lire le numéro du magazine Lire de février 2006 sur le cas Onfray )


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48 réactions à cet article    


  • Fabrice Fabrice Duplaquet 24 mars 2006 13:09

    Michel Onfray c’est comme BHL : de belles geules, une manière de parler qui attire, une quête aigüe de la médiatisation et un surf continu sur des sujets brûlants.

    Mais l’histoire ne retient pas le nom des philosophes qui préfèrent la première page de « Elle » ou « flair » mais plutot ceux qui préfèrent la poussière des bibliothèques d’université.

    alors ne tombons pas dans le piège.


    • Marsupilami (---.---.163.238) 24 mars 2006 13:18

      Michel Onfray est effectivement un vulgaire cureton athéiste freudo-marxiste, un ultraparadoxe incarné ou plutôt désincarné nanti d’un égo démesuré.

      « L’histoire ne retient pas le nom des philosophes qui préfèrent la première page de »Elle« ou »flair« mais plutot ceux qui préfèrent la poussière des bibliothèques d’université », écris-tu.

      Il a fait encore mieux : il a créé sa propre université poussiéreuse. De son vivant. Le top du top du pipole.

      Entartage immédiat.


    • zoï (---.---.58.60) 24 mars 2006 18:17

      Etrange conception que la vôtre, qui voudrait que l’Histoire ne retienne que « ceux qui préfèrent la poussière des bibliothèques d’université ». Quid d’un Socrate ou d’un Diogène (pour ne citer qu’eux),lesquels n’ont trés probablement jamais rien écrit ? Moi, je pense que l’histoire agit exactement à l’inverse de ce que vous dites : elle n’a aucune pitié pour ceux qui vivent le nez dans les bouquins,surtout quand se sont des ouvrages d’universitaires,race essentiellement composée de jargoneux et soporifiques pédants. Sans compter qu’à vous suivre, c’est toute la philosophie antique qu’il faudrait mettre à la poubelle. Car l’ancienne sagesse n’a que peu à voir avec nos modernes et abscons tripatouillages de concepts : elle est avant tout une discipline de vie. Et le vrai philosophe n’a aucune envie de devenir un prof,quant bien même ce prof se prénommerait Jean-Paul.


    • zen (---.---.247.97) 28 juin 2006 12:08

      Marsu fait toujours dans la nuance ; étonnant qu’il n’ait pas resorti son cri de guerre :« islamo-gauchiste »...


    • Senatus populusque (Courouve) Courouve 24 mars 2006 13:19

      Michel Onfray a le mérite de soutenir l’athéisme, mais il n’entre pas assez dans l’examen de toutes les raisons que nous pouvons avoir de rejeter l’hypothèse de l’existence d’un dieu inventé dans une ère préscientifique.

      Par ailleurs il y a une grosse contradiction entre son reproche fait aux religions des massacres qu’elles ont engendrés, et son adhésion au marxisme qui à cet égard n’est pas en reste par rapport aux religions. Considérer comme il le fait (page 254 du Traité) que le marxisme relève des Lumières est une erreur de diagnostic majeure.

      Enfin, cherchant des athées comme Diogène de Sinope cherchait un homme, il est étonnant qu’il ne rencontre pas Sade et Schopenhauer, pourtant incontournables en la matière.


      • Marsupilami (---.---.163.238) 24 mars 2006 13:42

        D’accord avec vous sur ses mignons petits oublis : le marxiste athée - mais prophétique ! - a fait des centaines de millions de morts.

        Par contre vous oubliez et il déraille complètement sur le nazisme, idéologie athée elle aussi, qui a fait des centaines de millions de morts.

        Bref, les idéologies athées, au XXe siècle, ont fait incommensurablement plus de morts que les religions. Lesquelles, soyons-en certains, se rattraperont et se vengeront de cette humiliation au XXIe siècle.

        Par contre, l’agnosticisme n’a jamais tué personne...

        Je laisse celà à votre méditation.


      • Senatus populusque (Courouve) Courouve 24 mars 2006 13:50

        Athée, le nazisme ? Pas si sûr

        Dans son livre Mon Combat, Hitler valorisait la « foi apodictique », comme le montre cet extrait : « Naturellement, dans la définition tout à fait générale du mot « religieux » sont incluses des notions ou des convictions fondamentales, par exemple celles de l’immortalité de l’âme, la vie éternelle, l’existence d’un être supérieur, etc. Mais toutes ces pensées, quelque persuasion qu’elles exercent sur l’individu, demeurent soumises à son examen critique et à des alternatives d’acceptations et de refus, jusqu’au jour où la foi apodictique prend force de loi sur le sentiment et sur la raison. La foi est l’instrument qui bat la brêche et fraie le chemin à la reconnaissance des conceptions religieuses fondamentales. »

        Par ailleurs la boucle de ceinture des soldats nazis portait l’inscription « Gott mit uns », Soit « Dieu est avec nous », ce qui ne caractérise pas particulièrement l’athéisme ...


      • Marsupilami (---.---.244.236) 24 mars 2006 15:11

        Pour Hitler, qui était un idéologue paganiste et cynique, les vertus de la religion ne représentaient qu’un moyen de bourrage de crâne mensonger comme un autre. Goebbels le Menteur Suprême athée serait devenu archevêque de Berlin, et Hitler pape si la perpétuation du nazisme l’avait demandé.

        Prenons le cas de Rosenberg, auteur du Mythe du XXe siècle (1930), principal ouvrage idéologique du nazisme avec Mein Kampf. Ce bouquin antisémite et antichrétien, qui invoquait la nécessité pour l’Allemagne d’opérer un retour vers son passé païen était le livre de chevet de Hitler, de Himmler, et était étudié dans les organisations de jeunesse et dans les écoles. Hitler nomma d’ailleurs Rosenberg délégué du Führer pour le contrôle de l’ensemble de la formation et de l’éducation spirituelles et culturelles du parti. On peut par exemple y lire que « Notre âme s’est enjuivée par la faute de la Bible et de l’Église romaine ». A tel point que l’ouvrage de Rosenberg a été mis à l’Index au Vatican pour la raison suivante : « Ce livre traite avec mépris et rejette absolument tous les dogmes de l’Église catholique, voire les fondements de la religion chrétienne elle-même ; il proclame qu’il est nécessaire d’instituer une nouvelle religion ou religion allemande, et formule le principe suivant : “Une foi mythique nouvelle surgit aujourd’hui : la foi mythique du sang ; foi dans laquelle on croit que la nature divine de l’homme peut être défendue par le sang ; foi appuyée sur une science très claire par laquelle il est établi que le sang nordique représente le mystère qui se substitue aux sacrements antiques et les dépasse ».

        Vous me rétorquerez sans doute que le paganisme, avec ses composantes cultuelles ne saurait être confondu avec l’athéisme pur et dur comme celui qui semble être le vôtre, et je veux bien en convenir. Mais il n’en reste pas moins que l’Eglise (qui ne manque jamais de culot !) a formellement excommunié les thèses paganistes nazies comme anti-religieuses. Les nazis ont eu du pot que l’Eglise ait perdu toute sa puissance temporelle au XXe siècle : sinon, ils auraient eu droit aux tortures et auto-dafés de la Sainte Inquisition !

        Ceci dit, les nazis n’ont jamais cherché à instaurer officiellement en Allemagne - ni ailleurs - une « nouvelle religion paganiste » qui aurait pu se subsituer au christianisme. Pourtant, ils en avaient les moyens (c’étaient des experts en décervelage). Pourquoi ne l’ont-ils pas fait ? Probablement parce qu’ils n’y croyaient pas assez pour le faire, et que pour eux, comme pour les Romains, la religion n’ayant au fond qu’un rôle utilitaire de contrôle des masses, ils ont estimé que les églises catholiques et protestantes, bien terrorisées et conditionnées, pouvaient fort bien jouer ce rôle.

        Tout ça a, sur le fond, un fort relent d’athéisme « mou ».

        Quand au « Gott mitt uns » qui ornait les ceinturons des militaires Allemands, je n’en connais pas l’origine, mais vus le cynisme manipulateur et l’art de la propagande sans scrupule qui caractérisaient le nazisme, on peut penser qu’ils étaient une espèce d’absolution offerte aux soldats toujours catholiques et protestants des SS et de la Wermacht qui commettaient des massacres (c’est pas si facile de devenir radicalement apostat... et le poids des traditions est si puissant...).


      • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 27 mars 2006 08:35

        Marx etait-il marxiste ?

        De son propre « aveu », la réponse est négative : « Tout ce que je sais, c’est que je ne suis pas marxiste »...(Marx)


      • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 27 mars 2006 09:01

        La vision politique du nazisme est religieuse non pas parce qu’elle serait chrétienne, mais parce qu’elle récupère de la religion le culte collectif du chef suprême, le matraquage idéologique de masse fondée sur une vérité transcendante sacrée et une organisation cléricale monolitique chargée de l’imposer : celle raciale du destin « divin » du peuple allemand et de ses héros mythiques.

        Toute vision de la politique qui en fait un devoir sacré est religieuse en cela qu’elle réunit les hommes dans la soumission inconditionnelle à un devoir dont la valeur est présentée comme absolue (incontestable).

        Il en est de même du marxisme historique qui a fait des partis communistes de nouvelles églises et de la vérité révolutionnaire une nécessité historique sacrée visant la construction du paradis sur terre (société réconciliée, à la fois individualiste et communautariste(!)).

        Marx lui-même n’a-t-il pas dit qu’il ne voulait pas abolir la religion (judéo-chrétienne), mais la réaliser ici-bas ?

        L’illusion poltique

        L’illusion religieuse

        Le rasoir philosophique


      • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 27 mars 2006 09:37

        J’ajoute qu’il peut y avoir de la religion ou du religieux sans dieu personnel créateur, donc athée en ce sens précis : il suffit de faire d’une vérité quelconque une vérité sacrée à laquelle chacun doit se soumettre aveuglément et d’organiser un culte autour d’elle pour la transformer en vérité divine. Il peut donc y avoir une « religion » (ce qui relie les hommes autour d’une croyance commune incontestable) du divin (de ce qui est vécu comme une vérité sacrée) sans croyance en un dieu personnel unique, créateur et sauveur. Lequel d’ailleurs ne définit que les religions judéo-chrétiennes et musulmanes (chiite et sunnite).


      • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 27 mars 2006 10:52

        Peut-on mainternir les religions dans un espace privé ?

        Je ne le pense pas car les religions sont des cultes et des institutions collectives qui s’exhibent nécessairement dans l’espace public de par leur volonté de persuader les autres (à défaut de les convaincre), voire de les convertir, ou plus simplement de s’exprimer publiquement.

        L’état laïc ne doit interdire en ce sens aucune religion dans l’espace public puisqu’il ne doit pas interdire l’expression publique des opinions dans la mesure où celles-ci ne contreviennent pas aux lois. Par contre l’état ne doit être soumis à aucune religion et la vie politique, ainsi que le débat politique dans son argumentation, doit rester autonome à rapport la vie religieuse (ainsi la question de l’avortement, de l’homoparentalité, du clonage thérapeutique etc..),.

        Il ne faut donc pas confondre l’espace public dans lequel les religions, comme l’ahéisme, ont leur place, et l’espace politique qui doit, antant que faire ce peut, rester rationnel et a-thée (sans référence au divin). l’a-théisme n’est pas, à mon sens, l’anti-théisme, sauf pour les fondamentalistes et sauf à faire de l’« athéisme » une nouvelle religion.

        L’illusion religieuse

        L’illusion poltique

        Le rasoir philosophique


      • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 27 mars 2006 10:55

        Peut-on mainternir les religions dans un espace privé ?

        Je ne le pense pas car les religions sont des cultes et des institutions collectives qui s’exhibent nécessairement dans l’espace public de par leur volonté de persuader les autres (à défaut de les convaincre), voire de les convertir, ou plus simplement de s’exprimer publiquement.

        L’état laïc ne doit interdire en ce sens aucune religion dans l’espace public puisqu’il ne doit pas interdire l’expression publique des opinions dans la mesure où celles-ci ne contreviennent pas aux lois. Par contre l’état ne doit être soumis à aucune religion et la vie politique, ainsi que le débat politique dans son argumentation, doit rester autonome à rapport la vie religieuse (ainsi la question de l’avortement, de l’homoparentalité, du clonage thérapeutique etc..),.

        Il ne faut donc pas confondre l’espace public dans lequel les religions, comme l’ahéisme, ont leur place, et l’espace politique qui doit, antant que faire ce peut, rester rationnel et a-thée (sans référence au divin). l’a-théisme n’est pas, à mon sens, l’anti-théisme, sauf pour les fondamentalistes et sauf à faire de l’« athéisme » une nouvelle religion.

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      • Barrios (---.---.227.171) 1er décembre 2006 20:14

        Ses idéologies athées pratiquent le culte de la personnalité, d’un parti, d’une chose... ce qui est en fin de comptes équivalent à une religion. Même s’ils ne croient pas au surnaturel, l’objet de leur idolatrie n’est pas moins sacré pour ces personnes... à ce moment-là « le parti » est devenu « l’opium du peuple » à la place de la religion. Au fond ce ne sont pas des vrais athées, si on considère que l’athéisme est une libération de toute superstition (l’idéalisation faisant partie des superstitions).


      • (---.---.162.185) 1er décembre 2006 20:23

        Il n’y a aucun culte de la personnalité de Michel Onfray ou d’André Comte-Sponville, au contraire.

        http://perso.orange.fr/Connaissance.ouverte/NA.doc


      • Pierre (---.---.86.229) 10 décembre 2006 20:14

        Les ceinturons frappés du « Gott mit uns » sont antérieurs au régime nazi.Ceux fabriqués à l’époque nazie ne portaient plus cette mention.


      • Senatus populusque (Courouve) Courouve 24 mars 2006 15:27

        Il ne faut pas confondre l’antichristianisme ou l’antijudaïsme avec l’athéisme !!

        Autre extrait de Mon Combat : "Celui qui se tient sur le plan raciste a le devoir sacré, quelle que soit sa propre confession, de veiller à ce qu’on ne parle pas sans cesse à la légère de la volonté divine, mais qu’on agisse conformément à cette volonté et qu’on ne laisse pas souiller l’oeuvre de Dieu. Car c’est la volonté de Dieu qui a jadis donné aux hommes leur forme, leur nature et leurs facultés. Détruire son oeuvre, c’est déclarer la guerre à la création du Seigneur, à la volonté divine."

        Dans le cas du communisme marxiste, ce qui est meurtrier, c’est évidemment le communisme, et non l’élément athée qui est tout aussi pacifique que l’agnosticisme.


        • Marsupilami (---.---.244.236) 24 mars 2006 16:06

          Certes, mais Hitler était un menteur compulsif et cynique qui voulait s’adresser à des masses profondément croyantes. Pour arriver au pouvoir, il ne pouvait quand même pas dire aux Allemands majoritairement chrétiens : « Je vais éradiquer votre religion et celle de vos ancêtres ». Ils n’auraient jamais voté pour lui.

          Rosenberg croyait à ce qu’il disait, alors qu’Hitler disait ce qu’il voulait que les gens croient (« plus c’est gros, plus ça passe », comme disait son factotum Goebbels).

          « Dans le cas du communisme marxiste, ce qui est meurtrier, c’est évidemment le communisme, et non l’élément athée qui est tout aussi pacifique que l’agnosticisme ».

          C’est une pétition de principe. Je pourrais aussi faire la suivante : « Dans le monothéisme chrétien, c’est évidemment le monothéisme, et non le christianisme, qui est à l’origine de l’Inquisition ». Elle n’aurait pas plus de sens.

          Le communisme athée « dur », contrairement au nazisme athée « mou » et plus logique que ce dernier, a essayé, lui, d’éradiquer radicalement l’influence religieuse (églises et temples systématiquement transformés en usines et entrepôts, etc). Il n’y est pas parvenu, mais il a essayé. C’était une politique athéiste délibérée. Vous ne pouvez pas le nier.


        • miaou (---.---.162.160) 24 mars 2006 16:27

          A ceci près qu’on néglige les persécutions spécifiquement religieuses sous l’ère communiste (goulag, prison voire execution, destruction d’églises, pas de libre pratique du culte...). L’athéisme est tout de même un des pilliers du communisme.

          Pour utiliser une analogie, on pourrait absoudre le christianisme de ses crimes en en rejetant la faute sur l’Ancien régime.

          D’ailleurs de grâce, ne cherchons pas à confondre de quelque façon que ce soit les notions d’agnosticisme (qui est la culture du doute) et d’athéisme. L’athéisme, relevant de la croyance anti-religieuse, est donc susceptible, comme toute croyance, de muer en intégrisme. (et c’est bien ce qui s’est produit).


        • Senatus populusque (Courouve) Courouve 24 mars 2006 16:43

          À la différence du communisme ou du nazisme, l’athéisme n’a pas de doctrine, pas de contenu.

          La politique des soviets était une politique anti-religieuse fondée sur la théorie marxiste de la religion et de la lutte des classes.

          L’absence de contenu de l’athéisme se manifeste encore par le fait qu’il n’y a pas d’association ou d’organisation athée d’importance significative, bien que les incroyants soient environ 20 à 25 % dans notre pays.

          Ce qui se rapprocherait le plus d’une politique athée, si l’on tenait à forcer les choses, ce serait la laïcité ; mais celle-ci est bien davantage l’organisation de la difficile coexistence entre religions que l’émanation d’une (inexistante) idéologie athée.


        • Marsupilami (---.---.182.66) 24 mars 2006 16:58

          Désolé, contrairement à l’agnosticisme, l’athéisme a une doctrine et un contenu.

          Il postule l’inexistence de quelque déité que ce soit, ce qui est indémontrable.

          De plus dans sa tendance rationaliste (ultra-majoritaire), il postule aussi la réduction de tous les phénomènes à ce que la seule raison peut en comprendre, autrement dit la réduction du réel au seul rationnel, ce qui est tout aussi indémontrable.

          Et vous n’avez pas répondu à mes objections agnostiques mais très politiques et philosophiques.


        • cousin (---.---.34.171) 24 mars 2006 18:06

          Il faut ajouter le matérialisme lui-même indémontrable. L’athéisme est une idéologie comme une autre.


        • Marsupilami (---.---.162.8) 24 mars 2006 18:52

          T’es dur...

          J’avais gardé cet argument en réserve pour lui laisser un peu de munitions, vu que je suis charitable (c’est mon côté post-chrétien cool, mais surtout tu lui dis pas).

          Gargl. Maintenant, ça va être difficile pour lui...


        • Philippe Boisnard (---.---.84.37) 24 mars 2006 15:53

          Oui ne pas tomber dans le piège de Onfray. la description est trop drôle : 1/ il est médiatique, et il aime cela. 2/ sa pensée, hormis les premiers textes sur les cyniques n’est pas franchement très sérieuse analytiquement. Je rigole à chacun de ses livres de la simplification, vulgarisation (je l’avoue je ne les achète pas, je les lis en bibliothèque) 3/ il se prétend novateur, là où des générations se succèdent, certs en-dehors de la sphère publique des médias, mais qui écrivent et se transmetttent leur savoir.


          • Marsupilami (---.---.244.236) 24 mars 2006 16:16

            @ Philippe

            Vous venez de vous immiscer scandaleusement dans notre guerre de non-religion picrocoline entre un athée et un agnostique !

            Que l’Archidiacre de l’université libre de Caen (qui n’arrête pas de papauté à tors et à travers) vous maudisse !


          • Vincent (---.---.224.192) 24 mars 2006 19:53

            Regardez les photos des « hédonistes » et leur site vraiement pas beau. Leur philosophie ne semble pas marcher pour eux :


            • Marsupilami (---.---.221.144) 24 mars 2006 20:28

              Toi aussi t’es vache (ça crée...) ?

              Mais on dieu, où va-t-on ?


            • Senatus populusque (Courouve) Courouve 24 mars 2006 20:33

              « Désolé, contrairement à l’agnosticisme, l’athéisme a une doctrine et un contenu. Il postule l’inexistence de quelque déité que ce soit, ce qui est indémontrable. »

              Cette position athée, postulat si l’on veut, n’est pas une doctrine au sens où il existe une doctrine marxiste exposée dans de nombreux ouvrages et une doctrine nazie, plus squelettique, mais quand-même élaborée. C’est si peu une doctrine, que rien de tel n’apparaît dans le Traité d’athéologie de Michel Onfray, où il est beaucoup plus question de religions que d’athéisme.

              De même, l’agnosticisme n’est ni une doctrine, ni une idéologie ; c’est une simple profession d’incapacité à régler la question.

              D’une façon analogue aux doctrines religieuses, mais en réduction, le mythe du père Noël donne lieu à une élaboration littéraire ; mais l’incroyance au père Noël n’est associée à aucune production. L’inexistence d’un ou plusieurs dieux est aussi indémontrable que celle du père Noël, ou celle des fantômes ; cette question de l’indémontrabilité est réglée depuis longtemps en philosophie.

              Henri Oldenburg (secrétaire de la Royal Society de Londres), dont le nom mérite de rester dans les annales de l’athéologie : « Des définitions ne peuvent contenir autre chose que des concepts formés par notre esprit ; or notre esprit conçoit beaucoup d’objets qui n’existent pas et sa fécondité est grande à multiplier et à augmenter les objets qu’il a conçus. Je ne vois donc pas comment de ce concept que j’ai de Dieu, je puis inférer l’existence de Dieu. » (Lettre à Baruch Spinoza, 27 septembre 1661). En fait, d’une simple conception, on ne peut inférer ni l’existence dans la réalité, ni la non existence. Mais on peut, comme l’ont fait Feuerbach et Nietzche, expliquer par les conditions et les ignorances de l’époque, l’apparition des croyances religieuses, comme celle des croyances animistes.

              L’athéisme ne s’identifie pas nécessairement au rationalisme ; il existe des athées qui croient à l’astrologie ... On sait depuis longtemps que passion et raison mènent ensemble le monde, plus ou moins bien. La réduction du réel au seul rationnel relève du rationalisme absolu, dont une illustration, assez ridicule aujourd’hui, est Descartes. Après l’échec de Descartes dans sa prétendue preuve de l’existence d’un dieu, la philosophie a depuis suivie plusieurs voies, dont celle du rationalisme critique (non absolu) de Hume, Kant, Schopenhauer et Nietzsche.

              Il est exact que le marxisme apparaît soit comme un rationalisme absolu (réduisant l’art à un reflet des luttes de classes ...), soit comme un scientisme.

              Le matérialisme est la doctrine philosophique selon laquelle il n’existe dans l’Univers que de la matière en mouvement. Cette théorie est fausse, puisque même en laissant de côté l’existence problématique des « âmes », l’Univers contient au moins quatre éléments ; non pas l’air, l’eau, la terre et le feu, comme le pensait les Anciens, mais la matière, l’énergie, l’espace et le temps. C’est donc une autre faiblesse d’Onfray que de s’en revendiquer aujourd’hui.


              • Marsupilami (---.---.221.144) 24 mars 2006 21:19

                Ouaf !

                Votre position, c’est du jésuitisme à l’état pur, ce qui est normal pour un athée pur et dur.

                « De même, l’agnosticisme n’est ni une doctrine, ni une idéologie ; c’est une simple profession d’incapacité à régler la question ».

                Ouaf !

                C’est bien pire que ça : c’est une incapacité à définir où sont les limites de ce genre de question. Vu que pour moi le réel ne saurait se limiter ni au vrai (mort de rire), ni au doctrinal (ne rions pas) ni au rationnel (ne chions pas de travers), que reste-t-il ?

                L’athéisme « dur », c’est une anti-religion doctrinaire.

                Et je me moque comme de ma première Bible des curetons athéistes qui voudraient me faire la leçon.

                Et je fais exprès de dire « me ». Meuh !


              • BF (---.---.160.169) 24 mars 2006 22:22

                J’adore le marsupilami, cet animal avec une queue de 7 m de long avec laquelle il peut faire des tas de choses ! Ceci étant dit, je suis athée et je ne vois pas ce que cela a de dotrinaire....


                • Marsupilami (---.---.163.43) 25 mars 2006 14:38

                  Frère Mohammed,

                  Je te pardonne ton athéisme non-doctrinaire au nom de mon grand agnosticisme de paix, de tolérance et d’amour...


                • Smop (---.---.250.79) 25 mars 2006 01:16

                  Intéressant débat, mais la question est-elle vraiment là ? Le fond ne serait-t-il pas plutôt notre besoin urgent de redonner sa place légitime à l’éphémère conscience de l’individu ? Je ne peux que citer Bakounine : « Si Dieu est, l’homme est esclave ; or l’homme peut, doit être libre, donc Dieu n’existe pas », ou encore rappeler les postulats du tetrapharmakos d’Epicure.

                  Je vois plutôt les religions comme des organisations politiques, qui ont certes eu leur place naguère dans la construction de la société, mais qui aujourd’hui sont dépassées et très dangereuses car toujours mobilisatrices autour de préceptes parfois criminels. Les exemples ne manquent pas, surtout dans les courants monothéistes, quels qu’ils soient.

                  En conséquence, le vrai débat serait, à mon avis, celui sur les méthodes à employer pour empêcher toute forme de culte ou de croyance de sortir de la sphère strictement privée. Or malheureusement c’est le contraire qui se profile en ce début de XXie siècle.


                  • Senatus populusque (Courouve) Courouve 25 mars 2006 01:40

                    Maintenir la religion dans la sphère privée aurait été la meilleure solution. Malheureusement, l’évolution de l’Etat a fait entrer un nombre croissant de domaines dans la sphère publique.

                    Ainsi, le comportement homosexuel aurait pu rester dans la sphère privée si l’Etat s’en était tenu à l’abrogation des lois répressives et à la liberté sexuelle. Mais au contraire, il a choisi, avec la loi Halde, de faire taire des critiques de l’homosexualité, critiques que Robert Badinter, il n’y a pas encore 25 ans, pensait encore entièrement légitimes.

                    La politique de soutien croissant aux associations a amené des collectivités locales à financer d’une part des associations religieuses ou des établissement d’enseignement confessionnels, à donner des terrains pour y établir des lieux de cultes, et à financer, notamment à Paris, des association homosexuelles ou transexuelles.

                    L’Etat soutient donc tous les particularismes ou communautarismes, avec un évident espoir de soutien en retour ; c’est ce que l’on appelle un discours visant à l’universalisme, un discours qui ne choque personne, un discours qui ne dit rien. L’éteignoir obscurantiste prend la place du pluralisme intellectuel.


                  • thaddée (---.---.53.57) 26 mars 2006 18:01

                    La citation de Bakounine repose sur une conception particulière de Dieu, celle d’un Dieu autoritaire. Mais dans la conception d’un Dieu d’Amour, c’est totalement différent : c’est parce qu’Il aime qu’Il pousse l’homme à être libre, qu’Il le veut libre. Et ainsi il n’y a pas de contradiction entre foi et liberté...


                  • Senatus populusque (Courouve) Courouve 27 mars 2006 00:47

                    La conception d’un Dieu d’amour est invraisemblable, compte tenu de l’histoire récente de l’humanité.

                    Donc il y a contradiction ...


                  • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 27 mars 2006 13:55

                    Les comportements homosexuels n’existent pas réellement mais ne sont qu’une construction ou fiction sociales : nous sommes tous sexuellement singuliers ; c’est à dire hétérosexuels.

                    L’homosexualité n’est devenue une revendication sociale que par le seul effet de la discrimination que le droit actuel, issue d’une vieille morale particulière, voire religieuse, impose à ceux qu’elle désigne comme homos, vis-à-vis du mariage et surtout de l’homoparentalité.

                    Levez cette dernière différenciation fictive et la sexualité ne sera alors rien d’autre qu’une affaire privée.

                    Une femme peut-elle être père ?

                    Mariage homosexuel et homoparentalité


                  • l1dit (---.---.54.30) 25 mars 2006 14:41

                    Pardon, mais je n’ai jamais vu une idée tuer à elle seule. Que vos idées soient des coyances, des parti-pris politiques, des idéologies tant que vous les laissez vagabonder dans votre tête tout va bien.Les idées ne tuent pas ce sont les convictions obtues, les ferveurs imbéciles et l’intolérance aux idées de l’autre qui tuent. Alors que M.Onfray fasse la classe à qui il veut pourvu qu’il ne nous force pas à croire mordicus ce qu’il dit : ce n’est pas son propos je crois. Et, qu’il se fasse un peu d’argent avec celà m’est égal (d’autres s’en font avec les ventes d’armes et çà c’est largement plus insupportable)


                    • Harry (---.---.212.129) 19 octobre 2006 13:49

                      Les gourous d’aujourd’hui n’utilisent pas la force mais les émotions capables de vous tyranniser plus durablement, même après la mort de ces derniers. Pas besoin d’être intolérant pour tuer ou se tuer au nom d’une idée.

                      Si les théoriciens n’ont aucune responsabilité dans les carnages de l’histoire alors il n’en ont pas non plus dans les hauts faits de l’histoire. Mais les historiens ne sont pas idiots : la révolution française commence avec les écrivains de lumière et se termine par un carnage. La révolution bolchévick commence avec karl marx, le défenseur des pauvres et se termine par un carnage. La rationnalisation du travail pour une moindre fatigue de l’ouvrier commence avec le Taylorisme et se termine par le Fordisme.

                      En histoire seuls les faits comptent. Le théoricien doit comprendre la psychologie des foules si il veut assumer fierement sa responsabilité dans les manuels d’histoires car il sera associé à toutes les conséquences qui en découleront même si c’est injuste. Le copyrigth ne suffit pas et l’historien n’est pas son ami.


                    • Cratylogos (---.---.109.101) 4 avril 2006 11:42

                      Bonjour, Et revoila Michel comme chaque mois... Un pastiche de sa nouvelle chronique : Sens et contresens - Michel Onfray ou la voie à double sens

                      http://cratylogos.hebserv.be/article.php3?id_article=4


                      • thaddée (---.---.247.6) 28 juin 2006 12:01

                        "La conception d’un Dieu d’amour est invraisemblable, compte tenu de l’histoire récente de l’humanité.

                        Donc il y a contradiction ..." Justemment, il n’y a pas contradiction : si Dieu nous aime, alors Il nous laisse libre - sinon ce n’est pas vraiment de l’amour - et donc Il nous laisse libre de faire le bien ou le mal.

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