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Moisson d’hiver. Trois disques à emporter

Si le dernier disque de Cyril Auvity a retenu l’attention, d’autres albums parus à peu près concomitamment méritent que l’on se penche dessus. Voici une rétrospective de ce qu’il ne faut pas manquer :

Si de prime abord le programme n’inspire qu’un relatif intérêt, force est de constater que l’on est ici face à un grand disque. Car les deux solistes, la soprano Céline Scheen et le contre-ténor Damien Guillon, communiquent un véritable amour de ces deux œuvres que sont le Psaume 51 de Bach d’après le Stabat Mater de Pergolesi et le Nisi Dominus de Vivaldi. On savait que l’ensemble présentait en concert depuis longtemps déjà l’œuvre princeps de Pergolesi mais on applaudit que la version de Bach soit l’élue discographique, d’une part parce que Céline Scheen a une proximité avec la langue allemande et signe son retour au disque, et d’autre part parce que cette version est la moins souvent enregistrée. 

Complémentarité est le mot qui vient à l’esprit à l’écoute du Psaume 51, les deux voix se mêlent magnifiquement et font sentir les années travaillées ensemble. Le Nisi Dominus de Damien Guillon montre un engagement exemplaire et de belles couleurs, la voix chaude du contre-ténor convainc ici un mélomane rétif à la musique de Vivaldi. On remerciera enfin les instrumentistes du Banquet Céleste de créer un écrin de velours, constituant la base de cette indéniable réussite.


Bach - Vivaldi
Psalm 51
Nisi Dominus

Damien Guillon, contre-ténor et direction
Céline Scheen, soprano
Le Banquet Céleste


2016 Glossa GCD 923701


Ce disque peut être acheté ICI

Après deux disques franchement réussis et déjà chroniqués par le passé, le Miroir de Musique de Baptiste Romain revient avec un programme beaucoup plus ancien et en majorité inédit. A la charnière subtile entre le Moyen Âge tardif et la Renaissance, le deux compositeurs liégeois Hugo et Arnold de Lantins (fl. 1415-1430) tiennent une place de choix. Comme beaucoup de leurs confrères, et on pensera surtout à Johannes Ciconia (dont Ricercar a enregistré l’œuvre complète par La Morra et Diabolus In Muisca il y a quelques années), les Lantins partent vers l’Italie de Nord comme en témoignent leur activité et la structure de leurs pièces musicales. Exceptées les deux pièces latines présentes sur le disque, toutes les pièces sont à trois voix — les deux voix supérieures naviguant dans le même registre — et font penser aux compositions du jeune Guillaume Dufay.


C’est un euphémisme de dire que le Miroir de Musique embrasse cette musique avec corps et âme. La texture vocale et l’accompagnement de haut vol confèrent à ces pièces une alliance idéale que l’on rencontre finalement peu dans ce type de répertoire. C’est aussi un travail musicologique d’excellente qualité qui est réalisé en amont. A cet égard, le texte du livret de David Fallows est un modèle du genre. Qui plus est, le visuel de la pochette est extrêmement bien trouvé avec la reproduction d’un des paysages présent dans le polyptyque de l’Agneau mystique. Tout ceci fait de ce disque un objet visuel et auditif incontournable.




Arnold & Hugo De Lantins (fl. 1415-1430)
Secular Works

Le Miroir de Musique
Baptiste Romain, direction


2016 Ricercar/Outhere Music RIC 365


Ce disque peut être acheté ICI
Le billet de Jérôme Lejeune
 

Autre répertoire qui sort des sentiers battus, La sete di Christo de Bernardo Pasquini (1637-1710) est un oratorio de la Passion avec quatre protagonistes. Si les pièces pour clavier du compositeur romain sont plus ou moins documentées au disque, c’est la première fois que cet oratorio a les faveurs des micros. 
Verdict ? Sans nul doute c’est une musique intéressante, bien ancrée dans le seicento italien caractérisée par une écriture encore madrigalesque. Cependant, ne forçons pas le trait : tout le mérite revient à l’excellent Concerto Romano d’Alessandro Quarta qui a su tirer le meilleur de la partition, avec en première ligne l’émouvante Vergine de la prometteuse Francesca Aspromonte. Le reste du plateau soliste est plus inégal mais le disque se tient et cette redécouverte vaut la peine d’être plus qu’écoutée !


Bernardo Pasquini (1637-1710)
La sete di Christo

Concerto Romano
Francesca Aspromonte, La Vergine
Francisco Fernandez-Rueda, San Giovanni
Luca Cervoni, Giuseppe d’Arimatea
Mauro Borgioni, Nicodemo/Christo

Alessandro Quarta, direction


2016 Christophorus CHR 77398


Ce disque peut être acheté ICI


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