Citation de Julien Green sur Montherlant
« Ayant inventé un personnage tout de bravoure et d'éclat, [Montherlant] a fini par le prendre pour lui et s'y est conformé jusqu'à la fin
Henry de Montherlant était un aristocrate, pas exactement un vrai à cause de son père, mais pas non plus un bourgeois ayant racheté son nom pour s’acheter une lignée et un honneur, après avoir multiplié les courbettes pour amasser son magot. Ce que la postérité a retenu de lui, c’est qu’il était aussi homosexuel et qu’il avait un faible pour les hommes jeunes, l’aristocrate était aussi une tarlouze, une tante, une tafiole, un pédoque, une tante, une tata, un éphèbophile.
Il tenait sa noblesse de sa mère ce qui pour lui était fondamental. Pour ceux qui tiendrait à expliquer son caractère par la psychanalyse, on remarquera qu’il est comme beaucoup d’écrivains un ancien petit garçon traumatisé par son complexe d’Œdipe, ce serait réducteur de s’arrêter là cependant.
Car sa mère lui donne aussi le goût de la littérature.
Généralement, c’est là que s’arrête ceux qui parlent de cet écrivain qu’ils limitent à « la ville dont le prince est un enfant » et ses histoires de curés tombant amoureux de gamins. Montherlant ne peut se réduire à Roger Peyrefitte, en plus viril cependant, car Montherlant est plus de l’espèce des Charlus et Peyrefitte plus proche de Jupien , en plus zézayant et moins vulgaire, et un Jupien qui se donnerait le genre érudit.
Montherlant n’est pas un aristocrate pour rire, il vit selon une morale qui est réellement aristocratique elle aussi, bien qu’il n’oublie jamais comme dira une autre aristo, Yourcenar, que s’il n’aime pas comme eux, s’il ne vit pas comme eux, il « mourra comme les autres ». Montherlant se cache malgré tout de grands sentiments, car s’il aime la corrida, ce n’est pas pour la beauté graphique du geste, ce n’est pas pour le risque que prendrait le toréador, c’est surtout pour reluquer le petit cul du boucher en habit de lumière qui officie sur le sable de l’arène, le tout planqué derrière ses lunettes noires (ainsi que le souligne fort justement l’auteur de « Physiologie des lunettes noires », excellent livre écrit par mon « meilleur ennemi », Jérôme Leroy, en vente partout dans les bonnes librairies).
C’est finalement ce qui est le plus choquant pour le troupeau bêlant des bonnes âmes chez cet auteur, prêt à excuser ses goûts particuliers, sa morale aristocratique, qui est pris pour une posture d’une vanité sans bornes.
Pour qui se prend-il ?
Les biographes et les lecteurs qui citent parfois son nom en viennent toujours à poser la question. Il se nourrit dans sa jeunesse par les lectures combinés de Nietzsche et Barrès ce qui n’arrange rien quant à son désir de se démarquer absolument du « vulgum pecus », il se trouve aussi un idéal dans le courage et les vertus antiques. Il développe alors une passion pour la Méditerranée et les cultures qui sont nées tout autour de cette « mer intérieure de l’Europe ».
Montherlant est intéressant parce que comme François Nourrissier mort hier, c’était un hussard des lettres, un combattant de la littérature, qui sait bien que les livres ne servent à rien en eux-mêmes, strictement à rien, dans une société qui promeut l’allégeance au tout économique et à la loi du grand nombre comme uniques valeurs, la performance obligatoires des cœurs et des corps, la machinisation de tout. Bien sûr, la littérature est hautement futile pour ceux qui se laissent aller à ce raisonnement que Montherlant eût trouvé des plus vulgaires. Il savait quant à lui que celle-ci peut se transformer en enjeu existentiel et qu’elle est une des clés pour s’ouvrir aux autres, à l’âme collective ou individuelle, à bien des univers qui resteraient éternellement cachés au regard du commun sans elle.
Très patriote sans être lié aux ligues nationalistes, même s'il est quand même assez proche de l'Action Française, il décrit parfaitement dans "Le Songe" le courage et l'amitié qu'il engendre chez les combattants. Dans les années 1930, il invite d'ailleurs par de nombreux articles et ouvrages à intervenir sans équivoque contre l'Allemagne nazie (1936, puis 1938). L'Équinoxe de Septembre sera interdit par l'occupant. Le "Solstice de Juin", consacré à la triste bataille de France en mai-juin 1940, qu'il couvre comme reporter, lui vaudra la réputation de collaborateur et des ennuis à la Libération, dûs aussi au fait aux sentiments de mépris que Montherlant éprouve envers les "foules démocratiques".
Ci-dessous, Montherlant par lui-même

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Assez bien vu et résumé. Reste à savoir pourquoi ces revirements.
21/08 15:55 - jidejeandominiqueCommentaire sans aucune argumentation. Évidemment il s’agit de lire l’article (...)
20/02 12:06 - Amaury WatremezTotalement incompréhensible. Apprenez à écrire et à ordonner vos idées avant de (...)
20/02 08:24 - jidejeandominiqueSoyons tout à fait clair sur deux points : Cet article se fiche complètement que Montherlant (...)
19/02 15:26 - Amaury WatremezHello Amaury, je ne vous supposais pas du FN, mouvement dont la violence me heurte. (mais les (...)
19/02 14:19 - Ariane Walter
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