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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Monumenta, l’arnaque ?

Monumenta, l’arnaque ?

Après Anselm kieffer en 2007, c’est au tour de Richard Serra de se mesurer à la nef du Grand palais du 7 mai au 15 juin avec une installation intitulée "Promenade pour la Monumenta 2008".

Attiré par les critiques élogieuses et un ami féru d’industrie métallurgique et d’art, je me décide de « bouleverser ma perception des choses » et de « vivre une expérience unique ». Ça tombe bien, l’entrée n’est pas très chère, 4 € et il n’y a pas foule aux guichets. Après les différents contrôles, le visiteur entre dans cet espace monumental de la nef, immense gare vide dans laquelle déambule une population clairsemée. La première vision de l’œuvre est très minimaliste, une tranche de 15 cm d’un monolithe d’acier de 20 m de haut, noyé dans les lignes de la charpente métallique. A mesure que l’on s’approche, la perspective fait varier l’aspect de l’œuvre pour arriver à une gigantesque tôle aux dimensions exagérées, plantée au milieu de la nef.

En embrassant l’immense salle, on aperçoit 4 autres de ces congénères, plantés de part et d’autre d’une ligne virtuelle représentée par l’axe de la grand-nef. Au milieu, un piano sur une estrade avec Philip Glass, esseulé, qui répète pour le concert du soir. La musique coule, agréable et intemporelle dans ce lieu magique.

Les plaques en acier intriguent, mais ne dégagent aucune émotion particulière. On reste sur des platitudes purement techniques :
quel poids font-elles ? A vu de nez, avec la densité de l’acier, vers les 80 t ? Les motifs du matériau sont caractéristiques de sa fabrication, les traces aléatoires d’oxydes de fer sont les mêmes que sur les pièces que je fraisais à l’école. Les autres motifs de ces parois monochromatiques sont dus à quels incidents industriels ? Au fait, comment les ont-ils montés sur place ?

On caresse, on regarde, on se prend en photo (vive les portables) devant le tas de ferraille, on s’amuse de la mise en perspective et des dimensions. On admire aussi beaucoup la charpente. Mais rapidement on s’aperçoit que l’espace, malgré ces 5 « sculptures », est désespérément vide. A l’étage, trône, minuscule, un écran plat digne d’un salon de 40 m2 (!) sur lequel déroule le DVD de l’expo. L’artiste explique son process de création avant de rentrer dans son loft à New York (évidemment). Il faut se méfier, une œuvre d’art qui a besoin de 3 heures d’explications métaphysiques n’est-elle pas souvent une vessie qu’on veut nous faire prendre pour une lanterne ? L’avantage de la vidéo, néanmoins, est de permettre aux Parisiens de voir comment on coule de l’acier : aussi pédagogique qu’un Salon de l’agriculture, mais pour l’industrie en quelque sorte. Au final d’ailleurs, la création de l’œuvre ne diffère que très peu de la fabrication de tôle pour n’importe quel cargo.

Par contre, le minimalisme n’a pas atteint ni la boutique de souvenirs ni la cafet. On s’aperçoit que cette installation mobilise beaucoup autour d’elle : médiateurs culturels (sic), contrôle des billets, sécurité renforcée… (de peur sans doute qu’on parte avec une œuvre ?), vendeuses, barmen, preneurs de son, cameramen… tout ce petit monde s’agite et gravite autour de l’expo. D’ailleurs l’œuvre de Serra ne se suffit pas à elle-même. Il faut la splendide nef et la musique (ou les danseurs) pour donner de l’intérêt. Imagine-t-on devoir inviter un orchestre pour pouvoir admirer un Picasso ? Bref, il se dégage de tout cela un certain goût de minimalisme excessif. L’œuvre n’est de plus pas très novatrice, on a vraiment l’impression que Serra a assuré le service minimum. Un peu court, nan ? Finalement le piano commence à nous prendre la tête, la déambulation a été faite et refaite, il est temps de sortir. Au vu du nombre de commanditaires de l’événement, on comprend pourquoi les médias ont pu être aussi enthousiastes. Et si la Promenade reste agréable, elle ne vaut clairement pas le voyage ; tout juste le détour.

http://www.monumenta.com/2008/


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19 réactions à cet article    


  • tvargentine.com lerma 9 juin 2008 10:39

    Pour l’avoir visité voici 15 jours,un samedi soir,j’ai pu apprécié la grande qualité de l’artiste et ces monolithe nous rappelle un peu 2001 l’odysée de l’espace

    Les touristes etrangers apprécient beaucoup cette grande oeuvre

     


    • Lisa SION 2 Lisa SION 9 juin 2008 11:45

      Je ne suis pas d’accord avec vous ( 2D ). On peut très bien déceler, décrypter, disséquer le message impressionnant, lourd et éloquent, et le développer sur de longues pages, pour décrire une simple tôle, même si elle pèse, quatre vingt tonnes...

      Un exemple, il est des tôles que je visionne avec précision afin de ne jamais les toucher, qui, tous les cent mètres pèsent le poids d’un mort ou d’un traumatisme définitif, qui sont neuves puisque renouvelées après chaque nouvel accident, mais dont on peut compter les traces quand elles sont remplaçées par du béton comme dans la descente qui mène au Pont de Sèvres...Je reste impressionné de savoir qu’elles sont produites avec les millions de voitures dont deux pour cent finissent prématurément pliées avec des vies incarcérées dedans, l’image de tous ces corps broyés dans la danse infernales des tôles froissées et des carlingues désarticulées ( une scène brillante de Jacques Tatti dans Traffic relate de cette émotion...) m’émeut et ne quitte jamais mon esprit à ce point que jamais je ne m’approche de moins d’un mètre de ... ces barrières de sécurité qui tuent tous les jours...

      Chaque rails de sécurité mériterait bien plus, vu son histoire...de trôner au Grand Palais.


      • Medkorp Medkorp 9 juin 2008 13:10

        Salut !

        J’ai rarement vu une exposition aussi pathétique...

        Payé meme 4 € pour avoir accès à une salle vide, immense certe, mais vide...

        Voir des toles de 20 m de haut, sans avoir accès aux différents balcons histoire de prendre de la hauteur m’a profondément déçu...

        De plus les pseudo happening qui ont lieux a coté, me laisse sans voix...

        Bref beacoup de bruit pour rien


        • Jean-Paul Doguet 9 juin 2008 15:14

          Personne n’obligeait les uns et les autres à aller voir l’oeuvre de Richard Serra, c’est clair ? Alors si ce genre d’art ne vous intéresse pas n’y allez pas tout simplement. Et épargnez nous vous propos de philistin qui n’en a pas eu pour son argent. Avec 4 € vous pouviez vous acheter des timbres, des carambars, des boissons etc ou aller à l’exposition Marie-Antoinette.

          Personnellement je suis un grand admirateur de Richard Serra et j’ai beaucoup aimé cette oeuvre, qui se situe à mi-chemin de la sculpture et de l’architecture, de manière encore plus marquée que toutes les précédentes. D’ailleurs j’ai hésité à lui consacrer un article sur ce site, mais j’avais trop de travail. 

          Il faudrait un autre mot que "sculpteur" pour caractériser ce que fait Serra. Comme Chillida, il travaille essentiellement avec la pesanteur et organise très subtilement le matériau en lui laissant une nudité et une brutalité apparente qui donne à première vue l’impression d’écraser le spectateur, de l’entraîner vers le bas, et de le confronter à une réalisation industrielle, mais est en réalité une forme nouvelle d’objet, trop esthétique et gratuit pour être un bâtiment, un mur, trop rudimentaire ou fonctionnel pour se rattacher au monde familier des sculptures. Faut-il parler de post-sculpture ? Chacune de ses oeuvres est une forme de stèle industrielle, très étroitement ancrée dans le lieu qu’elle occupe, et pensée en fonction de lui. 

          Comme on ne le voit pas "promenade" est en fait une sorte de mobile immobile, dont la construction et la structure sont élaborées par et pour la déambulation du spectateur. Elles ont été conçues pour plusieurs types de mouvement : le mouvement d’approche qui métamorphose le matériau en le faisant passer de l’état de masse écrasante à celui de forme familière mais disatnte, et surtout le mouvement circulaire qui produit une conjonction des formes un peu sur le modèle des mobiles de Calder. Sur ce point il faut sans doute comparer Serra à la tradition de l’abstraction géométrique, et même de l’op art, qui fluidifie les formes en les faisant dépendre du mouvement du spectateur. L’ensemble utilise très habilement la forme du lieu mis à sa disposition, espace à la fois central et rectangle.

          Mais ce qui est encore plus fascinant, c’est le jeu avec la lumière. Car Serra a joué aussi les ressources de la verrière, et on peut considérer que l’oeuvre épouse absolument les différences d’éclairage, chose étonnante pour ce métal. Il se métamorphose selon qu’il est vu de nuit, en plein soleil ou par temps couvert. La visite nocturne lui donne une certaine intimité, mais la lumière du soleil le rapproche d’un monument (ce qu’il est effectivement, à s’en tenir à l’étymologie). Bref on n’est pas loin d’une oeuvre plastique de type complètement nouveau. Peut-être est-ce la raison pour laquelle elle a été mal ou pas comprise. 


        • marine marine 9 juin 2008 15:44

          La prochaine expo de tôles ondulées ou plates ... je me permettrai de vous demander de m’accompagner. Vu sous votre angle, on se sent tout de suite plus intelligent.

          Par contre, je trouve ça toujours aussi moche. Recherché, intelligent peut-être mais désespéremment moche.

          Le prix du billet d’entrée n’a rien à voir la dedans. On doit juste manquer d’informations pour apprécier à sa juste valeur ce genre d’oeuvre. Il faut dire qu’arriver les bras balants dans cet immense hall pour voir des tôles debout ... y’a de quoi rester sans voix ?

          aigue-marine.


        • Jean-Paul Doguet 9 juin 2008 16:43

          Quand vous me parlez de toles ondulées (vous n’avez pas fait attention, car elles ne sont pas ondulées et d’ailleurs c’est de l’acier), c’est un peu comme si vous me disiez pour raconter une visite au Louvre, que vous avez été voir des morceaux de bois suspendus sur des murs, ou encore à propos d’un concert de piano que vous avez été entendre quelqu’un qui tapait sur du bois. Faîtes un petit effort. 


        • docdory docdory 9 juin 2008 17:33

           @ Jean Paul Doguet

          Un bout de ferraille rectangulaire , même monumental , reste un bout de ferraille rectangulaire . Votre discours pompeux sur cette amas de ferraille sonne creux . Ca n’a rien à voir avec de l’art , c’est un attrape-gogo . L’art contemporain de ce type ne continuera à ce vendre que tant que des riches gogos continueront à se laisser embobiner et impressionner par les discours abscons et d’une grande vacuité des critiques d’art .

          Il n’y a rien de tel , pour faire signer un chèque à un riche ou à un Ministre de la culture , que de flatter son snobisme et sa vanité . Ne reste enfin de compte que des tas de ferraille ou des monstruosités décaties et usagées ( telles que les colonnes de Buren , que l’Etat va " restaurer " à grand frais , alors que les caisses sont vides , au lieu de laisser l’érosion ou les bulldozers accomplir leur oeuvre salutaire d’anéantissement ! )


        • Jean-Paul Doguet 9 juin 2008 18:02

          Il est évident que vous n’avez pas vu cette oeuvre, sinon vous ne parleriez pas d’amas et encore moins de "bout" de ferraille. Non. Vous ne saisissez pas (par ignorance, crispation ou malveillance DE PRINCIPE) la différence entre matière et matériau. Ce qui fait qu’il ne s’agit pas de "bout de ferraille" c’est le SENS, c’est-à-dire l’intention, et c’est l’existence d’une FORME, car c’est un ensemble de matière subtilement ORGANISE, conçu et fondu pour être parcouru et regardé. Libre à vous de le réduire à de la matière, mais vous pourriez faire la même chose de n’importe quelle oeuvre d’art, et aussi de Stonehenge, et d’ailleurs au fond de toute réalisation architecturale. 

          Une fois n’est pas coutume, je suis d’accord avec Lerma pour parler de "2001" de Kubrick, et d’autres visiteurs ont fait la même remarque. Dans certaines limites bien sûr. C’est en partie une stèle métallique assez mystérieuse qui a quelque chose de religieux et d’extra-terrestre. On songe à Mallarmé : 

          Calme bloc, ici bas chu d’un désastre obscur.

          Mais attention, c’est un ensemble qui existe pour le regard, et pas une stèle solitaire. 


        • Imhotep Imhotep 9 juin 2008 20:59

           Est-ce que vous pouvez parler en français, vous savez ce fameux : tout ce qui se conçoit bien s’énonce clairement et les mots pour le dire arrivent aisément.  ?

           

          Vous nous faites une sorte de verbiage sans traducteur. Un langage stéréotypé des amateurs ou experts d’art fiers de leur circonvolutions cérébrales. Juste une remarque. A vous entendre il me suffira de penser très fort une symphonie de sens bien sentie dans mon petit cerveau en regardant un tas de cailloux et je lui donnerai une vie artistique méga-dimentionnelle et riche en espoir de dollars à gros chiffre.


        • marine marine 9 juin 2008 22:03

          J’ai bien volontairement forci le trait dans mon commentaire.

          Je vous remercie de me mettre sous le nez que les tôles ne sont pas ondulées. J’ai beau être blonde, je l’avais noté ...

          Ce qui me répugne (le mot est encore fort mais c’est toujours exprès !) donc ce qui me répugne dans ce genre d’exposition, c’est la façon dont on traite le visiteur. On nous balance au milieu d’un hall peuplé de stèles d’acier. Okay pas de soucis... Je suis curieuse et ouverte de nature. Et puis après quoi ! Après rien. C’est en cela justement que réside l’arnaque, le problème, le j’m’en foutisme ambiant. Le quidam lambda qui décide de s’intéresser un tant soit peu à l’art, parce qu’il pleut et qu’il n’a rien d’autre à faire ou parce qu’il veut s’ouvrir l’esprit, notre bon quidam lambda fera comme moi, il tombera des nues et se dira qu’il n’a rien fait pour mériter qu’on lui mette sous le nez ce tas de "stèles d’acier".

          Les gens qui ne sont pas versés dans l’art contemporain, n’y comprennent rien. Vous me demandez de faire un effort !!! L’effort devrait être fait par les organisateurs de l’exposition qui se doivent d’expliquer les intentions de l’artiste dans des termes simples et compréhensibles par tous. On nous projette souvent des vidéos qui se veulent "explicatives". Je n’y vois souvent que verbiage et contentement de soi. C’est bien simple, j’ai beau avoir fait quelques études, j’ai un QI normal, quand je visite ce genre d’expo, j’ai l’impression qu’on me prend pour une conne.

          Que les organisateurs arrêtent de me prendre pour une imbécile de base et je ferai l’effort de ne plus parler de tôles ondulées ! L’art doit être accessible à tous. Ce genre d’expo cible une frange très réduite de la population. Et quand j’entend certains commentaires je me demande même si ce n’est pas par snobisme qu’on s’extasie devant ce genre d’oeuvres...

          Cordialement, aigue-marine.


        • Traroth Traroth 11 février 2009 01:48

          L’art, c’est un tout petit peu plus qu’une intention, quand même. Ce que vous dites, en gros, c’est que c’est une oeuvre d’art parce que c’est un artiste qui l’a réalisée (enfin façon de parler. Qui l’a conçue. Ce qui, pour une forme rectangulaire, revient à dire qu’il a décidé de la hauteur et de la largeur). Ca ne me suffit pas, personnellement, parce que ça valide le génie de n’importe quel quidam qui se réclame d’une intention artistique. Ce qui veut dire que le talent, voire le génie, et même le travail n’ont rien à voir dans l’art. Tout devient art, si on veut que ça le soit, en somme. Mais si tout est art, c’est que rien ne l’est.


        • Pierre de Vienne Pierre Gangloff 9 juin 2008 16:34

          D’accord avec le point de vue de JP Doguet, le travail de R Serra résiste autrement que par le poids des structures d’acier. Ce qui est extraordinaire c’est le sentiment de la finesse de l’installation, du réglage sensible par rapport à l’espace, en regard des masses employées. La seule remarque à décharge de son travail : j’avais vu son installation au CAPC de Bordeaux dans les années 80, trés similaire, et peut être qu’il ne renouvelle pas trop son langage, et que sa signature formelle, même si elle reste trés belle , est peut être en train de se scléroser.


          • docdory docdory 9 juin 2008 18:53

             

            @ Jean Paul Doguet 

            Non , je n’ai pas vu cette " oeuvre " de Richard Serra , à part en photos , mais ça ne m’a pas donné envie de claquer 4 euros et un aller retour ferroviaire ou automobile Rouen-Paris pour voir ce genre de trucs . J’avais d’ailleurs vu des espèces d’arcs de cercle géants en métal qui avaient été exposés il y a quelques années dans un jardin public parisien , si mes souvenirs sont justes , qui étaient totalement dépourvus d’intérêt .

            Tenez , voilà une forme d’art contemporain bien plus intéressante que les vulgaires rectangles métalliques de ce " sculpteur " !

            http://pagesperso-orange.fr/charles.vassallo/

            http://pagesperso-orange.fr/charles.vassallo/fr/art/sommaire.html

            http://home.versateladsl.be/firebyte6666/fractal/

            http://www.fractalus.com/


            • Jean-Paul Doguet 9 juin 2008 23:01

              Je pense que dans la mesure où vous ne l’avez pas vue, vous devriez vous taire. Ce serait un minimum d’honnêteté. J’ai plus de respect pour les gens qui y sont allés et en disent du mal, ce qui est leur droit le plus strict, que pour quelqu’un comme vous qui diffame quelque chose qu’il ne connaît pas et invente ce qu’il n’a pas vu. 

              D’accord avec Marine pour considérer qu’un artiste à l’obligation pédagogique d’éclairer son spectateur et de l’aider à le comprendre. Mais la contrepartie qui concerne le spectateur est un minimum d’honnêteté et d’ouverture d’esprit que vous n’avez pas, Docdory. 


            • Lisa SION 2 Lisa SION 10 juin 2008 09:12

               

              "...Je pense que dans la mesure où vous ne l’avez pas vue, vous devriez vous taire. ..."

              J’avais déjà remarqué, qu’en présence d’un artiste, dont l’oeuvre n’est pas clairement explicite, même si celui-çi vous demande à quoi cela vous fait penser, vous coupe très vite la parole avant que vous n’ayez pu finir de lui expliquer votre point de vue, ou la vision que vous suggére l’oeuvre. L’artiste contemporain est clairement suspendu, non pas à l’image qui se révèle à vous, mais à sa propre vision qu’il va s’empresser de vous décrire de la façon la plus complexe et développée, tellement il est obligé de justifier la profondeur et la sophistication de sa pensée motrice...

              "...Ce serait un minimum d’honnêteté. J’ai plus de respect pour les gens qui y sont allés et en disent du mal,..."

              Vous n’aurez, au final, de respect qu’envers celui qui voudra bien vous acheter votre oeuvre, vous permettant par là de certifier votre cote auprés du ghotta de l’artisme contanpourdeux, et le soulageant de défiscalisation susceptible de réduire d’autant sa facture en impôt, sans compter sur le blanchiment d’argent douteux qui résulte d’une spéculation curieusement axée sur le monde souvent vide de l’art moderne...

              "...ce qui est leur droit le plus strict, que pour quelqu’un comme vous qui diffame quelque chose qu’il ne connaît pas et invente ce qu’il n’a pas vu. ..."

              Vous apportez peu d’écoute à ceux qui ont pourtant pris le temps de lire l’article...

              "...D’accord avec Marine pour considérer qu’un artiste à l’obligation pédagogique d’éclairer son spectateur et de l’aider à le comprendre..."

              Ce n’est pas l’artiste que l’on vient essayer de comprendre mais son oeuvre et paradoxalement, plus elle est minimale, plus celui-çi mettra de temps à la décrire... ?

              Mais la contrepartie qui concerne le spectateur est un minimum d’honnêteté et d’ouverture d’esprit que vous n’avez pas, Docdory..."

              Le malhonnète n’est pas celui qui refuse de voir autre chose qu’une tôle suspendue, fût-elle de quatre vingt tonnes, mais l’embrouilleur qui lui attribue un sens profond et caché au point d’avoir à repeindre le vide dont elle est faite, et le spéculateur qui va l’acheter un million d’euros...

              Et tous ces mots sont des accusations impératives.

               


              • Jean-Paul Doguet 10 juin 2008 09:33

                @lisa sion

                Vous êtes en plein délire. Je ne suis pas artiste et je ne vends pas d’oeuvre. Ma critique porte sur le fait que Docdory parle d’une oeuvre qu’il n’a pas été voir, et va même jusqu’à l’insulter, c’est tout. Ca s’appelle un préjugé. Que dirait-on de quelqu’un qui parle et emet des diktats sur ce qu’il n’a pas vu comme s’il l’avait vu ? Qu’il est malhonnête (d’abord avec lui-même) un point c’est tout. 


              • Traroth Traroth 11 février 2009 01:54

                Ca n’a rien d’un préjugé. C’est un jugement, ça c’est sûr. On peut le partager ou non, mais jusqu’à preuve du contraire, l’oeuvre de ce monsieur n’est sacrée au point de ne pas permettre la critique, même acérée.


              • Monserrat 10 juin 2008 12:54

                Moi j’ai adoré. C’est un (très beau) jardin japonais géant !

                C’est sûr qu’il faut faire un effort, pas de compréhension, mais de dépoussiérage d’habitudes. Par exemple l’habitude de croire qu’il n’y a d’art que dans "l’objet d’art" à contempler.

                Alors que là il faut se vider un peu la tête et se... promener en étant attentif à ce qui se passe dans le champ de vision. C’est vraiment étonnant la façon dont les lignes et les masses apparaissent, disparaissent, jouent avec les courbes du grand palais, même la trajectoire horizontale des autres visiteurs déclenche quelque chose ! La perception fabrique des dizaines de combinaisons, d’états d’esprit. Oppressé, libéré, aérien, souterrain, équilibre, chute...

                Très fort.

                PS : je suis surpris de ce que dit Marine. Comme l’auteur de l’article, j’ai trouvé qu’il y avait beaucoup d’aides sur place, le film, des "médiatrices culturelles", l’audioguide (pas testé ce dernier)...


                • Jean-Paul Doguet 13 juin 2008 11:34

                  Voilà ce que dit Richard Serra : "Mon travail concerne avant tout la déambulation et le regard, mais je ne peux dire à personne comment marcher ou comment regarder."

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