Ainsi, leurs directeurs respectifs, Pierre Lescure et Jean-Michel Ribes semblent, désormais, se tendre la main à travers une complémentarité performante faisant fi de toute concurrence artistique.
C’est ainsi que, répondant au succès, deux ans plus tôt, des Diablogues avec François Morel et Jacques Gamblin, mis en scène par Anne Bourgeois au Rond-Point, une nouvelle sélection de ces Diablogues de Dubillard est, aujourd’hui, dirigée au Théâtre Marigny par Jean-Michel Ribes, lui-même.
D’ailleurs, pour parfaire cette collaboration originale à théâtres inversés, le choix de réunir deux comédiennes pour des rôles initialement écrits et créés au masculin, ne constitue pas le moindre clin d’oeil à cette perspective délibérément surréaliste.
Cela tombe bien, car Muriel Robin a évolué et souhaite désormais donner des tonalités différenciées à sa palette d’interprète.
Ainsi, en composant un duo avec Annie Grégorio, sa camarade des premiers apprentissages scéniques, c’est comme si la boucle pouvait se refermer sur un véritable renouveau professionnel.
Sur le plateau, une installation tarabiscotée en poils de bête attend les deux amies prêtes à s’adonner au dialogue de sourdes jusqu’à preuve du contraire.
L’étrangeté, l’absurde, la logique abracadabrante étant au rendez-vous des textes de Roland Dubillard, c’est dans le trait poétique que devraient se résoudre les énigmes de la démonstration orale.
Cependant, l’empathie implicite d’Annie et de Muriel, au-delà des mots et des gestes, pourrait édulcorer la puissance du verbe pris en pleine tourmente de sens giratoire.
En effet, si les jeux de langage conservent toute leur chance de faire mouche, l’outrecuidance aiguisée du contradicteur semble s’émousser au diapason de l’harmonie affective de ces « Vamps » new look, avec, en prime, l’accent du terroir.
Mais voici, en bouquet final, un phénoménal « gobe-douilles » sachant remplir le carnet de commandes du Marigny, qui, à coup sûr, fera le plein de sa jauge jusqu’aux fêtes de fin d’année, en échos à cette partie de ping-pong au féminin plurielle qui aurait pu gagner à se radicaliser.
Visuel affiche
LES DIABLOGUES - de Roland Dubillard - mise en scène : Jean-Michel Ribes - avec Muriel Robin & Annie Grégorio - Théâtre Marigny

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