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My Fair Lady back v.o. symphonique au Châtelet

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MY FAIR LADY
photo © Marie-Noëlle Robert - Théâtre du Châtelet

« Mea pulchra puella » Sous les auspices empathiques du titre en latin surplombant la scène, l’orchestre Pasdeloup, en fosse du Châtelet, débute la représentation par un avant-goût fort profitable de la si fameuse musique de Frederick Loewe.

Le rideau peut désormais se lever sur le parvis londonien du Royal Opera House où va se jouer la mémorable rencontre entre Eliza et Henry.

Elle, jolie marchande de fleurs de Covent Garden, lui professeur spécialiste en orthophonie et autre linguistique phonétique vient de trouver sa proie adéquate, opportunément destinée à l’objet d’un pari exposé à son ami, le colonel Pickering.

En effet, le parler argotique d’Eliza et son accent des faubourgs, marqueur indélébile d’une classe sociale acculturée, font de cette jeune personne le prototype idéal d’une expérience scientifique visant à neutraliser ces signes de dévalorisation sociétale.

Comme de surcroît, la demoiselle est volontiers demandeuse d’excellence pour valoriser son savoir-faire, les deux compères et leur protégée vont rapidement s’entendre sur un régime d’apprentissage à marche forcée vers la reconnaissance mondaine… grâce à sa prochaine maîtrise d’une élocution châtiée ainsi qu’à l’acquisition des bonnes manières.

Devenue ainsi, au bout de quelques mois de labeur, Princesse du Tout Londres à la suite de deux sorties test dans la Haute-Société, la première sur les champs de courses d’Ascot, l’autre au bal de l’Ambassade, le stratagème va dépasser les espérances de ses initiateurs mais va néanmoins déboucher sur un dilemme paradoxal avec la personnalité d’Eliza qui ne saurait y trouver son compte existentiel.

N’aurait-elle pas été, en définitive, que le jouet d’une instrumentalisation cynique par son Pygmalion ?

La réalisation artistique de cette comédie musicale, créée quatre ans auparavant déjà au Châtelet sous l’impulsion de son directeur Jean-Luc Choplin, est absolument remarquable, tant par sa haute ambition orchestrale que par la magnificence des décors et costumes, ainsi que, et ce n’est pas le moindre, par l’extrême qualité de ses interprètes charismatiques en chant, danse et comédie.

La mise en scène de Robert Carsen jongle entre les tableaux choraux et intimes avec l’aisance et le charme du film culte, en les dépouillant par la force des planches, des fiacres ou autres chevaux de course tout en les boostant d’une énergie panoramique tridimensionnelle.

C’est pourtant dans le registre scénographique que va se glisser, de manière impromptue, l’élément faible de ce magnifique puzzle en version originale. En effet, s’il est formidable de pouvoir apprécier à Paris un spectacle exclusivement dans sa langue originelle, il faudrait, sans aucun doute, songer à repenser le dispositif du surtitrage, à moins que de le considérer comme marginal !

A quand donc au Théâtre, la transparence visuelle des répliques, si confortable, dans l’axe de la scène, telle que le cinématographe nous a habitués depuis de nombreuses années ?

Aussi, dans la perspective actuelle, le conseil à donner aux futurs spectateurs, ne pratiquant pas aisément la langue de Shakespeare, serait donc de revisionner le célèbre film (1964) de George Cukor avant que d’assister à la représentation du Châtelet, de façon à être le plus indépendant possible du surtitrage.

Cette réserve étant énoncée, clamons que ce spectacle, avec en tête de distribution, Katherine Manley & Alex Jennings, est en soi, une parfaite réussite !

photos © Marie-Noëlle Robert - Théâtre du Châtelet

MY FAIR LADY - **** Theothea.com - Musique Frederick Loewe - Livret Alan Jay Lerner d'après Pygmalion de George Bernard Shaw - mise en scène Robert Carsen - avec Katherine Manley ou Christine Arand, Alex Jennings, Nicholas Le Prevost, Donald Maxwell ou Phillip Joll, Caroline Blakiston, Ed Lyon, Lee Delong... - Théâtre du Châtelet

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MY FAIR LADY
photo © Marie-Noëlle Robert - Théâtre du Châtelet

 


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