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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Mystère des amours d’enfance

Mystère des amours d’enfance

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Iphigénie en parure atemporelle

Voici un titre en trois mots clés. Pour une foule de gens, ces vocables résonnent dans la tête et s'inscrivent dans le cœur en lettres majuscules. Et pourtant l'actualité en rafales, déverse dans nos vies leurs antonymies mortifères.

Du « mystère » nous basculons à l'évidence, l'authenticité, et tout devient banalité. De « l'amour » nous nous engouffrons dans la haine, sa perversion, pour connaître le froid et entrer dans la mort, son contraire. Dans « l'enfance », nous désirons grandir, préférons la maturité puis tendons vers le déclin et la vieillesse.

La vérité est contrastée, animée d'ombre et de lumière depuis le début des temps. Je vous propose un voyage initiatique qui conditionne au fond toute la vie.

« Un balcon sur la mer » histoire d'une discrète et belle facture dans sa mise en image. Son interprétation est sensible, simple et lyrique. Toute la noble gravité de l'amour . A contre-époque, de conception classique quant au fond. Cela invite à la méditation, mais aussi, et surtout à redécouvrir les œuvres classiques, particulièrement celle de Jean Racine, qui paraissaient hermétiques dans la jeunesse. La vie passant, toujours insaisissable, les formes d'art enracinées dans notre enfance, concourent à nous éveiller. « Un balcon sur la mer » Le décor est posé dans une lumière méditerranéenne voilée et troublante. Nous pourrions hésiter à nous glisser dans les ombres sonores, populeuses, épicées, odorantes et colorées. Souvenirs prégnants d'un drame insidieux entre mémoire estompée et présent hésitant et flottant. Le paysage oscille entre un littoral méditerranéen un peu blafard et quelquefois des flashs lointains d'un essentiel heureux dans l'innocence. Et celui géographique, de l'Algérie. Oran, « un balcon sur la mer » Ainsi nommé, en une époque romanesque de folles illusions de conquêtes. Maintenant lointaine un peu léthargique dans sa métamorphose, comme oubliée.

Le film, va et vient entre un présent divers, confortable, mais au fond chagrin et affairiste. Jusqu'au jour où Marc, le héros ombrageux, percute son passé, il rencontre une femme au charme envoûtant dont le visage lui semble familier. Il pense reconnaître Cathy, l'amour de ses douze ans dans une Algérie violente, à la fin de la guerre d'indépendance. Après une nuit d'amour, la jeune femme disparaît.

Au fil des jours un doute s'empare de Marc, il s'interroge sur l'identité véritable de cette compagne filante, jaillie de nulle part, elle s'approprie peut être l'âme de son amour de jeunesse. Un amour perdu, mais jamais oublié dans son essence, pourtant englouti à vif, dans les tourments, les méandres et la confusion de l'exode franco-algérien.

Des images s'imposent insensiblement dans une succession de retour dans le temps, au fur et à mesure où Marc progresse dans son interrogation.

Le cadre méditerranéen, l'âge tendre gorgée de soleil et de sensations, habité par une triangulation relationnelle. Trois pré-adolescents prisonniers d'une atmosphère racinienne secrète et mystérieuse par le caractère des liens qui les unissent. Quotidien fait d'école, de jeux et de distractions de leur âge, mais surtout d'un épisode théâtral marquant. Alors que ces moments de préadolescence sont ponctués de silences criants, de gauches hésitations, de gestuelles muettes mais délicates et expressives, l'amour les traverse et embrase leurs jeunes vies. Emportés dans leur histoire. Sur une scène de théâtre de quartier, ils vont placer ingénument des mots majuscules sur leurs émois. Les alexandrins de Racine, les feux de la rampe, le maquillage scénique...et surtout leur histoire qui s'accomplit sous le regard du monde. Cathy (Iphigénie , lumineuse dans un amour partagé avec Marc- Achille), Marie-Jeanne ( Eriphile, malheureuse et sombre, captive de Marc-Achille, qui lui semble l'ignorer), Marc, (Achille, comblé et pourtant pris malgré lui dans une énigmatique destinée entre ces deux héroïnes dissemblables, au fond indissociables).

La pièce de Jean Racine a pour thème central le sacrifice d’Iphigénie exigé par son père, Agamemnon, afin que la colère des dieux soit apaisée. C’est à ce prix que l’armée grecque pourra atteindre les rivages de Troie. Il règne dans cette pièce une atmosphère sombre rassemblant les sentiments de peur, de colère, de tristesse. Sa gravité est renforcée quand, au milieu du déchaînement des passions sur la question du sacrifice, Iphigénie apparaît digne, droite, calme, prête à verser son sang pour la nation grecque. Seulement, cette pureté n’est pas destinée à mourir et sera sauvée par le sang Eriphile, une princesse sombre et rebelle, par le mauvais sort marquée.

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Eriphile, l’ombre lumineuse d’Iphigénie

Scène 4
ACHILLE, IPHIGENIE, ERIPHILE,

ACHILLE
Princesse, mon bonheur ne dépend que de vous,
Votre père à l'autel vous destine un époux.
Venez y recevoir un cœur qui vous adore.

IPHIGENIE
Seigneur, il n'est pas temps que nous partions encore.
La reine permettra que j'ose demander
Un gage à votre amour, qu'il me doit accorder.
Je viens vous présenter une jeune princesse.
Le Ciel a sur son front imprimé sa noblesse.
De larmes tous les jours ses yeux sont arrosés.
Vous savez ses malheurs, vous les avez causés...

ERIPHILE
Oui, Seigneur, des douleurs soulagez la plus vive.
La guerre dans Lesbos me fit votre captive,
Mais c'est pousser trop loin ses droits injurieux
Qu'y joindre le tourment que je souffre en ces lieux.

ACHILLE
Vous, Madame ?

ERIPHILE
Oui, Seigneur ; et, sans compter le reste,
Pouvez-vous m'imposer une loi plus funeste...

 

Cette tragédie, à l'origine donne à voir des passions déchaînées qui, toutes, font d'Iphigénie leur victime. L'oracle divin ne semble alors rien d'autre que le révélateur des passions des hommes.

Ainsi en décida Racine, en un siècle classique ou la juste raison contrôlait la passion. Dans la mythologie grecque, Iphigénie soumise au joug de la malédiction des Atrides connaîtra le sacrifice.

Dans notre temps, et au fond à tous les temps, au monde des hommes, les enfants sont soumis. Seuls, l'imaginaire, le jeu, le rêve et l'amour les dispensent des règles, au moins pour un temps, fussent elles classiques des trois unités. Mais les enfants du récit, habitent la fournaise algérienne où tout se mêle dans le désordre des sens et des passions antagonistes. Marc vit dans une famille réaliste et avisée qui fuira, certes sans panache, le théâtre des hostilités, mais aussi le théâtre de son enfance. Désespéré, Marc tentera de revoir son amour, mais en vain. Il trouvera sur sa route Marie-Jeanne, pour la première fois il s'adressera à elle, lui criera son désespoir en lui confiant un message d'espérance à l'attention de Cathy . Les événements d'indépendance s'achèveront dans le crime, le désespoir et la confusion. La destinée de Cathy prendra alors la voie mythologique. Son père enseignant avait des idées progressistes, menacé par les activistes, il entraînera malgré lui sa fille au sacrifice. Ils trouveront la mort dans un attentat.

Comme le fit l'Agamemnon mythologique, pour des motifs moins nobles et plus obscurs, en des époques analogues. L'horreur est par définition inimaginable et intemporelle. Elle dépasse toujours les prévisions. L'histoire de l'humanité est une longue expérimentation d'atrocité et sa plus folle espérance est que cette expérimentation puisse prendre fin. 

Le temps et la vie couleront. Marc intériorisera sa déchirure sous un masque d'élégance et de gaîté, tel un noble héros homérique. Les plages de l'enfance s'estomperont jusqu'au jour où il retrouvera graduellement son passé dans les yeux de Marie-Josée, la destinée grandiose dans un quotidien pourtant trivial. (Eriphile, l'ombre d'Iphigénie). Euripide, Homère et Racine n'y pourront rien changer, un destin en métamorphose émergera insensiblement, s'affranchissant de ses créateurs antiques et modernes.

Les dieux et les hommes se jouent des époques et des modes. Ils sacrifient le mythe, mais illuminent son ombre inconsciemment dans une nouvelle incarnation. Une âme cynique et stoïcienne verrait dans cette nouvelle histoire la mémoire qui enserre dans ses boucles, la naïveté des hommes et la patience retorse des femmes. Mais après tant de misère on se prend à rêver et à croire, la résilience. Alors, comme par magie, sous les augures sibyllines de l'éternel Eros et de Vénus, l'intrigue féminine devient idyllique pour rencontrer l'amant dans son ingénuité.

« La femme que l'on aime pour retrouver ses souvenirs, n'est pas celle que l'on croyait. Et c'est une oubliée de l'histoire qui émerge et nous séduit. »

Iphigénie spectrale et immémoriale, noble suppliciée, se mêle et se confond avec l'héroïne de chair, Eriphile. Celle-ci occupe insidieusement la préadolescence et inspire l'amour. Mais est-ce vraiment Iphigénie, noble et solaire, ou Eriphile, sombre, sulfureuse et lumineuse qui envoûte l'ombrageux Achille ?

Dans cet antre imaginaire et merveilleux s'élabore « le mystère des amours d'enfance. »

Je vous conseille de voir ou de revoir « Un balcon sur la mer » le film de Nicole Garcia.

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Présentation du film

 


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25 réactions à cet article    


  • jack mandon jack mandon 19 septembre 2013 11:24

    Selena,

    Beaucoup à dire sur vos interventions.

    Iphigénie et Eriphile : deux faces d’une même pièce, attraction/répulsion,
    sachant que derrière la « répulsion » peut se trouver
    toutes les sulfureuses passions, mais un goût amer d’inaccessible
    (on retrouve l’ombre de Sisyphe), d’attaches et de chaînes menacent
    (une attraction piège qui emprisonne, coupe de « soi »).

    Il est incontestable que les mythes antiques portent le monde,
    Comme l’un de leurs ancêtres, Atlas, le voisin de palier
    de Sisyphe qui partage avec lui la genèse païenne.


  • jack mandon jack mandon 19 septembre 2013 11:43

    Selena,

    Je n’ai pas vu ce film, mais le retiens dans ma vidéothèque, le sujet m’intéresse.
    J’ai juste jeté quelques mots...ceux qui me venaient à la lecture de votre texte.

    En fait, j’ai revu hier le film. J’avais un autre regard. Le travail d’investigation
    et de méditation que j’ai accompli, pour somme toute un intérêt faible parmi
    les commentateurs, numériquement s’entend.
    Je disais donc qu’il me semble que j’ai extrait, à mon niveau, la substance poétique
    et philosophique comme un enfant boulimique.
    En le revisitant, j’étais plus dégagé, plus en retrait.
    Au fond, c’était comme une sensation de satiété après un repas de fête.
    Il faut préparer son âme, pour accéder émotionnellement et intellectuellement
    à cette invitation de la joie devant une oeuvre créative.
    Et ce regard qui change toujours au gré de nos humeurs, mais heureusement,
    avec cette complicité sensible et amoureuse dans la confidence.

    Le propre de l’art est de relancer à tout moment l’enthousiasme de la première fois,
    en activant toujours d’autres facettes heureuses et complices avec tous les
    protagonistes et leurs prolongements poétiques et mythiques.

    « Vous serez comme des dieux »


  • jack mandon jack mandon 18 septembre 2013 20:11

    Bonsoir Selena,

    ll est possible qu’à travers ces personnages aussi antinomiques qu’Iphigénie et Eriphile, l’amour d’enfance contienne comme dans une graine,
    ce qui ce développera à maturité, les deux versants d’un même vertige
    après lequel nous courrons...

    Oui mais c’est le principe même de la vie. Prenons une métaphore simple.
    Observez une grande horloge. Le balancier va de droite à gauche, ce qui permet
    au mouvement de mesurer le temps. Toutes les pièces de l’horloge s’animent
    et l’horloge vit sa vie d’horloge.
    Au fond, je me sens une âme de balancier. (entre nous évidemment)
    Euripide et Homère avaient conçu les deux héroïnes, Iphigénie et Eriphile comme
    les deux faces d’un monde harmonieux. Il se trouve que Racine,
    avec son Jansénisme discutable, commet une erreur d’appréciation en chargeant
    Eriphile, il conçoit l’ombre comme un mal, et non comme la nuit qui donne au jour
    toute sa luminosité rassurante.
    Les deux versants d’un même vertige, tout à fait mon amie, c’est pour cela que la montagne existe, c’est ce qui lui donne son épaisseur, tout simplement son identité
    dans l’espace. Sinon elle ne serait qu’une ligne, une ébauche, c à d rien de consistant,
    de vivant.
    La flexibilité de l’âme humaine permet d’évoluer dans tous les mondes harmonieusement.
    Le personnage d’Eriphile est humain, il est en opposition à l’injustice qui l’étreint.
    En revanche Iphigénie accepte de se soumettre aux exigences d’un père inique, ce qui
    explique, et cela bien au delà de la forme théâtrale, que l’ombre de cette adorable
    princesse est en résonance avec les travers d’Agamemnon son père.
    Eriphile au contraire dévoile à la conscience les travers de sa nature, ce qui signifie
    qu’en elle, toute la luminosité d’Iphigénie est à l’état virginal, mais pour l’instant indifférencié.
    Bien sur mon raisonnement titille ma Lune en Scorpion, il n’est donc pas tout à fait
    objectif. Au demeurant, on ne peut oublier que dans le grand siècle de louis XIV, les huguenots et autres protestants de votre cher sud-ouest souffraient de l’ombre brutale
    que leurs infligeaient ces doctes penseurs et ecclésiastiques du nord,
    pétris de classicisme rigoureux.
    Et puis, vous comprenez, Eriphile, je la connais bien, et la trouve tellement vivante, avec
    son soleil de minuit...je crois que j’en fais une espèce de Walkyrie celte. Le Soleil
    à minuit pour une walkyrie, c’est tout à fait naturel. Gollum dirait que je part en vrille,
    qui a dit que tournicoter, c’est mal ? Les Jansénistes et autres classiques avec leur
    règle des trois unités, temps, lieu, action. Si reviens à Racine, c’est pour son mystère.

    Merci d’être passé par là. Je vais tenter de reprendre la place que je n’aurais du quitter.

     


    • jack mandon jack mandon 19 septembre 2013 09:30

      Bonjour Selena,

      « la place », celle ou chacun de nous se sent bien, c à d
      celle qui est en phase avec notre nature.

      Je voulais dire simplement que l’art me sied mieux que la politique.
      Mes deux articles polémiques précédent...


    • jack mandon jack mandon 19 septembre 2013 09:36

      Selena,

      Les deux contiennent le principe de l’autre, un peu comme le fameux symbole
      du Yin et Yang.

      Synthétiquement tout à fait. C’est le fondement de la vie.

      Vous fouillez en profondeur les subtilités de l’âme.


    • Qaspard Delanuit Gaspard Delanuit 19 septembre 2013 01:12

      Quelle belle photo !! 


      • Qaspard Delanuit Gaspard Delanuit 19 septembre 2013 01:21

        Marie-Josée Croze dans Jaquou le Croquant si je ne m’abuse.


      • jack mandon jack mandon 19 septembre 2013 09:56

        Bonjour Gaspard,

        Un certain angélisme, avec tous les vocables qui échappent
        à l’humaine condition. Portés par la touche artistique quand celle ci
        est en recherche de sublimation .
        Les mots qui la désigne l’effleurent à peine tant elle vient d’un ailleurs céleste.
        On peut s’y essayer incomplètement en évoquant la pureté du cristal,
        l’innocence et la grâce virginale...en hésitant de peur de la souiller. 

         


      • jack mandon jack mandon 19 septembre 2013 10:02

        Gaspard,

        Jacquou le croquant vous avez raison.
        L’ange au coeur des diableries médiévales,
        la pureté en compagnie des gargouilles,
        mais aussi en phase avec la candeur du héros.


      • COVADONGA722 COVADONGA722 19 septembre 2013 06:39

        yep , juste avant d’aller au taf , moi je l’aime Eriphile , c’est la vaincue ,la déclassée, la bâtarde 

        « elle ne connait son sang qu’in fine »L’autre m’indiffère c’est l’aimée la fifille obéissante à son pusillanime papa la patriote grec mais ça n’est pas l’amour du peuple grec qui l’anime c’est l’idée qu’elle se fait de son rang « de son sang , encore !!! » oui j’ai un faible pour celle qui sait d’entrée qu’elle vas perdre qui sait qu’elle aime sans espoir mais cogne quand même !
        La belle Iphigénie soumise aux devoir ne vaudras jamais les Eriphiles voir les Antigones bref celles qui disent NON !


        Asinus : ne varietur 

        • jack mandon jack mandon 19 septembre 2013 10:15

          COVADONGA722,

          Votre coeur balance pour l’incarnation qu’on enlace,
          pour la proximité charnelle réagissant aux stimulations amoureuses
          mais aussi pour celle qui affronte les coups du destin, se mesure à l’injustice,
          à la bassesse. C’est à dire une héroïne de proximité en mouvement.

          Ce sont des formulations guerrières qui mêlent élégamment,
          toutes les vertus des déesses nordiques les walkyries.
          Eriphile, une Iphigénie musculaire, frondeuse et salvatrice.


        • Gollum Gollum 19 septembre 2013 09:55

          Bonjour Jack. Je passais par là. Je retiens surtout le titre. Car l’éblouissement amoureux de ces jeunes années à quelque chose à voir fortement avec la vision béatifique des fous de Dieu..


          Une émergence de l’Absolu dans le monde profane.. Raison pour laquelle l’Amour, avec un grand A, vécu dans le couple, a toujours été la bête noire des religieux, cet Amour quasi extatique, étant par essence, une intrusion de l’Absolu hors de contrôle des religieux..

          Ce n’est pas pour rien si dans le Tarot la lame V, le Pape, est suivie immédiatement derrière par la lame VI, l’Amoureux, cet amoureux étant partisan d’AMOR, l’inverse de ROMA..

          La lame V mène d’ailleurs directement par son nombre triangulaire à la lame XV, le Diable, androgyne inversé, alors que la lame VI, par son nombre triangulaire, mène à l’autre androgyne du Tarot, la lame XXI, Le Monde, qui représente le Christ (androgyne) en Gloire, ayant uni en lui masculin et féminin..

          Il y a là un enseignement très profond.. De fait j’ai souvent remarqué que ceux qui étaient les plus mordus de la foi, les plus fidèles, avaient des tendances marquées à l’inversion, comme à la soumission (la même soumission que dans les milieux fascistes, bien connus pour leurs tendances homophiles).. Alors que ceux qui recherchaient Dieu dans la Femme, étaient de mentalité gnostique, dans l’insoumission anarchiste, et dans le non-respect des lois..

          Cette tendance à trouver l’Amour en dehors de la Loi se retrouve chez les fidèles d’Amour des Troubadours (ceux qui ont trouvé) comme dans le mythe de Krishna rendant folles d’Amour les gopis, pourtant toutes mariées..

          Bon j’arrête là.. Et comme il doit faire beau aujourd’hui je serai sans doute absent.. smiley

          • jack mandon jack mandon 19 septembre 2013 10:33

            Bonjour Gollum,

            Une émergence de l’Absolu dans le monde profane.. Raison pour laquelle l’Amour,
            avec un grand A, vécu dans le couple, a toujours été la bête noire des religieux,
            cet Amour quasi extatique, étant par essence, une intrusion de l’Absolu
            hors de contrôle des religieux..

            Et voici pourquoi, les religieux en général sombrent dans la monstruosité
            tellement palpable dans le nom de la rose. Il incarnent alors celui qu’il condamnent
            c’est à dire le diable. Leurs atrocités, à tous les temps se perpétuent.
            Et bien sur, il projettent abondamment leur ignominie en condamnant.

            Ce n’est pas pour rien si dans le Tarot la lame V, le Pape, est suivie immédiatement derrière par la lame VI, l’Amoureux, cet amoureux étant partisan d’AMOR, l’inverse
            de ROMA..

            D’autant qu’Eros plane au-dessus de la scène ou l’on distingue bien
            que la personne abandonnée pour l’amour reconnu, incarne étrangement,
            la religiosité dans sa sévérité, sa rigidité et son mal d’aimer.


            • jack mandon jack mandon 19 septembre 2013 10:41

              Gollum,

              Cette tendance à trouver l’Amour en dehors de la Loi se retrouve chez les fidèles
              d’Amour des Troubadours (ceux qui ont trouvé) comme dans le mythe
              de Krishna rendant folles d’Amour les gopis, pourtant toutes mariées.

              Point besoin de vous demander si Eriphile trouve grâce à vos yeux,
              comme auprès de COVADONGA722...petits cannailloux !


              • alinea Alinea 19 septembre 2013 11:47

                L’amour d’enfance, parfait, beau comme sans pareil, on le sacrifie tous pour que vogue la galère, ce n’était pas illusion, juste idéal troqué contre le réel, jamais à la hauteur, eh oui, un peu contraint tout de même !
                Je ne savais pas que Nicole Garcia était pied-noir ; j’aime bien cette femme !
                merci grand-frère


                • jack mandon jack mandon 19 septembre 2013 12:39

                  Bonjour Alinea,

                  L’amour d’enfance, parfait, beau comme sans pareil,
                  on le sacrifie tous pour que vogue la galère

                  Embarrassés que nous sommes tous par les mots pour le dire,
                  Fragilisés de l’intérieur par cette force incontrôlable irrationnelle,
                  Agressés par ce monde fabriqué incompatible avec l’amour,
                  nous sommes alors terrassés, égarés, implosés, héros déchus
                  au plus profond de notre âme...nous devenons alors des captifs,
                  retrouvant innocemment le mythe d’Iphigénie et d’Eriphile au mieux,
                  pour grandir et toujours espérer. Un jour on est debout, guerriers
                  prêts à affronter nos démons intérieurs et les diableries du monde.
                  Seulement nous sommes devenus vieux.

                  Quand nous serons ancêtres,
                  Du côté de Bicêtre,
                  Pas d’enfants de Marie, oh ! non,
                  Remplacez-nous les nonnes
                  Par des belles mignonnes
                  Et qui fument, cré nom de nom !

                  Je parle pour moi, mais toi bien sur incarne la muse, petite soeur.


                  • soi même 19 septembre 2013 14:25

                    Je vous propose un voyage initiatique, à bon, se serrait pas plus tôt
                    Je vous propose un voyage érotique ?


                    • jack mandon jack mandon 19 septembre 2013 14:59

                      ça dépend de la libido du touriste.
                      Tout est possible pour qui sait attendre.


                      • soi même 19 septembre 2013 16:49

                        La pédérastie par exemple ?


                      • jack mandon jack mandon 20 septembre 2013 18:33

                        Désolé, pas le temps de m’occuper de votre cas.
                        Je peux vous communiquer l’adresse d’un confrère,
                        si vos hallucinations sexuelles persistent.


                        • jack mandon jack mandon 21 septembre 2013 10:36

                          Bonjour Selena,

                          Un fond sonore intense semble combler, les ruptures
                          que nous imposent les images entre l’immortalité est l’éphémère.
                          La condition humaine est dantesque.

                          Aux premières heures de la matinée le ton était donné.

                          Merci


                          • jack mandon jack mandon 21 septembre 2013 11:55

                            Selena,

                            Comment est il possible d’espérer faire tenir l’amour
                            dans un temps donné, en un lieu donné et même
                            dans un seul être.
                            C’est cette équation que nous reposons toujours.
                            Cela explique les grandes chutes dans l’abime et
                            les sommets vertigineux et grisants.
                            Le sentiment d’immortalité et le sentiment d’amour sont liés.

                            Le film proposé, deux grands acteurs. scénario, histoire, simples,
                            textes ciselés entre poésie et philosophie dans un décor rustique
                            sobre qui sent la terre et l’herbe coupée. Très touchant.


                            • jack mandon jack mandon 21 septembre 2013 12:16

                              Selena,

                              La puissance de la pierre, la délicatesse du vitrail.

                              Avec l’église abbatiale de Conques, Pierre Soulages a une relation privilégiée.
                              Elle est le lieu d’une de ses premières émotions esthétiques :
                              c’est devant elle, qu’enfant, il fit le choix définitif de consacrer sa vie à l’art.

                              Je crois que Joseph Delteil, l’écrivain paysan surréaliste aurait bien aimé
                              que Pierre Soulages fut son fils.

                              Bonne méditation


                              • jack mandon jack mandon 22 septembre 2013 12:37

                                Selena,

                                Devenez comme des enfants nous dit Jésus.

                                La psyché d’un enfant, déplace les montagnes, érige des merveilles.

                                Merci pour le partage. Paix et harmonie dans les couleurs de la citée.

                                L’abbatiale accrochée à la pente.

                                Merci


                                • jack mandon jack mandon 23 septembre 2013 12:44

                                  Bonjour Selena,

                                  Heureuse perspective st Jacques.

                                  En plus j’ai toujours adoré marcher en observant, en réfléchissant. Je réfléchis et invente d’ailleurs mieux (de façon plus fluide) en marchant.

                                  Physiologiquement déjà, nous oxygénons les neurones, ce qui favorise
                                  la réflexion et fait émerger les idées originales. Quand en plus on y ajoute
                                  une certaine méditation,nous entrons dans une dynamique intuitive d’inspiration.
                                  Tout s’inscrit dans une continuité.

                                  Il me vient à l’esprit le film de Coline Serreau « st Jacques la mecque ».
                                  qui certes n’est pas une vision méditative, mais profondément humaine
                                  et fraternelle. Avec cet humour tendre de Coline Serreau.

                                   

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