• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > « Nathalie » avec Viginie Efira & Maruschka Detmers au Théâtre (...)

« Nathalie » avec Viginie Efira & Maruschka Detmers au Théâtre Marigny

En s’affichant comme une poupée russe dont chaque identité en cacherait une autre pour mieux échapper au rôle de prostituée qu’elle va assumer dans une schizophrénie totalement compartimentée, la comédienne belge Virginie Efira entre par la grande porte du Théâtre, celle de la salle Popesco au Marigny.

Si le personnage de Nadine s’abrite derrière la call-girl Nancy qui, elle-même, endossera la personnalité d’une secrétaire se faisant appeler « Nathalie Rebout » en mémoire symbolique d’une enfant morte noyée, c’est qu’il y a, face à ce kaléidoscope identitaire, une autre volonté féminine bien décidée à se venger de Jean-Luc, l’ex-mari.

En effet, le divorce de ce couple de musiciens, elle cantatrice, lui violonceliste, a suscité un tel ressentiment chez Sonia, que celle-ci a conceptualisé un scénario venimeux avec l’objectif vital d’apaiser sa profonde douleur affective.

C’est l’actrice Maruschka Detmers qui, incarnant cette vindicte, devrait, un mois durant, mettre en place les préparatifs d’une apothéose tellement cruelle pour le mâle confondu, que devrait en surgir une double renaissance au féminin.

Aussi, Sonia, en engageant les services péripatéticiens de Nancy, escompte que celle-ci lui fasse un compte-rendu régulier de l’entreprise de séduction délibérée et fomentée à l’encontre de Jean-Luc qui, tombant dans les mailles du piège érotique ainsi tendu, le contraigne à finaliser une nouvelle demande en mariage.

Ce plan diabolique se soldera, le jour des noces, par la révélation du stratagème mettant le futur époux dans une colère tellement monstrueuse qu’elle pourrait en devenir meurtrière.

Cependant, un happy-end en trompe-l’oeil mettra un terme final au contrat parfaitement accompli entre la pourvoyeuse de services et sa cliente au profit de leur bien-être respectif, apparemment reconquis.

Il faut dire, qu’entre-temps et c’est ce qui fait la force de la pièce de Philippe Blasband, les affects entre les trois protagonistes dont un virtuel, auront pris toutes les nuances des susceptibilités que l’amour peut offrir du mental le plus vulnérable au physique le plus pornocrate.

C’est donc dans un langage éminemment cru que s’instaure le dialogue entre les deux femmes s’entraînant mutuellement l’une à dire, l’autre à écouter les frasques impudiques des ébats sexuels entre amants.

Virginie Efira fait preuve d’un aplomb fascinant à manier le vocabulaire obscène avec la froideur qui sied à la professionnelle du commerce amoureux.

Maruschka Detmers s’impose en femme déterminée à avaler toutes les couleuvres de la jalousie pour mieux en cracher le venin transcendant.

La mise en scène de Christophe Lidon leur fait jouer cette partition, sur le ton d’une complicité féminine implicite, les conduisant toutes deux jusqu’au point ultime de convergence de leurs intérêts respectifs.

Deux rôles relevés dans un défi radical pour deux comédiennes en pleine réussite d’émancipation artistique. 
 
Visuel affiche / photos © Stanislas Wolff
 
NATHALIE - *** Theothea.com - de Philippe Blasband - mise en scène : Christophe Lidon - avec Virginie Efira & Maruschka Detmers - Théâtre Marigny / salle Popesco -
 


Moyenne des avis sur cet article :  5/5   (5 votes)




Réagissez à l'article

1 réactions à cet article    


  • Yohan Yohan 18 mars 2009 21:39

    La belle Maruschka, quelle classe

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès


Derniers commentaires


Partenaires