Les dernier « poilus » de la grande guerre sont morts... Il ne reste plus que les lettres qu'ils ont laissées.
Peu ont témoigné juste après la guerre.
Blessés, meurtris à jamais, les rescapés ont gardé bien souvent leurs souvenirs.
Les témoignages recueillis bien après la guerre ont surtout porté sur la « vie » dans les tranchées, les souffrances des soldats, peu reviennent sur la force de ces femmes, mères ou épouses et sur ce qu'elles ont enduré.
Gisèle Leconte, écrivaine n'a pas voulu que l'arbre familial se dépouille, elle a choisi de s'appuyer sur un fait réel, tiré de la vie de sa grand mère pour écrire un livre qui,tout en relevant « majoritairement de la fiction » revient sur les affres de la première guerre mondiale en Picardie
Comme on le voit sur la photographie jointe à cet article, « Des habitants dont les maisons ont été gravement endommagées, voire rasées, n’ont d’autres ressources que de se réfugier dans des caves, dans des cagnas militaires, dans des carrières de pierre ou dans des grotte »
« Jeanne, le pardon »
roman de Gisèle Leconte
éditions Persée
1er trimestre 2011
Une force qui vient de loin !
L'auteure nous transporte dans le passé d'une France rurale frappée de plein fouet par cette guerre inexorable, dévoreuse d'hommes qui a déferlé sur la France, il y a bientôt un siècle.
La morale de ces hommes de labeur qui vivent de la terre est rigide et la femme est bien souvent reléguée à la dernière place...
Les pères choisissent le mari de leur fille , tout cela dans un cadre pré établi accepté de tous ou toléré.
Jeanne, la farouche n'a pas bien commencé son existence.
Violée par un inconnu, devenue fille mère, elle est reléguée aux tâches domestiques sans le droit de contester sa condition par un père qui n'a d'yeux et de considération que pour ses deux fils qui travaillent avec lui la terre maraîchère dans le nord de la France....
Il lui faut prendre mari et elle n'a pas le choix :
« Henri était un rêveur, un homme des bois, un paysan pétri de l'odeur des mottes, de la fraîcheur des rives, de la senteur des pluies. »
Un équilibre commence à s'installer et la naissance d'André semble ouvrir une nouvelle ère dans un couple où s'installe une certaine forme d'affection...Mais voilà que la guerre éclate avec le départ des hommes vers le front et l'invasion de la région par l'armée allemande.
Pour les hommes, c'est la guerre brutale, féroce, celle où l'issue individuelle, c'est la mort, l'infirmité ou une blessure psychologique qui meurtrit.
Pour les femmes et les enfants, c'est l'exil, le saut dans l'inconnu avec dévouement et abnégation.
Ce roman est un témoignage poignant, passionnant, fruit d'une recherche généalogique et historique.
J'ai découvert les faces cachées ou ignorées du grand public de cette grande guerre, où la solidarité côtoyait une certaine forme de racisme.
L'auteure ne se contente pas de raconter une histoire humaine et sociale, elle décrit avec goût des régions, des villages .
Le féminisme est bien présent et de nombreuses femmes se poseront la question essentielle juste après la guerre :
« Faudrait-il apprendre à obéir, à s'effacer, à se taire, à se soumettre ? Leur lendemain s'inscrivait-il dans l'ombre d'une société où leur destin leur échapperait ? »
Jean-François Chalot
NB L'auteure sera présente au salon littéraire du dimanche 14 octobre 2012 à Vaux le Pénil

| Don défiscalisé 10€ ou plus |
|
Obtenez une réduction fiscale de 66% avec un e-reçu. Un don de 10 € ne vous coûte que 3€40.
|
Grâce à votre aide, AgoraVox peut continuer à publier plus de 1000 articles par mois. En donnant à la Fondation AgoraVox, vous offrez un soutien à la liberté d'expression et d'information.
Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page
Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.
Chalot, c’est de l’histoire « historique » si les Gouvernant ont un rôle ou une (...)
24/05 17:22 - ericTous ces récits sont bien émouvants ... Le principal n’est-il pas d’en tirer (...)
24/05 16:44 - njamaL’article de JF Chalot me va droit au coeur. En premier lieu, à mon coeur d’enfant, (...)
24/05 09:45 - LeconteEric, c’est de l’histoire à la sauce café du commerce et en plus ce n’est pas (...)
24/05 09:02 - CHALOTIl est bon en effet de conserver la mémoire ; En 14 un copain de jaures, cofondateur de (...)
23/05 23:42 - ericCette lettre Francesca 2 est émouvante. Il est important que le fil ne soit pas rompu et aussi (...)
23/05 23:24 - CHALOT
L’Agora reçoit Alain Minc !
Journée mondiale de la liberté de la presse : quel bilan en Europe ?
L’étoile du nord : un théâtre dédié aux auteurs contemporains
Le contrôle des médias, une question d’actualité brûlante
Odyssées : un projet et une distribution internationales Agoravox utilise les technologies du logiciel libre : SPIP, Apache, Debian, PHP, Mysql, FckEditor.
Site hébergé par la Fondation Agoravox
Mentions légales Charte de modération