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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Néandertal, le frère que je n’ai plus !

Néandertal, le frère que je n’ai plus !

 

Et si l’homme de Néandertal avait survécu ? S’il n’avait pas disparu il y a 28 000 ans ? Alors nous ne serions pas aujourd’hui, nous les Homo sapiens, la seule espèce d’êtres humains à vivre sur Terre...

Qu’est-ce qui a bien pu arriver à Homo neandertalensis il y a de cela 28 000 ans ? C’est encore aujourd’hui un mystère. Mais les paléoanthropologues ne désespèrent pas de le percer un jour. En attendant les hypothèses vont bon train. L’homme de Néandertal est apparu sur terre il y a environ 300 000 ans pour disparaître 272 000 ans plus tard. Sapiens, dont nous sommes les descendants, n’est apparu, lui, qu’il y a environ 200 000 ans... Il semble donc que Néandertal soit notre « grand frère » !

Les paléoanthropologues sont pourtant sûrs d’une chose : si Néandertal et Sapiens ont cohabité pendant 172 000 ans, ils n’appartenaient pas à la même espèce. Nous possédons cependant un ancêtre commun : Homo ergaster, apparu lui il y a 2 millions d’années. L’isolement géographique des différents groupes « d’hommes » qui ont colonisé la planète par la suite les a fait évoluer dans des directions distinctes. Puis les mutations génétiques ont fait le reste. Quand ils se sont retrouvés plusieurs siècles plus tard, Néandertal et Sapiens n’étaient plus interféconds, bien que très proches physiquement. On a pourtant découvert de jeunes hybrides « probables » entre les deux espèces mais en nombre très limité, ce qui porte à croire qu’à l’instar des autres espèces animales, si des croisements étaient possibles, ils produisaient des individus non viables, ou eux-mêmes incapables de se reproduire.

Mais qui était donc Néandertal ? Un homme, oui, assurément. Et bien loin de l’image de brute épaisse qu’on lui a collée depuis sa découverte en 1856. Il possédait des capacités cognitives identiques aux nôtres, était un excellent chasseur et même enterrait ses morts, prouvant par là qu’il s’interrogeait d’une certaine manière sur le devenir de l’être après la vie. On a d’abord pensé que Néandertal était « inférieur » à Sapiens qui l’aurait supplanté grâce à sa plus grande adaptabilité et à son intelligence. On a la certitude aujourd’hui que Néandertal était un être au moins aussi intelligent que Sapiens (le volume de son cerveau, légèrement différent du nôtre, était même supérieur !) et pour ce qui est de l’adaptabilité, on sait que Néandertal a été le premier à coloniser le Nord de l’Europe et qu’il s’en est très bien porté pendant plus de 100 000 ans ! Il semble aussi que des « échanges » culturels aient eu lieu entre les deux espèces. Certains outils en effet leur sont communs, même si chacun avait des outils ou des armes qui lui étaient propres. Enfin tous deux possédaient un sens artistique certain et reconnu. De toute façon, même s’il y a eu des périodes « d’alternance » d’occupation de l’Europe en particulier, au gré des changements climatiques, Néandertal étant plus adapté au froid et Sapiens au climat tempéré, on peut sans risque imaginer que les deux espèces se sont croisées à plusieurs reprise pendant les plus de 1700 siècles où elles ont occupé la Terre simultanément !

Alors guerres tribales ? Rivalité territoriale ? Ou plus probablement épidémie virale rapportée des climats tropicaux par Sapiens et qui aurait décimé la population néandertalienne qui n’était pas immunisée ? Toutes les hypothèses sont envisageables, et aucune à ce jour n’emporte l’unanimité. Pourtant Néandertal ne s’est pas éteint subitement. Sa population a dû décliner, sans doute à cause des changements climatiques qui l’obligeaient sans cesse à migrer, ce qui l’aurait affaibli, éparpillant les groupes d’individus et rendant les rencontres entre eux de plus en plus aléatoires.

Qu’en serait-il, s’il avait survécu ? Le monde aurait-il pu supporter le poids de deux espèces d’hommes distinctes ? Sapiens a évolué dans des voies parfois très différentes, mais les hommes qui occupent la Terre partagent tous le même patrimoine génétique (n’en déplaisent à certains...) formant une seule et unique espèce. Ce qui fait dire à la communauté scientifique aujourd’hui que la notion de « race » est tout simplement impropre à l’espèce humaine qui ne connaît pas de subdivision. Même si des différences physiques (uniquement dues à notre adaptation aux climats dans lesquels nous avons vécu depuis des dizaines de milliers d’années) apparaissent parfois entre nous (couleur de peau, forme des yeux), notre génome commun fait que nous sommes interféconds, et que nos descendants le sont tout autant que nous. Pour bien assimiler cette notion, souvenons-nous par exemple que les tigrons (ou tiglons) sont les hybrides du tigre et du lion, mais qu’il sont stériles. Les tigres et les lions sont donc bien deux espèces distinctes appartenant à la même famille, celle des félins. De même pour Néandertal et Sapiens. Deux espèces d’hommes distinctes.

Dans quel monde vivrions-nous aujourd’hui aux côtés de Néandertal ? Un monde encore plus xénophobe et ségrégationniste ? Ou au contraire un monde plus tolérant ? Car qui nous dit que Néandertal, ce « frère » que nous n’avons plus et qui a pourtant passé sur Terre plus de temps que nous, n’était pas, après tout, plus tolérant et philosophe que Sapiens... ?

En étant pessimiste, il serait tentant de croire que les difficultés seraient accrues du fait de la présence sur notre planète d’une autre espèce humaine. Mais rien n’empêche d’être optimiste, et de penser que notre savoir, notre cheminement intellectuel auraient été bien différents grâce à Néandertal, et qu’il nous aurait peut-être menés à plus d’amour et de respect de la vie humaine, quelle qu’elle soit. On peut toujours rêver !

Hervé Buschard.


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104 réactions à cet article    


  • Patrick Adam Patrick Adam 26 septembre 2006 10:29

    @ l’auteur

    Dommage qu’un article si bien commencé tombe dans les bondieuseries anthropologiques. Nous ne sommes plus dans « Le long sanglot de l’homme blanc » mais dans « L’éternel sanglot du sapiens-sapiens »... Faut-il ouvrir une souscription pour la repentance envers les néandertaliens ? A quoi servent ces accès de mauvaise conscience ? Si notre conditon humaine ne nous satisfait pas, il nous reste toujours la solution de nous suicider collectivement (cf. le Guyana) pour améliorer définitivement notre « environnement »... Et on en parlera plus ! Car franchement toutes ces « prises de mauvaise conscience » commencent à lasser.

    Je vous signale qu’un auteur de SF (dont j’ai oublié le nom mais je vais faire des recherches) a traité du sujet dans les années 70.

    Patrick Adam


    • Roman (---.---.253.231) 26 septembre 2006 10:53

      Pourquoi le sanglot de l’homme blanc ? L’auteur parle ici de l’homme en général quand il parle du respect de la vie humaine. C’est valable pour tout le monde sur cette terre, vous n’êtes pas le centre du monde, seul à pouvoir décider de qui peut se permettre de ne pas respecter un autre peuple.


    • Jean-Pierre An Alré (---.---.124.107) 26 septembre 2006 11:48

      Jack Williamson « Plus noir que vous pensez » ? J’ai lu un autre récemment sur le même thème mais je ne me rappelle plus le titre ni le nom de l’auteur !

      Il y a aussi des gens qui pensent sérieusement que Neanderthal est parmi nous...


    • Jean-Pierre An Alré (---.---.124.107) 26 septembre 2006 11:57

      Tout ça est bien fragile sur le plan scientifique, tant qu’on n’aura pas un fragment d’ADN de Néanderthal il sera bien futile de dire que c’est une espèce différente.

      Et pour la disparition et plus proche de nous je vous invite à pleurer sur le sort des 4 millions de gallo-romains qui habitaient l’Angleterre actuelle et qui ont subis le joug des 100 000 Saxons qui les ont envahis. Statistiquement il ne devrait que peu de gênes Saxons chez l’Anglo Saxon actuel, or il y en a la moitié, entre le génocide et la pratique du viol institutionnalisé, choisissez...


    • (---.---.147.185) 26 septembre 2006 20:59

      si vous etes sur Paris je vous invite a visiter les catacombes ,vous en aurez pour votre argent, neandhertal n’a peut etre pas ete lachement genocide par sapiens il n’a peut etre pas eu de chance c’est tout


    • Hervé Buschard Hervé Buschard 26 septembre 2006 21:43

      Cher M. Adam,

      Merci pour votre commentaire. Vous êtes le premier à avoir réagi à mon article il est donc normal que vous soyez le premier à qui je vais répondre.

      Mais où voyez-vous la moindre « bondieuserie » dans mon article ?

      Par ailleurs je ne me « repents » pas, je ne fais que m’interroger...

      Merci de m’indiquer, si vous le retrouvez, le nom de cet auteur de SF dont vous parlez.

      Par contre, compte tenu du nombre de réactions qu’a suscité mon article (plus de 90 en une seule journée !) je ne vais hélas pas pouvoir répondre à tout le monde ! Je m’en excuse par avance et remercie ici toutes les personnes qui m’ont apporté un commentaire.

      Bien cordialement.

      Hervé Buschard.


    • herji3012 5 mars 2008 14:17

      salut,

      si tu retrouves le titre de ce roman ça m’interesse, je me suis toujours dit que c’etait un excellent sujet de fiction


    • miaou (---.---.101.66) 26 septembre 2006 10:35

      « les hommes qui occupent la terre partagent tous le même patrimoine génétique »

      Stricto senso, non ; tous les Hommes possèdent chacun leur patrimoine génétique (sauf peut-être pour les vrais jumeaux). De plus, au sein d’un groupe ethnique (mot politiquement correct pour « race »), la fréquence de certains gênes est plus importante que dans d’autres. Le critère important pour la définition de l’espèce reste l’interfécondité.

      « Ou plus probablement épidémie virale rapportée des climats tropicaux par Sapiens et qui aurait décimée la population Néandertalienne qui n’était pas immunisée » Fort peu probable (au vu de la longue cohabitation entre les 2 espèces) et de toute façon invérifiable.

      « Dans quel monde vivrions-nous aujourd’hui au côté de Neandertal ? » Inutile d’extrapoler ; l’Homme (ou les hommes) étant ce qu’il est, une seule espèce intelligente et cosmopolite pouvait se maintenir.


      • kirinyaga (---.---.242.1) 26 septembre 2006 12:00
        un groupe ethnique (mot politiquement correct pour « race ») non, c’est le mot scientifiquement correct. « Dans quel monde vivrions-nous aujourd’hui au côté de Neandertal ? » Inutile d’extrapoler au contraire, je trouve cette uchronie intéressante. Ca n’est pas vraiment du journalisme, évidemment, plutôt de la SF ou de la simple réflexion, mais ça n’en est pas moins intéressant et pas déplacé sur agoravox.

        En fait, je pense que l’article aurait même été encore mieux s’il était allé jusqu’au bout du « et si ... ».


      • (---.---.147.185) 26 septembre 2006 21:01

        cosmopolite me plait assez


      • le neant détale (---.---.64.135) 26 septembre 2006 10:46

        Les microcephales font flores smiley.Des especes meurent d’autres naissent , cela arrive comment le comprendre dans le temps humain au regard des eres geologiques ?


        • La Taverne des Poètes 26 septembre 2006 10:47

          « Toi le frère que je n’ai jamais eu, sais-tu, si tu avais vécu, ce que nous aurions fait enseeeeeeeeeeemble ? »

          D’après ce que j’ai cru comprendre du paléoanthropologue Yves Coppens (en regardant le documentaire homo sapiens), Néanderthal était inférieur à Sapiens.

          J’ai retrouvé ça : "Sur la disparition de Neanderthal due à une maladie ou une infection (ou présentée comme telle dans le documentaire) et la co-exitence avec Homo sapiens. Yves Coppens indique que l’option de la maladie décimant les populations neanderthaliennes est probable mais que qu’il existe d’autres possibilités. Par ailleur il n’existe aucune preuve directe de la rencontre de sapiens et de neanderthal... ni de traces de combats éventuels.... Il note que les effectifs à l’époque devaient être faibles : « ils ne devaient pas se rencontrer tous les dimanches » ! à cette adresse : http://www.hominides.com/html/references/homo_sapiens_documentaire.html


          • La Taverne des Poètes 26 septembre 2006 10:51

            Il y a bien des races d’hommes, puisque, en biologie, une race désigne une subdivision artificielle d’une espèce.

            Mais fragmenter l’espèce humaine en races et en peuples et être raciste sont deux choses bien différentes.


          • La Taverne des Poètes 26 septembre 2006 10:57

            Il est vrai que les différences entre les races (pigmentation de peau, forme des yeux) sont hyper minimes en comparaison des différences qui opposaient Néanderthal et Sapiens. Je pense que Néanderthal aurait disparu dans un grand génocide. Cynique peut-être ou bien lucide ?


          • vince (---.---.159.2) 26 septembre 2006 13:07

            Alors, si Yves Coppens dit que Sapiens est plus évolué que Neanderthal, c’est sûr qu’on n’a rien à ajouter...

            J’aimerais bien connaître sa définition de « être évolué », je trouve que c’est une notion extrèmement subjective.

            Si la définition est « capacité à se reproduire exponentiellement en détruisant toutes les ressources naturelles », alors oui on est plus évolués.

            Si c’est « capacité de vivre tout en préservant son environnement », alors Neanderthal gagne haut la main : 272000 années sur Terre, et ils l’ont laissée quasiment dans le même état que quand ils sont apparus. Regardez, au contraire, ce que nous avons fait en 100 ans !
            D’ailleurs, avec cette définition, on se retrouve en dernière position dans le classement de l’évolution, bien après les singes, les chiens et les vaches.

            J’ai horreur des spécialistes...


          • Rémi Morin (---.---.141.133) 26 septembre 2006 18:06

            En fait la notion de plus évolué ou moins évolué n’a aucun sens réel (hormis si l’on compte le nombre de mutation testé alors la palme dans la reproduction sexué doit revenir à des insectes qui évoluent au rythme d’une génération tous les quelques jours).

            On peut parler de mieux adapté, ou moins bien adapté plus spécialisé ou moins spécialisé. Mais c’est « choix » qui font le succès d’une espèce peuvent provoquer son extinction si l’environnement change.

            On était plus adapté à une alimentation diversifiée (néendertal était essentiellement carnivore) et Néendertal était mieux adapté à chasser le gros gibier de l’ère glacière. Différent, pas mieux l’un que l’autre. Mais l’ère glacière s’est terminé et avec elle tout un éco-système a disparu. Malheureusement il était de cet éco système... voilà tout.

            Il est probable que la pression exercé par Sapiens-Sapiens ait empêché son adaptation en occupant une niche écologique adjacente, en apportant de nouvelles et plus nombreuses maladies etc. Mais rien en paléontologie se mesure comme : meilleur ou moins bon.


          • (---.---.147.185) 26 septembre 2006 21:03

            pour faire quoi un barbecul


          • (---.---.147.185) 26 septembre 2006 21:07

            zoologie une charentaise n’est pas un hollandaise


          • Patrick Adam Patrick Adam 26 septembre 2006 10:55

            @ taverne des poètes

            Pas d’accord. De même que sur un autre fil, j’ai mentionné que la tradition du déluge porte en elle la trace du souvenir des hommes de grands bouleversements climatiques, la légende du yéti (et de tout homme des forêt ou des montagnes) est sans doute liée à la coexistence (de loin) entre néandertaliens et cromagnons.

            Quant à l’hypothèse de la disparation des néandertaliens, c’est pire que le sexe des anges. Tout ne peut être qu’hypothèse que les chercheurs avancent selon leurs propres afinités, voire leur propre philosophie. On n’est plus alors dans la science.

            Patrick adam


            • La Taverne des Poètes 26 septembre 2006 11:03

              C’est vrai que ce ne sont que des hypothèes mais c’est ainsi que la science progresse avec prudence, en confirmant (pour un temps) ou infirmant. Parfois moins prudemment : j’ai souvenir avoir bien ri il y a quelque années quand des chercheurs américains avaient affirmé que les dinosaures avaient disparu consécutivement à leur asphyxie due à leurs énormes et répétitives flatulences !


            • Patrick Adam Patrick Adam 26 septembre 2006 11:06

              @ roman

              Faut suivre un peu... « Le sanglot de l’homme blanc » est un ouvrage de Pascal Bruckner paru 1986 et qui dénonçait l’éternelle repentance dont les Blancs devrait faire preuve envers les autres groupes humains, en fonction de présupposés « crimes » commis dans le passé.

              Ma référence à cet ouvrage est donc faite pour faire le pont entre cette attitude d’autoflagellation et celle de l’auteur de l’aricle qui finit sur cette éternelle mauvaise conscience qui, quoique nous fassions, devrait nous coller à la peau (et ce n’est évidemment pas une question de couleur de peau) pour que les vautours de la bonne parole se sentent bien à roder interminablement au-dessus de nos têtes. Moi, j’en ai marre de cette attitude de charognards. Et je ne suis pas le seul. Alors si on doit se repentir maintenant pour les néandertals, pourquoi pas pour les martiens tant qu’on y est. Peut-être que c’est de notre faute si leur planète n’est pas habitée.

              Patrick Adam


            • Roman (---.---.253.231) 26 septembre 2006 11:19

              @patrick Adam

              C’est vous qui n’avez pas bien compris l’article. Car justement si tout le monde avait un peu plus de respect les uns envers les autres, neandertaliens ou pas, martiens ou pas, il y aurait un peu plus d’amour sur cette terre et moins de guerres. L’auteur a voulu montrer que peut être l’hypothèse d’une autre espèce humaine présente sur Terre aurait fait basculer l’homme vers une vision plus respectueuse de l’homme qu’aujourd’hui. Et c’est justement en ne se remettant jamais en cause que le mal se crée. Avec une autre espèce en face de nous ça pousse davantage à réfléchir que lorsque qu’il n’y a personne, un peu à l’image d’un miroir, on se pose davantage de questions sur notre existence et ce que nous sommes réellement.


            • (---.---.147.185) 26 septembre 2006 21:09

              au nepal j’ai vu des yetis ce sont des singes


            • Talion Talion 26 septembre 2006 11:30

              « Et si l’homme de Neandertal avait survécu ? S’il n’avait pas disparu il y a 28000 ans ? Alors nous ne serions pas aujourd’hui, nous les Homo sapiens, la seule espèce d’êtres humains à vivre sur terre... »

              J’ai la réponse à cette question : Etant donné les raffinement de cruauté dont l’homo-sapiens est capable, sa capacité hors du commun à exterminer ses semblables ainsi que les autres espêces de cette planête, son statu d’inventeur de la guerre, du génocide et d’exterminateur, ainsi que son incapacité à partager terres et ressources avec ses semblables...

              Pour toutes ces raisons je pense qu’il n’y a aucune chance que l’homme de Néandertal ait pu échapper à son destin, nous l’aurions de toute façon exterminé depuis longtemps.

              Au moins on peut remercier le destin... Il nous aura enlevé la possibilité de devenir des fratricides... Encore que si ça se trouve c’est effectivement ce que nous sommes...

              Qui sait si ce n’est pas une flêche tirée par un homo-sapiens ivre de xénophobie qui a tué le dernier homme de Néandertal ?...


              • vince (---.---.159.2) 26 septembre 2006 12:59

                tout à fait d’accord, même si on avait soigneusement évité tout contact avec Néanderthal depuis 30000 ans, il était un chasseur/pêcheur/cueilleur, où vivrait-il aujourd’hui ? nous avons exterminé des centaines d’espèces dont il se nourrissait, abbatu des milliers d’hectares de forêts, pollué d’autres surfaces, etc... je pense qu’il a senti le vent tourner, et que c’est pour ça qu’il a disparu. Il était clairement impossible que notre espèce cohabite avec la sienne.

                Si vous voulez un aperçu de la façon dont Neanderthal a disparu, il faut regarder du côté de la colonisation de l’Amérique : on repousse les gens dans de petits territoires hostiles, on leur fait la guerre, on leur donne des cadeaux empoisonnés (couverture à la variole, etc.)


              • prince2phore prince2phore 26 septembre 2006 13:58

                ce sont les fourmis qui ont « inventé » la guerre, c’est bien connu !


              • (---.---.129.244) 26 septembre 2006 16:08

                Si vous voulez un aperçu de la façon dont Neanderthal a disparu, il faut regarder du côté de la colonisation de l’Amérique

                ET L’AUSTRALIE...


              • (---.---.147.185) 26 septembre 2006 21:12

                vous retombez toujours sur vos pieds on vous a coupe l’herbe en dessous


              • (---.---.198.59) 26 septembre 2006 11:51

                On parle également de disparition vers les 10-15 000 ans (Gibraltar).

                Vous oubliez de parler des preuves de cannibalisme trouvées dans des sites de néanderthaliens. Certes, homo sapiens sapiens a fait ou fait encore, c’est selon le politiquement correct, la même chose.

                De toute façon, je pense que la survie des néanderthaliens jusqu’à - 10 000 avant JC tient du miracle, les sociétés humaines étant déjà bien avancées à cette date.


                • (---.---.147.185) 26 septembre 2006 21:16

                  L’homme mange de l’homme a mange de l’homme et mangera de l’homme mais il a invente la gastronomie


                • Frédéric Mahé Frédéric Mahé 26 septembre 2006 11:53

                  Ben les amis, je savais que l’Homme de Néandertal était un sujet passionnant, que ce soit un sujet passionnel, c’est une découverte pour moi ! C’est incroyable comme on arrive à trouver des occasions de s’envoyer des gracieusetés, si vous démarrez la semaine comme ça, comment attaquerez-vous votre weekend ?

                  La cohabitation géographique a dû durer plutôt 50 000 ans, et comme le souligne La Taverne, les contacts devaient être limités. Cependant assez fréquents pour des échanges technologiques, c’est certain. Assez également pour des échanges de reproducteurs(trices) ? On ne sait pas. Le spécimen suspect de métissage est un jeune enfant, ça n’est pas très clair.

                  Ce qui me frappe, c’est que Nénadertal sert facilement de miroir à notre temps. Au début du siècle, on en fait un arriéré sauvage et brutal, que le Sapiens sapiens a « vaincu » (comme pendant une guerre franc-prussienne, par exemple), faute de l’avoir « éduqué » (comme en Afrique, où nous avons c’est bien connu porté la science et la civilisation). Il est peut-être même mort tout seul, comme un pauvre arriéré dépassé par l’Evolution, loi sévère mais juste. En gros, c’était une espèce de pauvre, ou de sauvage poilu, dommage qu’on ait pas pu lui apprendre à tirer une charrue.

                  Dans les années 60 et 70 (décolonisation et logique des blocs), Néandertal devient un frère malencontreusement et massivement exterminé par le Sapiens sapiens, lors d’une guerre de territoire continentale. On concède qu’il a pu parler, mais des sons grossiers et gutturaux, il devait surtout parler par gestes et ne dire que des trucs très simples. Un bon sauvage pacifique face aux méchants colonisateurs.

                  Dans les années 80, le bon sauvage devient un vieux sage de la nature (voir les romans de Jean Auel). Il connaissait les plantes, était religieux, et peut-être même (suivez mon regard) plus intelligent que certains d’entre nous, il avait un plus gros cerveau. Il a dû y avoir des métissages (ah l’amour !), il doit rester des traits néandertaliens en nous. Un bon grand-père près de la terre et des plantes, certainement pacifique, garanti sans additifs chimiques, le vrai baba bobo.

                  Années 90 : alors là on ne rigole plus, la génétique entre en scène. On gratte des os, et on affirme que « à coup sûr » il s’agit d’une autre espèce. On a obtenu une fraction ridicule d’ADN, mais tant pis, on affirme à grands coups de publications, pas d’interfécondité. Tantôt on parle d’ADN normal, tantôt d’ADN mitochondrial, pas grave, l’enjeu est de lui trouver une altérité incontestable : pensez, si on l’a tué, autant que ce ne soit pas un frère, ni même un vague cousin à la rigueur, il faut à tout prix que ce soit une autre espèce.

                  Et maintenant ? Ben comme vous le voyez, tout le monde se dispute sur le sujet. Un frère ? Un pote ? Un Autre ? Chacun juge en fonction de ses convictions, et souvent de ses fantasmes à propos de ce qu’est un Homme.

                  Ce qui est rigolo, c’est qu’à chaque période, les arguments scientifiques sont là, bétonnés, bien carossés et bien coupants, mais terriblement datés et il me semble, socialement et historiquement très situés.

                  Et si finalement nous n’y étions pour rien ? Si ce pauvre Néandertal avait disparu tout simplement parce qu’il ne se reproduisait pas assez vite pour compenser ses pertes ? Ou à cause d’une épidémie lente ? Ou parce que le changement climatique lui avait été défavorable ? Il mangeait 95 % de viande, du gibier, des huîtres et très peu de poisson. Un coup de canicule ou de frimas un peu prolongés et hop !

                  Mais ça, ce serait inacceptable. Par ce qu’à ce moment, ça voudrait dire que nous aussi, on pourrait très bien disparaître .. comme ça, tout seuls. C’est ça, que nous apprend Néandertal, et qui nous rend mal à l’aise, et qui fait que nous voulons à tout prix en faire la victime de quelque chose de simple à comprendre : l’homme, ça peut s’arrêter un jour.


                  • (---.---.209.126) 26 septembre 2006 18:54

                    Analyse très intéressante. La science sert en effet souvent de support à la culture ambiante, sans pour autant que ce soit de manière consciente. La science a aussi des effets de mode, et ces interactions sont en parties lié à un simple fait : il faut des subsides de recherche : les sujets du moment, porteurs, amènent plus facilement de l’argent, et donnent plus facilement lieu à des publications. La recherche désintéressée est rare : les chercheurs aussi doivent manger !

                    La tendance actuelle au tout génétique passera à mon avis. Non pas que la génétique sera oublié, mais elle finira par devenir un outil (tout de même puissant) parmi d’autres.

                    J’ajouterai un point. Si on attribue la disparition de Néandertal au changement climatique, cela signifie certes que l’espèce Sapiens peut disparaître aussi, mais on peut y voir aussi un des effets de la sur-adaptation. Néandertal avait un régime carnivore et était mieux adapté au froid. Le changement climatique peut l’avoir rendu progressivement inadapté au nouvel environnement, peut-être jusqu’au point de le voir disparaître, indépendamment ou non de la présence de Sapiens. Sapiens, omnivore, avait peut-être un avantage ici, non par son intelligence, mais parce que progressivement, l’environnement naturel l’a privilégié.


                  • Patrick Adam Patrick Adam 26 septembre 2006 11:54

                    @ roman

                    Tout ça c’est une nouvelle forme de bondieuseries à la sauce SF. Les néandertaliens ont coexisté avec les Cromagnon. Soyons sûrs qu’ils se sont rencontrés et qu’ils se même combattus pour des terrains de chasse. Croire le contraire tient de l’utopie nauséabonde bien que cosmoplanétaire (donc inodore). Durant toute la préhistoire, la présence de l’autre a engendré la méfiance, et la tendance s’est poursuivie durant une bonne partie de l’antiquité puis des temps modernes. C’est la culture qui a permis la cohabitation puis la tolérance.

                    Soyons certains que l’humanité a eu la chance de voir les Néandertal disparaître avant l’invention de l’agriculture et du commerce. Sinon, bonjour les génocides. Peut-être que ni eux nous n’y aurions survécu.

                    Quel besoin avon-nous à nous remettre en cause, par rapport à un passé qui n’a jamais existé ? On nage en plein délire. Il vaudrait mieux se remettre en cause dans un présent douloureux mais bien réel. L’humanité a passé son temps à inventer des mythes susceptibles de lui faire comprendre son environnement et de le faire évoluer. Faut-il aujourd’hui inventer le mythe de Crocro le Barbare qui aurait pu être tout gentil et qui aurait pris son grand frère Néand par la main pour regarder ensemble la fonte des glaces à la fin de la dernière glaciation en dégustant un cuisseau de renne bien grillé...

                    Patrick adam


                    • Marsupilami (---.---.39.85) 26 septembre 2006 12:13

                      Un excellent cycle romanesque sur cette période : Les enfants de la Terre de Jean Auel.


                    • Stravos (---.---.58.60) 26 septembre 2006 14:42

                      Evidemment, quand on s’appelle Adam, on a du mal à voir d’un bon oeil les autres prétendants au titre d’ancêtre suprême...


                    • (---.---.28.114) 26 septembre 2006 12:03

                      Moi aussi j’ai encore plein de choses à dire à Demian. Nous venons à peine de commencer notre mondiale conversation et paf ! plus rien. C’est facheux. smiley


                    • (---.---.28.114) 26 septembre 2006 12:06

                      Eh même temps dans cette conversation sur le Néandertal, je trouve Demian un peu raccord par le coté hors du temps, fond des âges, vous ne trouvez pas ? smiley


                    • Marsupilami (---.---.39.85) 26 septembre 2006 12:07

                      Tiens, l’homme de Gros-mignon a réussi à écrire une phrase compréhensible et sensée. Prions pour que ce néant détale vite !


                    • Rocla (---.---.18.63) 26 septembre 2006 12:09

                      Demian ,

                      clique sur mon commentaire ,ensuite quand on est sur ton fil Demian sort de ton corps tu mets l’ article dans les favoris

                      Rocla


                    • Panama (---.---.198.59) 26 septembre 2006 17:31

                      DW : « L’affaire Néanderthal est en fait le commencement du racisme exterminateur par l’homo sapiens qui a probablement éliminé son concurrent. Et dispositif qui s’est perpétué dans le système des castes excluant les intouchables impurs et développé dans la vallée de l’Indus. Puis il transmigra dans les suites adolphiques antisémites, vers aujourd’hui : la haine quasi planétoïde contre les musulmans. »

                      Dis-donc DW, tu as oublié une caractéristique marquante de l’homo sapiens sapiens : la paranoïa.

                      C’est vrai que comme le dit l’Evangile : vous voyez la paille dans les yeux de vos voisins et pas la poutre dans les vôtres.

                      Ah zut alors, je retombe dans la controverse de Ratisbonne smiley

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