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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Nouvelles voies et nouvelles voix pour la chanson

Nouvelles voies et nouvelles voix pour la chanson

L’un des domaines où l’espéranto connaît une progression assez remarquable est celui de l’usage artistique et de la chanson. Aux États-Unis, le CD produit en 2003 par le trompettiste de jazz Rick Braun montre que le nom esperanto n’entrave en rien le succès.

L’un des domaines où l’espéranto connaît une progression assez remarquable est celui de l’usage artistique et de la chanson. Aux États-Unis, le CD produit en 2003 par le trompettiste de jazz Rick Braun montre que le nom « Esperanto » n’entrave en rien le succès.

Rick Braun avait décrit l’espéranto comme “une langue internationale avec un dictionnaire basé sur des racines communes à de nombreuses langues européennes et sur un système régulé de modulation”. “Esperanto“ a atteint le quatrième rang des dix meilleures ventes aux États-Unis (“top ten”) : http://www.rickbraun.com/ (cliquer sur « Music »).

Un panorama de ce domaine d’application est donné sur http://dmoz.org/World/Esperanto/Kulturo/Muziko/ avec des liens parmi lesquels celui des éditions musicales Vinilkosmo http://www.vinilkosmo.com/ . Leur fondateur, Floreal Martorell, qui a installé ses studios près de Toulouse, a joué un rôle indéniable dans la promotion de cette langue par la production de cassettes, puis de CD, et l’édition du fanzine « Rok’ gazet » lancé en 1990 http://artista.ikso.net/eurokka/rokgaz.php. Un CD de chansons de Georges Brassens interprétées par Jacques Yvart, qui est souvent en tournée aux États-Unis, a justement été produit par Vinilkosmo. Floreal Martorell, qui avait commencé l’apprentissage de l’espéranto en 1987, l’année du centenaire de la langue, a en outre fondé l’association de rock Eurokka http://www.s-w.co.jp/ taon/eurokka/. Vinilkosmo a en outre produit une collection de dix CD pour marquer l’année 2000 et a participé la même année à l’organisation d’un festival culturel et artistique en espéranto à Toulouse.

Au chapitre des records se trouve JoMo (Jean-Marc Leclerc, prononcer yomo) qui s’est lancé dans la chanson en 1977 et dans l’espéranto en 1988. Le groupe qu’il fonda ensuite sous le nom de Rozmariaj Beboj (Les Bébés de Rose-Marie) se fit connaître au début des années 1990 dans les milieux du rock alternatif. Après avoir quitté les Rozmariaj Beboj, il fonda le groupe Liberecanoj (Libertaires). Son nom figure dans l’édition 2000 du Livre Guinness des records pour un concert multilingue de 22 chansons en 22 langues. Son talent, en dépit du silence médiatique, l’a amené à être invité à travers le monde entier, aussi bien en Chine qu’aux États-Unis ou, récemment, en Argentine. Auteur d’une méthode de gascon chez Assimil, Jean-Marc Leclerc a confié à La Dépêche du Midi (14 mai 1997) « J’ai toujours adoré apprendre les langues et, comme l’espéranto était la langue universelle, on ne pouvait pas trouver mieux. J’ai donc commencé par l’apprendre et le pratiquer. C’est une langue qui vous invite aux voyages et, grâce à elle, je suis allé chanter en Catalogne, à Prague, à Copenhague, en Pologne, en Allemagne et je vais aller cet été en Italie. »

Ce sont aussi les éditions musicales Vinilkosmo qui ont produit un CD de Morice Benin, un éventail de poésie anationale (non nationale) sous le titre « La landoj ekzistas ne » (12 chansons). Morice Bénin voit en l’espéranto « la langue de ceux qui espèrent en une citoyenneté planétaire  » : « L’espéranto n’est au service d’aucun nationalisme, d’aucun négoce, d’aucune technocratie, d’aucun dessein politiquement et réalistement correct. C’est cette indépendance-là qui m’attire depuis si longtemps : l’effort initial qu’exige son apprentissage est commun pour tous ceux qui désirent s’y plonger ; sorte de « démocratie originelle » où aucun pouvoir n’est en jeu !. »

Des artistes connus ont compris la valeur et l’intérêt de la langue qui fêtera son 120e anniversaire l’été prochain. Après avoir donné un concert devant des participants venus de 70 pays, lors du Congrès universel d’espéranto qui s’est tenu à Montpellier en 1998, Guy Béart avait déclaré au Dauphiné libéré (9 août 1998) : « Apprendre l’espéranto, c’est faire le pari de la fraternité. Certains amis me disent que ce truc est ringard, que l’anglais a gagné la partie parce que c’est la langue de l’économie. Et comme l’argent est gouverné par les États qui sont gouvernés par les mafias, il faudrait se résigner ? Sûrement pas ! Si le fric domine tout, en gros, c’est la fin de l’humanité. Heureusement, il y a toujours en l’homme un gêne de fraternité. Il y a l’amour et les sentiments, que la langue du pognon ne pourra jamais traduire. Alors, vive l’utopie, vive l’espéranto qui n’a pas d’étiquette politique, pas de religion et qui n’est l’émanation d’aucun pouvoir. »

Salvatore Adamo avait pour sa part donné son sentiment à Femmes d’Aujourd’hui (Bruxelles, 17 mai 1990) : « La langue qui pourrait unir nos pays européens, c’est l’espéranto, langue magique qui allait, selon certains, permettre de se comprendre partout. Cette langue aurait dû être enseignée comme seconde langue aux enfants dès le plus jeune âge : mais il n’en a rien été. Aujourd’hui, l’espéranto se meurt : puisse-t-il un jour reprendre vigueur et, avec lui, l’espoir d’une communication parfaite. » Cette reprise de vigueur espérée par Salvatore Adamo est en cours de réalisation depuis l’apparition et la popularisation d’Internet. Il n’est plus possible de cacher son existence et sa progression, même si certains médias diffusent encore des idées et des préjugés du deuxième millénaire au moyen de techniques du troisième.

Le chant le plus célèbre en espéranto est certes « La Espero » (L’Espoir), poème de Zamenhof qui est devenu l’hymne de la « Langue internationale » (nom d’origine et titre du premier manuel). La musique retenue fut celle composée par le baron Félicien Menu-de-Ménil, né à Boulogne-sur-Mer. Depuis la parution du premier manuel d’espéranto (Varsovie, 1887) jusqu’en 1911, environ 300 publications diverses de chansons avaient déjà vu le jour. Le premier recueil international de chants de W. de Fries parut en seconde édition en 1913.

Aujourd’hui, le nombre de chanteurs, de groupes, et aussi de chorales (notamment en Ariège et dans les Côtes d’Armor) qui ont choisi cette langue en plus de la leur, de l’anglais ou d’une autre, ou comme seule langue pour la chanson, est en nette augmentation.

 Outre les noms cités, parmi les groupes ou chanteurs existants, les plus connus sont Akordo (groupe de sept chanteurs néerlandais), Akvarium (rock, Russie), Amplifiki (Scandinavie), Asorti ( Lituanie), Diverslingve (pop, Suède), Flávio Fonseca (Brésil), Gunnar R. Fischer (Allemagne, natif espérantophone), Harry’s Freilach (Berlin ), Ĵ. Dan & B. Hor (France), Kore (groupe de rock, Nantes), Krio de Morto (groupe polonais de métal rock), Otherwise Orange (Houston, EUA, rock alternatif), Persone (Suède), Piĉismo (Ukraine), Roĝer Borĝes (Brésil), Solotronik (Espagne), Thierry Faverial (France, Dordogne), Trattbandet (Suède, traditionnel), Vajas (Norvège), Dolchamar (Finlande ),Ĵomart et Nataŝa (Kazakhstan, vivant en Suède)...

Enfin, les sites de Mylène Farmer et de Kate Ryan comportent quelques pages en espéranto. Cette liste n’est pas exhaustive. Une présentation plus détaillée de ces artistes est accessible via le site de référencement DMOZ


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82 réactions à cet article    


  • Henri Masson (---.---.140.106) 11 septembre 2006 11:35

    Tout va trop vite !

    D’autres informations me sont parvenues après l’envoi de cet article.

    En effet, un article en français est consacré par l’“Express“ (Île Maurice) au groupe Negro Pou Lavi qui chante aussi en espéranto et qui avait fait une tournée en Europe l’année dernière : http://www.lexpress.mu/display_article.php?news_id=72171

    Titre : « Negro Pou Lavi en esperanto, chapô : »La grupo regeo Negro Negro por la Viv’, de la insulo Mauricio, kantas pri amo, paco kaj respekto." Le site de ce groupe comporte aussi des pages en espéranto : http://www.madir-music.com/

    J’ai omis de signaler aussi que les sites de Dalida et Lara Fabian comportent des pages en espéranto et que le groupe néerlandais Kajto (= cerf-volant http://fr.wikipedia.org/wiki/Kajto ) a été parmi les premiers à produire des CD.

    Voir aussi d’autres liens vers des chanteurs et groupes à partir de : http://dmoz.org/World/Esperanto/Kulturo/Muziko/Kanzono_kaj_folkloro/

    On y trouve Daphne Lawless (Nouvelle-Zélande), Junas kaj pli junas - Jonas kaj Mathias Dalmose (Danemark), Kaj Tiel Plu (Catalogne), La Mevo (Japon). Kantoturdo (France, Nantes, chanson sur Jules Verne à l’occasion du centenaire de sa mort)

    Ensuite, hier, dimanche 10 septembre, sur France 2, dans son émission « Chanter la vie », Pascal Sevran a accordé une place à la Chorale « Hymne à la Terre » qui a chanté cet hymne en espéranto. Cet hymne peut être entendu sur http://www.festivaldelaterre.org/ si l’on monte le son des hauts-parleurs de l’ordinateur.

    Bien des téléspectateurs auront ainsi découvert que l’espéranto est non seulement une langue qui se parle mais qui se chante aussi.


    • Stefano (---.---.15.222) 3 octobre 2006 16:49

      L’adresse Internet de la page de l’Express publiée dans le commentaire précédent contient un espace inutile entre « php » et «  ? », qui ne permet pas de visualiser la page en question. Mais il n’est pas possible de corriger l’erreur lors de la publication d’un commentaire sur ce forum.

      L’adresse exacte de la page pour lire l’article paru dans L’Express de l’île Maurice « Negro Pou Lavi en esperanto » est : http://www.lexpress.mu/display_article.php?news_id=72171 mais ! sans l’espace (ou « %20 ») entre « php » et «  ? »
      —  Un autre article est déjà en ligne au même sujet : « Negro Pou Lavi en demi-finale du concours international en Esperanto » http://www.lexpress.mu/display_article.php?news_id=72596 où il faut également effacer l’espace (ou « %20 ») entre « php » et «  ? » pour pouvoir visualiser cette page Internet

      — 

      Le clip vidéo de ce groupe est publié à l’adresse : http://studio-pro.ch/esperanto-muziko.html

      ******** .


    • (---.---.59.170) 11 septembre 2006 11:51

      L’espérento, encore..

      Toujours les même lubbies complétement irrationnelle..


      • krokodilo (---.---.49.232) 11 septembre 2006 16:51

        Ce n’est pas une luBBie, peut-être à la rigueur un lobby (fauché), plutôt un groupe qui milite en faveur de quelque chose d’intéressant. Vous pourriez au moins l’écire avec un a.


      • La verkorektanto (---.---.46.253) 12 septembre 2006 19:57

        Quand on critique, on fait au moins l’effort d’écrire correctement : "L’esperAnto Toujours les mêmes lub*ies complètement irrationnelleS"

        Quand on critique, on fait l’effort d’argumenter.

        Quand on critique, on fait l’effort de s’informer.

        Quand on critique, on respecte l’interlocuteur en l’occurence les 10 millions au moins d’esperantistes.


      • La Taverne des Poètes 11 septembre 2006 11:54

        C’est le deuxième article qui parle de l’esperanto aujourd’hui. Personnellement je me réjouis que ce langage mineur et sans âme décline. Je ne suis pas d’accord avec Guy Béart, s’il fallait choisir, je prendrais l’anglais...Désolé pour lui mais Gainsbourg avait bien pointé son absence de discernement lorsque Béart ne voyait pas en quoi la chanson était un « art mineur ». Ici, il ne fait pas la différence entre une langue, une vraie, et un sabbir.

        Brassens en esperanto, la poésie en esperanto ? Pouah !

        Je ne regrette pas avoir appris l’allemand et l’italien (en plus de l’anglais et l’espagnol à l’école) pour lire en version originale des poètes étrangers.

        Ecoutez l’Enfer de Dante en version originale (téléchargeable sur Internet), les Lieds (chansons) de Goethe, la Ballade qu’Oscar Wilde a écrite dans sa geôle, les chants de Denez Prigent dans sa langue celtique qui remonte du fond des temps, et vous entendrez des langues vibrantes ! Et ces vers en Portugais « Amor é fogo que arde sem se ver » de Luis de Camoes sont encore tellement beaux à entendre si longtemps après leur création. On pourrait se les passer en boucle avec la prononciation adéquate !

        Enfin pour la fraternité, regardez le mot espagnol « hermano » qui veut dire ami et qui vient de « mano » (main). Le mot mano, flétri en français car usité seulement dans l’expression mano à mano, mériterait d’être retenu dans le lexique idéal universel. On pourrait dire par exemple : nous allons par le chemin la mano en la mano. Au pluriel, las manos, cela rime avec hermanos -frères- et cela respire comme un souffle de fraternité que Pablo Neruda n’aurait pas renié.

        Ah ! Pablo Neruda !

        « Hemos perdido aún este crepúsculo.
        Nadie nos vio esta tarde con las manos unidas
        mientras la noche azul caía sobre el mundo. (...)

        Por qué se me vendrá todo el amor de golpe
        cuando me siento triste, y te siento lejana ? »

        La vraie faternité qui fait que l’on espère en tout sauf en l’esperanto.


        • La Taverne des Poètes 11 septembre 2006 12:00

          Le mot « küssen » en allemand pour dire embrasser, parce qu’en français, le verbe embrasser signifie en réalité prendre dans ses bras. Baiser est le mot juste mais n’est plus guère employé. Alors pourquoi pas « küssen » ? En plus de lever une ambiguïté et de rétablir la vérité étymologique, la prononciation en est doucereuse et évoque le son du baiser. Il y a bien son cousin kiss en anglais mais le « i » suggère un étirement des lèvres comme pour un sourire tandis que le « u » de küsse arrondit la bouche en même temps que le son « s » appuyé permet de nuancer la force de ce geste amoureux.


        • Henri Masson (---.---.140.106) 11 septembre 2006 13:05

          Simple constatation : AgoraVox est le seul média en France à être en mesure d’apporter des sources d’information vérifiable sur l’espéranto. A chacun d’en faire ce qu’il veut, comme pour le reste.

          Connaître quatre, cinq ou six langues ? Mais ce n’est rien ! Il en reste pas moins de 6000 à apprendre !

          Voir le livre « Langues sans frontières » de Georges Kersaudy (éd. Autrement) : l’auteur a été amené, durant sa carrière de fonctionnaire international, à parler, écrire et traduire une cinquantaine de langues dont l’espéranto.

          S’il m’avait fallu parler la langue de chacune des personnes avec lesquelles j’ai eu des échanges oraux ou écrits à travers le monde, il m’aurait fallu en apprendre pas moins de cinquante. J’ai voyagé dans près de 20 pays avec l’espéranto et j’ai parfaitement ressenti une réelle fraternité et une chaleur humaine même chez les Suédois que certains trouvent froids, voire distants.

          La première expérience de ce genre a été effectuée par un journaliste polonais, Josef Wasniewski, moins de dix après que l’espéranto ait vu le jour (1887), donc à une époque où il était autrement moins riche qu’aujourd’hui en expressivité.

          Le présent article montre tout au contraire que l’espéranto reprend vigueur car il n’y a jamais eu quelque chose de comparable jusqu’à présent dans toute l’histoire de cette langue.

          Et c’est vérifiable.


        • esperantulo (---.---.33.104) 11 septembre 2006 13:47

          Connaitre 5 langues c’est génial , vous avez beaucoup de chance

          et ben moi que 2langues et des bribes de 2 autres ; et honnetement je n’est jamais réussi à lire des livres et poemes hors de ma langue maternelle ; car manque de mémoire ; de vocabulaire ; de comprehension des idiomes, et une impossibilité de pratiquer ces langues de manière active ;comme la plupart de mes concitoyens d’europe


        • La Taverne des Poètes 11 septembre 2006 15:12

          Illustration des difficultés de la langue française : vous écrivez « moins de dix après que l’espéranto ait vu le jour (1887 ». Quand on emploie « après », on n’utilise pas le subjontif -ni le conditionnel- (puisque le fait s’est réalisé). On doit dire « Après que l’espéranto a vu le jour ».

          Loin de moi l’idée de vous vexer car la faute est très fréquente mais pour dire que peut-être les simplifications des langues nationales sont insuffisantes. Je sais que l’allemand et le français ont fait des efforts en ce sens mais cela suffit-il ? Et puis ce n’est pas facile de simplifier...

          Je ne m’étonne pas que vous rencontriez beaucoup de fraternité chez les étrangers pratiquant l’espéranto, comme dans toute communauté qui se soude autour de valeurs communes. (Ce n’est pas le langage en lui-même ici qui génère cette fraterité). Enfin peu importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse.


        • Henri Masson (---.---.149.85) 11 septembre 2006 15:20

          À esperantulo : merci pour votre honnêteté. Dans la biographie de Zamenhof, dont je suis coauteur, la figure d’Elias Canetti a été évoquée en ces termes :

          « Chez les Canetti comme chez les Zamenhof, on s’intéressait aux langues et on en pratiquait. Les parents d’Elias parlant l’allemand entre eux, c’est dans cette langue - sa deuxième langue maternelle -, pour laquelle il a nourri la même passion que Ludwik Zamenhof pour le russe, que le futur prix Nobel écrira toute son œuvre. Mais était-il possible de parler dix-sept langues, c’est-à-dire autant que son grand-père prétendait maîtriser alors que ses connaissances linguistiques étaient « terriblement lacunaires » ? Quand le petit Elias posa la question à sa mère, celle-ci répondit : “Non ! Dans ce cas, on n’en parle aucune comme il faut !” Ce fut la première leçon qu’Elias Canetti reçut sur la vanité du multilinguisme ! »

          Le multilinguisme, c’est très souvent du tape-à-l’oeil. On sait que le borgne est roi au milieu des aveugles. Ça épate évidemment des monolingues ou les bilingues d’entendre que Untel sait plusieurs langues. De la même façon, un enfant qui parle une langue étrangère épate plus ou moins ses parents monolingues.

          S’ils savaient !


        • skirlet (---.---.49.19) 11 septembre 2006 16:35

          « Illustration des difficultés de la langue française »

          Oui, c’est pas de la tarte, même pour les natifs. Et que dire des étrangers, qui ont déjà une langue dans leur actif ? Et si on est tous d’accord qu’apprendre sa propre langue n’est pas simple, pourquoi une approche du style « fokon yaka » domine, quand il s’agit des langues étrangères ?

          « Ce n’est pas le langage en lui-même ici qui génère cette fraterité »

          Pouvez-vous m’éclaircir votre point de vue svp. La seule chose commune pour les espérantistes, c’est pour moi la langue précisément, mais si vous connaissez bien le milieu, je suis toute ouïe smiley


        • Henri Masson (---.---.149.85) 11 septembre 2006 17:06

          Échange de bons procédés : un seul « b » suffit pour écrire le mot « sabir ». Par ailleurs, l’espéranto n’a rien d’un sabir. C’est une langue rationnelle dont le professeur Umberto Eco a dit, après l’évoir étudiée pour la préparation d’un cours au Collège de France : « C’est une langue construite avec intelligence et qui a une histoire très belle ». Je serais surpris d’être le seul à penser qu’un homme aussi érudit, sémioticien de renommée mondiale, ne sache faire la différence entre une langue et un sabir.

          L’espéranto a une littérature importante. Mais, pour en juger, il faut au minimum savoir lire cette langue. Voici déjà quelques sites pour une première approche :

          http://www.everk.org/ (Écrivains espérantophones)

          http://dmoz.fr/World/Esperanto/Kulturo/Literaturo/

          http://donh.best.vwh.net/Esperanto/Literaturo/literaturo.html

          http://allegro.onb.ac.at/cgi-bin/allegro/maske.pl ?db=esperanto〈=esp

          http://www.esperanto-ct.org/vilanova/inko.html & http://esperantujo.org/eLibrejo (livres à télécharger)

          http://minilien.fr/a0jsw9 (Mondial Books, New York)

          http://www.impeto.ru/ & http://www.esperanto.org/Ondo/Katalogo.htm (éditeurs russes)

          http://esperanto.org/Ondo/Ind-rusn.htm

          http://esperanto.net/literaturo/

          Il est bon de savoir aussi :

          - que l’écrivain espérantiste écossais William Auld a été proposé plusieurs fois comme candidat au prix Nobel de littérature ;

          - que le plus prolifique des écrivains hongrois, István Nemere, dont livres sont lus dans 10 pays, en 14 langues, par 11 millions de lecteurs, écrit et publie ses romans aussi en espéranto (19 romans dans cette langue) : http://www.nemere.hu/


        • krokodilo (---.---.49.232) 11 septembre 2006 17:07

          La Taverne des poètes.

          Si vous lisez Dante, Goethe, Oscar Wilde, le celte et le portugais en VO dans le texte, vous avez certes la chance de pouvoir en apprécier les finesses et la musique, mais je n’ai pas ce don. Qu’on lise les classiques du monde entier dans le texte serait certes la solution idéale, mais est-ce possible ?

          Reconnaissez au moins que le peu de culture que la plupart d’entre nous possède nous vient des traductions. De plus, les métiers sont divers, le temps limité, pourquoi devrions-nous tous devenir des diplomates polyglottes, des interprètes ? Réclamons le droit à la culture mondiale sans pour autant devoir apprendre 6000 langues...

          Pour ce qui est de la poésie, vous avez raison que c’est un des domaines les plus difficiles à traduire, à cause des contraintes de sens, de rime, de musicalité, et en me mettant à l’espéranto, j’ai découvert à quel point le classique poème de Kipling était éloigné de l’original dans la version que l’on étudie en général (tu seras un homme mon fils, etc).

          Contrairement à ce que vous pensez, l’espéranto est un formidable outil pour traduire la poésie car sa souplesse et sa précision permettent de rendre le sens tout en gardant la forme. Ci-après, un lien où se trouve une traduction de la fable Le Corbeau et le renard ; même sans connaître la langue, vous reconnaitrez beaucoup de mots et vous serez à même de vérifier le respect du rythme et du sens. http://vortareto.free.fr/argumentaire/rigide.htm


        • (---.---.59.170) 11 septembre 2006 17:16

          L’espéranto, une langue de robot pour des hommes déshumanisé..


        • krokodilo (---.---.49.232) 11 septembre 2006 17:20

          La Taverne des poètes.

          Cette faute (après que) est tellement fréquente qu’elle n’est plus vraiment considérée comme telle, plutôt comme une aberration, un gadget, preuve que les langues se rebiffent à leur façon, ou les usagers contre les langues. D’accord avec vous sur la simplification, mais faudrait déjà que les enseignants du primaire transmettent la vieille réforme (je n’ai plus la date en tête), qui permet par exemple d’écrire mille-huit-cent-trente-et-un sans se casser la tête, ou d’utiliser septante, octante et nonante dont tous les pédagogues reconnaissent qu’ils facilitent le calcul mental. Ceci dit nous aussi, les adultes pourrions les utiliser, c’est la force de l’habitude. Et vu les disputes homériques soulevées par la moindre réforme de l’orthographe, c’est pas demain qu’on recommencera... Vous avez remarqué ? j’ai réussi à faire un message sans placer le mot espéranto ! Non , sérieusement, si vous êtes un adepte d’une simplification du français, vous ne pouvez qu’aimer la simplicité formelle de l’Eo (ce qui ne veut pas dire simpliste) notamment sur la phonétique et l’orthographe.


        • krokodilo (---.---.49.232) 11 septembre 2006 17:28

          Pxxx

          Cliché classique. je n’ai jamais vu un seul robot parler espéranto, les meilleurs robots japonais balbutient quelques mots d’anglais avant de se prendre les pieds dans le tapis, bien qu’ayant été conçus par de brillants ingénieurs. Quant aux traducteurs automatiques, leurs traductions sont excellentes pour faire travailler les zygomatiques. Arguments, SVP ?


        • (---.---.59.170) 11 septembre 2006 17:33

          « D’accord avec vous sur la simplification »

          Et voila, on prétendait élevé le niveau de la populace, et on finis par baisser le niveau du sujet.. Comment ces gens là vont-ils pouvoir comprendre nos ordres, s’ils ne parlent pas bien français ? Comment vont-ils pouvoir progresser dans leur carriére, s’ils sont incapable de s’exprimer correctement vis à vis de leur supérieur ? Cette éducation nationalisé est décidement un échec. Libéralisons l’école, et transformont le Bac en concours d’entré aux universités.


        • skirlet (---.---.49.19) 11 septembre 2006 17:40

          Le mot « populace » + les fautes d’orthographe = un troll smiley


        • Henri Masson (---.---.149.85) 11 septembre 2006 18:52

          Quel courage pour poster ça de façon anonyme ! Une langue de robot ? Un robot ne pense pas. Il exécute des ordres selon un programme établi.


        • dédé (---.---.10.235) 11 septembre 2006 21:35

          Mais non, monsieur Taverne : vous n’aimez pas l’espéranto. Un point c’est tout. Vous avez le droit de dire : « moi, j’aime pas l’espéranto ». Mais ce n’est pas la peine d’en faire des dissertations en laissant sous-entendre des choses, comme quoi on aurait éviter le pire si on présentait Baudelaire traduit en espéranto. Je me demande bien comment vous qui ne connaissez pas l’espéranto pouvez savoir que Baudelaire en espéranto, c’est horrible mais bon... Moi je m’en fiche, de toute façon, j’aime pas la poésie, alors... smiley

          Sur ce, je vous laisse à vos discussions stériles.


        • skirlet (---.---.49.19) 11 septembre 2006 12:52

          L’espéranto ne décline pas, Taverne. En plus, il n’empêche pas l’apprenisttage des autres langues au contraire : il aide. Et la moindre de choses, avant de dire « pouah », serait d’apprendre une langue.

          — Tu as mangé du taoufé ?
          — Non, mais je déteste.

          — Je ne comprends pas, pourquoi tout le monde dit que Pavarotti est un chanteur génial. Moi, je le trouve nul.
          — Tu l’as déjà entendu ?
          — Non, mais Ivanov m’a chantonné un des airs de Pavarotti.

          — Qu’est-ce qu’elles sont bonnes, les cuisses de canard !
          — Tu les as mangés ?
          — Mon oncle a vu notre baron manger, et les enfants de l’oncle me l’ont raconté.


          • Asphodèle (---.---.63.137) 11 septembre 2006 14:02

            Bonjour,

            Intéressant article qui nous prouve que l’Espéranto est, non seulement bien vivant, mais en plein essor !

            C’est vrai qu’il est très agréable de lire les poètes et les hommes de lettre dans leur langue d’origine et j’aime tout autant lire des poésies de « Garcia Lorca, que les légendes allemandes, dans la langue originale car les traductions enlèvent, parfois, une grande partie de sa saveur au texte de l’auteur !

            Pour pouvoir juger d’une langue, il faut, aussi, avoir l’honnêteté d’en apprendre au moins quelques rudiments essentiels pour pouvoir émettre un avis authentique et non de se contenter de répéter celui d’un quidam, qui, lui aussi le plus souvent, ne juge que par ouï dire ! C’est ainsi qu’après avoir entrepris cette démarche pour l’Espéranto, je peux dire que c’est une langue qui me donne, chaque jour, autant de plaisir, et tout autant en communiquant avec les Espérantistes dans de nombreux pays du monde, souvent grâce à Internet !

            Même si j’ai étudié plusieurs langues, il est évident que je n’aurais pu étudier les nombreuses langues du monde, et l’Espéranto, en cela, me permet de communiquer avec des gens de toute nationalité ! Et comme je me considère comme une terrienne avant tout, j’ai trouvé avec l’Espéranto, la langue de mon cœur !

            Alors, si les chansons en Espagnol, ou en Italien, peuvent être et sont un régal pour l’oreille, celles en Espéranto sont aussi plus que très agréables à entendre ! (pas l’allemand, qui est une langue trop gutturale et dure ; je le parle pourtant couramment)

            Avant de commencer mon étude de l’Espéranto, il y a 2 ans, je me suis heurtée à la tentative de certaines personnes de me décourager, pour x ou y raisons, et, chaque fois, je me remémorais un poème de Rudyard Kipling que j’aime beaucoup.

            Je ne regrette pas, aujourd’hui, d’avoir voulu faire ma propre expérience , de ne pas m’être découragée et d’avoir résisté aux personnes qui voulaient me détourner de mon projet.

            Et voici ce poème .....

            Si tu peux rester calme alors que, sur ta route, Un chacun perd la tête, et met le blâme en toi ; Si tu gardes confiance alors que chacun doute, Mais sans leur en vouloir de leur manque de foi ; Si l’attente, pour toi, ne cause trop grand-peine : Si, entendant mentir, toi-même tu ne mens, Ou si, étant haï, tu ignores la haine, Sans avoir l’air trop bon, ni parler trop sagement ;

            Si tu rêves, - sans faire des rêves ton pilastre ; Si tu penses, - sans faire de penser toute leçon ; Si tu sais rencontrer Triomphe ou bien Désastre, Et traiter ces trompeurs de la même façon ; Si tu peux supporter tes vérités bien nettes Tordues par les coquins pour mieux duper les sots, Ou voir tout ce qui fut ton but brisé en miettes, Et te baisser, pour prendre et trier les morceaux ;

            Si tu peux faire un tas de tous tes gains suprêmes Et le risquer à pile ou face, - en un seul coup - Et perdre - et repartir comme à tes débuts mêmes, Sans murmurer un mot de ta perte au va-tout ; Si tu forces ton coeur, tes nerfs, et ton jarret A servir à tes fins malgré leur abandon, Et que tu tiennes bon quand tout vient à l’arrêt, Hormis la Volonté qui ordonne : << Tiens bon ! >>

            Si tu vas dans la foule sans orgueil à tout rompre, Ou frayes avec les rois sans te croire un héros ; Si l’ami ni l’ennemi ne peuvent te corrompre ; Si tout homme, pour toi, compte, mais nul par trop ; Si tu sais bien remplir chaque minute implacable De soixante secondes de chemins accomplis, A toi sera la Terre et son bien délectable, Et, - bien mieux - tu seras un Homme, mon fils.

            Et je me suis tout autant répété cette poésie de Charles Baudelaire que j’adore et qui nous fait comprendre qu’il n’est jamais trop tard pour apprendre et surtout qu’on a pas le droit de gaspiller son temps en vaines actions y compris celles qui consistent à polluer la vie des autres...

            L’horloge

            Horloge ! dieu sinistre, effrayant, impassible, Dont le doigt nous menace et nous dit : « Souviens-toi ! » Les vibrantes Douleurs dans ton coeur plein d’effroi Se planteront bientôt comme dans une cible ;

            Le plaisir vaporeux fuira vers l’horizon Ainsi qu’une sylphide au fond de la coulisse ; Chaque instant te dévore un morceau du délice A chaque homme accordé pour toute sa saison

            Trois mille six cents fois par heure la Seconde Chuchote : Souviens-toi !- Rapide, avec sa voix D’insecte, Maintenant dit : Je suis Autrefois, Et j’ai pompé ta vie avec ma trompe immonde !

            Remember ! Souviens-toi ! Prodigue ! Esto memor ! ( Mon gosier de métal parle toutes les langues.) Les minutes, mortel folâtre, sont des gangues Qu’il ne faut pas lâcher sans en extraire l’or !

            Souviens-toi que le Temps est un joueur avide Qui gagne sans tricher, à tout coup ! c’est la loi, Le jour décroît ; la nuit augmente ; souviens-toi ! La gouffre a toujours soif ; la clepsydre se vide,

            Tantôt sonnera l’heure où le divin Hasard, Où l’auguste Vertu, ton épouse encore vierge, Où le Repentir même ( oh ! la dernière auberge ! ), Où tout te dira : Meurs vieux lâche ! il est trop tard !

            Charles Baudelaire (Les fleurs du mal)


            • skirlet (---.---.49.19) 11 septembre 2006 15:06

              Oui, c’est un beau poème de Kipling... avec une traduction incroyablement fidèle en espéranto :

              Se

              Se vi konservas kapon en lucido,

              dum la popolon regas jam panik’,

              se vi ne donas kaŭzon por malfido,

              eĉ kiam ne plu kredas vin amik’ ;

              Se, malgraŭ laco, povas vi atendi,

              rezisti al mensogo kaj malam’,

              ne cedi al despero, ne pretendi

              je plaĉaspekto kaj saĝula fam’ ;

              Se vin obeas revoj - sed ne male,

              se regas vi la pensojn en konsci’,

              se al Triumfo kaj Fiask’ egale

              rilatas vi sen troa emoci’ ;

              Se vian vorton oni hipokrite

              transformas je kaptilo por stultul’,

              sed post frakas’ de viaj faroj, spite,

              obstine rekomencas vi de nul’ ;

              Se povas meti vi sur unu karton

              la tutan havon, riske je bankrot’,

              kaj ĉion perdi, kaj reprovi starton,

              sen diri vorton pri perdita lot’ ;

              Se via kor’ kaj nervoj, malgraŭ trivo,

              plu servas eĉ en stato de ruin’,

              kiam nenio restas por la vivo,

              krom Volo, kiu diras : « Tenu vin ! » ;

              Se, parolante, vi kondutas inde,

              kun Reĝoj ne forgesas pri popol’,

              kaj se vin oni fidas, sed ne blinde,

              kaj ĉiuj sekvas vin - laŭ propra vol’ ;

              Se ĉiu hor’ de via vivo plenas

              per la impeta kuro sen humil’,

              al vi la tuta Tero apartenas,

              kaj pli - vi estas Homo, mia fil’ !

              (1910)

              Tradukis el la angla Valentin Melnikov


            • La Taverne des Poètes 11 septembre 2006 20:27

              Horrible !


            • La Taverne des Poètes 11 septembre 2006 20:31

              Merci de ne pas nous avoir infligé ce poème de Baudelaire en espéranto. je vous en aurais voulu.


            • Henri Masson (---.---.149.85) 11 septembre 2006 21:26

              Voir : « Tristan Bernard : une expérience de traduction » sur http://www.esperanto-sat.info/article195.html

              Pour Beaudelaire : http://claudepiron.free.fr/lettresouvertes/poesie.htm

              Ceci me permet de rajouter d’autres chanteurs non cités dans cet article :

              Georg Handzlik, « la bardo sen barbo », époux de Mme Malgorzata Handzlik, europarlementaire polonaise. Ils dirigent la maison d’édition polonaise KLEKS spécialisée dans les ouvrages pédagogiques et qui a publié plusieurs romans en espéranto : « Marta » d’Eliza Orzesko, « Le Tambour », du prix Nobel Günter Grass...

              Jack Le Puil, qui a produit aussi des CD et en outre traduit et publié « La vieille qui marchait dans la mer » (San Antonio), « Florvil et Courval » (Marquis de Sade), celui-ci avec sa compagne Armel Le Quint qui a elle-même écrit et publié un ouvrage autobiographique sur son enfance.

              Nikolin’ est une chanteuse belge qui a produit des cassettes puis des CD.

              D’autres talents apparaissent aussi en Afrique, mais là, le principal obstacle est l’argent. Quelques cassettes ont été produitess, mais en petit tirage et de qualité technique médiocre.


            • Philgri (---.---.141.28) 11 septembre 2006 16:51

              Nous oublions que la musique est le premier langage universel ! et pour longtemps !

              Que ce soit des musiciens qui la colportent n’est donc point étonnant.

              Personnellement, j’ai déjà du mal a tourné 7 fois ma langue maternelle, si vous m’en rajouter une, ç’a peut-être bon, mais trois, faut avoir une grande bouche... !

              Philgri


              • Henri Masson (---.---.149.85) 11 septembre 2006 17:16

                A propos de musique, le petit “conte grec” suivant a été au centre d’une conférence intitulée “Une heure d’espéranto”, donnée à Paris en 1905 par le Pr Théophile Cart, polyglotte, licencié de grec et de latin, agrégé en langues modernes, lecteur à l’Université d’Uppsala, en Suède (1891-1892) puis professeur au Lycée Henri IV (1892-1921) et à l’École des Sciences Politiques à partir de 1893. La Presa Esperantista Societo a même édité le texte de la conférence et l’a mis en vente au profit des aveugles dont le prof. Cart fut un grand ami :

                “Bien avant que naquît Homère, un petit berger qui faisait paître ses brebis sur les flancs herbeux du Parnasse tailla un jour un roseau, le perça de trous et en tira des sons d’une extrême douceur. Joyeux, il invita ses compagnons à l’imiter. Mais ceux-ci le raillèrent : le chant des oiseaux, la voix mélodieuse des jeunes filles ne suffisaient-ils donc pas ? Qu’était-il besoin d’une musique nouvelle ?

                Or, comme leur ami insistait, les petits pâtres du Parnasse s’en furent consulter les sages de la Grèce.

                “Oh ! sages vénérables, interrogèrent-ils, une musique artificielle est-elle possible ?” Et les sages vénérables, pensifs et caressant de la main leur longue barbe blanche, répondirent d’un ton sentencieux : “Non, enfants-pasteurs, une telle musique ne peut être, car elle n’a jamais été, et, fût-elle possible, elle ne serait - comme le parler des Barbares - qu’un vain cliquetis, un entrechoquement de sons, insupportable aux oreilles délicates.”

                “Triomphants, les petits bergers s’en revinrent à leurs brebis et de nouveau raillèrent leur trop ingénieux camarade. Mais il était têtu ; il continua de tailler des roseaux, il continua d’en offrir à ses compagnons, ceux-ci finirent par les accepter et en tirèrent à leur tour des sons d’une extrême douceur...

                “Telle est l’origine de la musique artificielle. Elle n’a pas supprimé le chant des oiseaux, elle n’a point fait taire la voix mélodieuse des jeunes filles. Elle vit, ô sages de la Grèce, et elle vivra tant qu’il y aura des hommes.”


              • Asp Explorer (---.---.82.42) 11 septembre 2006 20:12

                Partant du principe qu’il vaut mieux être un gros poisson dans une petite mare qu’un petit poisson dans une grosse mare, Henri Masson, connu dans le milieu sous le sobriquet de « Riton l’Esperanto », nous fit l’honneur en ce 11 septembre (date pourtant déjà fertile en catastrophes) d’un nouvel article de son cru. Et repoussant les limite de la capillotraction, voici qu’il prend le prétexte d’une douzaine de chômeurs inconnus qui grattent la guitare en braillant en un sabir vaguement inspiré de l’espéranto.

                Et en exclusivité, permettez que je vous dévoile les prochaines interventions du grand homme :

                - Un nouveau plan de circulation à Paris ! (ou comment l’antisémite Delanoë, sous prétexte de tramway, dévie la circulation de la rue Zamenhof)

                - Pourquoi il faut voter Sarkozy. (Le frère du cousin de l’oncle du buraliste du chauffeur du ministre a pris trois heures de cours d’espéranto quand il était à l’armée, ce qui est largement suffisant pour tout en connaître, vu la légendaire facilité dudit langage)

                - Les effets pervers de la loi DADVSI. (mais pourquoi donc refuser de rendre obligatoire le g avec circonflexe inversée sur les claviers français, si ce n’est pour barrer la route à l’essort glorieux de l’Eo)

                - Le vrai complot du 11 septembre. (ou comment la tour nord a écrasé la librairie espérantiste de la 17e rue)

                - La hausse de l’immobilier, chance ou menace. (... pour les espérantistes qui n’arrivent pas à se loger)

                - Le syndrome Angelina Jolie. (peut-on prononcer correctement l’esperanto avec des lèvres gonflées au collagène)

                - Le scandale de Guantanamo. (les détenus espérantophones privés de Coran rédigé dans leur langue)


                • skirlet (---.---.49.19) 11 septembre 2006 20:18

                  Asp est là, à diviser les phanères en quatre smiley Et qui n’a jamais entendu une seule chanson en Eo.


                • Asp Explorer (---.---.82.42) 11 septembre 2006 20:21

                  Avoue, tu m’attendais avec une coupable impatience...


                • Henri Masson (---.---.149.85) 11 septembre 2006 20:22

                  L’auteur de ces propos plus-que-minables a écrit sur son site perso, sous le titre « Défense d’un journaliste » : « Et voici que ma plume me démange, je la sors donc de mon cul et me lance dans une de ces analyses courtoises et mesurées qui, vous le savez, sont ma spécialité. »

                  A chacun de juger.


                • skirlet (---.---.49.19) 11 septembre 2006 20:43

                  Coupable impatience ? C’est adressé à moi ? Насколько мне известно, мы коров вместе не пасли smiley

                  Non, je ne vous attendais pas. Comme catastrophe, la commémoration du 11 septembre me suffit largement smiley


                • Wàng (---.---.18.196) 11 septembre 2006 20:58

                  Qu’est ce que vous cherchez sur ce site, au juste ? Laissez nous tranquilles.


                • Asp Explorer (---.---.82.42) 11 septembre 2006 23:01

                  Oh, moi, mon ambition est modeste. Tel un joyeux ludion, je ne cherche qu’à mettre en lumière les incohérences de l’imposture intellectuelle lorsque je la croise. Je ne cherche qu’à rappeler qu’au-dela des vociférations dogmatiques des uns et des autres, il y a encore des gens, qui sont une majorité mais qui s’expriment peu, qui sont mûs par la raison.


                • La verkorektanto (---.---.46.253) 12 septembre 2006 20:19

                  je ne cherche qu’à mettre en lumière les incohérences de l’imposture intellectuelle lorsque je la croise.

                  On n’avait pas remarqué. À part lancer un troll, vous n’avez rien fait, surtout pas argumenté.Vous vous contentez de répeter ce que le frère du petit-fils du grand-oncle de votre cousine par alliance vus a dit un soir de cuite. Et ce n’est pas en vous croyant drôle que vous le serez. Comme dans toutes vos remarquées interventions, vous êtes pitoyables


                • La verkorektanto (---.---.46.253) 12 septembre 2006 20:19

                  je ne cherche qu’à mettre en lumière les incohérences de l’imposture intellectuelle lorsque je la croise.

                  On n’avait pas remarqué. À part lancer un troll, vous n’avez rien fait, surtout pas argumenté.Vous vous contentez de répeter ce que le frère du petit-fils du grand-oncle de votre cousine par alliance vus a dit un soir de cuite. Et ce n’est pas en vous croyant drôle que vous le serez. Comme dans toutes vos remarquées interventions, vous êtes pitoyable.


                • Asp Explorer (---.---.82.42) 13 septembre 2006 07:44

                  Pour clarifier mon intervention à l’attention des mal-comprenants, je souhaitais pointer du doigt les consternantes méthodes prosélytes de HM, et en particulier son habitude de poster un article au titre racoleur pour rameuter un vaste public qui ne le lirait certainement pas s’il était clairement établi dès le début que l’auteur va nous infliger un nouveau laïus espérantophile. A votre avis, pourquoi a-t-il choisi ce titre au lieu de, par exemple, « Du sang neuf dans la chanson espéranto » ?


                • Henri Masson (---.---.213.220) 13 septembre 2006 08:20

                  La bave des crapauds n’empêche pas l’espéranto de progresser. Chacun peut aujourd’hui le découvrir par soi-même, mais les faits indéniables et vérifiables gênent ceux qui ont dit et disent encore que l’espéranto est un échec ou semblables balivernes et autres billevesées, ce qui a pu être constaté à la suite des articles sur l’espéranto.

                  C’est gênant pour eux de constater que leurs propos plus-que-minables ne peuvent plus entraver son avancée. Rappelons que l’auteur de ces propos aussi malveillants que puants (et pour cause !) proviennent d’un individu qui a écrit sur son site perso, sous le titre « Défense d’un journaliste » :

                  « Et voici que ma plume me démange, je la sors donc de mon cul et me lance dans une de ces analyses courtoises et mesurées qui, vous le savez, sont ma spécialité. »

                  Si le journaliste en question n’a que ça pour se défendre, l’expression « il n’est pas dans le caca ! » est tout à fait justifiée !

                  Donner accès à des informations vérifiables n’a rien à voir avec le prosélytisme. Chacun fait de l’espéranto ce qu’il en veut.

                  Autre source de découverte : Lernu —> http://eo.lernu.net/

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