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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Ô, rire, emporte nous vers ces rives...

Ô, rire, emporte nous vers ces rives...

A Propos de « La serva padrona » de Pergolèse, produit par le Théâtre de Chambre, et l’Ensemble Baroque de Provence, sous la direction de Virginie Kaeppelin au clavecin, avec les voix de Catherine Bocci (soprano) et Laurent Grauer (baryton), dans une mise en scène de Jean-Pierre Weil, opéra offert en clôture des journées du Théâtre de chambre, Salle de la Bonne Fontaine, Forcalquier, dimanche 9 novembre 2008.

C’est un si petit opéra par la taille, mais si grand qu’il en crève l’ombre de la salle.

Les lumières s’éteignent, la scène seule demeure éclairée, dans une douce pénombre. Vespone vaque à ses affaires, vibrant de tout son mutisme. Les musiciens l’effraient. Il s’enfuit…

Tout est déjà là, dans ces premières minutes, dans ce pas de deux entre théâtre et musique où le quidam peut se reconnaître et ouvrir des yeux émerveillés…

Tout tient au jeu, à la voix. C’est du théâtre, du grand théâtre, mais du théâtre chanté, si bien chanté…

Nous sommes tous des enfants. Nous rions de cet Uberto qui sait si mal cacher ses sentiments, qui feint d’en vouloir à cette rouée de Serpina…

Il croit encore être le maître quand déjà son destin le fuit… Ce n’est plus lui qui tient les rênes.

Le premier acte nous laisse, dubitatif, sur le renversement du monde.

C’est elle, Serpina, qui tient le charroi du deuxième acte en haleine. Tout se termine dans la double danse des cœurs. Il ne s’agissait pas seulement de tromper, mais de s’émouvoir.

Savant entrelacement où la musique nous entraîne, accompagne, guide chanteurs, danseurs et public vers l’enchantement, dans le sobriété d’une mise en scène où tout est suggéré et compris par delà la barrière linguistique.

Alors, debout, on en redemande. On applaudit à tout rompre. Le miracle s’est produit. Une salle presque comble retrouve sa lumière. Chacun se reconnaît qui en Uberto, qui en Serpina, qui en Vespone, témoin muet d’une espièglerie qui tourne à l’avantage de l’amour. On repart vers nos rêves, amoureux, oui, amoureux de cet art, de ce travail, de cette finesse.

Si vous voyez, quelque part, à l’affiche « La serva padrona » de Pergolèse, par l’ensemble Baroque de Provence, allez-y. Vous pourrez vibrer un peu sous la baguette magique d’artistes authentiques qui viennent nous offrir leur bonheur de créer. Non, il n’est pas toujours bon bec que de Paris…

 

Xavier Lainé

Manosque, 11 novembre 2008

 

« La serva padrona » de Pergolèse sera a nouveau au programme le 16 novembre, à 17h30 à la médiathèque de Saint Etienne les Orgues ; le 23 novembre, à17h30, salle des fêtes de Lardier et le 14 décembre à 17h30, salle culture et loisirs de Montlaux, le tout dans le département des Alpes de Haute Provence.

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