La météo maussade de ce début août en Bretagne et les fortes pluies du jeudi 7 n’incitaient guère à l’optimisme pour le démarrage, le lendemain, de l’édition 2009 du Festival du Chant de Marin de Paimpol. Mais il est écrit, quelque part dans le grand livre des gens de mer, que rien, décidément, ne peut s’opposer au succès de la manifestation. Pas même les dieux du ciel qui, comme lors des précédentes éditions, ont bien voulu gratifier Paimpol de trois journées ensoleillées. Le temps d’une superbe fête inondée de musique sur fond de vieux gréements.
Pierre Morvan, président de l’AFCM (association organisatrice) et les centaines de bénévoles ont probablement dû pousser un soupir de soulagement en abordant la dernière soirée du festival. Car la météo est un élément primordial pour un évènement de ce type. Rien à voir avec les Vieilles Charrues dont les billets sont tous pré-vendus. L’édition 2009 s’est donc déroulée dans les meilleures conditions possibles et permettra certainement d’établir un nouveau record de fréquentation, nettement supérieur aux 120 000 spectateurs de 2007.
Les têtes d’affiche (dont j’avais annoncé la présence dans un précédent article) y sont évidemment pour quelque chose. On ne programme pas Marianne Faithfull, le Buena Vista Social Club, Youri Buenaventura, Alan Stivell ou Soldat Louis sans attirer la foule des amateurs de musique. Mais c’est également là que le bât blesse quelque peu. Car en élargissant la programmation bien au-delà des chants de marin et des habituelles musiques des pays de mer pour satisfaire une demande plus large, on s’expose à quelques déboires et à des attitudes déplacées dans le port de Paimpol.
Cela a été le cas avec Marianne Faithfull. Son talent n’est certes pas en cause, mais sa prestation, suivie vendredi par des milliers d’amateurs massés au pied de la grande scène Stan Huggil, a été caractérisée par une condescendance et un détachement palpables. À cent lieues de l’esprit de ce festival bon enfant où l’on vient souvent en famille ! Les photographes eux-mêmes ont été douchés par les exigences exprimées par l’artiste peu avant son entrée en scène, exigences en totale rupture avec la liberté d’action qui prévaut dans le vieux port du Goëlo.
En 2011, Paimpol organisera la 10e édition de son Gouel Kan ar Vartoloded (le nom du festival en breton) et il importera que Pierre Morvan et ses amis évitent l’écueil qui a détourné nombre de manifestations de leur esprit d’origine pour des motifs tenant plus du marketing que de la musicologie. De plus, l’enceinte du port n’est pas extensible et le recours à des noms toujours plus prestigieux risquerait de mettre physiquement en danger une partie du public : n’oublions pas que nous sommes dans un port et que les festivaliers circulent (y compris avec des poussettes) sur les quais, souvent au ras des quais et des pontons.
Le véritable esprit de Paimpol et son charme ne sont d’ailleurs pas dans les concerts des stars du show-biz international, mais bel et bien dans les prestations de tous ces groupes amateurs ou semi-professionnels venus parfois de fort loin nous faire découvrir leur culture musicale, nous amuser de leurs facéties ou nous tirer une larme à l’évocation des durs métiers de la mer. Le Festival du Chant de Marin, c’est avant tout les toniques polkas de Diatonik Penn ar Bed, le remarquable « Forban » des Brouilleurs d’écoute, l’hyper vitaminée « Pique la baleine » de Babord Amures, le dynamisme teinté de poésie des Québecois de Moules Marinières ou les claquements de pieds de leurs « chums* » vêtus de noir, les Charbonniers de l’Enfer.
C’est aussi les impeccables prestations de Vent de Noroise, Taillevent, Cabestan, Djiboudjep ou les Kanerien Trozoul. Sans oublier l’incontournable Canadien Tom Lewis, les Souillés de fond de cale (les régionaux de l’étape) et tous les autres, connus ou inconnus, unis dans l’amour et le respect d’une culture maritime si particulière et si attachante.
Un grand merci aux organisateurs de ce Festival, à tous les artistes, à tous les bénévoles qui l’ont rendu possible, et à ces infatigables travailleurs de l’ombre sans qui rien ne pourrait exister : les intermittents du spectacle. Et un grand merci pour terminer aux formidables New Yorkaises du groupe Johnson Girls dont les voix puissantes et les chants a capella ont éclairé cette édition et enthousiasmé les festivaliers paimpolais. Un enthousiasme partagé par ces dames de la Grosse Pomme : « The best maritime festival in the world ! » a déclaré la sympatique Allison. Et elle était sincère. De l’avis même des Québecois venus en droite ligne de Saint-Jean-Port-Joli où se déroule chaque année un rassemblement du même type.
Kenavo, ar wech all ! (Salut, à la prochaine !)
* potes, copains

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Merci pour cette précision linguistique, Asinus, et bonne soirée !
12/08 19:21 - fergusvirioned oups ! ar wirionez j ai ecrit phonétiquement litéralement "tu es dans le vrai ou tu (...)
12/08 19:13 - ASINUSRéflexion faite, je reconnais que tu as raison pour ce qui est des anglicismes et de leur (...)
12/08 18:57 - fergusFergus, tu connais mieux que moi les groupes du Québec. Tu viens de me mettre la puce à (...)
12/08 18:10 - andréBonjour, André, et merci pour ce commentaire chaleureux. J’ai pris un réel plaisir (...)
12/08 14:23 - fergusAffaire à suivre. Bon courage !
12/08 14:08 - fergus
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