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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Paris au temps des abattoirs

Paris au temps des abattoirs

Le 4 juin se tiendra à Paris, en déclinaison d’une action mondiale, une marche pour un projet utopique : la suppression de tous les abattoirs sur la planète. Une éventualité qui ne concernerait pas la capitale française : il n’y a plus d’abattoirs dans Paris depuis la fermeture définitive des établissements de la Villette en 1974, puis de Vaugirard en 1978...

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Il a fallu attendre le début du 19e siècle pour que soient enfin bâtis des abattoirs dans la capitale. Auparavant, les animaux étaient amenés jusque dans la ville. Là, ils étaient tués puis apprêtés – dans des cours ou des hangars – à proximité des boucheries ou des marchés de viande, le plus souvent dans des conditions d’hygiène déplorables. La toponymie de la voirie était explicite à l’égard de cet usage comme en témoignaient autrefois les rues de l’Écorcherie, de la Tuerie ou de la Triperie. Et si ces noms sonnaient désagréablement aux oreilles des bourgeois parisiens, ce n’était rien en regard des odeurs de sang ou de suif fondu qui flottaient dans l’air. Sans compter les fluides qui ruisselaient puis séchaient sur des chaussées insalubres, ou les blessures occasionnées aux passants par des animaux affolés ayant échappé à la masse et au couteau des tueurs, comme le soulignait en 1781 Louis-Sébastien Mercier dans son Tableau de Paris.

Longtemps différée, la construction du premier abattoir intervient à partir de 1810. Cette année-là, Napoléon 1er décide (par décret du 9 février) de mettre fin aux mises à mort dans les rues de Paris en interdisant l’accès des animaux au cœur des quartiers de la capitale. Dans ce but, il impose que soient créées « cinq tueries » hors de l’enceinte de la ville, alors délimitée par le Mur des Fermiers généraux. Le projet est aussitôt mis en œuvre, et les cinq abattoirs sont édifiés entre 1810 et 1818. Ils ont pour nom : Grenelle, Montmartre, Ménilmontant, Le Roule et Villejuif*.

Le temps passant, la ville continue de s’étendre, et l’édification de l’enceinte d’Adolphe Thiers entre 1841 et 1844 (approximativement les limites actuelles de la capitale) a pour effet de réintégrer dans Paris intra-muros les abattoirs « napoléoniens ». Sont également concernées quelques « tueries » privées qui se retrouvent elles aussi enserrées entre les deux enceintes. La suppression de ces « tueries » entraîne la construction de trois nouveaux abattoirs : les Batignolles, Belleville et La Villette. Cela porte à dix le nombre de ces établissements, sans compter deux plus modestes abattoirs à porcs : les Fourneaux et Château-Landon.

En 1859, le nombre des abattoirs est jugé trop élevé par les autorités. Pour remédier à la dispersion de l’activité en différents quartiers de la capitale et favoriser l’acheminement des animaux, la décision est prise, sur proposition du baron Haussmann de fermer tous les établissements existants pour les regrouper en un lieu unique : les Abattoirs généraux de La Villette, au nord-est de la ville. La construction de cet immense ensemble est, pour l’essentiel, confiée à l’architecte Jules de Mérindol, un élève du célèbre Victor Baltard qui a signé l’avant-projet. Principalement construits en 1865 et 1866, les nouveaux pavillons flambant neufs sont inaugurés le 5 janvier 1867 avant même la fin des travaux qui se poursuivent jusqu’en 1868. Tous les autres abattoirs sont détruits, à l’exception des Fourneaux et de Villejuif qui perdurent respectivement jusqu’en 1899 et 1902.

De l’argomuche au louchebem

Le nouvel abattoir jouxte un immense marché aux bestiaux ; l’ensemble, d’une superficie de 55 hectares, est desservi par deux gares situées de part et d’autre du canal de l’Ourcq sur la ligne de Petite ceinture : Paris Bestiaux, dédiée au marché attenant aux abattoirs, et Paris Abattoirs, qui amène au plus près des installations les animaux condamnés à finir dans l’assiette des Parisiens. Qui plus est, la situation en bordure du canal permet d’acheminer les viandes au cœur de la capitale, via les eaux de l’Ourcq et de la Seine. 

On compte aux Abattoirs généraux de La Villette 150 « échaudoirs » (lieux d’abattage). Dès les premiers temps d’exploitation, près de 11 000 bovins, ovins et porcins sont abattus chaque jour sur le site ! L’ensemble appartient à la Ville de Paris, et ce sont les employés d’une conciergerie qui ont en charge les clés des échaudoirs où les « chevillards » viennent procéder aux abattages. Curieuse corporation que celle-là : au fil du temps s’y s’est installée une hiérarchie des tueurs d’animaux. En haut de l’échelle se situe le boeuftier dont la noble tâche consiste à occire les bovins ; puis viennent le veautier et, un rang au-dessous, le moutonnier ; quant au gargot (l’abatteur de porcs), il ferme la marche, victime de la réputation de l’animal qu’il doit saigner. L’autre particularité du site est le « louchebem », cette variété d’« argomuche » qui permet aux employés des abattoirs de communiquer sans être compris des non-initiés. Ainsi vit la « Cité du sang », dans le terrible silence des bêtes mises à mort alors que, de l’autre côté du canal, résonnent les mugissements, les bêlements et les grognements des animaux parqués dans les immenses halles du marché dans l’attente du supplice.

Malgré la taille de cet établissement, les besoins de Paris ne cessent d’augmenter. Au point que les autorités décident, dès 1896, d’ouvrir un autre site : les Abattoirs généraux de Vaugirard sur d’anciens vignobles situés dans la partie sud-ouest de la capitale. Construits par l’architecte Ernest Moreau entre 1894 et 1897 et inaugurés par le président Félix Faure, les bâtiments se répartissent sur une superficie de 25 hectares. Comme à La Villette, le site est desservi par une gare de la Petite Ceinture. L’établissement connaît une activité d’autant plus importante que, dès 1904, s’ouvre un abattoir hippophagique ; c’est là en effet que sont désormais tués puis apprêtés les chevaux, ânes et mulets destinés à la consommation des Parisiens.

Les buveurs de sang

Dans les années soixante, les établissements sont devenus vétustes et ne correspondent plus aux standards d’organisation de la filière viande. Un projet de reconstruction de La Villette est mis sur pied, et des travaux engagés dès 1961. Mais les sommes nécessaires sont considérables. En outre, la modernisation et le développement des transports frigorifiques facilitent l’acheminement des carcasses depuis les sites d’abattage situés au plus près des lieux d’élevage, ce qui obère la rentabilité prévisionnelle du site. Peu à peu, le constat se révèle implacable ; dès lors, la reconstruction tourne au scandale financier national. Pour éviter un désastre total, le chantier est définitivement arrêté en 1971. Trois ans plus tard, le 15 mars 1974, les Abattoirs généraux de La Villette ferment définitivement leurs portes.

Les temps ne sont décidément plus à l’abattage dans les grandes villes : entre 1976 et 1978, les Abattoirs généraux de Vaugirard cessent eux aussi progressivement leurs activités. L’ensemble des bâtiments est démoli, à l’exception des pavillons d’entrée qui accueillaient notamment la conciergerie et l’octroi. Ont également survécu le beffroi qui dominait la criée et, juchés sur de hauts socles de pierre de part et d’autre de l’ancien portail, les deux superbes taureaux sculptés par Isidore Bonheur, le frère de la célèbre peintre Rosa Bonheur, elle-même très inspirée par la représentation animale. De nos jours, une grande partie du site est occupée par un parc dédié à Georges Brassens. Le théâtre Silvia Monfort y est également installé.

Des vestiges, il y en a également à La Villette, nettement plus nombreux qu’à Vaugirard. Ce sont principalement des bâtiments, et surtout la superbe Grande Halle, désormais dédiée aux activités culturelles après avoir abrité autrefois la « Halle aux bœufs » sur ses 20 000 m² de métal et de verre. Tout près de là subsiste également la Fontaine aux lions de Nubie, Installée là en 1867, en provenance de l’actuelle place de la République, elle servait naguère à abreuver les bovins. Un peu plus loin se dressent encore la rotonde du fondoir à suif, dite « Maison des vétérinaires » et l’ancienne horloge. Outre la Grande Halle, l’ensemble du site est, dans un parc propice à la promenade sous les frondaisons ou les berges du canal de l’Ourcq, dédié à la culture : on trouve là en effet la Philharmonie de Paris, le Zénith, la Cité des Sciences et de l’Industrie, sans oublier la spectaculaire boule métallique géante de la Géode

Les abattoirs disparus, ce sont désormais les promeneurs et les amateurs d’art et de culture qui ont pris possession de ces lieux. Et rares sont, parmi eux, ceux qui ont une pensée pour les millions d’animaux qui ont péri là, dans les anciens abattoirs, de la main des chevillards avant d’être livrés aux couteaux et aux scies des bouchers. Et combien, parmi ces visiteurs, savent que l’on venait autrefois à La Villette ou à Vaugirard, boire le sang chaud des bœufs ? Certes, ces « buveurs de sang » étaient principalement des phtisiques ou des anémiques auxquels cette thérapie avait été recommandée. Mais l’on trouvait également parmi eux quelques bourgeoises convaincues que ce régime leur donnerait bon teint.

Ces dernières ont changé de traitement : désormais, ce sont les crèmes à la bave d’escargot qui ont la cote. Encore des animaux à cornes ! 

Contrairement à ce que laisse supposer ce nom, cet abattoir était situé sur l’actuel boulevard de l’Hôpital.

 

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62 réactions à cet article    


  • Riguidel (---.---.65.117) 6 mai 2016 19:20

    Bonjour Monsieur, L’ abbattoir de grenelle était à l’intérieur du mur des fermiers géneraux entre la rue Perignon, l’avenue de Saxe, l’avenue de Breteuil et l’avenue de Suffren, la fontaine qui servait à l’abbatoir existe toujours sur la place Mulot. Les bourgeois du douxiéme arrondissement à l’époque d’Haussmann ne voulurent pas de l’abbatoir dans leur arrondissement alors ils firent découper les arrondissemnts entre le septiéme et le quinziéme en ne suivant pas le mur des fermiers generaux mais en suivant la rue des Paillassons (Pérignon) qui menait à la porte des Paillassons.

    Bien à vous Jean Ridel


    • Fergus Fergus 6 mai 2016 20:13

      Bonsoir, Riguidel

      Merci pour ces précisions. Le fait est que l’abattoir de Grenelle était bien situé à l’intérieur du mur des Fermiers généraux.


    • alinea alinea 6 mai 2016 22:26

      Je note que les lieux de culture ont hérité des lieux d’abattage ou bien de friches industrielles !!
      moi j’ai pensé aux bêtes quand je suis allée à La Villette ; il faut dire que ce n’était pas très longtemps après le changement d’affectation.
      Ce que je retiens, c’est la quantité de barbaque que les humains avalent ! impressionnant. Aujourd’hui on est plus « pudique », on vend la viande en tranches sous blister, on ne voit plus les cochons courir dans les rues !!! je pense que si on recommençait à tuer les vaches sur le trottoir, il y aurait peut-être moins de carnivores !!


      • Xenozoid Xenozoid 6 mai 2016 22:36

        @alinea


        moi cela me fait toujours penser a la domestication,la difference entre tuer et manger le meurtre,il y a du cannibalisme dans la chose ,je vous dit et le pouvoir le sait si on l’égorgeait dans la rue il ne serais plus gratuit.....

      • Xenozoid Xenozoid 6 mai 2016 22:39

        @Xenozoid 

        et on a jamais tué autant d’animaux qu’a notre époque,pudique est une diversion bourgeoise pour eviter la messe,les pôvres

      • Fergus Fergus 6 mai 2016 22:42

        Bonsoir, alinea

        « les lieux de culture ont hérité des lieux d’abattage ou bien de friches industrielles !! »

        Une belle manière de les réhabiliter, non ? Et cela , que ce soit à Paris, Marseille, Londres ou Berlin.

        Moi aussi, j’ai pensé aux animaux à plusieurs reprises en allant à la Cité des Sciences ou à la Philharmonie. Cela fait d’ailleurs longtemps que je projetais d’écrire un article sur les abattoirs.

        « si on recommençait à tuer les vaches sur le trottoir, il y aurait peut-être moins de carnivores !! »

        Sans aucun doute. Mais ce genre de pratique remonte à très loin.

        En revanche, j’ai vu du sang couler dans les caniveaux de la Goutte d’Or il y a près de 50 ans parce qu’il était exceptionnellement toléré d’égorger des moutons pour la fête de l’Aïd. Inimaginable aujourd’hui, fort heureusement !


      • alinea alinea 6 mai 2016 22:48

        @Fergus
        Pourquoi fort heureusement ? Si on y réfléchit, plus on s’éloigne du réel, plus on le rend atroce mais comme on ne le voit pas, tout baigne !
        Je ne dis pas que je serais à même de recevoir dans mes bras une vache ensanglantée à un détour de rue, mais le rapport des anciens au réel était, finalement, plus assumé, donc, plus sain, non ?
        Du coup on ne parle pas d’un monde sans abattoir, donc un monde d’humains végétariens ! l’imaginer est une gageure aujourd’hui.


      • Fergus Fergus 6 mai 2016 23:06

        @ alinea

        Le sang d’animaux égorgés dans la rue, non décidément je ne pourrais pas m’y faire. Et d’autant moins que je n’ai jamais pu me faire aux égorgements de porcs ou de brebis en Auvergne, du réel pourtant, pratiqué dans ma propre famille.


      • foufouille foufouille 6 mai 2016 23:31

        @alinea
        tu as l’inde qui a de nombreux végétariens mais c’est pas mieux. une loi va obliger les fabricants de téléphones portables a ajouter un bouton d’urgence tellement les agressions sont nombreuses, surtout de femmes ..............


      • alinea alinea 7 mai 2016 00:10

        @foufouille
        L’Inde est un pays de fous maintenant, mais ça n’a rien à voir avec le végétarisme ! juste une transition qui n’ a pas eu lieu...


      • alinea alinea 7 mai 2016 00:12

        @Fergus
        C’est là toute notre ambivalence ! nous devrions, comme les anciens, être capables de tuer la bête qu’on mange ; cet éloignement du réel est ce qui nous perd !


      • foufouille foufouille 7 mai 2016 00:17

        @alinea
        ça ne les a pas rendu meilleurs en tout cas.
        -
        et non tous les anciens ne tuaient pas les animaux, il faut aussi savoir vider l’animal correctement.
        c’était un métier.
        sais tu fabriquer un ordinateur ou une voiture ?


      • Fergus Fergus 7 mai 2016 09:03

        Bonjour, Xenozoïd

        « on a jamais tué autant d’animaux qu’a notre époque »

        Certes, mais c’est lié à l’augmentation de la population mondiale car dans les pays occidentaux, notamment en Europe, la consommation de viande est en baisse constante. Dans quelques décennies, il est probable que les autres pays suivront le même chemin après avoir atteint un pic de consommation.


      • Fergus Fergus 7 mai 2016 09:11

        Bonjour, foufouille

        « il faut aussi savoir vider l’animal correctement. »

        Exact, et cela les paysans le faisaient autrefois. Après quoi, ils apprêtaient eux-mêmes les carcasses et en tiraient le maximum. Mais cela ne faisait pas d’eux des bouchers. C’est pourquoi ils ont progressivement pris l’habitude de confier à un professionnel un animal dédié qui leur était partiellement rendu sous forme de quartiers préparés. L’étape suivante a été l’abandon définitif de ces pratiques, excepté pour les petits animaux, genre lapins et volailles. C’est du moins l’évolution que j’ai connue en Auvergne, et dont j’ai constaté en venant en Bretagne qu’elle avait été la même.


      • Fergus Fergus 7 mai 2016 09:54

        Bonjour, alinea

        « nous devrions, comme les anciens, être capables de tuer la bête qu’on mange ; cet éloignement du réel est ce qui nous perd ! »

        Dans les temps reculés, tous les hommes étaient évidemment capables de tuer, de dépecer et de vider les animaux destinés à leur alimentation. Mais à cette époque, je crois savoir qu’ils passaient nettement moins de temps dans les embouteillages, dans un bureau ou un atelier, ou à surfer sur des supports numériques. smiley

        Je ne crois pas que nous soyons perdus pour autant. A cet égard, Foufouille a raison de parler de mécanique. Lorsque j’étais enfant, tous les paysans d’Auvergne que je connaissais - y compris dans ma propre famille - étaient polyvalents : à l’aube des années 60, ils savaient tuer les bêtes, mais également réparer les tracteurs ou bâtir une porcherie de leurs mains.

        Fallait-il rester sur un modèle figé comme les Amish ? Non, évidemment, et c’est pourquoi les métiers se sont progressivement spécialisés.

        On peut regretter les touche-à-tout à l’ancienne car ce mode de vie était riche d’expériences, et une formidable école pour les jeunes. Mais il faut vivre avec son temps, et s’il est pétri de défauts, il apporte également des avancées technologiques qui font la joie des plus jeunes. 


      • Iren-Nao 7 mai 2016 10:33

        @alinea
        Je suis bien de votre avis, bien que amateur de viande, ma santé me porte au végétarisme dont en vérité je ne me plains pas, bien au contraire..
        Bien que Réac assume, j’ai peu de gout pour la chasse et s’il m’est arrive de zigouiller des poulets je n’aime pas trop cela. Mais un poulet rôti, j’adore.
        Mais ne pas assumer nos gestes est un mal du siècle ou l’on assume plus grand chose, désormais on continue a tuer comme avant mais on sait rendre la chose virtuelle ou trafiquer les statistiques.
        Et se voiler la face on connait.
        Iren-Nao


      • mmbbb 7 mai 2016 11:20

        @Fergus A Lyon les abattoirs etait dans le 7 eme Seul subsiste comme a Paris la halle Tony Garnier, monument classe a cause de sa charpente métallique rivetée et ses frontons en peirre de taille Cette enceinte etait destinée au marche des betes Elle est dévolué aux concerts entre autre Mais l’acoustique ne convient pas helas et comme a Paris, la ou fut saigne tant d’animaux, désormais , le tout a été recouvert d’un ensemble immobilier J’appartiens a une géneration campagnarde, ou le lapin etait zigouille le matin et servi a midi Nous mangions néanmoins avec appétence. Le boucher du village pouvait tuer les bovins A la sortie de l’ecole, nous plongions la tête dans ces tonneaux destiné a l’’ équarissage. Lors des leçon de chose, la maitresse sortait de sa poche de sa blouse un oeil de boeuf et comme dans le film de Bunuel, elle le decoupait afin que nous prenions des notes et faisions des croquis sur cette merveille de la nature. Elle rapportait lors d’une autre leçon, un flacon de sang Inimaginable aujourd’hui En Bresse le cochon était saigné en décembre, les paysans m’invitait a manger le boudin et le fromage de tête Au printemps, le cochon conservé au saloir etait servi , Du goût authentique. Par ailleurs nous appartenions a cette génération ou nous mangions les abats La triperie est désormais presque absente des villes Ces abats que les personnes ne consomment presque plus servent a la nourriture pour animaux . Une autre époque.Il est vrai que désormais le citadin est coupe de cette réalité Une sociéte aseptisée ou la population consomment burger saucisse a outrance etc Je ne suis pas obése et je marche beaucoup il est vrai que cette nouvelle generation qui benéfice de ces progres, souffre néanmoins de la mal bouffe Les chinois idem


      • Fergus Fergus 7 mai 2016 11:24

        Bonjour, Iren-Nao

        « ne pas assumer nos gestes est un mal du siècle ou l’on assume plus grand chose »

        Assumer de tuer les animaux que l’on va consommer, cela revient à revenir à des pratiques dépassés. A cet égard, on peut également armer son bateau pour aller pêcher le cabillaud et la sardine, bâtir sa maison sans se soucier de gaz et d’électricité, construire son char à bancs pour l’atteler à des bœufs, s’auto-soigner par les plantes, et communiquer par le télégraphe Chappe...

        Il y a eu l’ère agricole, puis l’ère industrielle, et nous sommes désormais dans l’ère numérique. Vouloir figer les mœurs et les modes de vie n’a pas plus de sens que s’habiller tous les jours de costumes folkloriques du 19e siècle.

         


      • Fergus Fergus 7 mai 2016 11:41

        Bonjour, mmbbb

        J’ai vu un jour la halle Tony Garnier en me rendant à Gerland, mais je n’y suis jamais entré. Jolie façade. Le fait est que ce genre de salle possède une acoustique médiocre. Cela peut sans doute passer pour du rock ou de la variété, mais pas pour du classique. Il est vrai qu’entre l’Opéra et le superbe Auditorium, la ville est bien équipée.

        Pour ce qui est de cette vie rurale que vous décrivez, c’est très exactement celle que j’ai connue dans ma jeunesse en Auvergne. A ce détail près que je n’ai jamais pu m’habituer aux abats, et pas même au boudin que je confectionnais pourtant lorsque nous tuions le « Moussu » (le Monsieur), autrement dit le cochon. De l’authentique, certes, mais également des conditions de conservation pas toujours très hygiéniques.

        Merci pour votre commentaire.


      • mmbbb 7 mai 2016 13:24

        @Fergus J’appartiens a une generation charnière Les générations me précédant n’étaient pas dans cette société d’abondance et beaucoup avaient connu la disette pendant la guerre Il y a avait un respect pour la nourriture et surtout la viande. La gaspiller etait un sacrilège Quant aux abats j’apprécie la tripe, plat des canuts ( tabliers des sapeurs ) a Lyon Plat simple mais roboratif A cette époque il fallait de l’energie. Quant à votre article, je me souviens d’avoir feuillété un livre de DOISNEAU sur le Paris des année 60 70 Cette image, trois ouvriers en tablier sanguinolent a un comptoir buvant un verre et ecoutant une fille chantant. 


      • Fergus Fergus 7 mai 2016 13:47

        @ mmbbb

        Je vois très bien cette photo réalisée au bar La tartine à La Villette : il s’agissait de bouchers de l’abattoir.

        Petite séance nostalgique : Je me souviens, ou les images sépia de l’enfance du gamin que j’étais à Paris lorsque ce n’était pas en Auvergne, par exemple pour la batteuse : 1957 : jour de batteuse.

        « Il y a avait un respect pour la nourriture et surtout la viande. La gaspiller était un sacrilège »

        En effet. Et c’était une vraie valeur éducative qui manque cruellement aujourd’hui.


      • Abou Antoun Abou Antoun 7 mai 2016 13:59

        @alinea
        Excellente réflexion, alinea !
        Exemple vécu : J’ai été obligé de tirer quelques lapins sauvages qui dévastaient mon potager. J’ai été incapable de les dépouiller et de les manger.
        Je mange pourtant du lapin, acheté au supermarché ...


      • Croa Croa 7 mai 2016 15:28

        À Fergus « la consommation de viande est en baisse constante. »
        Oui mais c’est là un constat très récent après plusieurs décennies d’augmentation de cette consommation (et aussi des produits laitiers.)


      • Fergus Fergus 8 mai 2016 09:30

        @ Croa

        Pour être relativement « récent », le phénomène n’en est pas moins significatif dans la mesure où il touche notamment les jeunes dont la mode de consommation sera différent de celui de leurs parents. Qui plus est, jamais il n’y a eu autant de mises en garde sanitaires contre les fortes consommations carnées.


      • Le p’tit Charles 7 mai 2016 07:40

         Abattoirs fermés, reste la pollution à Paris qui fait autant de mort que ces tristes lieux...mais il reste les légumes..mais là encore je suis obligé de fermer les yeux et de boucher mes oreilles pour couper une tomate..les cris d’agonie me sont insupportable... !


        • Fergus Fergus 7 mai 2016 09:30

          Bonjour, Le p’tit Charles

          Houla, attention aux idées reçues !

          La ville de Paris est certes trop polluée, même si les taux d’agents nocifs y sont nettement moins élevés que dans d’autres mégapoles et que dans la plupart des villes d’Asie qui atteignent des sommets en la matière.

          Pour autant, la mortalité liée à cette pollution reste heureusement très limitée. Au point que Paris est le département de France où l’espérance de vie est la plus élevée devant les Hauts-de-Seine et les Yvelines, l’Aisne, le Nord et le Pas-de-Calais fermant la marche loin derrière ! (cf. tableau Insee 2012).




        • Le p’tit Charles 7 mai 2016 09:49

          @Fergus...article sur le Figaro....À chaque ville sa pollution. L’Atlas de la France toxique(Editions Arthaud) publié par l’association Robin des Bois, recense toutes les formes de pollution qui touchent la France, à travers trente-six cartes qui reviennent sur la pollution nucléaire, chimique et toxique. On y découvre que la ville de Paris compte le plus de déchets radioactifs, provenant surtout des laboratoires médicaux....Bon appétit.. !


        • Le p’tit Charles 7 mai 2016 09:53

          @Fergus...Vous faites confiance a l’insee pour ces chiffres.. ?..moi pas ce site magouille tous les chiffres même ceux du chômage et de la dette.. !


        • Fergus Fergus 7 mai 2016 09:59

          @ Le p’tit Charles

          Les chiffres de l’Insee sur le sujet sont confirmés par les études de l’Assistance publique. Qui plus est, l’intérêt de truquer une telle statistique est nul !


        • Le p’tit Charles 7 mai 2016 10:53

          @Fergus...C’est bien de croire encore au père noël.. !


        • Fergus Fergus 7 mai 2016 11:12

          @ Le p’tit Charles

          Croyez-moi, je suis très loin de croire au Père Noël.

          Pour autant, il est un fait indubitable que l’espérance de vie n’a cessé de croître, et de manière spectaculaire depuis quelques décennies.

          En grande partie grâce à une meilleure hygiène de vie et une alimentation en recul gustatif mais en progrès sanitaire, malgré ce qu’on nomme à juste titre la « malbouffe », malgré les pesticides, malgré les fongicides.

          Cela peut sembler un paradoxe, et ça l’est indiscutablement, mais c’est une réalité que l’on ne peut nier.


        • mmbbb 7 mai 2016 11:44

          @Fergus ce sont surtout les progres de la science qui sont a l’origine de ce recul de la mortalite.Quant a la mal bouffe, il n y a pas assez de recul, de statistiques sur plusieurs generations Dans l histoire de l humanite c’est un phenomene récent et en france c est depuis les annees 70 que le virage a ete pris depuis l industrialisation de l’agriculture . il est evident que c’est un fléau Aux USA dans quelques annees les obeses representeront plus de 50 % de la population. Ne feignez pas de vouloir croire qu une personne obèse ( comme il est coutumier d’en voir dans les rues ), qui est oblige de se bourrer de medicaments pourra vivre centenaire. Les maladies cardio vasculaire sont une des premieres causes de mortalite C’est la science et les nouvelles molecules qui permettent aux organisme de survivre Cela fait marcher les labos , s il faut etre cynique l’ecomonie tourne ainsi .


        • Fergus Fergus 7 mai 2016 12:04

          @ mmbbb

          Bien évidemment les progrès de la science jouent un rôle déterminant.

          Pour autant, si « malbouffe » il y a - et je le déplore -, il faut se souvenir des nombreux cas de botulisme, d’intoxications alimentaires, et de carences diverses* que l’on connaissait dans les années 50 et 60.

          Cela dit, le fait est que l’obésité est un vrai problème, lié notamment au excédents de graisses et de sucres. Mais cela concerne encore assez peu la France, malgré une augmentation préoccupante chez les jeunes. Or, c’est de notre pays que je parlais, pas des Etats-Unis.

          * Il y avait encore des cas de scorbut dans les années 50 !


        • foufouille foufouille 7 mai 2016 13:09

          @Fergus
          le scorbut existe toujours dans le cas des suites d’une opération ou d’un effet secondaire d’un médicament. le médecin n’admet simplement pas le problème ou n’a pas connaissance du traitement à prescrire.


        • foufouille foufouille 7 mai 2016 13:10

          @foufouille
          opération des intestins et/ou du pancréas.


        • Le p’tit Charles 7 mai 2016 13:11

          @Fergus....Il y a longtemps que je ne fais plus confiance dans nos institutions...et leur morale à deux balles...Quand l’avion va se poser à Orly, nous survolons un nuage blanc de pollution sur Paris..Il est même difficile de voir la ville nettement...mais bon si ce n’est pas de la pollution, se doit être de la décoration de la maire de la ville.."Le poids des émissions de l’agglomération parisienne est très important pour tous les polluants considérés et s’amenuise à mesure qu’on s’éloigne de Paris intra-muros....

          La prépondérance de l’agglomération parisienne s’explique essentiellement par la densité de ses émissions, concentrées sur une surface relativement restreinte....

          • 73 % des oxydes d’azote (NOx).
          • 68 % des hydrocarbures (COVNM).
          • 60 % des particules PM10.....Par rapport aux gaz à effet de serre, elle est responsable de 77 % des émissions régionales de dioxyde de carbone (CO2 ).....Ainsi la part des émissions liées au trafic routier et au secteur résidentiel et tertiaire est plus importante dans les départements les plus urbanisés, comme Paris ou les Hauts-de-Seine, que dans les départements plus ruraux, ....Le trafic routier en Île-de-France est responsable :
            • De plus de la moitié des émissions d’oxydes d’azote (NOx) régionales, dont 94 % proviennent des véhicules diesel.
            • De plus d’un quart des émissions directes de particules PM10 et PM2,5, dont 96 % des émissions à l’échappement proviennent des véhicules diesel.
            • De 14 % des hydrocarbures (composés organiques volatils, COVNM), dont 81 % proviennent des véhicules essence.
            • Et de 32 % des émissions directes de GES de la région.....Source Air parif...

        • Fergus Fergus 7 mai 2016 13:18

          @ foufouille

          Oui, mais ce scorbut n’est pas lié à des carences alimentaires comme on en connaissait naguère.


        • Fergus Fergus 7 mai 2016 13:26

          @ Le p’tit Charles

          « Quand l’avion va se poser à Orly, nous survolons un nuage blanc de pollution sur Paris »

          Cela peut arriver, mais ce n’est pas fréquent ! J’ai moi-même souvent décollé et atterri à Paris et je n’ai que très rarement constaté ce nuage de pollution. En fait, il n’est présent que lors des périodes de canicule et d’absence de vent.

          Paris, j’y ai en outre habité durant des décennies, et je sais par expérience qu’il y a de nombreuses périodes de temps parfaitement clair, ce que peuvent également apprécier mon fils et sa famille qui y vivent et qui ont reçu pour le Noël de l’un de mes petits-fils un télescope pour observer les étoiles (même si l’exercice est moins aisé qu’en province à cause de la pollution... lumineuse).

          En réalité, Paris est moins polluée que les villes du nord et celle du sillon rhodanien.


        • mmbbb 7 mai 2016 13:34

          @Fergus Je l ignore pas Ces campagnes d’inforamation actualité PATHE ou les gamins etaient obliges de boire du lait . Mais cet agriculture moderne nous a fait basculer dans l’autre extreme.


        • Fergus Fergus 7 mai 2016 13:49

          @ mmbbb

          « cette agriculture moderne nous a fait basculer dans l’autre extremMerie. »

          Hélas ! Merci, la FNSEA ! smiley

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