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Paris : La colonne Médicis, vestige trop peu connu

Elle est si bien intégrée au paysage du premier arrondissement de Paris, qu’elle reste relativement méconnue des parisiens, mais aussi des passants occasionnels. La colonne de Médicis, qui a résisté au temps et à la destruction d’une façon quasi miraculeuse, faisait originellement partie de l’hôtel de la Reine, construit à la demande de la reine Catherine de Médicis.

Les raisons de sa construction ne sont pas bien déterminées. Un monogramme inscrit sur la colonne, présentant un H et un C entrelacés, laisse penser qu’il s’agit d’une colonne commémorative, mais des biographes s’accordent pour dire qu’elle servait plus particulièrement à la reine et à son astrologue pour observer le ciel, ce qui attire encore aujourd’hui des curieux la mémoire de Cosimo Ruggieri, l’astrologue de la reine.

La colonne est creuse, haute de 31 mètres et large de 3 mètres. A l’intérieur un escalier de 147 marches permet de monter en haut de l’édifice qui n’est guère ouvert aux visiteurs. A son sommet, une plateforme de quatre mètres sur quatre mètres indique à chacun de ses côtés un point cardinal. La colonne communiquait directement à l’hôtel de la reine par une porte. La reine aurait interrompu la construction du palais des tuileries avant de s’y installer, suite à la prédiction de son astrologue, lequel lui aurait annoncé qu’elle mourrait près de Saint-Germain, ce qui lui fit, selon certains biographes, éviter comme la peste toute résidence à proximité des sites portant ce nom.

L’époque de Catherine de Médicis est en effet largement traversée de superstition. Côme Ruggieri sera, plus tard dans sa vie, poursuivi pour sorcellerie, suite à un complot, et une figurine de cire de sa composition sera trouvée, figurine à l’effigie du roi Charles IX, ce qui le compromettra d’autant plus que la santé du roi est faible au moment de l’affaire. Il conservera cette mauvaise habitude de planter des aiguilles dans des figurines de cire par la suite, ce qui lui vaudra de nouveaux problèmes. C’est aussi l’époque du bien connu Nostradamus, que la reine aurait rencontré et qui lui aurait prédit, à l’aide d’une étrange roue, la durée des règnes de ses fils.

La reine ne se trouvait pas à Saint Germain le jour de sa mort : elle était à Blois. Mais l’Histoire est parfois ironique, si la prédiction n’est pas une légende poétique de ses biographes. Lorsque Catherine de Médicis demanda son nom à son confesseur, appelé pour lui donner l’extrême onction, elle s’entendit répondre : Julien de Saint-Germain.

Le quartier des halles changent à plusieurs reprises d’aspects, mais la colonne reste. C’est monsieur de Bachaumont, chroniqueur du XVIII ème siècle, qui l’achètera en 1748, la sauvant de la démolition qui lui était promise. Il l’offrira par la suite à la ville de Paris. Elle est aujourd’hui adossée à la bourse de commerce, au jardin des Halles et en sortant des transport en commun, les voyageurs passent devant, sans forcément y prêter attention.

Un cadran solaire avait été installé sur la colonne en 1764, à la demande du prévôt des marchands, mais celui-ci a depuis tout à fait disparu. Sa réhabilitation serait demandée, à l’occasion de la rénovation du jardin des Halles, par le Chef du Dpt astronomie-astrophysique du Palais de la découverte, également Président de la Commission des cadrans solaires et Chercheur associé au Syrte, Observatoire de Paris. Le cadran solaire était tout à fait remarquable et ce projet serait bien venu.

La tour attirait déjà à son époque la curiosité. Elle n’est plus aujourd’hui qu’un vestige insolite et finalement peu connu, mis à part des visiteurs avertis. Elle est aussi, pour les amoureux de Paris, un témoin de son Histoire, témoin encore debout. Peut-être un jour un romancier ou un scénariste aura-t-il le bon goût de la sortir de son quasi anonymat, pour en faire l’objet d’un film d’aventure exaltant, avec tout le mystère qui l’entoure. Le Louvres n’a-t-il pas déjà son fantôme ?

Voir ce site pour les photos de la colonne et pour les informations qui s’y trouvent.

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Paris : La colonne Médicis, vestige trop peu connu

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1 réactions à cet article    


  • alberto alberto 2 décembre 2008 15:48

    Sympa l’article !
    D’autant qu’il y ainsi dans Paris et ses environs ne nombreux monuments oubliés qui ont pourtant des liens bien solides avec l’Histoire...
    Et l’Histoire, c’est bien, car pour essayer de savoir où l’on va, il est parfois utile de savoir d’où l’on vient !
    Prochain rendez-vous ?
    Bien à vous.

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Blaise

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