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Petit cours d’art de rue : qu’est-ce que le Street-Art ?

Nous en croisons à chaque sortie, parfois sans même les voir... Tantôt ils nous agacent, tantôt nous laissent indifférents. Vivant à même le trottoir, ils ne sont pourtant pas malheureux puisqu’ils ont été conçus pour ça. Je veux parler des graffitis et de l’art mural. Si vous vivez en rase campagne, vous aurez très peu d’occasion d’en voir. Mais dans une grande ville, de Paris à Montpellier, les streets-artistes multiplient les concepts pour embellir, ou tout du moins métamorphoser les zones urbaines. Mais voyons un peu où s’arrête le vandalisme et où commence l’art.

Le tag

Commençons par le plus laid. Le tag, triste signature répétée à l’infini pour marquer son territoire tel un clébard urinant contre un arbre, est apparu aux U.S.A. puis s’est exporté en France. A la base très lié aux histoires de gangs, il est depuis devenu une sorte de défi : c’est à celui qui s’affirmera le plus. Moche et dégradant, le tag a investi les murs vers les années quatre vingt dix où il connu son apogée. Désormais plus marginal, on ne cesse cependant d’en croiser tant il est facile et rapide d’en tracer un. Ça pourrait être de l’art si c’était la signature d’une œuvre : or, là, il n’y a que la signature.

Le tag, ici dans son élément le plus cohérent...

Le graffiti

Beaucoup plus gros et travaillé qu’un tag, le graffiti est une signature à lettrage étudié, s’armant de couleurs. Bien souvent, force est de reconnaître que les graffeurs ne sont pas de grands artistes et se contentent d’appliquer à la lettre, c’est le cas de le dire, des structures apprises par cœur. Certains font cependant preuve d’un vrai talent et d’une imagination authentique.

Du graffiti plat et bêtement technique...


...au graffiti recherché et artistique.

Le street-art

Terme fourre-tout, le street-art est l’art d’interpeller le passant par un dessin ou un message créatif. Ses techniques sont nombreuses : pochoir, autocollant, affiche, peinture au pinceau, volume... tout est permis. Véritable alternative à l’agression publicitaire, le street-art a gagné de plus en plus de terrain au fil des ans, jusqu’à sortir de l’underground pour pénétrer les galeries et le marché de l’art. Parmi les artistes les plus notables, notons...

- Miss-Tic, la parisienne : des pochoirs inspirés de photos de mode et accompagnés de messages poétiques, bien souvent des jeux de mots sensuels sur le désir féminin et masculin.

- Banksy, le britannique : véritable star de l’art de rue, il s’est illustré par des images surprenantes, teintées de politique et d’humour.

- Invader, le... rouennais (selon mes sources) : auteur de milliers de personnages du jeu Space Invader, réalisées en volume sous forme de mosaïques puis soigneusement collées.

- Swoon, l’américaine : des affiches découpées d’une incroyable beauté.

Différents styles

On peut distinguer trois genres de street-art.
Tout d’abord, le détournement : le fait de reprendre un attribut de la rue (un panneau, une bouche d’égout, une publicité...) et de déformer sans jamais rendre invisible le support de base, car c’est dans le mélange que l’œuvre est intéressante.


Détournement parisien...

Ensuite, l’art pensé pour la rue. Qui font référence, d’une façon ou d’une autre, à la vie citadine. En général, ils se démarquent du fait qu’ils s’adaptent à tout support, que ce soit un large mur ou le plus fin des réverbères.

Enfin, l’art classique apposé à la rue. Des œuvres conçues à la base pour la toile, qui transposées sur les murs prennent une toute autre dimension. Ces dessins prenant beaucoup plus de temps à réaliser se font généralement sous forme d’affiches.

Un mélange d’underground et de marketing

Paradoxe : une fois de plus, ce qui est à la base un art pour l’amour de l’art est devenu un marché, pour certains très lucratif. L’art de rue, c’est aussi le moyen d’imposer un style, un nom, une image et ce là où les publicitaires doivent dépenser des millions d’euros de locations d’espace. De nos jours, les pochoirs de Miss-Tic et de Banksy, les toiles de Speedy-Graphito s’échangent contre des milliers d’euros. Et des galeries des quatre coins du globe font appel à eux... Une contradiction pas si surprenante quand on songe que tout ce qui vient de la rue finit tôt ou tard par se commercialiser. C’est après tout un bon compromis pour vivre de son art.

La rançon du succès

Les créations éphémères citadines sont aujourd’hui de plus en plus expérimentées, et certains street-artistes n’ont de cesse de s’inspirer de leurs « maîtres » sans vraiment trouver leur style. Les pâles imitations d’affichistes ou de pochoiristes célèbres sont devenues légion. Un phénomène démontré de façon mi-documentaire mi-fictionnelle dans le film « Faîtes le mur », présenté à Cannes en 2010.

Et demain ?

Malgré tout cet élan, 99,9% des murs restent interdits à la peinture et à l’affichage. Si le street-art trouve sans doute son piment dans le fait de peinturer clandestinement, cet éternel jeu du chat et de la souris, effacements en chaîne à la clé, a sans doute de quoi lasser. Peut-être pourrions-nous ces prochaines années nous inspirer du Brésil qui a dépénalisé ce moyen d’expression « s’il est réalisé dans le but de valoriser le patrimoine public ou privé au moyen d’une expression artistique  ». L’avenir nous le dira.


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2 réactions à cet article    



    • pierreletellier95 26 juin 2013 05:23

      Article très intéressant, des aspects du street arts qui ne sont pas souvent abordés... Il manque peut être un point historique sur le street art, comment il est apparu et pour quel raison. Je trouve cet article assez complet sur le sujet pour les curieux : http://www.sinoconcept.fr/decouvrez-le-street-art/

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