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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Petit Pays, grande émotion

Petit Pays, grande émotion

Je ne suis certainement pas un grand critique littéraire. mais il y a des bouquins que j'aime et d'autres moins, ou pas du tout.

Ces derniers, même si je peux dire ce qui me déplait en eux, je n'éprouve pas trop l'envie d'en parler. Ceux que j'aime, si.

Je vais donc essayer de vous faire partager mon dernier coup de cœur, façon Rosemar, en toute ingénuité.

 Il n'a pas obtenu le prix Goncourt. Il était pourtant sélectionné. Il a dû se contenter du sous-Goncourt, celui des Lycéens, et je leur dis Bravo.

Peut-être avez-vous entendu parler de son auteur. Ce n'était, en tout cas, pas, jusque là, en matière de littérature.

Il s'appelle Gaël FAYE, et il s'est illustré, depuis quelques années, dans la chanson ou plutôt, à mon sens, dans la poésie enregistrée sur fond musical, en l'occurrence une petite merveille d'accompagnement instrumental (mmh, la guitare…).

Et puis, tout naturellement, il s'est lancé dans la littérature. Son premier roman a été publié chez Grasset. Il s'appelle "Petit Pays" et c'est lui mon coup de cœur.

 

Il y raconte "son" enfance à Bujumbura, au Burundi, au moment des terribles évènements du Rwanda voisin en 1993-94, qui ont largement et tragiquement (on s'en rend compte à la lecture du livre) débordé sur le Burundi.

J'ai utilisé les guillemets pour "son" enfance, parce que (c'est lui qui le dit) ce n'est pas un roman autobiographique. Je ne peux néanmoins pas m'empêcher de penser que ce qu'il raconte a été largement inspiré par sa propre enfance. D'autant que sa propre mère est elle-même Rwandaise.

Il est, en effet, né au Burundi d'une mère Rwandaise et d'un père Français, originaire du Jura.

 

Dés le début du roman, on sent l'empreinte récurrente du colonialisme (on est pourtant déjà en 1993). Mais ce qui m'a d'abord marqué, c'est que, là comme partout ailleurs (sans doute) dans le monde, les enfants jouent, pensent, réagissent, se regroupent en bande…de la même façon touchante. Leurs aventures pourraient être transposées chez nous, si ce n'est qu'au lieu de "piquer" des mangues, ils piqueraient des pommes. Cela n'empêche pas des particularités de survivre (la circoncision de ses copains les jumeaux racontée de façon savoureuse et presque insouciante).

Puis, petit à petit, on prend conscience, par l'intermédiaire de Gaby (c'est le nom du héros) du terrible antagonisme, sur lequel repose toute la vie politique du Burundi comme du Rwanda, entre les ethnies Hutus et Tutsis. Et à partir de là, le récit devient tragique et bouleversant, jusqu'à l'épilogue.

 

Ce n'est pas trahir l'auteur que de dire qu'il en réchappera (mais ce ne sera pas le cas de toute sa famille), puisqu'on le retrouve aujourd'hui, dans notre/son pays, en chanteur-poète et romancier. Mais je ne peux justement m'empêcher de noter que c'est là-bas, grâce à une généreuse vieille dame d'origine européenne, qu'il découvrira les "livres" qui feront de lui ce romancier qu'il est devenu.

 

Lorsque vous en aurez fini avec son bouquin, n'hésitez pas à visionner son clip (rien à voir avec toutes ces misères commerciales ou publicitaires qui polluent sites et médias) intitulé, lui aussi, "Petit pays" :

Un régal pour les yeux et les oreilles.


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1 réactions à cet article    


  • rosemar rosemar 15 février 21:14

    L’amour de la terre natale, les racines, c’est essentiel : de belles images sur le clip, une ouverture sur les autres, de magnifiques paysages.
    Vive la lecture !


    Bonne soirée

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gégène


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