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Petite fiction élyséenne sur le bilan de l’année cinématographique 2014

Peu avant la trêve des confiseurs, le Président de la République a convoqué un Conseil des ministres délocalisé à la Cinémathèque française pour évoquer le bilan de l’année cinématographique 2014. Très attendue par la presse et l'opinion, cette réunion annuelle a permis au Chef de l’Etat d’évoquer les moments forts et les grandes tendances de ce secteur puis offert la possibilité aux ministres, accompagnés par certains de leurs secrétaires d'Etat, de souligner les films marquants ayant trait à leur portefeuille ministériel. Action !

En ouverture du Conseil des ministres, le Chef de l’Etat a indiqué que l'édition cinématographique 2014, jugée décevante par de nombreux critiques et cinéphiles, a néanmoins permis d’inverser la courbe de la fréquentation des salles[1]. En cela, elle confirme la vitalité artistique du cinéma français dont la part de marché est en nette hausse[2] et, plus largement, l'importance de notre modèle national de soutien public au 7ème art. Le Président a ajouté que l'arrivée sur le marché hexagonal de l'opérateur américain Netflix constitue un défi d'envergure pour ce secteur même si, en l’état actuel des choses, l'abonnement illimité proposée par ledit opérateur cible surtout les amateurs de séries. Reflet de nouvelles problématiques de consommation, l’émergence de Netflix invite à poursuivre l’adaptation de ce secteur à l'économie numérique pour bâtir le cinéma de demain. Il a ensuite rendu hommage à Gilles Jacob dont la vie se confond avec le cinéma et qui a fait du Festival de Cannes l’évènement culturel le plus important au monde. Puis, le Président a salué la mémoire d'Alain Resnais, décédé cette année, unanimement considéré comme l'un des plus grands cinéastes français, auteur de nombreux chefs-d’œuvre et dont chacun de ses films était une innovation. Il a également déploré les disparitions tragiques de plusieurs comédiens, en particulier celles de Philip Seymour Hoffman, Robin Williams et Lauren Bacall. Enfin, avant de céder la parole à son casting gouvernemental, il a recommandé à ceux qui ne l'auraient pas encore vu de visiter la remarquable exposition sur François Truffaut présentée en ces murs.

 

Le Premier ministre a reconnu que le millésime 2014 n’avait pas tenu toutes ses promesses sur le plan artistique, en particulier lors du premier trimestre. Il a souhaité mettre en exergue le film turc Winter Sleep de Nuri Bilge Ceylan, palme d'or méritée du dernier Festival de Cannes. Une œuvre subtile et complexe qui donne à voir, sur fond de lutte des classes, la déliquescence progressive du personnage d’Aydin, un ancien comédien aisé vivant en Cappadoce dans son hôtel troglodyte (L’Othello) avec sa femme et sa sœur. Implacablement, à coup de longs plans-séquences nourris de dialogues de haute volée, l’humanisme apparent de cet homme lettré s’effrite et laisse suinter une hypocrisie et une bonne conscience bourgeoises de plus en plus insupportables pour son entourage. En somme, une œuvre universelle sur la cruauté des rapports humains qui emprunte magnifiquement à Tchékhov, Dostoïevski et Bergman. Sur le plan commercial, le Premier ministre a apprécié l'audace réformiste de la société Mémento qui a pris le risque de sortir en salles ce film exigeant de 3h18 en plein mois d'août, à contre-courant de la saisonnalité traditionnelle du cinéma qui veut que les grands films d'auteur soient majoritairement distribués dans notre pays en parallèle du Festival de Cannes ou au cours de l’automne. En sortant en pleine période creuse, le film a bénéficié d'une plus grande mansuétude de la part des programmateurs de salles, ce qui lui a permis d’avoir le temps de bénéficier d’un bouche à oreille positif pour, in fine, atteindre le score très honorable de 340 000 entrées.

Invité par le Président à poursuivre ce tour de table, le ministre des Affaires étrangères a indiqué que les tensions géopolitiques actuelles n'étaient pas sans inspirer les cinéastes du monde entier qui ont tourné de nombreux films de guerre dont la qualité s’est révélée très hétérogène (Du sang et des larmes, Edge of Tomorrow, Fury, etc). Après avoir délivré une mention spéciale au film Léviathan d'Andreï Zviaguintsev, qui dresse un portrait féroce de la Russie contemporaine gangrénée par la mafia, le ministre a indiqué que sa préférence s'était portée sur Diplomatie de Volker Schlöndorff. Adaptation au cinéma d'une pièce de théâtre à succès, ce film est un huis clos haletant, à la veille de la Libération de Paris, entre le consul suédois Raoul Nordling (André Dussolier) et le général et gouverneur de Paris Dietrich von Choltitz (excellent Niels Arestrup). Le premier s'introduit dans le bureau du second pour le convaincre de ne pas détruire la capitale comme Hitler le lui ordonne. Ce film décrit finement les ressorts d'une négociation et dépeint des personnages confrontés à leurs propres contradictions, leur humanisme pouvant s’heurter aux impératifs de leurs fonctions et au respect des ordres. Bien que très (trop) écrit, Diplomatie a le double mérite de mettre en exergue cet épisode décisif mais relativement méconnu de notre histoire et de rendre compte de la tyrannie exercée par le régime nazi pour obtenir une obéissance totale de ses plus hauts dignitaires. Sans toutefois l'égaler, il n'est pas sans rappeler Le Souper, face-à-face magistral et machiavélique entre Talleyrand et Fouché au lendemain des Cent-Jours.

Le secrétaire d'Etat en charge du tourisme a indiqué que le cinéma constitue un formidable outil de promotion de notre territoire et un véritable atout pour notre balance commerciale[3]. Il a ajouté qu’un des moteurs essentiels du tourisme est la soif de découvrir le monde ce qui nécessite de pouvoir aller et venir librement. The Grand Budapest Hôtel de Wes Anderson rend, selon lui, parfaitement compte de cet aspect. Cette œuvre faussement légère se déroule principalement dans les années trente dans la république imaginaire de Zubrowska. Elle relate l'ascension au sein du Grand Budapest Hôtel d'un « lobby-boy » indien dénommé Zéro pris sous son aile par M. Gustave (Ralph Fiennes), le concierge dandy et gigolo de l'hôtel éponyme. Sur fond d'une savoureuse et rocambolesque affaire d'héritage, consécutive au décès de Madame D (joli clin d'œil à Max Ophüls), vieille maitresse de M. Gustave, nos deux héros assistent impuissants à ce qui s'apparente à la fin d'une époque, celle si chère à Stefan Zweig (dont Wes Anderson revendique d’ailleurs l'influence), où une élite intellectuelle cosmopolite parcourait librement le Vieux Continent. Un âge d'or européen malheureusement balayé par l'arrivée au pouvoir des nazis et qui, dans ce film riche en métaphores, marque le début du déclin de ce palace amené par la suite à perdre de sa superbe sous le communisme et devenir un objet économique désuet avec le libéralisme. Avec ce huitième film au casting prestigieux, le cinéaste démontre une nouvelle fois toute l’étendue de son talent et sa capacité si singulière à concevoir des univers oniriques qui conjuguent à la fois couleurs saturées, décors kitchs, dialogues loufoques et personnages décalés. Un vrai régal !

La secrétaire d'Etat en charge de la francophonie a souhaité partager son coup de cœur pour Timbuktu du mauritanien Abderrahmane Sissakho. Ce film engagé raconte le combat silencieux des habitants de Tombouctou face aux djihadistes. Il rend hommage au courage de ces hommes et femmes qui chantent dans leur tête une musique qui leur est interdite, de ces adolescents qui jouent au football « sans ballon », comme dans une scène absolument bouleversante. Par sa force et sa délicatesse, par son humour et sa poésie, Timbuktu décrit mieux que ne pourrait le faire aucun grand discours, la résistance contre la terreur et la barbarie. Il offre en cela une incroyable et douloureuse résonance avec l’actualité et incarne, par ailleurs, le pouvoir politique du cinéma.

Tout heureux de pouvoir enfin s'exprimer, le ministre de l'Intérieur a indiqué que cette année encore pléthore de films ont traité de l'immigration et de la sécurité. Il a fait part de sa déception envers le film Samba, considérant que si les réalisateurs d'Intouchables ont eu le mérite d'aborder avec humanité et légèreté le difficile sujet des sans-papiers leur long-métrage manque cruellement de rythme et d'ambition. C'est le film du non conventionnel cinéaste Jean-Charles Hue que le ministre a souhaité distinguer. Mange tes morts, Prix Jean Vigo 2014, constitue une immersion sidérante dans la communauté yéniche dont on découvre, à travers ce film semi-documentaire, tourné avec des acteurs amateurs issus de cette communauté, l'intimité et les ressorts identitaires. D'aucuns regretteront sans doute que le film puisse accréditer l'amalgame gitan/voleur en relatant la saisissante épopée nocturne de quatre jeunes hommes en quête d'adrénaline et d'une cargaison de cuivre à « chouraver » mais ce stéréotype est contrebalancé par l’attitude du reste de la communauté qui aspire à mener une vie « normale ».

C’est également le travail d'un jeune cinéaste que la ministre en charge de l'Education nationale a souhaité distinguer. Chante ton bac d'abord est un documentaire touchant signé David André qui a suivi pendant un an six lycéens de Boulogne-sur-Mer. Ces jeunes gens, très attachants et drôles, tentent de se construire dans une société particulièrement anxiogène où leurs rêves sont trop souvent assimilés par leurs parents à de l'utopie. Si le film n’apporte rien de neuf sur le sempiternel sujet de l’incompréhension entre parents et ados, il montre que la famille demeure néanmoins pour ces jeunes un espace de refuge et de construction. Les séquences chantées apportent un souffle de légèreté et de poésie bienvenu et font de ce film l’une des belles surprises de l’année.

La ministre de la santé s'est félicitée de pouvoir évoquer deux films majeurs : Dallas buyers club, du québécois Jean-Marc Vallée, et Hippocrate de Thomas Lilti.

Tourné aux Etats-Unis, Dallas buyers club traite de l'apparition dans ce pays de l'épidémie du sida à travers le combat de Ron, séropositif, pour accéder à une offre de soins alternative à base de DDT dont il décide de faire commerce auprès d'autres malades. Le film dénonce puissamment les atermoiements dans les années 80 des autorités médicales américaines qui, sous la pression de lobbys et de grandes sociétés pharmaceutiques, se sont obstinées à préconiser un traitement à base d'AZT aux effets toxiques. Ce film émouvant et fort, qui ne sombre jamais dans l'écueil du pathos, est servi par les performances exceptionnelles de Jared Leto et Matthew McConaughey, tous deux logiquement récompensés par un oscar.

S'agissant d'Hippocrate, la ministre a salué une œuvre qui conjugue précision documentaire et force romanesque. Ce film social raconte le parcours initiatique d'un jeune interne en médecine, plein d’enthousiasme, qui va vite déchanter en découvrant le quotidien de son métier dans un hôpital parisien fragilisé par le manque de moyens, la lourdeur des procédures et les logiques de castes au sein du personnel. Il a suscité chez les spectateurs une inquiétude légitime quant à l'évolution de nos structures de santé et au risque de voir se développer une médecine à deux vitesses. En complément, le Président a rappelé que ce long métrage a été diffusé dans le cadre des dimanches cinéphiles de l’Elysée, en présence de l’équipe du film.

La secrétaire d'Etat en charge de la famille a souhaité d’abord évoquer Party girl de Marie Amachoukeli, Claire Burger et Samuel Theis. L’héroïne du film, Angélique, est une entraîneuse de cabaret sexagénaire. Mère de quatre enfants qu’elle a souvent délaissés, elle passe ses soirées accoudée au comptoir, le nez dans sa vodka, depuis que le regard des clients est devenu fuyant. Jusqu’à ce que Michel, un vieil habitué, gros nounours un peu beauf, lui demande subitement de l'épouser pour démarrer à ses côtés une nouvelle vie. A la lecture de ce synopsis, difficile de se passionner pour cette histoire d’amour un peu glauque. Et pourtant ! On entre pleinement dans les personnages (plusieurs comédiens jouent à l’écran leur propre rôle) et le film se révèle bouleversant. La scène finale, où l’ancienne reine de la nuit est rattrapée par ses vieux démons, a de quoi décevoir les amateurs de happy end mais comment pouvait-il en être autrement vu l’état de déstructuration sociale du personnage ?

Elle a ensuite rendu un hommage appuyé à Mommy du québécois Xavier Dolan, déjà auteur de cinq films à seulement 25 ans, une précocité sans équivalent dans l'histoire du cinéma ! Mommy est, selon elle, une œuvre bouleversante sur la relation mère-fils qui raconte l'histoire d'un jeune garçon bipolaire, hyperactif et violent que l'amour sans réserve de sa génitrice (Anne Dorval) ne suffit pas à canaliser. Si Dolan agace une nouvelle fois par l'outrecuidance de son cinéma, l'avalanche de dialogues et le caractère trop « clippé » de certaines scènes, force est de reconnaître qu'il fait montre d'un talent époustouflant, alternant avec maestria les variations de rythme et les vibrations érotiques. Le cinéaste a utilisé un inhabituel format carré qui accentue la sensation d'enfermement de ses personnages, une oppression dont ils ne parviennent à s'extraire qu'éphémèrement en étirant l'écran de leurs mains, lors de scènes magnifiques évoquant la liberté ou le rêve. Hors-champ, le ministre de l’Agriculture a ajouté qu’il s’agit du second long métrage de Dolan en 2014 puisqu’était sorti précédemment Tom à la ferme, un film réussi qui traite davantage du deuil et de l’homosexualité que de la profession agricole.

Le ministre de l'Economie et des Finances a pour sa part salué le succès public et critique du Loup de Wall Street de Martin Scorcese. Basé sur une histoire vraie, celle du trader Jordan Belford, le film relate l'ascension vertigineuse d'un délinquant financier, prêt à tout pour amasser en peu de temps une fortune considérable. Servi par la prestation hors norme de Leonardo Di Caprio, le film est aussi déjanté que ne l'est son personnage principal, addict à la drogue et au sexe. Irrévérencieux, drôle et accusateur, le film tient en haleine le spectateur pendant près de trois heures et marque durablement les esprits grâce à plusieurs scènes cultes.

Auteur de vingt-quatre tweets par seconde depuis le début du Conseil, la secrétaire d’Etat en charge du numérique s'est à son tour retrouvée sous le feu des projecteurs. Pour elle, aucun doute possible, le grand film de cette année 2014 est Her de Spike Jonze car il constitue une plongée fascinante dans un futur proche où le numérique a permis de faciliter grandement la vie matérielle des individus mais ce au prix d’un délitement croissant des relations humaines. Her dépeint une romance étonnamment crédible entre Theodore (surprenant Joaquin Phœnix), expert en rédaction de courriers sentimentaux chez « belles-lettres-manuscrites.com », très affecté par sa procédure de divorce en cours, et un système d'exploitation prénommé Samantha dont il tombe follement amoureux. Cette dernière est une « OS » semblable à Siri, à ceci près qu’elle est ultra-développée : capable de lire un livre ou trier une boîte mail en moins d'une seconde, de faire la conversation, émettre des opinions ou raconter des blagues. Et si l'amour idéal se conjuguait avec virtualité, s’interroge le meilleur scénariste d’Hollywood ? Une idée qui n'a rien d'insensée au regard de la rapidité de diffusion des progrès technologiques et de la capacité d'addiction aux écrans des individus. Ce film d’anticipation ne peut que légitimer un peu plus l’intervention des pouvoirs publics pour réguler un secteur en pleine croissance, porteur de belles promesses mais aussi de réels dangers. En complément, le Président a fait part de son admiration pour l’actrice…Scarlett Johansson qui dans Her incarne la voix suave et envoûtante de Samantha et qui, par ailleurs en 2014, a été à l’affiche de Lucy, blockbuster ultra rentable de Luc Besson, et d’Under the skin, film radical, fascinant et clivant du britannique Jonathan Glazer, où elle se glisse dans la peau d'une extraterrestre venue sur Terre dans le seul but de séduire des hommes pour les faire disparaître.

Le ministre de la Défense a pour sa part distingué Les combattants du jeune cinéaste français Thomas Cailley. Ce film relate l'idylle entre une jeune fille virile obsédée par les questions d’apocalypse et de survie (formidable Adèle Haenel) et un garçon candide qui hésite à reprendre avec son frère l’entreprise familiale de menuiserie. Etonnant de liberté, ce long métrage s’affranchit des codes cinématographiques et enchaîne les registres dont celui très jouissif de la comédie militaire, lorsque nos deux personnages effectuent un savoureux et ubuesque stage commando. Au-delà de cette satire de l’institution militaire, le film rappelle qu’avec 15 000 postes par an l’armée est le deuxième recruteur de France…derrière McDo…

La ministre de la culture a clôturé ce tour de table en s’enthousiasmant par avance du tournage d’un troisième volet d’OSS 117 dont elle espère beaucoup…et en saluant deux films français injustement repartis bredouille du dernier Festival de Cannes : Saint-Laurent et Sils Maria.

Réalisé par de Bertrand Bonello, Saint-Laurent est un film de pure mise en scène dans lequel le célèbre couturier est magnifiquement incarné par Gaspard Ulliel. A la différence du classique et fadasse Yves Saint-Laurent de Jalil Lespers sorti quelques mois plus tôt, Bonello ne cherche pas à raconter la vie intégrale de son personnage et n’hésite pas à prendre ses distances avec la réalité des faits. Ce choix délibéré pour l’anti-biopic lui permet de laisser libre court à son inspiration et de construire son film autour de l’enfermement et l’isolement de son personnage, tenaillé entre génie créatif, quête de plaisirs hédonistes et troubles intérieurs. Grande expérience esthétique et sensorielle, ce film confère au personnage d’Yves Saint-Laurent une dimension proprement mythologique. Il portera les couleurs de la France lors des prochains oscars.

Œuvre d’Olivier Assayas, Sils Maria (Prix Louis Delluc 2014) confronte l’éternité de l'art aux pulsions et performances des comédiens. A dix-huit ans, Maria Enders (Juliette Binoche) a connu le succès au théâtre en incarnant Sigrid, jeune fille ambitieuse et au charme trouble qui pousse au suicide une femme plus mûre, Helena. Vingt ans plus tard, suite au décès de l’auteur de cette pièce, on propose cette fois à Maria d’interpréter le rôle d'Helena. La partie centrale du film se déroule dans le village suisse de Sils Maria (dans lequel Nietzsche entreprit plusieurs séjours et théorisa le concept de l’Eternel retour) où Maria tente vainement de répéter la pièce en compagnie de sa jeune assistante (excellente Kirsten Stewart). Elle se heurte à son incapacité à assumer son passage à l’âge mûr ; ne plus être la jeune et désirable Sigrid lui apparaît comme une manière d'abdiquer, de renoncer à sa jeunesse. Outre un jeu de miroirs fascinant entre les personnages, ce film constitue une mise en abime de la réalité médiatique contemporaine qui fabrique de plus en plus vite des célébrités dont elle expose ensuite sans vergogne la vie privée, à l’instar de la jeune comédienne choisie pour incarner le personnage de Sigrid (Chloë Grace Moretz).

Avant d’actionner le clap de fin, le Président de la République s'est réjoui du millésime à venir qui devrait permettre, entre autres, de visionner les nouvelles œuvres de Alejandro Gonzalez Inarritu, Clint Eastwood, Benett Miller, Paul Thomas Anderson, Jeff Nichols, Quentin Tarantino, Nanni Moretti, Paulo Sorrentino, Thomas Vinterberg, Joachim Trier, Michaël Haneke, Emir Kusturica, Xavier Beauvois, Abdellatif Kechiche, Arnaud Desplechin... Bref, de grands moments de cinéma en perspective qui permettront sans doute d’oublier un peu les vicissitudes de la politique...


[1] Après une baisse d’environ 5% en 2012 et 2013, la fréquentation des salles est repartie à la hausse en 2014 ce qui devrait permettre en fin d’année de dépasser à nouveau la barre symbolique des 200 millions d’entrées.

[2] Sur les dix premiers mois de l’année 2014, la part de marché du cinéma français dans notre territoire s’établit à 44 %, soit environ 15 points de plus que l’année précédente. A titre de comparaison, la part de marché mesurée pour nos homologues européens dans leur propre pays oscille entre 15% (Espagne, Grande-Bretagne) et 30% (Allemagne, Italie).

[3] En nette progression ces dernières années, l’exportation des films français dans le monde aurait généré en 2014 près de 90 millions d’entrées et 300 M€ de recettes. Cette performance doit beaucoup à Lucy de Luc Besson, plus gros succès historique du cinéma français dans le monde avec plus de 50 millions d’entrées.


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3 réactions à cet article    


  • confiture 16 décembre 2014 09:22

    on dirait du rakoto


    • ahtupic ahtupic 16 décembre 2014 16:51

      Il s’occupe uniquement du cinéma à cause de Julie, sinon je pense qu’il n’en a rien à foutre, hollandouille.


      • Ruut Ruut 17 décembre 2014 07:50

        Peut de films francophone pour cette sélection de nos Ministres Français.

        En effet la culture Française est sinistrée.

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Olivier H


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