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« Petits Crimes Conjugaux » Fanny Cottençon & Sam Karmann en anamnèse au Rive Gauche

De Strindberg à Schmitt, il pourrait n’y avoir qu’une inversion de perspective, celle du bonheur conjugal se retournant sur sa pierre d’achoppement en se réduisant à sa plus simple expression, à savoir l’usure inexorable du temps.

 

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Petits Crimes Conjugaux
Sam Karmann & Fanny Cottençon
© Fabienne Rappeneau

 

Cependant l’écriture de Schmitt, elle, s’avance masquée à l’instar d’une amnésie qu’un clone d’Alfred Hitchcock serait en charge de scanner afin de faire apparaître l’envers du traumatisme crânien survenu soi-disant dans un escalier en colimaçon.

Gilles et Lisa sont effectivement de retour chez eux dans leur duplex, suite à un court séjour hospitalier où celui-ci a pu se remettre d’aplomb après le « choc ».

Et, maintenant, s’ouvrirait donc ce travail de mémoire où il faudrait faire preuve de discernement entre l’oubli, le déni ou toute manipulation du féminin à l’égard du masculin et vice versa.

Et pourtant, ce serait tellement plus confortable de ne se souvenir de rien, de telle façon que l’autre puisse concentrer tous ses efforts à refonder leur couple à l’image idéale de ses ambitions.

Tellement tentante cette phase où tous les espoirs seraient permis, que d’emblée ils vont s’autoriser, à deux, ce passage en force proche d’un jeu de rôles où celui qui sait aurait tout oublié et celle qui culpabilise aurait carte blanche pour tout reconstruire.

Toutefois, au fur et à mesure d’un tel happening en trompe l’œil, le doute va quelque peu s’insinuer dans les esprits soumis aux contradictions de la thèse officielle post-traumatique.

 

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Petits Crimes Conjugaux
Fanny Cottençon & Sam Karmann
© Fabienne Rappeneau

 

Alors, à tout instant, la vérité pourrait surgir révélant que l’un ou l’autre aurait voulu en finir avec son partenaire mais, selon cette alternative, qui des deux oserait faire le premier pas vers la reconnaissance d’un telle posture criminelle ?

Néanmoins, de l’imaginaire au virtuel, le geste décisif devrait appartenir à celui qui assumerait pleinement ses sentiments et ressentiments à l’égard de son conjoint, en ayant l’audace de les livrer tels quels.

Affaire de conscience ! Affaire de confiance !.. Il suffirait, à cet instant, d’être en mesure de revivre l’émotion de leur première rencontre pour que l’Amour y retrouve ses marques d’origine… ne serait-ce qu’en inversant, complices, les rôles et les répliques échangées quinze années auparavant !…

Ainsi, après Charlotte Rampling et Bernard Giraudeau, lors de la création en 2003 au Théâtre Edouard VII signée Bernard Murat, Fanny Cottençon et Sam Karmann, actuellement au Rive-Gauche, se glissent avec plénitude et grand naturel dans les failles de ce couple en pleine anamnèse sous l’imaginaire prismatique d’Eric-Emmanuel Schmitt et la direction toute sensorielle de Jean-Luc Moreau.

 

photos © Fabienne Rappeneau

PETITS CRIMES CONJUGAUX - **** Theothea.com - de Eric-Emmanuel Schmitt - mise en scène Jean-Luc Moreau - avec Fanny Cottençon & Sam Karmann - Théâtre Rive-Gauche

 

 

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Petits Crimes Conjugaux
Fanny Cottençon & Sam Karmann
© Fabienne Rappeneau

 


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1 réactions à cet article    


  • Abou Antoun Abou Antoun 26 octobre 2016 17:34

    Fanny Cottençon est une très grande (et très belle) actrice. Une carrière remarquable à l’écart de tous les scandales.

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