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Philip Seymour Hoffman à la 78e cérémonie des Oscar

« Capote » de Bennett Miller sort le 8 mars sur nos écrans, et Philip Seymour Hoffman est favori pour l’Oscar® du meilleur acteur. L’occasion de découvrir un acteur formidable.

Vous allez enfin mettre un nom sur ce visage familier du cinéma américain - « Comment s’appelle-t-il, déjà ? Tu sais, nous l’avons vu dans, je ne me souviens plus du titre, c’était quoi ? »...

Philip Seymour Hoffman, c’est son nom. Né le 23 juillet 1967 à Fairport, État de New York, États-Unis. Son état civil.

Il a depuis longtemps ses inconditionnels (se reporter à http://www.philipseymourhoffman.net), fascinés par sa capacité à passer de film en film et de rôle en rôle sans se faire remarquer. Réussir à exister dans ces conditions constitue un exploit. Mais Philip Seymour Hoffman n’est pas un second couteau acceptant des non-compositions stéréotypées comme on en voit tout le temps (le copain, le mari, le mafieux, l’agent du FBI, le shérif, l’étudiant, etc). Bien au contraire, c’est un acteur caméléon (comme devrait l’être tout acteur, n’est-ce pas !) se fondant dans le décor, s’intégrant au récit, mais au royaume de l’Ego-Roi où le nom s’apparente à un argument commercial, cela se fait rare. Philip Seymour Hoffman crève l’écran de discrétion et de classe, pouvant sauver du désastre une scène ou un film, aux choix pas toujours pertinents.

« Mais où l’ai-je vu ? »

Étonnamment pour un comédien formé au théâtre et lui-même metteur en scène, il ne figure pas, ou seulement peu, dans des films « d’auteurs », pour autant que l’expression ait un sens à Los Angeles. Pour le situer, voici quelques films : Polly et moi, La 25ème heure, Magnolia, Le temps d’un week-end, Punch drunk love, Twister, Dragon rouge, Le talentueux Mr Ripley, Boogie nights et le fantastique Big Lebowski. Philip Seymour Hoffman approche de la quarantaine, ne semble pas très grand, n’est ni mince ni gros, n’est ni beau ni laid, et ne présente aucun signe distinctif le rendant immédiatement identifiable par tous. Et il ne cesse de tourner, jamais dans des premiers rôles, mais sans être un faire-valoir, car le metteur en scène a la certitude d’un engagement total de sa part, au service du film. Voir Philip Seymour Hoffman, c’est voir le personnage, non un acteur incarner un personnage. Il ne cherche pas la performance, ne fronce pas les sourcils quand il est au bout de ses capacités (illimitées ?) et ne se cache derrière aucun artifice. Aujourd’hui, il s’apprête à rencontrer le grand succès, et à devenir « bankable » (rentable) par la grâce d’un film qu’il a produit (avec en plus deux amis au scénario et à la réalisation). Capote, de Bennett Miller, basé sur la biographie de Truman Capote de Gerald Clarke, montre l’auteur durant les six années nécessaires à l’écriture de son chef d’œuvre In cold blood (De sang froid, en poche chez Folio). À la suite du massacre de la famille Clutter au Kansas, Truman Capote suit l’enquête menée par Alvin Dewey (qu’interprète Chris Cooper, autre comédien injustement méconnu), jusqu’à l’exécution des tueurs Smith et Hickock. Contrairement au film éponyme de Richard Brooks en 1967, il ne s’agit pas d‘une adaptation du premier roman-fiction Non-fiction novel, mais d’un film sur l’écriture et les compromissions d’un auteur pour arriver à ses fins. Pour ce rôle de Truman Capote, Philip Seymour Hoffman a reçu un Golden Globe et part favori pour l’Oscar® du meilleur acteur. Dans la presse française fleurissent des pleines pages de publicité vantant ses talents, ce qui tombe bien quelques jours avant la sortie du film le 8 mars, quelle coïncidence ! En attendant de voir ce film, et prochainement Philip Seymour Hoffman en méchant dans Mission impossible III, je cite Philippe Garnier, spécialiste du cinéma américain (vient de paraître : Caractères - Moindres lumières à Hollywood, aux éditions Grasset), dans Libération (26 octobre 2005) : « Quant à la prestation de Hoffman, disons qu’elle est “historique” et ne sent pas la naphtaline. Bennett Miller dit que filmer Hoffman est un peu comme être cameraman d’un documentaire animalier : “Jamais vu quelqu’un qui fuit plus la caméra que lui”. Du jamais vu, donc ».

N’étant pas esclave de son image, et pétri de talent, l’avenir lui appartient. 2006 sera peut-être l’année de la reconnaissance (littéralement). Début de réponse aux Oscars®.


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Auteur de l'article

Luc Brou


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