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Pierre Arditi et Bernard Murat dans « L’idée fixe », au Théâtre Edouard VII

A dix-sept années d’intervalle, Pierre Arditi et Bernard Murat remettent en jeu le tête-à-tête affectif d’un philosophe et d’un médecin ayant engagé, le temps d’une rencontre fortuite sur la plage, un dialogue refaisant le monde dans les pas de Paul Valéry.

Du Théâtre Hébertot au Théâtre Edouard VII, un superbe décor de calanques méditerranéennes va encadrer leur pérégrination conceptuelle projetant métaphoriquement nos deux hommes à la mer.

De Socrate à Platon, chacun tour à tour sophiste de l’autre, c’est davantage en compères qu’en dialecticiens rigoureux que le mal-être va les contraindre à dévoiler le manque indicible qui les saisit face à l’infini de la pensée vagabonde.

L’un équipé à la fois d’un matériel de pêcheur ainsi que des outils du peintre qui ne serviront que de catalyseur à une préoccupation oisive, l’autre en proie à des tourments indéfinis dont la récente déception amoureuse aura beau jeu de focaliser les soucis, tous deux ne résigneront pas à armes égales devant la vacuité à combler par des mots, toujours des paroles et encore des maux.

Bernard Murat, débonnaire et plein de compassion spontanée, aura l’oeil vigilant du thérapeute qui discerne chez son patient les symptômes d’une fébrilité dépressive, alors que Pierre Arditi sera tenté de simuler son clone affligé à la ville qui le singe sur scène au profit d’effets du meilleur comique.

Au long de leur promenade spirituelle, tous deux seront entraînés par une petite musique, celle du flux et du reflux à peine perceptible au bord d’une mer ceinte, alors que le vertige métaphysique les incitera à échafauder des réflexions transcendantales réfutables à l’instant par le partenaire tentant de rationaliser l’effroi du vide abyssal imputable à l’idée fixe, si toutefois celle-ci devait exister.

Au-delà de toute posture nihiliste, l’accoucheur n’aura donc d’autre attention que de faire place prioritaire à l’expression orale, pourvu que celle-ci puisse libérer les forces antagonistes en se résolvant pour conclure :

" L’homme qui se réfugie dans la solitude est toujours en mauvaise compagnie ".

Extrait affiche Photo © André Rau

L’IDEE FIXE - ** Theothea.com - de Paul Valery - Mise en scène : Bernard Murat - avec Pierre Arditi & Bernard Murat - Théâtre Edouard VII -


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