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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Pierre Desproges toujours

Pierre Desproges toujours

L’humour de Pierre Desproges, inégalable, intemporel...simplement intelligent, libre de tout, de la vie, même de la mort.

Les racistes sont des gens qui se trompent de colère

Attention, ne vous méprenez pas sur mes propos, je n’ai rien contre les racistes, c’est plutôt le contraire. Par exemple : dans Une journée particulière, d’Ettore Scola, Mastroianni, poursuivi jusque dans sa garçonnière par les gros bras mussoliniens, s’écrie judicieusement à l’adresse du spadassin qui l’accuse d’antifascisme : « Vous vous méprenez, monsieur, ce n’est pas le locataire du sixième qui est antifasciste, c’est le fascisme qui est antilocataire du sixième. »

« Les racistes sont des gens qui se trompent de colère », disait avec mansuétude le président Senghor.

Vivons heureux en attendant la mort / Éditions du Seuil, Points /

Les rues de Paris ne sont plus sûres.

Dans certains quartiers chauds de la capitale, les Arabes n’osent plus sortir tout seul le soir.
Tenez, mon nouvel épicier, M. Rachid Cherquaoui, s’est fait agresser la nuit dernière dans le XVIII ème.
J’aime bien M. Rachid Cherquaoui.
Il est arrivé dans le quartier il y a six mois.
Il venait de racheter le fonds de commerce de M. et Mme Lefranc qui périclitait.
Il faut dire que, pendant les heures d’ouverture de l’épicerie, Mme Lefranc se faisait pétrir par le boulanger.
Tandis que M. Lefranc en profitait pour aller boucher la bouchère.
Le reste du temps l’épicier se ratatinait sur des enfilades de ballons de muscadet, au Rendez-vous montmartrois de la rue Caulaincourt, en compagnie de M. Leroy, le boucher.
Les deux hommes s’estimaient mutuellement.
Outre qu’ils vaquaient aux mêmes trous, ils avaient en commun une certaine idée de la France faite à la fois de fierté municipale, de foie régional et de front national.
Une haine tenace pour les grandes surfaces, les étrangers et l’eau minérale les rapprochaient encore. Chaque soir, quand M. et Mme Lefranc réintégraient enfin leur commerce à l’heure de Collaro, ils se dépêchaient de fermer la boutique pour ne pas rater Bouvard.
Tant et si bien que les clients, lassés de poireauter aux poireaux, avaient fini par reporter leurs instincts légumiers crépusculaires vers le supermarché.
« Femme, dit un soir M. Lefranc, sur un ton solennel qui ne lui était pas coutumier, nous sommes pris à la gorge par le gros à la solde de l’étranger. Nous allons devoir vendre l’épicerie. »
Mme Lefranc opina du sous-chef car c’était une femme réservée.
Hélas, l’épicerie, forcément, personne n’en voulait.

À quelque temps de là, alors qu’il glougloutait ses petits blancs en maudissant le Maghreb, Vichy St-Yorre et les établissements Mammouth, M. Lefranc vit venir à lui un petit homme bien mis, quoique de style relativement basané.
« Bonjour, Monsieur, dit le petit homme. Vous êtes bien M. Lefranc ?

- Qu’est-ce qu’il veut, ce melon ? lança M. Lefranc, prenant la salle à témoin de l’outrecuidance de l’intrus.

- Je vous prie de m’excuser, mais je ne suis pas un melon. Je suis épicier, dit le petit homme. Je m’appelle Rachid Cherquaoui. J’ai vu que vous cédiez votre bail. Ça m’intéresse.

- Merde alors, dit M. Lefranc en tapant sur la table. Ça me ferait vraiment chier de voir un fainéant de bicot dans mon magasin. Plutôt crever. »
Après s’être ainsi brillamment exprimé, M. Lefranc se dit qu’il ne tomberait jamais deux fois sur pareil gogo.
Le lendemain, en toute discrétion, il signait la cession de son bail à M. Rachid Cherquaoui.
Puis il prit le train à Montparnasse pour aller finir ses jours en Morbihan dans sa villa, Ker Mein Kampf, en compagnie de Mme Lefranc qui se consolait de son ultime étreinte dans le pétrin en caressant déjà le projet de baratter le crémier de la rue du Varech de Quimperlot-les-deux-crêpes.
On n’entendit plus jamais parler d’eux.
Dans le quartier, nous sommes très contents du nouvel épicier.
Pour les fainéants, c’est incroyable de voir à quel point les épiciers arabes se lèvent tôt et se couchent tard. C’est à se demander quand ils regardent les jeux de 20 heures.
Pour nous, c’est vraiment pratique.
Le dimanche soir, par exemple, M. Rachid ne ferme jamais l’épicerie tant que le quartier n’est pas rentré de week-end. Dimanche dernier, je suis allé chercher une salade et un pain de mie à 9 heures du soir passées. C’était encore ouvert.
Il était en train de jouer aux dominos avec un autre Marocain qui lui ressemblait beaucoup.
« C’est mon frère Mohamed. Mohamed, je te présente un client très gentil. » (Je suis très gentil.)
Je dis :
« Bonjour Monsieur Mohamed. Vous êtes aussi du quartier ?
Oui, Monsieur. Je viens de racheter la boucherie de la rue Lamarck.
La boucherie de M. Leroy ? » (Je m’étonnais que M. Leroy, qui avait la même fierté, le même foie et le même front que M. Lefranc, ait consenti lui aussi à céder son commerce à un individu de type non gaulois vachement prononcé.)
« Au début, il a fait des difficultés, reconnut M. Mohamed. Il a dit qu’il ne traitait pas avec les melons.
 »Je lui ai dit : « Monsieur Leroy, on vous aura mal renseigné ; je ne suis pas un melon. Je suis blanchisseur. »
 » Il a gueulé : « Quoi, ma boucherie ? Pour en faire un pressing Y sont pas bien, ces ratons ! »
 » Et moi j’ai dit : « Je ne suis pas un raton, Monsieur Leroy, je vous dis que je suis blanchisseur. Raton laveur, à la rigueur si vous y tenez… » Alors bon, il m’a foutu dehors.
 » On a signé le lendemain. »
Je me rappelle que ce dimanche soir-là, avant de me laisser repartir avec mon pain et ma laitue, M. Rachid avait tenu à nous faire goûter un petit sancerre blanc de l’année, qu’il venait de recevoir. Encore un peu vert, mais très fruité.
Lui-même ne s’en était servi qu’un tout petit fond de verre, par politesse, pour trinquer.
Comme il dit : « Faut que je fasse attention. Je suis moitié musulman, moitié diabétique. »
Mais moi, je sais bien qu’il préfère les bordeaux rouges…
Ce matin, pour la première fois depuis six mois, le rideau de fer de l’épicerie Cherquaoui est resté baissé.
M. Mohamed, dans tous ses états, m’a appris que son frère venait d’être hospitalisé avec dix points de suture son visage.
Il avait été attaqué au couteau, à la nuit tombée. Par des inconnus. Alors, M. Mohamed et moi sommes allés chez le fleuriste d’à côté faire l’acquisition d’une poignée d’anémones.
Et je l’ai accompagné à l’hôpital.
Les rues de Paris ne sont plus sûres.

Textes de scène Textes de scène / Éditions du Seuil, Points, Warner /
 

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63 réactions à cet article    


  • djib 3 mai 2010 10:35

    euh ... c’est autorisé la reproduction des textes de sketchs comme ça ?!


    • jack mandon jack mandon 3 mai 2010 11:20

      @ djib,

      Pour la bonne cause, quand un auteur...talentueux s’exprime, il n’est pas interdit de lui donner la parole.


    • JL JL 3 mai 2010 10:51

      Bonjour, bien qu’ayant lu beaucoup de ce qu’a publié Desproges, je ne connaissais pas ce texte. Merci donc pour ce délicieux moment de lecture.

      Un texte d’actualité.


      • jack mandon jack mandon 3 mai 2010 11:27

        JL

        Les jeunes soldats du contingent auquel j’appartenais n’avaient rien à faire de l’Algérie, et, avec S. Lama
        nous chantions
        L’Algérie
        Ecrasée par l’azur
        C’était une aventure
        Dont je ne voulais pas
        L’Algérie

        D’actualité mais à front renversé.


      • Fergus Fergus 3 mai 2010 10:56

        Très beau texte, Jack, et malheureusement toujours d’actualité. Plus que jamais peut-être ?

        Desproges était à la société française ce qu’est le révélateur à la photographie : un élément nécessaire !

        Bonne journée.


        • jack mandon jack mandon 3 mai 2010 11:24

          Fergus

          Des Algériens avaient décidé, ou peut être étaient-ils contraints, de venir s’installer en France.
          Pour ceux là, parmi les plus modestes, comme le héros de l’histoire de P. Desproges, la vie allait devenir difficile.
          Dans les années 50 et 60 on les nommait haineusement les crouilles, les bounioulles, les ratons, les meulons...ect...
          Dans leur pays d’origine, ils étaient des traitres en danger de mort, dans notre pays, profondément méprisés.
          On aimerait bien maintenant qu’ils rangent leurs couteaux, leurs insultes et leurs violences, qu’ils arrêtent d’incendier des véhicules, de détruire et de lapider comme leurs ancêtres de l’ancien testament. Nous voudrions tout à coup qu’ils retrouvent la discrétion, la patience, l’humilité et la gentillesse de leurs grand-pères.
          Nous sommes en deux mots dans une Relation à front renversé...depuis toujours.


        • 57835 Spicy O 3 mai 2010 11:32

          vous avez au moins autant d’humour que P.D. Monsieur Mandon.

          Commencer son CV par « Travaux de psychologie des profondeurs », j’avoue que çà me fait poiler.

          Continuer comme çà smiley


          • jack mandon jack mandon 3 mai 2010 11:41

            Spicy O

            Pierre Desproges évoque dans sa simplicité la vie des hommes, en égratignant c’est vrai le préjugé qui a la dent longue aujourd’hui comme hier. Pour le préjugé aussi, nous sommes à front renversé avec les jeunes des banlieues maintenant. Chacun a un propre défi à relever et non un but commun à atteindre qui serait d’avoir raison sur le fond.

            Entre deux coups de couteau et quelques jets de pierres ça vous amuse toujours ?


          • 57835 Spicy O 3 mai 2010 12:01

            Me moquer de votre PéDanterie, et de celle de vos amis, m’amusera toujours.

             smiley


          • rocla (haddock) rocla (haddock) 3 mai 2010 11:57

            Quand un Blanc dit qu’ un Noir est un con , on dit que le blanc est raciste . Quand un Noir dit qu’ un Blanc est un con on dit que le Noir est un con . Ce en quoi on a tort . On peut très bien être Noir et con .Sauf en Afrique du Sud où seuls les Blancs sont des cons . A part Ted .

            Pierre Desproges ..

            Merci Jack pour ce bel article .


            • jack mandon jack mandon 3 mai 2010 13:23

              Salut capitaine,

              Dans un franc contact avec un être humain quelle que soit son ethnie,
              ce peut être un plaisir de communiquer à condition de laisser les idées préconçues
              sur le pas de la porte. Les théories politiques naissent dans les livres
              loin des échanges sincères et constructifs.

              Merci


            • 57835 Spicy O 3 mai 2010 12:03

              Monsieur Mandon,

              pourquoi donc avez-vous mis une photo extraite de la pub du Vatican sur votre CV ????


              • jack mandon jack mandon 3 mai 2010 12:56

                Spicy O

                Allez en paix ma fille.


              • Immyr Immyr 3 mai 2010 12:05

                Le premier paragraphe provient de l’émission : « Le Tribunal des Flagrants Délires » consacrée pour l’émission sus-dite à Jean-Marie Lepen.
                 L’intervention du « procureur général » Desproges finissait par le rappel d’une des chansons de Brassens : « La ballade des gens qui sont nés quelque part » (avant-dernier couplet)

                 "C’est pas un lieu commun celui de leur connaissance
                Ils plaignent de tout cœur les petits malchanceux
                Les petits maladroits qui n’eurent pas la présence
                La présence d’esprit de voir le jour chez eux
                Quand sonne le tocsin sur leur bonheur précaire
                Contre les étrangers tous plus ou moins barbares
                Ils sortent de leur trou pour mourir à la guerre
                Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part« 

                 Et finissant par une phrase de Luis Rego, »l’avocat général« de la même émission : »Les chiffres sont accablants, il y a de plus en plus d’étrangers dans le monde".

                 smiley


                • Ronny Ronny 3 mai 2010 12:23


                  Le même Luis Rego (en général excellent au demeurant compte tenu de l’ombre portée de Desproges) avait très fort lors de l’émission avec Le Pen, en lui demandant si cela ne le dérangeait pas d’être défendu par un avocat Portugais. Je vous conseille sa plaidoirie :

                  http://www.dailymotion.com/video/x4oq9w_luis-rego-la-journee-dyun-fasciste_fun

                  Desproges me manque et nous manque beaucoup...




                • jack mandon jack mandon 3 mai 2010 12:59

                  Immyr

                  Merci pour ce recentrage, une époque heureuse.
                  Vous avez l’excellente idée de réunir des personnages de qualité
                  Au plaisir


                • Immyr Immyr 3 mai 2010 13:15


                   Cher M Mandon,

                   je n’ai pas la nostalgie du passé, mais j’ai la nostalgie de la verve de Desproges. La nostalgie d’une certaine forme de liberté perdue dans le discours public. Mais des gens avec la liberté de penser de Desproges, mâtinée d’une culture générale, d’un raisonnement construit, il n’y a pas eu des masses smiley Pour pouvoir s’exprimer comme il le faisait, il fallait savoir parler. Et le parler se perd au fil du regard de plus en plus premier degré de toute la société.
                   Toute époque est belle. Ce n’est point l’époque qui change mais la mentalité des gens dominant l’espace médiatique de l’époque.

                   "L’ennemi est bête : il croit que c’est nous l’ennemi, alors que c’est lui !" (Pierre Desproges) smiley


                • jack mandon jack mandon 3 mai 2010 13:16

                  Ronny

                  Excellent et plus facile pour faire passer des messages
                  en présence de JM Lepen c’est préférable.
                  Merci


                • jack mandon jack mandon 3 mai 2010 13:36

                  Immyr

                  L’humour enveloppé de spontanéité et de jeunesse de coeur, ancré sur un support culturel et journalistique
                  et voilà une étoile filante qui traverse un siècle en marquant les esprits.
                  L’étoile filante fait des apparitions brèves mais elle imprime le temps et le souvenir.
                  La transmission est orale comme pour les vérités universelles.

                  Merci de votre passage.



                  • jack mandon jack mandon 3 mai 2010 13:44

                    Fabri

                    Excellent l’éloge funèbre de Bedos.

                    Merci

                    Êtes-vous de la famille de Jacques Fabri ?

                    Merci pour ces moments de délire


                  • Frabri 4 mai 2010 14:55

                    @ jack mandon

                    Mon pseudo est frabri et non fabri, et je ne fais pas partie de la famille de J. Fabri


                  • jack mandon jack mandon 4 mai 2010 16:11

                    Frabri

                    eh oui bien sur, de plus j’ai des tendances dyslexiques alors...


                  • Spip Spip 3 mai 2010 15:59

                    Tout de suite après avoir lu cet article et les réactions, j’ai revisionné le DVD du Tribunal des Flagrants Délires et particulièrement Le Pen (à la demande de ma fille) C’était une procès à hauts risques.

                    Autant Desproges prend ses distances pour parler (brillamment) du problème sans jamais citer Le Pen qui du coup ne peut répondre, autant Rego, tendu depuis le début de l’émission, se lâche dans un rôle qu’on n’attendait pas.

                    Il en arrive à faire pleurer de rire son « client » avec un portrait dans l’outrance d’un facho-maso de quartier, lui ôtant, lui aussi, toute possibilité de riposte. Chapeau les artistes, un grand moment !

                    Dans le bonus il est dit que l’émission n’a existé que deux ans alors que tout le monde a l’impression que ça a duré beaucoup plus longtemps (moi le premier)
                    Preuve, sans doute, qu’elle a marqué et marque encore durablement les esprits.

                    Maintenant, à 12 heures sur France-Inter, c’est le Fou du Roi... à part Didier Porte c’est service après vente et cirage de pompes. Rien à voir.

                    Desproges, au secours, reviens !!!


                    • jack mandon jack mandon 3 mai 2010 17:13

                      @ Spip

                      "Charmante tradition française : quand un cheval se casse une patte (pardon, une jambe), on lui tire aussitôt une balle dans la tête en essuyant une larme furtive : « la pauvre bête n’aurait plus pu rapporter de pognon. »
                      J’espère que je ne serai pas armé le jour où un propriétaire de chevaux de course se cassera une patte à côté de moi aux sports d’hiver. Je serais capable de tout, pour l’empêcher de souffrir plus longtemps."

                      Humanité cohérente.
                      La force de P. Desproges c’est de convaincre les antagonistes comme si l’esprit qu’il déploie est le langage de tous. Permettre à chacun de prendre sa place à la mesure de ses moyens.
                      Comment pouvait il être acide tout en restant respectueux et tendre en nous entrainant tous dans un rire partagé unanimement.


                    • Lise Meridor Lise Meridor 3 mai 2010 16:34

                      Merci pour cet article et les liens des commentateurs.

                      Un comique absolument politiquement incorrect, comme on les aime...


                      • jack mandon jack mandon 3 mai 2010 17:48

                        @ Lise Meridor

                        " Que Jean-Marc Roberts soit l’écrivain le plus doué de sa génération, j’en suis personnellement convaincu. Et je ne doute pas qu’un jour, la lecture de ses livres me confortera dans cette opinion. Mais sincèrement, je vous le demande en votre putain d’âme de bordel de conscience, peut-on revendiquer comme un exploit d’être le plus doué en écriture dans cette génération post-soixante-huitarde de consternants tarés analphabétiques débordant d’inculture, que de soi-disant enseignants mongoloïdes, grabataires du cortex avant la quarantaine, continuent à mettre à l’abri du moindre effort de découverte pour ne pas leur perturber leur petit caca d’ego avec ou sans trique, et ne point épuiser leur frêle intelligence tendre chrysalide."

                        Une sainte colère pour la route


                        • ChatquiChouine ChatquiChouine 4 mai 2010 00:25

                          Monsieur Mandon,

                          Je vois que je ne suis pas le seul (je m’en doutais un peu en fait) à être un fan de Desproges.
                          De par son érudition, son esprit d’ analyse extrêmement affuté allié à une maitrise exceptionnelle de la langue française, ce dernier a certainement produit l’humour le plus décapant et subversif qui soit, tout en nous régalant les oreilles d’un vocabulaire le plus coloré, extrêmement riche mais jamais pompeux...bref, une rareté, un extraterrestre dans la médiocrité marchande des années 80.

                          Allez, plutôt qu’un long discours, voici un lien pour ceux qui, comme moi, reste un irreductible fan .
                          Tout les chroniques y sont, vous verrez, une par jour et hop, à la poubelle la boite d’anti dépresseurs.
                          http://crazymotion.net/chronique-de-la-haine-ordinaire-14/wGQNk7THjXDUjAy.html


                          • jack mandon jack mandon 4 mai 2010 06:44

                            @ Chaquicouine,

                            Comme la plupart des maladies mentales en vente dans les catalogues des psycho-psychiatres, le snobisme se caractérise essentiellement par la dégénérescence dramatique de la personnalité et perte progressive du libre-arbitre. Privé du moindre sens critique, le snob en est réduit à se ventouser l’ego et à se cloquer le sens artistique sur ceux d’une poignée de personnages quelconques, morts ou vifs, dont d’autres snobs leur font croire qu’ils sont à la mode.
                            Autant le strabisme est divergent chez Sartre, autant le snobisme est convergent chez l’Homme.

                            Fonds de tiroir / Éditions du Seuil / / Mots-clés : individualisme


                            Dans sa confrontation avec la mort, malgré ses sarcasmes de sale gosse en révolte, Pierre Desproges est resté un enfant roi, un ami pour tous, pour le meilleur et pour le rire.
                            Merci pour le partage.

                            • rocla (haddock) rocla (haddock) 4 mai 2010 07:41

                              Pour bien commencer journée :


                              • rocla (haddock) rocla (haddock) 4 mai 2010 07:43

                                 le pangolin ressemble à un artichaut à l’ envers prolongé d’ une queue à la vue de laquelle on se met à penser que le ridicule ne tue plus ....

                                De lui , le maître es mots .....


                                • rocla (haddock) rocla (haddock) 4 mai 2010 07:48

                                  Plus cancéreux que moi , tumeur ....


                                  • ChatquiChouine ChatquiChouine 4 mai 2010 08:11

                                    Dans la même veine :

                                    « Noel au scanner, Pâques au cimetière »


                                  • jack mandon jack mandon 4 mai 2010 08:59

                                    chatquiChouine

                                    Double V.C. Fields disait : « Quelqu’un qui n’aime pas les enfants ne peut pas être tout à fait mauvais. » Je ne sais pas si Monsieur Fields a raison. Tout ce que je sais c’est que le bon Dieu l’a puni en lui donnant un prénom de chiottes. C’est bien fait.
                                    Manuel de savoir vivre à l’usage des rustres et des malpolis

                                    Manuel de savoir vivre à l’usage des rustres et des malpolis / Éditions du Seuil / / Mots-clés : enfants

                                    vivons heureux en attendant la mort


                                  • rocla (haddock) rocla (haddock) 4 mai 2010 07:49

                                    Tout petit, je voulais être célèbre et je ne faisais rien pour. À l’école, je m’avérais très vite un élève inexistant. Par goût. J’ai toujours été persuadé – je le suis encore – que les diplômes sont fait pour les gens qui n’ont pas de talent. Malheureusement, il ne suffit pas de ne pas avoir de diplômes pour avoir du talent.

                                    Chroniques de la haine ordinaire / Éditions du Seuil / 13/08/2008 / Mots-clés : carriérisme

                                    • rocla (haddock) rocla (haddock) 4 mai 2010 08:14

                                       Météo :

                                      Il peut pleuvoir , faire du vent , sombre , avec Desproges on a le philosophal Pierre , apôtre de l’ esprit sain .

                                      Mets tes bas .


                                      • Castor 4 mai 2010 08:24

                                        Le plus grand, le plus fort, le plus drôle.

                                        Merci pour l’hommage.

                                        • jack mandon jack mandon 4 mai 2010 08:54

                                          Castor capitaine,

                                          "Sous le nez rouge du clown, il avait une plume. Cette plume, Desproges me l’a planté dans le coeur."

                                          Corentin Fion, les cahiers de la marge

                                          « Où ça ? »

                                          Ludwig van Beethoven

                                          « Je dis : dans le coeur. »

                                          Corentin Fion, les cahiers de la marge

                                          cascade

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