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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Poètes de la nature, passeurs d’éternité

Poètes de la nature, passeurs d’éternité

La nature est un temple où de vivants piliers

Laissent parfois sortir de confuses paroles ;

L'homme y passe à travers des forêts de symboles

Qui l'observent avec des regards familiers

 

Comme de longs échos qui de loin se confondent

Dans une ténébreuse et profonde unité,

Vaste comme la nuit et comme la clarté,

Les parfums, les couleurs et les sons se répondent...

 

Synesthésie, extraits. Les fleurs du mal, Baudelaire

 

(Cliché 1) Miroir de Poséïdon, berceau des philosophes de la nature

 

Au coeur du continent grec fractionné par les séismes, on ne peut manquer de s’interroger sur l’effondrement terrestre en mer Égée, autour de Santorin, au coeur des Cyclades. De l’avis d’Homère le poète visionnaire, l’Atlantide est l’île d’Ogygie, où Calypso retint Ulysse captif. Située très loin dans la mer, « au bout du monde », (Odyssée, V, 59-73.) Platon plus doctement, « L’Athènes de l’Atlantide a été authentifiée par des preuves géologiques et archéologiques »...sauf qu’elle se situait devant les Colonnes d’Hercule (détroit de Gibraltar). La réalité du miracle dans ce duo d’allégations réside dans la « forêt de symboles » évoquée par Baudelaire que nous révèlent la vie sensible, murmurante et chargée de lumière.

Reprenons la carte ethnique, les époques lointaines, géométriques, archaïques et classiques. Le concert « cycladique », Un immense gastéropode sismique fragmenté nous révèlent une Grèce frappée « par la foudre du ciel ». Comme par défi, les cataclysmes naturels offrirent à leurs habitants l’opportunité de recréer le monde. La grande Grèce, ionique à l’Ouest de la Turquie, s’égrainait en chapelet en mer Égée, pour rejoindre la Crète Dorienne au sud, l’Attique athénienne au Nord Ouest et le Péloponnèse Dorien à l’Ouest. Elle intégrait le sud de l’Italie et la Sicile ioniques.

La Grèce dorique-ionique, communauté de l’être, matriarcale, culturelle, artistique et philosophique. L’âme primordiale comme émergée d’une fragmentation d’étoile. Nietzsche l’évoque merveilleusement :

 

« Tous les peuples se couvrent de honte lorsque l’on se réfère à une société de philosophes si merveilleusement exemplaires : celle des premiers maîtres en Grèce, Thalès, Anaximandre, Héraclite, Parménide, Anaxagore, Empédocle, Démocrite, et Socrate. Tous ces hommes sont taillés tout d’une pièce et dans le même roc. Une stricte nécessité régit le lien qui unit leur pensée et leur caractère. Toute convention leur est étrangère, car la classe des philosophes et des savants n’existait pas à l’époque. Ils sont tous, dans leur grandiose solitude, les seuls qui, en ce temps-là, aient vécu pour la seule connaissance. Tous possèdent cette vigoureuse énergie des anciens par quoi ils surpassent toute leur postérité, l’énergie de trouver leur forme propre, et d’en poursuivre, grâce à la métamorphose, l’achèvement dans son plus infime détail et dans son ampleur la plus grande. »

 

Les grecs envisagèrent l’architecture avec un souci de clarté et d’unité. Dans la communauté de l’être, et cela vaut pour toutes les civilisations anciennes orientales, comme l’Égypte, les mesures de constructions architecturales avaient pour référence « l’humain ». Le doigt, la paume et leurs dérivés, le pied, et la coudée. Deux ordres porteurs, le Dorique, puissant, martial et dépouillé, s’affina et se spiritualisa sous l’influence de l’ordre Ionique. En Péloponnèse, Sparte -630. Les Doriens cherchèrent un moyen de faire des piliers à la fois assez forts pour soutenir le poids de l’édifice et agréables à la vue. Pour cela ils prirent la mesure du pied d’un homme qui est la sixième partie de sa hauteur. Ils se réglèrent sur cette proportion de sorte qu’en donnant un diamètre quelconque à leurs colonnes ils la firent six fois aussi haute et c’est ainsi que la colonne Dorique fut employée dans les édifices avec « la proportion, la force et la beauté » du corps d’un homme. ( rapporté par l’architecte Vitruve) Le Parthénon à Athènes et le temple d’Héra furent les temples grecs les plus représentatifs du style Dorique. Ce style était répandu en Grèce, dans les colonies grecques du sud, Italie et Sicile.

 

(Cliché 2) Parthénon lumineux, le géant dorique est toujours debout.

 

Les Doriens, (yang) bâtisseurs ombrageux érigeaient une structure classique imposante dépouillée (influence patriarcale). Ils cultivaient la défiance à l'égard de l'étranger, le mépris des recherches philosophiques, historiques, cela peut expliquer la stérilité intellectuelle de leur culture. Contradictoirement, dans leurs créations, les résultats furent éblouissants. Un caractère martial d’austérité se retrouve dans la langue, le vêtement, la musique. C’est la créativité d’un guerrier spartiate sans état d’âme. Le guerrier qui dit ce qu’il fait et fait ce qu’il dit.

 

En revanche, les Ioniens (yin) issus des civilisations ancestrales d’Asie, (influence matriarcale) transmirent à la Grèce le trésor d’un savoir radical issu de la communauté de l’être. Plus qu’un motif pétrifié décoratif, la spirale ionique ornant les chapiteaux de cet ordre, fut un rappel de l’énergie universelle, (l’enroulement de l’enfant dans le ventre de la mère) constituant symboliquement, culturellement et spirituellement l’âme de la Grèce antique. Avec la puissance d’action Dorienne, deux énergies primordiales complémentaires fusionnèrent à la mesure de la spirale évolutive du Tao te King. Une constellation solaire et lunaire, sur la terre, une merveille d’harmonisation humaine.

 

(Cliché 3) Chapiteau ionique, Propylées-Acropole-Athènes

 

Les philosophes de la nature, évoqués par Nietzsche, dans leurs observations méditatives, fréquentèrent la bibliothèque animée de Gaïa. Ils rencontrèrent dans le règne végétal, les volutes en spirales de la vigne et de l’hélianthe. Dans le règne animal les volutes des gastéropodes, l’enroulement des cornes d’Aries, premier signe zodiacal. Sur les plages de la mer Egée les mêmes enroulements toniques des coquillages. Dans l’espace égéen, les remous tourbillonnants des torrents rencontrant le reflux de la mer Égée, l’enroulement majestueux de la vague à l’assaut du rivage. La météorologie et la climatologie ne fournissaient pas encore des images satellitaires de tempêtes égéennes dantesques. Ils compensaient dans l’humaine contemplation. La chevelure humaine implantée en spirale, l’extrémité des doigts délicatement spiralés, la forme du réceptacle subtil auriculaire. L’astral offrait sa vision hélicoïdale, à la mesure de leur prescience. Les volutes célestes leurs confiaient l'ordre cosmique des constellations et des rotations complexes du Soleil, des planètes, des rythmes du jour et des saisons, le cycle de l'évolution, la permanence de l'être sous la fugacité du mouvement. La spirale, des cycles lunaires croissants et décroissants, le féminin. Souffle de vie, enroulement. Une fulgurante intuition aurait pu leur conter le monde de la physique moderne de l’image de notre temps prise dans une chambre à bulles (Cherpak fit mieux) au CERN (Gargamelle) éclairant les trajectoires des particules courbées par un champ magnétique en échos à la spirale secrète de l’ADN du physicien expérimentateur. Un peu d’humour, quoique... je crois au pouvoir de l’intuition sous toutes ses formes.

 

(Cliché 4) Angélisme dorique, pétrification éblouissante

 

Les spirales sont présentes à tous les niveaux de la création, depuis les molécules jusqu'aux galaxies. C’est un mouvement fondamental inscrit dans la structure de l'univers. Elle se manifeste sous différentes formes (plane, conique ou cylindrique) dans les plantes, les animaux et l'être humain. Dans l'air, l'eau et le sang, elle est le mouvement naturel de vie.

 

Les sages de l’antiquité, enfants du néolithique, issus de la communauté de l’être, compensaient dans l’imaginaire. Ils savaient mais doutaient, l’école de la sagesse. Ils ignoraient les dogmes limitants et dévastateurs des religieux monothéistes, ils raisonnaient dans la complétude et l’émerveillement sacral du vivant. A mille mille de l’asservissement des systèmes formels de la société de l’avoir, polluée par la finance génératrice de violence et d’inhumanité. Dans ce contexte primordial, la spirale du chapiteau ionique est une volute inspirée qui participe du concert universel animant la création. Le peuple ionien fut aussi un lien harmonieux entre toutes les ethnies hellénistiques.

Quant à la poésie grecque, elle vit le jour avec Homère. La prose, la philosophie, la science, l'histoire, avec Thalès de Milet. Pythagore le prêtre géomètre, mathématicien et thaumaturge né à Samos pratiqua en Sicile, comme Empédocle : cosmogonie, ontologie, éthique, médecine. La dernière expérience d’Empédocle, un plongeon dans la gueule béante de l’Etna. Il prit soin de déposer ses précieuses sandales (la pièce à conviction) avant de sauter . Les physiciens ioniens, Hippocrate, les idéalistes Parménide et Zénon d'Elée, Héraclite, philosophe du logos, les logographes, Anaximandre, Héraclite, Hécatée de Milet, Hérodote d’Halicarnasse, historien. Dans les arts et sciences les ioniens furent initiateurs. Ces savants étaient pluridisciplinaires,(comme Léonard de Vinci à la renaissance).

Après Socrate, avec Platon et Aristote, la société fut compartimentée, scindée, découpée en systèmes spéculatifs qui introduisirent l’argent, le contrôle et l’état, c’est à dire le conditionnement obligatoire, l’emprisonnement insidieux, le pouvoir de l’avoir, l’aliénation humaine. L’avènement de cette société de l’avoir arrive aujourd’hui à son paroxysme de cruauté et d’incohérence grégaire, avec paradoxalement sa merveilleuse créativité et ses découvertes spectaculaires. Le bon, le beau et le vrai existent donc toujours ?

Dans les cités ioniennes très humanisées, la fusion entre les divers éléments de la population fut complète, Ils eurent une civilisation essentiellement urbaine et maritime, car ils ne s'aventurèrent pas très loin des rivages. L'évolution politique fut rapide, monarchique, aristocratique, puis démocratique. Une insurrection ionique en 500 av. J.-C. ouvrit la période des guerres médiques. Le grand défaut de la culture de communauté d’être est de se vivre en caste. Elle n’est pas universelle. (Ce fut le drame, dans un autre temps pour certaines tribus amérindiennes qui furent ainsi décimées par les européens conquérants de la société de l’avoir). Revenons à la grande Grèce qui perdit graduellement son unité primordiale. Pour le bonheur de la France, les phocéens évacuèrent leur ville pour immigrer à Marseille et sa région. L’immigration est parfois heureuse.

En revanche, leurs antonymes doriens imposaient une rigidité sociale. Sparte un modèle d'efficacité et de discipline guerrière. De l'enfance à l'âge adulte (7 à 20 ans), le jeune spartiate était embrigadé par classe d'âge, hors de la tutelle parentale pour accomplir une formation intensive de combattant. Le pouvoir du guerrier devint celui du conquérant et l’ordre Corinthien apparut. La feuille d’acanthe en symbolise la nature, Ce fut le basculement dans la société de l’avoir. Dans la logique de l’histoire, la feuille d’acanthe orna plus tard l’architecture de la ville éternelle. Les faits sont parlants et incontournables. Corinthe devint l'entrepôt du commerce de l'Europe et de l'Asie, et une des villes les plus riches de la Grèce. Le luxe y était grand et les mœurs dissolues. La divinité majeure de Corinthe était Aphrodite. Les prêtresses ruinaient les riches marchands étrangers qu'attiraient les jeux solennels de l'isthme. Les Corinthiens recherchaient et achetaient les œuvres d'art ; mais ne les produisaient pas. L'ordre dit corinthien, fut en phase avec le caractère luxueux de ses habitants. Style attribué à l’architecte anachronique, Callimaque, 540 av. Jésus, une époque décalée.

L'ordre composite, qui le prolongea, put parfois être considéré comme un système impur, voire parasite. Les puristes refusent de l’ériger en ordre. En fait, il s’inscrivit dans la décadence de la société de l’avoir post socratique avec l’ordre Corinthien qui prit toute sa signification avec l’essor et la chute de l’empire romain. La corrélation est ici criante d’évidence, entre l’expression de l’art et la dégradation de la culture et de la société. L’expression de l’art est le miroir de l’humanité.

 

(Cliché 5) Lévitation dorique, transparence du marbre.

 

« L’activité des philosophes de la nature, même s’ils n’en étaient pas conscients, débouche sur un salut commun et une purification générale ; le cours puissant de la civilisation grecque ne doit pas être interrompu et de terribles dangers doivent être écartés de sa route : Le philosophe défend sa patrie. Or, désormais, depuis Platon, le philosophe est en exil et conspire contre sa patrie...Les géants s’interpellent à travers les intervalles désertiques de l’histoire et, sans qu’il soit troublé par les nains insouciants et bruyants qui continuent à ramper au-dessous d’eux, leur sublime dialogue entre esprit se poursuit. F. Nietzsche (Prophétisme actualisé, c’était en 1870) ».

La ligne directrice pédagogique proposée par Francis Cousin, éminent maïeuticien, dans son ouvrage « l’être contre l’avoir », éclaire le travail de Karl Marx sous l’angle originel. C’est un défi, hors préjugé, un retour à l’essence du message. La stratégie du capital générée par la société de l’avoir, consiste à salir et à dénaturer les valeurs primordiales. Nous sommes en guerre, toutes les stratégies sont utilisées. Karl Marx annonçait au terme du XIXe siècle la nécrologie du capital. Comme un fauve blessé, celui-ci se défend en agressant sur tous les fronts et par tous les moyens. Nous découvrons au fil du temps ses manœuvres de déstabilisation meurtrières. De plus, les médias prostitués et superficiels, contribuent à la désinformation généralisée et ajoutent à l’infamie.

 

Demain peut être, pour notre bonheur la philosophie de l’insurrection s’imposera à la philosophie de la connivence. Aujourd’hui, une lueur d’espérance. Grâce au développement des sciences, aux transitions écologiques et énergétiques, des concepts nouveaux émergent. Un courage politique, des bonnes volontés pour ce nouveau vocable : Le « biomimétisme » Sage prétention de s’inspirer de la nature pour innover durablement. La culture maintenant s’inspire de la nature ?

 

Références : « La philosophie à l’époque tragique des grecs » F. Nietzsche

Ils reflétaient la beauté de la Grèce, histoire de l’hellénisme Pierluigi Lanfranchi

Paul Lafargue, « Le matriarcat, études sur les origines de la famille » 1886

Francis Cousin - L'Être contre l'Avoir (extrait 9 min) – YouTube

 


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8 réactions à cet article    


  • Taverne Taverne 8 juin 13:16

    Je ne me lasserai jamais des vers de Baudelaire. Les « vivants piliers » portent quelque chose de grand. Ces piliers de la nature ne sont pas seulement ornementaux : ils sont porteurs. Porter crée du sens. Travailler n’a pas de sens en soi mais porter, si !

    Quant à l’énigme des spirales : la seule poussée verticale crée des cercles concentriques (ceux du tronc de l’arbre), chez l’animal, la course en avant ne crée pas cette belle trace en hélice. La course ne laisse aucune trace !

    Quand les les deux types de mouvements se contrarient d’une certaine façon, il y a spirale : un mouvement principalement ascendant mais qui ne progresse que très lentement vers l’avant. Cet écart qui contredit l’inertie crée cette spirale.

    D’où la spirale du coquillage : quasi inertie mais animée d’un mouvement latéral très lent qui, venant contrarier la verticalité, crée une forme en spirale. On la trouve aussi dans l’éphémère tourbillon de l’eau qui s’échappe dans un trou. La force de Coriolis fait que l’eau s’écoule en spirale en dehors de la zone de l’équateur où elle s’écoule tout droit dans le trou. Dans l’hémisphère nord, l’eau tourne dans un sens et dans l’autre hémisphère elle fait une rotation inverse.

    L’Homme devrait évoluer en spirale car c’est c’est la seule façon de progresser durablement. La pensée doit toujours chercher la lumière par le haut mais, pour ne pas faire comme les arbres et ne pas tourner en cercles, elle doit se décaler horizontalement juste ce qu’il faut, pas trop vite. Le pas de côté doit être fait au moment qu’il faut et pas avant, il nous faut faire preuve d’une grande patience pour guetter le moment.

    Mais ce monde ne nous offre pas le luxe de vraiment penser ; il nous jette constamment en avant (le besoin immédiat, le désir, le projet, la compétition...) et ne nous permet pas de développer une pensée en spirale c’est-à-dire une forme de pensée qui progresse vraiment, qui nous permette de forer l’Inconnu et à l’Infini, telle la vis sans fin d’Archimède.

    Nous devons chercher nos « vivants piliers » à nous, race humaine, et nous devons chercher aussi la forme en spirale de la pensée qui nous convient.


    • L'enfoiré L’enfoiré 8 juin 13:45

      @Taverne

      Ce matin, Laurence Bibot dans son café serré posait la question à l’invité Ministre-Président a imprimé sa marque au Gouvernement bruxellois
      « Dis-moi ce que tu lis, Rudy, je te dirai ce que tu voudrais être » :
      (podcast)

      Réponse de Rudy : « L’insoutenable légèreté de l’être » de Kundera
      qui renvoie une autre question :
      Que reste-t-il d’une série de choses du passé avant d’être oubliées ?
      Rien n’est durable, cher Paul, à moins de voir notre vie comme un anneau de Moebius


    • jack mandon jack mandon 9 juin 09:35

      @Taverne

      "Mais ce monde ne nous offre pas le luxe de vraiment penser ; il nous jette constamment en avant (le besoin immédiat, le désir, le projet, la compétition...) et ne nous permet pas de développer une pensée en spirale c’est-à-dire une forme de pensée qui progresse vraiment, qui nous permette de forer l’Inconnu et à l’Infini, telle la vis sans fin d’Archimède.« 

      Pris dans le mouvement hélicoïdal, votre développement apparaît sans fin. La pensée comme vous la décrivez demeure à l’état de songe, comme si le mouvement s’imposait dans la conscience immédiate et maintenait l’enregistrement à l’état second. L’empreinte demeure et se déroule en méditation cette fois dans la spirale involutive de la méditation. »Rien ne se perd, rien ne se créer, tout se transforme.« 
      A propos du songe, vous qui appréciez Baudelaire, »les chats", extrait

      ...Ils prennent en songeant, les nobles attitudes
      Des grands sphinx allongés au fond des solitudes
      Qui semblent s’endormir dans un rêve sans fin...

      Dans l’intemporel, la métempsychose et le songe en spiral, le chat est un guide.

      Merci de votre passage, je me sens moins seul, même si la solitude est mon choix.



    • LionBlanc LionBlanc 11 juin 15:00

      Cette vidéo s’accorde parfaitement avec l’article.

      https://www.youtube.com/watch?v=iF6CjjmjCXk


      • jack mandon jack mandon 12 juin 09:35

        @LionBlanc

        Bonjour discrète mais identifiable apparition,


        Vous avez deviné, mon intention était aussi politique. Certes les anté-socratiques et leur modèle de communauté de l’être sont à des années lumière de la société de l’avoir devenu.

        Comment envisager une transition ? Dans le clip qui illustre le long discours idéaliste de Chaplin, nous sommes dans l’atroce montée en puissance du nazisme, forme caricaturale et dramatique du terme inéluctable de la société de l’avoir dont la référence grégaire reflète la vassalité léthargique des peuples. Et pourtant le vrai critère qui conditionne le drame, se nommait Mammon à l’époque du Pentateuque de Moïse, le prince de ce monde à l’époque des évangiles de Jésus, le Capital au XIXe siècle avec K. Marx...trois grands philosophes juifs. Pour ma part, je trouve que les « évangiles » qui évoquent l’homme spirituel et le « Manifeste » qui plante l’homme matériel exclusivement, sont les deux références qui nous parlent de la dichotomie de l’âme humaine.

        Si les modèles de société ne parviennent pas à prendre racine, des personnalités isolées et réparties sur toute la surface de la terre vivent réellement la communauté de l’être en eux même et dans leur environnement immédiat. L’inconscient collectif des peuples tient en état de veille le tout dans l’être du néolithique. Les anté-socratiques nous accompagnent toujours. C’est précisément au moment où le monde accomplissait un bond spectaculaire dans l’ignominie avec Hitler, que des philosophes, au terme du XIXe siècle, sous l’impulsion de Nietzsche et Marx mirent en lumière un autre modèle de société possible en actualisant les penseurs, scientifiques et artistes ioniens issus du matriarcat. C’est en partie dans le même pays que s’élaborèrent l’ombre et la lumière de concert, le mal et l’antidote. On ne peut pas nier que la somme des concepts heureux furent déformés et dévoyés, ce qui est la marque absolue du grand capital.


        Merci de la fraîcheur de votre passage.


      • jack mandon jack mandon 12 juin 10:20

        @LionBlanc

        Dans le Valais suisse que j’ai choisi pour rêver à l’impossible, un écrivain valaisan Charles-Ferdinand Ramuz nous dévoile sa vision de l’emprise de la société de l’avoir sur le peuple de la montagne. Les montagnards, dans leur rudesse coutumière sont à priori bien loin des projections de l’imaginaire. Pragmatiques, en prise avec la dure réalité il semblent protégés de ce qui tente l’âme citadine. Dans « La grande peur dans la montagne » le prince de ce monde" les terrorise inconsciemment et asservit leur imaginaire.
        Curieux, Ramuz aux deux prénoms, Charles, celui de Baudelaire, Ferdinand, celui de Céline. Un bon mélange qu’il extériorise dans cette tragédie moderne.


      • LionBlanc LionBlanc 12 juin 12:31

        @Jack Mandon, je vous invite à venir voir mon blog sur google + au pseudo définitif de Lion Blanc (Même si Séléna existera toujours sous forme de jardin secret, paradis pas perdu) Je ne place pas le lien, vous saurez trouver.
        Mon arche, n’est peuplée que de « messagers » (de lumière), et les passants qui passent et s’attardent à l’occasion. Une arche en guise de bouteille à la mer pour ceux qui ont besoin de la trouver.

        Sur google + je supprime tout commentaire qui n’a rien à voir (comme ceux qui proposent des prêts sous un article qui parle de la libération des dépendances par le biais de « la nuit obscure » de St Jean de la Croix !!!).
        En attendant de dégager du temps pour agencer le wordpress. Le google+ constitue la bouteille à la mer contenant l’esprit qui sera dans le wordpress.

        Oui, en Suisse, vous avez hérité, depuis quelques mois, d’un des véritables décideurs de toute l’histoire récente et particulièrement pour la France : Henri de Castrie (je vous laisse chercher qui il est).

        Quelque chose bloque en moi vis à vis de ce pays (est ce la montagne ? autre chose ? un peu des deux ? En réalité, il y a une raison toute autre que j’ai identifiée, personnelle, mais ne souhaite pas exposer sur agoravox ou ailleurs).
        Ne suis toujours pas allé voir ma soeur, et de toute façon, il apparaît ce qui finalement a toujours été : nous sommes sur des chemins (voire des planètes) totalement différents, et désormais, c’est patent.

        Les élections sont presque passée, pour la plupart, la tempête est à venir, pour moi, l’orage est passé, les gens ont choisi conformément à l’impuissance acquise (et qui peut confiner au suicide anomique « Durkheimien ») qui caractérise les sociétés de l’avoir, ils ne réagissent plus.
        Ainsi soit il.

        La situation économico-politique, ne fait qu’empirer, le bateau s’enfonce inexorablement, pendant ce temps, il y a de belles choses dans cette vie, elles ne sont pas voyantes et n’apparaissent qu’à ceux qui veulent bien prendre la peine de regarder.

        Je suis toujours admirative devant l’immense variété de fleurs qui peut pousser sur le bord des chemins, au printemps, et les innombrables variétés d’insectes, il y en a de toutes sortes, tout cela ne peut être le fruit d’un hasard.

        Parabole zen :

         La framboise

        Un homme qui traversait un champ se trouva nez à nez avec un tigre.  

        Il s’enfuit, le tigre à ses basques. Arrivé au bord d’une falaise, il s’accrocha à une liane et se balança. Le tigre le flaira d’en haut. Terrorisé, l’homme baissa les yeux : tout en bas, un autre tigre attendait, s’apprêtant à n’en faire qu’une bouchée.

        Deux souris, l’une blanche, l’autre noire, se mirent à ronger la liane, petit à petit. Juste à côté de lui, l’homme aperçut une framboise qui promettait d’être savoureuse. Se tenant d’une main à la liane, il cueillit la framboise de l’autre.

        Qu’elle était succulente !

        http://www.info-3000.com/eclatsdesprit/TXT_framboise.php

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