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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Polar : neuvaines corses contre l’Opus Dei ?

Polar : neuvaines corses contre l’Opus Dei ?

En Corse, où le premier festival du polar méditerranéen a lieu du 6 au 8 juillet à Ajaccio, des auteurs se mobilisent en faveur de Catherine Fradier, auteure de « Camino 999 », et de son éditeur, assignés en justice par la puissante Opus Dei pour diffamation.

L’épineuse affaire Camino 999, qui oppose la prélature catholique à la jeune maison d’édition Après la lune , ne va pas manquer d’animer les rencontres de la trentaine d’auteurs de polars qui se tiennent à Ajaccio les 6,7 et 8 juillet prochain. Dans l’île où le Dio Salve Regina tient lieu d’hymne national, l’organisation du festival du polar corse et méditerranéen est une première.

Le drapeau noir du polar

A l’initiative de l’association Corsicapolar qui entend promouvoir tous les auteurs de littérature policière de Méditerranée, ce premier rendez-vous insulaire a valeur de symbole. Il scelle un pont entre îles éparses et continents. Son originalité commence par une traversée au départ de Marseille : dès l’embarquement pour l’île de Beauté, de nombreux auteurs venus du continent feront leurs dédicaces en pleine mer à bord d’un ferry de la SNCM, partenaire de l’événement destiné à hisser le drapeau noir du polar corse et méditerranéen. Les « Marseillais » ne sont pas les moins nombreux. . Maurice Gouiran, Gilles Del Pappas, René Fregni , Serge Scotto font partie du voyage. C’est dire qu’il y a des pointures dans les pointus ! Et que de grands éditeurs de la Porte du sud tels que Jigal et l’Ecailler du sud seront également sur le pont reliant la première ville corse de France à l’île de Beauté.

Emergence plurielle

Côté corse, la bande des polardeux ne se porte pas mal non plus ! Depuis quelques années, la production des auteurs insulaires et la diversité de leurs éditeurs, de Corse ou d’ailleurs, portent ses fruits. Du pionnier, l’éditeur Meditorial et sa collection Misteri, révélant, entre autres, Philippe Carese dés 1994, à la très riche collection Nera des Editions Albiana, l’émergence d’une authentique pluralité des polars corses est indéniable, même si elle n’a pas encore atteint la profusion du catalogue des auteurs de Marseille ou de Provence, ni la renommée internationale des auteurs sardes, catalans ou siciliens. Pour autant, auteurs et éditeurs d’en Corse n’en montent pas moins à l’assaut des lecteurs. Propice aux sorties de polars, l’été verra cette année plusieurs éditeurs corses présenter leurs nouveautés : un nouveau Daniele Piani aux éditions Albiana, un nouvel auteur, Jean-Paul Ceccaldi, aux éditions du Journal de la Corse, le dernier Marie-Héléne Ferrari aux éditions Clémentine, le deuxième roman de Ugo Pandolfi, auteur de la Vendetta de Sherlock Holmes, chez une jeune et nouvelle maison d’édition. Des émergences, plurielles. Un mouvement, certain. Transversal aussi et très ouvert. L’originale montée en puissance du blog des différents auteurs rassemblés dans l’association Corsicapolar, initiée par le romancier Jean-Pierre Orsi, en est un signe. Une petite équipe d’auteurs aussi divers que Jean-Pierre Santini, Ugo Pandolfi, Jean-Paul Ceccaldi, Daniele Piani, Marie-Héléne Ferrari, Elisabeth Milleliri, Okuba Kentaro, Oliver Collard tentent le pari de mutualiser leurs efforts et un peu d’écriture pour promouvoir ensemble les auteurs d’en Corse, voire d’offrir à chacun des espaces multimédia de communication personnalisés. L’expérience est modeste et ne se prend guère au sérieux. Mais elle est efficace. Avec leur blog, les auteurs ont déjà mis en chantier un fichier et un agenda interactifs qui acceptent toutes les informations, y compris en vidéos. L’agenda annonce dés à présent qu’un lâcher de livres aura lieu dans le Cap corse à Barretali dans le village de l’écrivain Jean-Pierre Santini le 11 août prochain, et qu’à Porto Vecchio, en Corse du sud, des journées consacrées aux polars sont prévues pour la fin août.

La solidarité des visiteurs du noir

C’est dans ce contexte effervescent que les rencontres de ce premier festival s’annoncent prometteuses, aussi noires qu’amicales. Tous ces raconteurs d’histoires ont en commun d’écrire contre la mort. Ils aiment la vie, la cuisine à l’ail et à l’huile d’olives. Leur convergence, à Ajaccio, autour d’un spuntino arrosé de vin corse est sans conteste un petit événement historique. L’appel à la solidarité avec Catherine Fradier, l’auteure de Camino 999, lancé par Jean-Jacques Reboux et les éditions Après la lune, assignées en justice par l’Opus Dei, n’en sera pas absent. Annoncée de longue date, la venue à Ajaccio de l’auteure du polar qui a heurté la puissante prélature catholique suscite déjà un élan de solidarité active. Dans leur blog Corsicapolar, les principaux initiateurs du festival qui savent bien qu’on n’achète plus les indulgences, ont cependant d’ores et déjà annoncé qu’ils achèteraient le roman de Catherine Fradier par paquet de neuf. Des neuvaines en quelque sorte pour faire la preuve par neuf de leur solidarité avec un auteur de fiction et un éditeur indépendant menacé de censure économique. Il y a des neuvaines pour tout, y compris à Marie qui défait les nœuds. Dieu est, parait-il, très sensible à cette forme de prière. Entendra-t-il cette inédite polyphonie corse ?


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7 réactions à cet article    


  • Beaucoup de 999 contre un tout petit 666 = 333

    dis, tonton Benoît 16, pourquoi tu tousses ?

    Frater,

    François-Xavier Prévot, Marcheur-Photographe.

    « Il vaut mieux allumer une bougie que maudire l’obscurité ». Proverbe chinois.

    site : www.fx-images.com


    • Tab Tab 14 juin 2007 14:31

      On a l’impression de se répèter, mais la « puissante » organisation de l’Opus Dei n’existe pas. Sa puissance, en france, c’est 2700 membres, ce qui reste assez limité.

      Il s’agit juste d’une organisation qui défend son bout de gras, comme la loi l’y autorise. Il n’y a rien de mal à intenter un procès pour calomnie, surtout quand ces diffamations bloquent le financement de ses projets caritatifs (il y en a).

      Finalement, c’est la justice qui nous dira s’il y a ou non diffamation. D’ici là, il n’y a pas de quoi en faire un fromage (corse ?). smiley

      Sinon, l’article est intéressant.


      • malfatu 27 juillet 2007 11:33

        Pour une organisation qui je cite « n’existe pas », elle est quand même terriblement efficace...

        Que penseraient les milliers de victimes que cette organisation a fait (au cours de la guerre d’Espagne notamment) d’une telle désinvolture ?

        En plus de nier le problème (« la puissante organisation n’existe pas »), de le relativiser (« il s’agit juste... ») et de le justifier (« comme la loi l’y autorise »), ce commentaire (et le suivant) insinue que ceux qui osent dénoncer ces crimes sont un tantinet mécréants. « Pas objectifs »...

        Bravo en tous cas pour cette casuistique redoutablement « bien pensante » et qui constitue un modèle du genre. Celui qui consiste à patiner entre « foi » et « mauvaise foi ».

        Autre chose : vu le nombre d’écrits « subversifs » qui prolifèrent depuis l’abolition des buchers, et plus récemment depuis le phénoménal succès de Dan Brown, pourquoi la puissante organisation a-t-elle choisi de s’attaquer à un éditeur « militant », passionné mais absolument incapable de se payer un ténor du barreau ?

        N’est-ce pas dans l’espoir d’établir une jurisprudence à bon bon compte (au détriment d’une proie facile) ?

        P.S. : J’ai rencontré Cathy Fradier au cours du festival « corsicapolar », et je peux vous assurer que les pressions qu’elle et son éditeur subissent de la part d’une organisation « qui n’existe pas » sont elles, tout à fait palpables.

        Certes, « c’est la justice qui tranchera ». Mais en même temps, on sait ce qu’elle vaut...


      • Reinette Reinette 14 juin 2007 15:44

        Encore un coup de Boutin ???


        • Odal GOLD Odal GOLD 14 juin 2007 23:00

          Il a fallu des révolutions et des millions de morts et de suppliciés simplement pour que je puisse moi-même exprimer cette pensée - sans me faire moi-même, dans l’instant, torturer par les pouvoir temporels et inquisitoriaux des églises - ou lapider, ou être mis aux fers, au ban de la société, ou me faire brûler carrément sur un bûcher.

          Maintenant ils essaieront de minimiser et de nous brouiller la mémoire.

          Effectivement, « il n’y a pas de quoi en faire un fromage corse » - juste se réjouir de l’appel à la solidarité avec Catherine Fradier.


          • Tab Tab 15 juin 2007 00:27

            Mwahahaha ! Bwahahahahaha ! Hahaha !

            Comme tu met le lien vers ton blog, on connait ton avis « objectif » sur la religion.


          • Vierasouto Vierasouto 16 juin 2007 06:14

            Sébastien Japrisot était aussi un auteur corse de polar, l’anagramme de Jean-Baptiste Rossi... Article très intéressant sur un évènement qui ne l’est pas moins...

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