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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Pour vos vacances, une idée à un prix imbattable !

Pour vos vacances, une idée à un prix imbattable !

N’attendez plus !

RESTEZ CHEZ VOUS !

On nous invite à changer d’air, de pays ; on nous parle d’évasion.

Sommes-nous des forçats pour chercher à fuir ?

________________

 

Dans les premières années qui ont suivi son divorce, une boulimie de voyages s’est emparée d’elle ; voyages en couple ou bien avec les copines, en célibataires enjouées et hilares ; destinations bon marché pour une semaine, voire deux, à l’hôtel ; parfois Le Club quand ses moyens le lui permettaient, dans des lieux sans risque, toujours ! Des lieux dans lesquels aucune rencontre que l’on n’ait pas déjà faite, aucun enseignement que l’on n’ait pas déjà reçu, et plus encore, quand il n’est pas question d’apprendre quoi que ce soit d’où que ce soit et de qui que ce soit.

Touriste à bagage unique et léger aux allers-retours multiples ! Jusqu’au jour où une lassitude énorme est venue mettre fin à ses envies de voyage : elle ne supportait plus les aéroports, les retards, l’attente dans les salles de transit, les sourires imbéciles à la réception des hôtels, les taxis et les chameliers raquetteurs : harassement de la mendicité sous le couvert d’un commerce hasardeux et si peu convaincant dans sa pratique.

***

Le soleil et l’argent, encore le soleil et toujours l’argent ! Pas d’argent pas de sourire et, pour un peu, pas de soleil. Dans les rues, on se promène, mais on ne voit rien - comprenez : on ne peut rien évaluer -, puisque rien ne nous est expliqué. Et si d’aventure des autochtones lettrés et avisés devaient se proposer de le faire, nul doute que le mensonge serait au rendez-vous : ils nous diraient ce qu’ils pensent devoir nous faire entendre, qui ne serait - à leurs yeux -, que ce que l’on souhaite s’entendre dire.

Et l’eau que l’on peut tantôt boire, tantôt ne pas boire, et sous aucun prétexte ; de même pour la nourriture !

Et encore le soleil et la chaleur qui n’en finissent pas de vous aveugler, de vous ramollir physiquement et mentalement ; une fatigue épouvantable en fin de journée quand on regagne son hôtel dans un lieu situé non loin d’un bidonville qu’on tente de nous cacher, jusqu’au jour où l’on trouvera bien des volontaires zélés pour y parcourir, entre deux monticules de détritus, les sentiers nauséeux et purulents d’une misère ensoleillée : la curiosité n’a pas de prix puisqu’elle passe après l’ignorance de ceux qui ne soupçonnent pas un instant qu’ils puissent l’être, ignorants et obscènes.

Si on renonce à tout, pour occuper nos journées, il nous restera une piscine et un transat ou bien un hamac, derrière une clôture, du matin au soir, avec le petit personnel, prisonnier tout comme nous et dont l’occupation principale consistera à changer nos draps, à vider nos poubelles, à lustrer nos lavabos, baignoires et toilettes, et ce pour notre plus grand confort et notre plus grand bonheur, jusqu’au moment où l’on ne supporte plus leur présence, témoignage embarrassant d’une relation impossible de nous à eux sinon dans le mensonge, l’assujettissement, et encore le mensonge de tous ces visages qui mentent, même réjouis, même hilares ou bien indifférents.

Quant au nôtre de visage face aux leurs, c’est déjà un départ dans quelques jours, et c’est aussi un rien qu’on aura laissé derrière nous et qu’on aura pris d’eux, sans oublier l’inévitable sentiment d’être allés jouer les riches chez les pauvres.

Un tel déséquilibre rend tout rapport impossible en l’état ; même la sincérité, la bonté vraies nous sont tout aussi insupportables car, quoi qu’il arrive, on ne sera jamais à la hauteur : on ne pourra jamais rendre la pareille. Et tous les parfums, les senteurs et les couleurs n’y changeront rien : quelque chose a été saisi et ce saisissement nous empêche d’en saisir davantage.

Culpabilité accablante : on s’est fourvoyé dans un lieu qui n‘en est pas un.

***

Au retour, le sentiment de n’avoir rencontré personne sinon des êtres interchangeables à souhait, tels des voisins de palier, des collègues de bureau : là d’où l’on vient.

Être parti si loin pour retrouver les mêmes, bavards et suffisants ! Décidément, on mérite beaucoup mieux et ce mieux indisponible, on ira le chercher là où il n’est pas - chez soi, là où l’on nous épargnera le pire : la bêtise et la honte.

C’est déjà pas si mal.


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15 réactions à cet article    


  • herbe herbe 5 août 2008 13:21

    complètement d’accord avec vous !
    Mais pas trop fort quand même car grâce à certains de ceux qui partent, ça  fait encore de meilleures vacances à ceux qui restent smiley

    Dèjà ici fait extrêment rare je suis prems on dirait ...


    • tvargentine.com lerma 5 août 2008 13:25

      C’est d’aller à Paris Plage !


      • herbe herbe 5 août 2008 13:32

        Lerma vous restez ?!  smiley


      • LE CHAT LE CHAT 5 août 2008 14:04

        grâce à la politique du pouvoir d’achat menée par l’equipe actuelle , ce sont 43 % de français qui ne vont pas en vacances , attitude écologique et respectueuse de l’environnement . Moins de transports , moins de gaspillage ! le tourisme est une catastrophe du point de vue environemental , La Méditerannée est en train d’en crever comme la faune et la flore de toutes les zones touristiques .


        • LE CHAT LE CHAT 5 août 2008 14:12

          au chtimiland , on dit :j’ai passé mes vacances à " Gardincourt " , un coup dans ch’gardin , un coup dans ch’cour !


          • stephanemot stephanemot 5 août 2008 14:15

            Pour voir du pays cet ete, je vous suggere de faire le tour du proprietaire*.

            Inutile de vous doper : vous composez les etapes a votre guise et au rythme qui vous conviendra. Pour la retransmission televisee, ouvrez vos fenetre et braquez les toutes nouvelles cameras de surveillance du parc d’attraction local (Sarkoland) vers votre interieur.


            * ou le tour du locataire, voire le tour du squatter si vraiment les finances sont dans le rouge


            • Yvance77 5 août 2008 14:23

              Faut que j’en parle à ma soeur, pas trop mal mariée ... Thailande, Mexique deux fois deux rang ettc... en hotel club en famille ... et prendre le soleil au bord d’une plage.

              Elle habite Monaco (si si) soleil et plage à l’année (bon ok une seule) ... et ne connait pas Etretat, L’Ardèche ou la Lozère, Rocamadour, la citadelle de Carcassonne, la plage de Saleccia ou Bonifacio la rouge, se taper un Epoisse dans l’Yonne, un levé de soleil en Sologne, le port de la Rochelle, la baie de Quiberon etc ...

              Bon post en l’espèce

              A peluche


              • Cug Cug 5 août 2008 14:37

                Excellent !
                Tiens je vais piquer le figaro madame a la belle mère et m’en payer une bonne tranche de rire.


                • ZEN ZEN 5 août 2008 14:40

                  Excellent billet
                  Il m’a fallu avancer un peu en âge pour sortir du consumérisme obligé et frustrant des vacances "obligatoires" et forcément "dépaysantes"...
                  J’aime encore partir, mais moins longtemps...et surtrout pour le plaisir de revenir !
                  Maturité ou vieillisement ?


                  • LE CHAT LE CHAT 5 août 2008 15:04

                    pendant vos vacances , travailler plus pour gagner plus , voilà une idée novatrice !


                    • herbe herbe 5 août 2008 16:00

                      Alors ça !
                      les usages cités, consulter ses comptes et aller sur les sites marchand et de voyage (sic !) et pour d’autres bosser (le chat bien vu !) :

                      http://www.lepost.fr/article/2008/08/05/1237423_vacances-internet-le-wifi-disponible-sur-la-plage-est-ce-bien-necessaire.html


                      • pseudo pseudo 5 août 2008 18:38

                        Impressionnant votre lien !

                        Consulter ses comptes sur la plage, c’est vrai qu’il fallait y penser ! Surtout qu’à 100 euros l’abonnement, ça oblige vérifier ses comptes...



                         smiley


                        Sinon, je suis désolée, même si j’aime beaucoup cette article, j’ai quand même l’intention de m’offrir quelques petites vacances le mois prochain. Vous comprenez l’Atlantique, l’odeur de la mer, le bruit des vagues, les dunes, le parfum des pins, le goût des huîtres ... Il y a quand même des choses importantes dans la vie.

                         smiley


                      • herbe herbe 5 août 2008 20:30

                        Vous avez bien raison de prendre des vacances, c’est recommandé (y compris dans cet article).
                        Ce que recommande moins cet article c’est de se croire obligé d’aller loin.
                        D’après ce que j’ai compris de votre description, c’est de l’atlantique de chez nous que vous parlez, vous me mettez l’eau à la bouche...
                        Et pour ça pas besoin forcément de traverser l’atlantique...
                        Bonne prochaines vacances !


                      • cathy30 cathy30 5 août 2008 22:52

                        J’ai une collègue de bureau qui est partie en egypte cette année, elle en revait depuis très longtemps, les pyramides, le caire... et puis le retour pour raconter aux copines.
                        Oui parlons en du tourisme de masse.
                        Des bidonvilles à perte de vue au pied des pyramides, de la pauvreté, la mendicité, la saleté.
                        Ce n’était pas sur les dépliants touristiques. Elle était très loin d’imaginer voir ça. Evidemment très déçue et surtout très tourmentée par tant de pauvreté.
                        Il y a surement mieux comme circuit mais c’est plus cher.


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