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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > « Pygmalion », de Georges-Bernard Shaw, au Théâtre Comédia

« Pygmalion », de Georges-Bernard Shaw, au Théâtre Comédia

A la suite de l’immense succès public de Un violon sur le toit, le théâtre Comédia récidive en réunissant tous les élèments aptes à constituer en triomphe le Pygmalion de Bernard Shaw, mais également celui de Nicolas Briançon qui, disposant des moyens d’une importante production, signe le spectacle parisien le plus jubilatoire de la saison en cours.

Dès le lever du rideau, à l’apparition d’une scène londonienne insufflée par Dickens où la sortie pluvieuse d’un spectacle sert de cadre à une mise en situation des protagonistes, il est d’emblée évident que chacun des personnages va être à la hauteur du retour de My Fair Lady sur les planches, pour lequel un triple décor en accordéon conçu par Jean-Marc Stehlé, tel un livre d’images se dépliant sur lui-même, va garantir une magie de tous les instants à venir.

Barbara Shulz pressentie dans le rôle d’Elisa Doolittle par Robert Hossein en raison de son côté "Titi parisien" dès les coulisses d’Antigone au Marigny après s’être considérablement distinguée dans Joyeuses Pâques aux Variétés en compagnie de Pierre Arditi, donne ici au personnage de la marchande de fleurs destinée à se transformer en femme du monde sous l’impulsion du docteur Higgins alias Nicolas Vaude, la classe chic et choc que le parler faubourien va pouvoir faire imploser plaisamment en autant de récurrences latentes.

Mais au-delà de l’apprentissage au langage châtié permettant de côtoyer les sphères de la haute société qu’il convoite pour sa protégée en raison d’un défi opportuniste, le Pygmalion va se trouver pris dans le piège de ses propres lacunes en ne sachant pas accorder le savoir-faire avec la grandeur d’âme.

Ce dilemme entre les signes manifestes d’une bonne éducation et ceux des vertus du coeur va se trouver exposé à front renversé, impliquant à rebours que le savoir- vivre n’est pas nécessairement l’apanage de celui qui proclame en détenir les codes.

Cependant au sein des relations humaines contradictoires, la maîtrise sociale de l’expression orale va s’imposer de facto en tant que vecteur pouvant faire grandir toute personne, fût-ce à son corps défendant ; c’est ainsi qu’Elisa Doolittle en incarnera merveilleusement l’emblême initiatique.

Pour illustrer cette pédagogie interactive gravitent autour du tandem de référence une douzaine de rôles tous interprétés de manière très savoureuse parmi lesquels Danièle Lebrun, Odile Mallet, Henri Courseaux, Jean-Claude Barbier jamais en reste pour vivifier l’esprit de haute voltige dont l’humour british ne doit en aucun cas se départir.

Ce spectacle est conçu tel un divertissement ès qualités dont chacun pourra faire son miel, à l’aune du plaisir joyeux et réconfortant de croire mordicus à tous les progrès potentiels de l’espèce humaine.

PYGMALION - **** Theothea.com - de Georges-Bernard Shaw - mise en scène : Nicolas Briançon - avec Barbara Shulz, Nicolas Vaude, Danièle Lebrun, Henri Courseaux, Odile Malet, Catherine Alcover, Pierre-Alain Leleu, Fleur Houdiniere, Bruno Henri, Maurine Nicot, Jean-Paul Lopez - Théâtre Comédia -


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1 réactions à cet article    


  • rEeEve (---.---.53.40) 11 octobre 2006 14:51

    je voudrais des indications sur les differents procédés comiques qui se trouve dans « pygmalion » de georges Bernard shaw ainsi que(si c’est possible !!)les differences ou les points communs des procédés comiques avec le livre de Ionesco intitulé « cantatrice chauve » Merci smiley

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