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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Quand la chanson française charmait le monde entier

Quand la chanson française charmait le monde entier

Deux sex-symbols brillaient dans la chanson française des années 30. Les deux furent célèbres, non seulement en Europe, mais aussi aux Etats-Unis. Le premier, Tino Rossi, fut propulsé au rang d'idole avant que l'Amérique ne crée la star Elvis. D'ailleurs, ces deux monstres sacrés ont commencé de la même manière leur carrière : en enregistrant un disque pour leur maman ! Mais bien avant la naissance du rock and roll, c'est bien Tino Rossi qui était pourchassé par des bandes de filles en furie. Lucienne Boyer, la dame en bleu, autre sex symbol, fut d'abord mannequin et posa même nue avant de conquérir la planète avec "Parlez-moi d'amour".

Plus de 300 millions de disques vendus ! Aucun artiste français n'a encore battu le record du "Roi des chanteurs de charme" à la voix de velour : Tino Rossi ! Quant à Lucienne Boyer, c'est pour elle que l'on créa le Grand Prix du disque. Très populaire en Amérique, elle limita néanmoins sa gloire grandissante en rejetant les offres cinématographiques d’Hollywood.

Outre ces deux-là, il y eut d'autres artistes français populaires dans la chanson de charme. Jean Lumière (sorte de "pré-Jean Sablon") fera des tours de chant en Europe, dans les deux Amériques ainsi qu'au Moyen-Orient et au Proche-Orient. Il fut longtemps considéré comme la "meilleure voix radiophonique", avant - justement - l'arrivée de Jean Sablon.

Peu connue également aujourd'hui, Rina Kitty fut une grande dame dans les années 30. Son succès ne connut aucune limite géographique, puisqu'elle fut acclamée jusque dans les réserves indiennes d'Amérique et même chez les Esquimaux ! Mais, il faut dire que c'était surtout pour sa rengaine "Sombreros et Mantilles"...

Lucienne Boyer, "La Dame en Bleu" (1901 - 1983)

Lorsqu'elle était mannequin, sa beauté (elle posera nue pour la première fois en 1929) lui valut d'être engagée comme modèle par Foujita. Un succès en appelle un autre puisque, à cette occasion, elle est remarquée par le producteur américain Lee Schubert qui lui fait signer un contrat pour Broadway ainsi qu'à Germaine Lix et à la Môme Moineau (dont le nom inspirera le surnom de "la Môme Piaf").

Sa carrière explose aux États-Unis mais aussi en Amérique du Sud.

Celle que l'on surnomme "La Dame en Bleu" (parce qu'elle est moulée d’un long fourreau bleu) remporte un succès énorme avec « Parlez-moi d’amour » - enregistrée en 1930 - de Jean Lenoir, celui-là même qui avait écrit la belle chanson "Pars" pour Yvonne George.

En 1931, est créé, spécialement pour elle, le Grand Prix du disque, par Joseph-Arthème Fayard et Jean Fayard. Dans le jury, il y a Colette, Maurice Ravel et Maurice Yvain. Lucienne Boyer remporte le prix haut la main. La chanson a un tel succès qu’elle finira par dire "parlez-moi d’autre chose" à ceux qui ne voient pas le reste de son répertoire.

La petite histoire de la chanson "Parlez-moi d'amour".

 Parlez-moi d'amour
 Redites-moi des choses tendres
 Votre beau discours
 Mon cœur n'est pas las de l'entendre

En 1924, Jean Lenoir, contrarié par son amie Mistinguett, compose cette chanson. Mais "orchestrée et prête à chanter ", elle reste néanmoins cinq ans dans ses cartons jusqu'au jour où une jeune chanteuse débutante vient solliciter. Jean Lenoir qui, sceptique, la lui donne. Lucienne Boyer découvre la chanson interprétée par cette débutante sur la scène de L'Européen et la demande à son tour à Jean Lenoir. Le succès est immédiat et important tant en France qu'à l'étranger. D'ailleurs, elle sera traduite en 37 langues et reprise, depuis, par un nombre considérable d'artistes connus.

Malgré sa gloire internationale, Lucienne Boyer a toujours rejeté les propositions hollywoodiennes, préférant réserver sa voix aux inflexions confidentielles aux boîtes à chansons qu'elle crée. Elle sera à l’origine d’un nouveau courant dont les meilleures représentantes sont Barbara et Greco.
 
Elle épouse en 1939 Jacques Pills (du duo Pills et Tabet) en seconde noce. De cette union naîtra Jacqueline Boyer en 1941, qui fera aussi une carrière de chanteuse.

- Mon Cœur est un violon, du poète Jean Richepin et de M.Laparcerie
- Parlez-moi d'amour, 1930 : écrite par Jean Lenoir en 1923. Interprétation de Lucienne Boyer à l'Olympia en 1976 pour ses 50 ans de chanson

- Si petite (Je me sens dans tes bras si petite, Si petite auprès de toi) (G. Claret - P.Bayle)
- Un Amour Comme le Notre : Musique Charles Borel-Clerc
- C'est toujours la même chanson (It's Always The Same Old Song) de Jean Delettre et Roger Ferney.
- Le Plus Joli Rêve
Fiche bio et titres en écoute
 
Tino Rossi (1907 - 1983)

Un surnom...A Aix il fait la connaissance du tourneur Louis Allione, dit Petit Louis, qui le produit dans l'arrière-pays provençal en le présentant comme « Le Roi des chanteurs de charme ». Constantin(o) choisit alors de devenir Tino (abrégé de "Constan-tino").

Puis un nom...En 1932, à Marseille, il remarque une pancarte sur la devanture d'un magasin qui propose d'enregistrer sa voix pour cent sous. Tino enregistre ainsi un disque en fer blanc qu'il destine à sa mère, comme le fera vingt ans plus tard Elvis Presley. Un représentant d'une maison de disques, présent dans la boutique, l'entend et l'invite à Paris enregistrer son premier vrai disque, qui est aussi le premier disque de chansons corses jamais gravé puisqu'il comprend "O Ciuciarella" et la berceuse "Ninni, Nanna".

D'abord une sorte de Théodore Botrel corse. A Paris, il vient s'exposer au Casino de Paris en chanteur corse de carte postale : Il obtient dès le premier soir, un triomphe inédit grâce à deux chansons que Vincent Scotto vient de composer pour lui, "Ô Corse, île d'amour" et "Vieni, vieni".

Puis successeur de Rudolph Valentino. Il chante sa Corse natale et atteint le sommet de la gloire en peu de temps avec, en 1936, « Marinella » et « Tchi-tchi » qui le fera connaître aux Etats-Unis. Le chanteur de charme distingué arrivait après Rudolph Valentino, dont la mort en 1928 affecta grandement l’Amérique, et une dizaine d’années avant Luis Mariano.

Une idole de la chanson. Comme plus tard Elvis Presley, Tino Rossi est devenu une idole et se voit désigner par son seul prénom. Une première dans l'histoire de la chanson. D'incroyables manifestations d'affection amoureuse menacent de virer à l'émeute. Vincent Scotto raconte : « Les femmes s’approchaient de lui avec une telle férocité que si je n’étais pas collé à lui pour monter en voiture, si dans la bousculade je me laissais distancer de quelques mètres, il me fallait renoncer à lui, et la voiture partait sans moi. Les femmes étaient avides de le voir de près, certaines se seraient laissées piétiner plutôt que de céder leur place [...]. » Et d'ajouter : « Sa voix de rêve a enchanté presque tous les cœurs du monde."

Les chansons de Vincent Scotto qu'il y interprète (Marinella, Tchi-tchi, J'aime les femmes c'est ma folie, Laissez-moi vous aimer) vont accompagner le Front Populaire. Tino Rossi ira d'ailleurs chanter pour les grévistes, notamment dans le hall des Galeries Lafayette.

"Vieni, vieni" est en tête du hit-parade aux U.S.A. Puis c'est Hollywood en 1938. Aux États-Unis, la radio passe « du » Tino sans arrêt. Le maire de New York (La Guardia) baptise même Tino-Rossi l'un des quais de la ville.

Les enfants séduits à leur tour : "Petit Papa Noël". En 1946, alors qu'il tient un double rôle dans un film, il débusque et crée une chanson enfouie par ses auteurs (Henri Martinet et Raymond Vincy) au fond de leurs tiroirs. Petit Papa Noël, qualifié dans ce film de « berceuse », est né et lui vaut un disque d'or (en or massif 24 carats !).

Tino Rossi était de tempérament timide et résevé. Il n'aimait pas évoquer ses effets foudroyants sur la gent féminine. Il s'est toujours tenu à l'abri des indiscrétions et des scandales.

Rina Ketty (1911 - 1996)

D’origine italienne, elle possède des intonations méditerranéennes, n’hésitant pas à faire dans l’espagnolade. Elle est l'interprète de deux chansons qui l'ont rendue célèbre : J'attendrai, qu'on chantera pendant toute l'Occupation, et "Sombreros et mantilles" (dont la musique est l'œuvre de l'accordéoniste Jean Vaissade, qu'elle épouse, et les paroles de Chanty). "J'attendrai" est l'adaptation d'une chanson italienne écrite originellement par Nino Rastelli sous le titre "Tornerai", le compositeur s'étant lui-même inspiré du chœur à bouche fermée de Madame Butterfly, de Puccini.

Ses origines italiennes la conduisent à s'éclipser pendant la guerre. Elle est alors supplantée dans le genre par Gloria Lasso, laquelle sera effacée à son tour par Dalida et sa version disco. Rina Ketty partira en 1954 s'installer au Canada une dizaine d'années, au Québec et dans l'Ontario, ne chantant plus que son fameux "Sombreros et Mantille"s, dans des réserves indiennes et même chez les Esquimaux ! Elle tente sans succès un retour sur scène en France, en 1965, puis, remariée avec Jo Harman, elle devient restauratrice à Cannes.

- L'hirondelle d'amour, 1938, de Di Lazzaro, adapté par Poterat
- Je n'ai qu'une maman ! (J. Martel, Roger Vaysse et Fernand Bousquet), 1938
- Nuits sans toi (tango chanté) 1939 (Chanty/Marbot)


D'autres chanteurs et chanteuses de charme d'envergure internationale

- Jean Lumière (1895 - 1979)

Avant Jean Sablon, il incarna le chanteur de charme par excellence. À la suite d'une rencontre avec la chanteuse Esther Lekain, il fait ses débuts en 1930 à Paris au théâtre de l'Européen. Esther Lekain rebaptise le Marseillais : "Votre voix est claire, vous êtes du Midi, vous vous appellerez Jean Lumière". En 1934, il connaît un énorme succès avec la romance de Paul Delmet et Charles Fallot, La Petite Église, et obtient le Grand Prix du Disque. A écouter aussi : Chanson d'automne.

Après sa brillante carrière dans l'Hexagone dans les années 30, il obtient du succès, après la Seconde Guerre mondiale, dans de nombreux pays étrangers (Europe, Amérique du Nord et du Sud, Moyen et Proche-Orient).

Longtemps considéré comme possédant la "meilleure voix radiophonique", Jean Lumière quitte la scène en 1960 pour devenir professeur de chant. Il compte parmi ses élèves Marcel Amont, Gloria Lasso, Cora Vaucaire, Mireille Mathieu.
 
- Jean Sablon, l'avant-gardiste.(1906 – 1994)

Avant-gardiste sur de nombreux plans. Par exemple, il crée le scandale en introduisant le microphone de ce côté-ci de l’Atlantique. Il fut aussi le premier à avoir enregistré avec Django Reinhardt. Sablon est influencé par Bing Crosby.

On le dit "chanteur sans voix". Il est moqué par un caricaturiste qui le surnomme "le petit qu’a l’son court". Mais Sablon s’en est expliqué : le micro lui permettait de se faire entendre dans les grandes salles et de chanter presque comme s’il parlait. Plus besoin de hurler les mots tendres !

Son duo formé avec Mireille est resté célèbre. Dès leur premier album commun, la chanson "Couchés dans le foin" fut un succès. Sur cette vidéo, Mireille et Jean Sablon la reprennent à la télévision : Couchés dans le foin. On remarquera avec quelle malice Mireille plaisante à propos du micro, par allusion aux critiques qui, aux débuts de la carrière du chanteur, le disaient incapable de chanter sans...En 1937, il remporte le Grand Prix du Disque pour la chanson "Vous qui passez sans me voir", écrite à son intention par Charles Trenet, Johnny Hess et Paul Misraki.

Succès mondial : ses disques se sont vendus par millions à travers le monde. Dès 1928, il séjourna au Brésil où ses enregistrements seraient encore aujourd’hui populaires. En 1937, il fait des enregistrements aux États-Unis et collabore avec des artistes prestigieux : Cole Porter, George Gershwin. Il enregistra aussi avec Stéphane Grappelli.

En revanche, Alibert, qui avait pourtant la chance d'être le gendre de Vincent Scotto, développa un répertoire méridional et échoua à devenir une vedette internationale de la stature de Tino Rossi. Ce dernier lui doit pourtant un grand nombre de ses succès que Vincent Scotto composa sur mesure pour Alibert. Même un succès comme "Adieu Venise provençale", en 1934 (de l'opérette "Arènes joyeuses") ne lui permit pas de gravir le palier nécessaire. Pas même non plus "Le Plus Beau Tango du monde", en 1938. Autre succès connu "Un Petit Cabanon". Alibert resta cantonné dans le registre provençal, à une époque où Marcel Pagnol allait lui aussi connaître la gloire dans ce genre avec sa trilogie Marius, Fanny, César. Si la France a su charmer le monde entier, la Provence ne s'est pas exportée en chansons au-delà de notre pays.


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26 réactions à cet article    


  • LE CHAT LE CHAT 28 août 2013 10:45

    salut Taverne ,

    pour les ventes aux States , c’est pas le top pour les Français !
    seul Daftpunk est dans le top 20 , et encore en chantant en anglais !

    mais que fait notre jauni ???????? smiley


    • Taverne Taverne 28 août 2013 11:47

      En ces temps-là, on n’avait pas besoin d’un concours de l’Eurovision : on voyait en mondiovision ! Je pense que le virage yéyé des années 60 n’a pas été une bonne chose pour la chanson française. Désormais, même sur le plan européen (l’affligeant prix de l’Eurovision), on côtoie les profondeurs abyssales des classements. Et on va jusqu’à siffler nos meilleurs représentants internationaux comme Aznavour.


    • docdory docdory 28 août 2013 13:00

      @ Le Chat

      Euuuh ... A part le numéro 1 de ce top 20 ( une compilation des Doors ) , le premier « artiste » du lot dont j’ai vaguement entendu parler est le numéro 15, un certain Bruno Mars, que ma fille m’a fait écouter une ou deux fois ( très quelconque : aussitôt, écouté, aussitôt oublié ! ).
      Je n’ai jamais ne serait-ce qu’entendu parler de ceux qui sont classés entre le numéro 2 et le numéro 13. 
      J’ai demandé à quelques personnes de mon entourage ( autre que mes enfants ) si ces noms leur disaient quelque chose, aucun de ceux que j’ai interrogé n’en a jamais non plus entendu parler !

    • LE CHAT LE CHAT 28 août 2013 13:14

      salut Doc ,
      ben moi aussi , à part ma satisfaction de voir la compil des Doors , une valeur sûre au top , je connais pas grand monde , à part Jay Z que j’ai déjà vu dans des clips quand les gamins mettent une chaine musicale à la con ...


    • Taverne Taverne 28 août 2013 11:57

      Et quand on s’aime, on récolte...Aujourd’hui, finies les récoltes !

      Il faut dire qu’entre les deux époques est passé un certain maréchal qui ne fit pas du bien à l’amour-propre de notre pays.

      Il nous faut réapprendre à s’aimer et à semer (de bonnes chansons...)


    • Taverne Taverne 28 août 2013 14:07

      Mouais, le très opportuniste André Dassary qui chanta successivement « Maréchal nous voilà ! », « Le temps des cerises », et la chanson-titre du film Le Jour le plus long.

      Moi, j’avais demandé plutôt à c’qu’on m’fasse la tête de Steve Mac Queen. Mais le coup a un peu foiré je crois ou Steve n’a pas voulu. A moins que...regardez ce profil ? Non ? Ah bon...


    • L'enfoiré L’enfoiré 28 août 2013 16:42

      morvandiau,

       J’ai aimé cette France.
       Pour être aimé, il faut s’aimer, aimer se regarder dans un miroir.
       Ne pas se croire seul au monde.
       Çà, c’est devenu un peu... obsolète, disons... smiley

    • Fergus Fergus 28 août 2013 12:10

      Salut, Taverne.

      Merci pour cet excellent article et cette évocation de chanteurs qui avaient un véritable talent, à l’image de Rina Ketty pour qui j’ai toujours eu un penchant. Quelques-unes des chansons évoquées là figureront dans mon 3e volet de florilège de la chanson française qui sortira en septembre.

      Bonne journée.


      • Taverne Taverne 28 août 2013 14:09

        Fergus, je compatis à ton chagrin : ta Ketty t’as quitté ! smiley

        J’attends avec impatience ton article et j’espère que je le verrai passer.


      • cedricx cedricx 28 août 2013 15:03

        Merci !merci !merci ! merci de nous faire découvrir des artistes oubliés, je redécouvre à l’instant sur YouTube Tino Rossi que je n’ai connu que vieux, crâne dégarni chantant petit papa Noel...



        • escartefigue 28 août 2013 15:26

          tchi tchi  ..... smiley


          et pour ceux qui aiment le music-hall ...

          Nobody is twenty-six ....


          Aertha kitt   Le danseur de charleston 



          • Thierry SALADIN Thierry SALADIN 28 août 2013 15:40

            @ l’auteur,

            Bravo pour votre article.

            Vous dites dans un de vos commentaires : 

             »En ces temps-là, on n’avait pas besoin d’un concours de l’Eurovision : on voyait en mondiovision ! Je pense que le virage yéyé des années 60 n’a pas été une bonne chose pour la chanson française. Désormais, même sur le plan européen (l’affligeant prix de l’Eurovision), on côtoie les profondeurs abyssales des classements."

            Mais, Taverne, le concours de l’Eurovision tel qu’il était encore dans les années 60-70 avait de l’allure.

            La chanson française existait et était reconnue parce qu’elle était avant tout et surtout française. Outre la France, elle était même représentée par le Luxembourg et Monaco.

            Tout cela est bien fini, depuis une bonne trentaine d’années. Voilà pourquoi, Marie Myriam reste et restera encore un certain temps comme la dernière victoire de la chanson française (en 1977, ça, c’est pour les plus jeunes)

            Quant au virage yéyé des années 60, je ne suis pas sûr que cela ait été une mauvaise chose en soi. Les chansons étaient traduites et parfaitement adaptées au public, vu le nombre de succès qu’il y eut.

            Non, je crois que la principale cause du déclin de la chanson française relève plus généralement du déclin de la France ne pensant plus qu’à singer l’oncle Sam. Pendant que ce dernier faisait tout pour imposer sa langue un peu partout dans le monde en plaçant ici et là de nombreux auxiliaires, nous, nous passions notre temps à regarder à l’Ouest. 

            Toute cette politique des Anglo-américains a été menée subrepticement surtout à partir des années 60. Je pourrais apporter les preuves de ce que j’avance, mais est-ce bien nécessaire ?

            Regardez notre ministre Fioraso, qui, dans sa loi trouve tout à fait normal d’insérer l’anglais comme langue d’enseignement en France dans les universités. 

            Tout est lié, Taverne, tout.

            Trente ans ont passé. Maintenant, vous avez des minettes qui ne savent plus chanter autrement qu’en anglais. Forcément, le formatage des esprits « c’est étudié pour… » comme disait Fernand Raynaud. 

            Et ça ne les dérangera pas plus que cela d’aller dans quelques années découvrir, à la Faculté de lettres, Proust en anglais, si vous voyez bien ce que je veux dire.

            Quant à ce qu’est devenu le concours de l’Eurovision... Passons !

            Cordialement.


            • L'enfoiré L’enfoiré 28 août 2013 16:24

              Bien d’accord Thierry.

              N’oubliez tout de même pas en parallèle, les années des Beatles, puis celles d’Abba.
              Non, ce n’était pas uniquement la France que nous écoutions.
              En France que reste-t-il de cette époque ?
              Aznavour... et... ?
              En Belgique ?
              Annie Cordy, et.... ?

            • Fergus Fergus 29 août 2013 09:36

              Bonjour, L’enfoiré.

              Après Adamo... Arno. Une sorte de bathroom singer !


            • L'enfoiré L’enfoiré 28 août 2013 16:20

              Merci, Paul.

              Merci de nous sortir de ce monde de brutes quelques fois avec nostalgie.
              Nous avons une émission radio « La Troisième oreille » présentée par un vieux de la vieille qui nous fait remonter le temps. Des disques qui grattent quelques peu, les microsillons et les oreilles. Nasillards.
              Souvent j’écoute ça avec beaucoup d’intérêt.
              Chercher ce qui a changé dans la manière de construire une chanson.
              Le toupet qu’avaient certaines chansons. 

              • L'enfoiré L’enfoiré 28 août 2013 16:48

                J’espère Paul, que tu vas un jour parler des orchestres de cette époque.

                C’était le temps où il y avait des thés dansants.
                Je ne parle pas des dancings-boîte, où on consomme plus de drogue, avec des lumières et du bruits à ne plus pouvoir se parler.

                • Taverne Taverne 28 août 2013 16:57

                  Pour les thés dansants, je ne sais pas, mais l’été dansant continuera tant que la cigale chantera avec des articles jusqu’à septembre inclus. Plein de surprises à venir. Des vieux trucs aussi. Je ferai même une ou deux embardées outre-Rhin (si j’ai le temps).


                • Richard Schneider Richard Schneider 28 août 2013 17:20

                  Bravo l’auteur pour ce second article sur la chanson française d’avant guerre ; j’avais déjà apprécié le premier ...

                  Forcément, lorsqu’on s’attaque à ce genre de sujet, il se peut que l’on commette quelques oublis : ainsi pas un mot de Chevalier - qui pourtant, d’après mes parents, avait eu un très grand succès vers la fin des années trente-quarante.
                  Le déclin de la chanson française est dû en grande partie à la multiplication des transistors et des radios libres, qui diffusaient en continu. Rappelons-nous l’arrivée de Europe 1 et de son émission « Salut les Copains » que tous les jeunes de cette époque écoutaient, l’oreille collée à son transistor. Or, cette émission a lancé la mode Yé-Yé, et les chanteurs Yé-Yé ne proposaient que des chansons anglo-saxonnes traduites en français. Et ont ainsi balayé, chez les jeunes, tous les autres Grands de la chanson qui n’ont gardé que « leur » public beaucoup plus âgé.
                  Il est vrai aussi que « l’américanisation » des sociétés européennes s’est brusquement accélérée dans les années 60. En Allemagne, par ex., les C. Valente ou P. Alexander ont eu beaucoup de mal à garder la tête hors de l’eau.
                  Raison de plus d’apprécier les articles de Taverne, consacrés à la Chanson Française, qui, même sil elle est en déclin, reste parmi les meilleures du monde.

                  PS. Je reconnais objectivement, que les grands chanteurs anglo-saxon (ou de langue anglaise) sont eux aussi de grands artistes dignes d’admiration.

                  • Taverne Taverne 28 août 2013 19:08

                    Si si ! Il est bien là Chevalier. Mais je l’ai classé dans les Années folles : par ici...Comme il y a beaucoup de talents à caser et comme il est déjà très connu, je ne l’ai pas repris ici.


                  • Taverne Taverne 28 août 2013 23:05

                    Je n’ai pas dit « méchant » mais « très opportuniste ». Nous ferons le point sur tous ces artistes quand j’évoquerai les années d’après-guerre. Et je n’ai pas l’intention d’enfoncer qui que ce soit.


                  • norbert gabriel norbert gabriel 28 août 2013 19:25

                    Très très bien cet article ... Récemment je me suis penché sur Sablon et Django, et j’ai fait de belles découvertes, en particulier Nane Cholet, l’épouse de Jean Tranchant, elle a fait une brève carrière à cause de la guerre et des errements de son mari, mais c’était une sacrée bonne chanteuse, j’ai mis les extraits musicaux ici http://resistancechanson.hautetfort.com/


                    • Taverne Taverne 28 août 2013 19:57

                      Merci Norbert. Je me le mets en favori. Et puisque la page s’intitule « résistance chanson », je précise que Germaine Sablon (soeur de Jean) était une résistante qui hébergea Joseph Kessel et Maurice Druon durant l’Occupation. Cela donna le Chant des partisans, dont le texte fut composé par ces deux hommes et que Germaine fut la première à interpréter. J’en reparlerai dans mon article sur les années 40.


                    • Antoine 1er septembre 2013 01:58

                       Taverne, le cucul musical, votre nouvelle spécialité ?


                      • Taverne Taverne 1er septembre 2013 13:05

                        Vous voulez du « cucul » d’aujourd’hui ? Je vous donne quelques noms : Pascal Obispo, Benabar, Cali. Il y a des filles aussi mais, bon, comme je suis un gentleman, je ne les citerai pas.


                      • Antoine 1er septembre 2013 22:43

                         Mon cher Taverne, quant à moi, je renonce à établir une liste du cucul musical parce que d’une part je ne le connais peu (mais suffisamment pour en avoir une idée) faute de perdre mon temps et surtout ma patience à l’écouter alors que 24h par jour ne suffisent pas pour se pencher autant que nécessaire sur les œuvres de toute beauté et d’autre part que ce serait flinguer mon clavier dans le cas contraire.


                      • Antoine 2 septembre 2013 23:14

                         Beau pet de lapin...qui pourtant possède de grandes oreilles !

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