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Quand la musique fait son cinéma

La musique de film fait parler d’elle en ce moment. France 3 consacrait toute sa deuxième partie de soirée du 1er mai à Michel Legrand, manière de rendre hommage à la musique de film dont Maurice Jarre, décédé il y a un mois fut un compositeur prolifique. La cinémathèque française rend hommage aux films de Jacques Tati où la musique tenait une place prépondérante. Mais les compositeurs pour le cinéma ont aussi bercé notre enfance avec des génériques comme « Oum le dauphin », « Pépin la bulle ou »Histoires sans paroles" : nostalgie quand tu nous tiens.

L’actualité met en lumière les musique de films : Michel Legrand, Maurice Jarre et Jacques Tati.
 
Michel Legrand a réenchanté le service public sur la 3 ce premier mai. Ce chanteur compositeur se fit connaître très tôt en Amérique et travailla avec les grands musiciens de jazz tels que Miles Davis. Il décrocha très vite aussi des Oscars. Michel Legrand n’hésita pas à employer des concepts révolutionnaires. Ainsi, pour "L’affaire Thomas Crown", avec Steve Mac Queen et Faye Dunaway, il fit monter les scènes du film en fonction de sa musique ! La scène où Steve Mac Queen fait du planeur est devenue mythique et indissociable des "Moulins de mon coeur". Autre audace nouvelle : "Les Parapluies de Cherbourg" de Jacques Demy serra un film chanté en continu où tous les dialogues furent inspirés par la musique. Il s’en fallut de peu pour qu’aucune producteur ni distributeur n’acceptât le film qui remporta pourtant un succès mondial et fut suivi des "Demoiselles de Rochefort" et de "Peau d’Ane". Le nom de Legrand devint connu mondialement.
 
Très jeune, Michel Legrand se fait du cinéma sur l’écran blanc de ses dimanches, comme dit la chanson de Nougaro dont il a composé la musique. En 1971, il compose le thème célèbre du film "L’Eté 42" (écouter ici). Au total, Michel Legrand a écrit la musique de plus de 200 films réalisés par divers cinéastes : Jean-Luc Godard, Richard Brooks, Claude Lelouch, Clint Eastwood et plusieurs autres.
 
Jacques Tati est le cinéaste fétiche de Télérama qui lui a consacré un hors-série spécial. Le Fil musique du site de Télérama est dédié à l’’exposition “Jacques Tati, deux temps, trois mouvements”, qui se tient à la cinémathèque française, à Paris, jusqu’au 2 août. Sur cette bande-son d’une vingtaine de minutes, on peut entendre les journalistes Pierre Murat et François Gorin, de “Télérama”, commenter les extraits musicaux des films de Tati.
 
Maurice Jarre a disparu le 29 mars 2009 (ndlr : Il était le père de Jean-Michel Jarre). Comme Legrand, il se fit connaître en Amérique. C’est en 1962 que débute sa carrière hollywoodienne avec Lawrence d’Arabie, un film qui scella sa collaboration avec le réalisateur David Lean. Outre la musique de ce film, Il a composé celle du "Docteur Jivago" (1965), de "Paris brûle-t-il ?" (1966), de "Les Damnés" (1969), "Soleil rouge" (1971), "Le Cercle des poètes disparus" (1989), et tant d’autres. Au Festival de Berlin en février 2009, il reçut un Ours d’Or pour l’ensemble de sa carrière.
 
II - Rétrospective : les anciens :
 
Si Michel Legrand berça notre enfance avec les comédies musicales de Jacques Demy et "Oum le dauphin" dont il fit la musique et les paroles avec Vladimir Cosma, c’est aussi le cas de Jean Wiener qui a écrit la musique du générique magique de l’émission "Histoires sans paroles" de l’ORTF. En 1954, il fit aussi la célèbre musique du film "Touchez pas au grisbi".
 
Georges Delerue, fut à lui seul l’auteur de la musique de plus de 300 films. Il commença avec "Hiroshima mon amour" en 1959. Puis il enchaîna les compositions pour le cinéma en collaborant avec François Truffaut, (Jules et Jim, Les Deux Anglaises et le continent, La Nuit américaine, Le Dernier métro, etc.) Godard ("Le Mépris"), Philippe de Broca (Cartouche, L’Homme de Rio, …), Gérard Oury (Le Corniaud, Le Cerveau) ou d’Édouard Molinaro. En 1972, il commence à travailler à Hollywood : musqiue de Platoon d’Oliver Stone (1986). Martin Scorsese lui rend hommage en reprenant sa musique pour "Le Mépris" dans son film "Casino".

Francis Lai a surtout composé les bandes originales des films de Claude Lelouch. Il obtient l’Oscar de la meilleure musique de film en 1970 pour la trame de "Love Story", et reçoit une nomination dans la même catégorie quatre ans plus tôt pour "Un homme et une femme" ("chabadabada"). En 1988, il est gagnant du César de la meilleure trame sonore aux César du cinéma (France) pour "Itinéraire d’un enfant gâté".
 
D’autres anciens moins connus :
 
  • A Michel Magne, on doit notamment la série des Angélique, Les Tontons flingueurs, Les Barbouzes, Fantômas, et les musiques des premiers films de Jean Yanne. 
  • Georges Auric a signé des musiques de films aussi célèbres que le "Sang d’un poète" (1930), La Belle et la Bête (1946) et Orphée (1950) de Jean Cocteau, Moulin Rouge (1953), réalisé par John Huston, "Lola Montès" (1955) de Max Ophüls, ou bien encore "Notre-Dame de Paris" de Jean Delannoy, et "La Grande Vadrouille" de Gérard Oury.
  • Quant à Éric Demarsan, il a écrit en 1969 la musique de l’Armée des ombres de Jean-Pierre Melville (1969), musique qu’il ne faut pas confondre avec celle de Morton Gould (passage du Spirituals for Orchestra qui servit aussi de générique aux Dossiers de l’écran). En 1970, il fait la musique du film "Le Cercle rouge", également de Jean-Pierre Melville. Dès lors il compose les musiques de nombreux grands films, en particulier pour Jean-Pierre Mocky, Costa-Gavras ou Patrice Leconte.
  • François de Roubaix qui n’a parcouru qu’une dizaine d’années de carrière, crée un style musical aux sonorités nouvelles. Aujourd’hui, nombre de rappeurs utilisent des samples de ses musiques (ex : "Dernier domicile connu". "Dernier domicile connu" est un film franco-italien de José Giovanni, sorti en 1970.) Ce compositeur fit aussi les musique du "Vieux Fusil" de Robert Enrico, de "Pépin la bulle (série TV de notre enfance), du Samouraï, de Jean-Pierre Melville, qui donna ses lettres de noblesse à Alain Delon et de ces chères "Grandes Gueules" de Robert Enrico.
 
III - Coup de projecteur sur quelques modernes :
 
  • Alain Goraguer compose de nombreuses musiques de films et le célèbre générique de l’émission télévisée Gym Tonic animée par Véronique et Davina ; Ce "tou tou you tou" est devenu la musique-phare des publicités pour le 118 218. 
  • Jean-Claude Petit a débuté sa carrière de compositeur de musiques de films en 1979 avec Tusk. Puis ce fut, entre autres, "Manon des sources" et "Jean de Florette" de Claude Berri, "Beaumarchais l’insolent" de Edouard Molinaro, "Le Hussard sur le toit" de Jean-Paul Rappeneau, "Podium" de Yann Moix. 
  • Quant à Philippe Sarde, il a décroché 10 Nominations aux Césars pour : Barocco (1976), Le Juge et l’Assassin (1976), Le Crabe-tambour (1977), Une Histoire simple (1978), Tess (1979), La Guerre du feu (1982), Les Innocents (1987), La Fille de d’Artagnan (1994), Nelly et M. Arnaud (1995), Le Bossu (1997).
  • Alexandre Desplat, est né en 1961 à Paris, de père français et de mère grecque qui se sont rencontrés et mariés aux États-Unis. Cette triple culture a favorisé l’émergence de la carrière américaine de ce compositeur connu pour la musique de nombreux films dont celle de "Le Voile des illusions", pour laquelle il a obtenu un Golden Globe Award en 2007. En 2006, il fut aussi Étoile d’or du compositeur de musique originale de films pour "De battre mon cœur s’est arrêté".
  • Eric Serra est le compositeur fétiche de Luc Besson, avec notamment : "Subway" (Victoire de la meilleure musique de film en 1985), "Le Grand Bleu" (musique gagnante d’une Victoire de la musique et d’un César pour la meilleure musique de film en 1988), "Nikita", "Léon", "Le Cinquième Élément", "Jeanne d’Arc". Mais aussi "GoldenEye", musique du film de Martin Campbell.

IV - Deux Bretons
 
  • Yann Tiersen est né à Brest en 1970, ce jeune auteur-compositeur-interprète a déjà un beau palmarès à son actif : bande originale du film "Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain". Les Victoires de la musique lui décerneront le titre de la meilleure bande originale de film. En 2003, il composera une bande originale pour un film allemand cette fois-ci : "Good bye, Lenin !".
  • Denez Prigent n’est pas compositeur pour le cinéma. Il est chanteur et compositeur en breton. Son chant « Gortoz a ran », aux sonorités si celtiques qu’elles semblent remonter du fonds des temps, a été intégré dans la bande originale du film américain "La Chute du faucon noir" de Ridley Scott. L’album qui contient ce titre a été nommé aux Victoires de la Musique.
 

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6 réactions à cet article    


  • Marilou 2 mai 2009 13:43

    Bravo et merci pour cette belle page-hommage !
     La musique est si importante pour servir l’image offerte aux spectateurs.Ces compositeurs sont des créateurs d’univers qui savent avec subtilité coller une ambiance sonore à une image.Il sosnt tous géniaux.
    La musique est , en ce sens ,absolument indissociable du scénario.Un filme se regarde aussi avec les oreilles.
    J’ai une grande admiration pour tous ces créateurs !
    J’aimerai rajouter concernant Michel Magne, la musique du film de Robert Hossein « Les misérables » (produit en 1981, sorti en 1982) avec Lino Ventura,Michel Bouquet, Jean Carmet... véritable chef-d’oeuvre de 3heures,...récompensé par 4 Césars...mais pas celui de la musique....
    Dommage...car il le valait !
     Cette musique est malheureusement passée aux oubliettes alors qu’elle porte une énergie dramatique saisissante qui prend aux tripes ! (le Requiem des barricades et le Dies Irae sont subjugants !)
    Dommage..je n’ai pas trouvé de lien...pour vous faire entendre cette oeuvre sublime.
    Mais le dvd existe !


    • La Taverne des Poètes 2 mai 2009 15:43

      Pas trouvé non plus. On se consolera avec ce slow des Tontons flingueurs.


    • La Taverne des Poètes 2 mai 2009 15:48

      Et ce morceau (le 1er de la liste) qui hésite entre la Marseillaise et Ennio Morricone et puis...je ne sais quoi.


    • norbert gabriel norbert gabriel 2 mai 2009 15:22

      oui, c’est bien de rappeler Michel Magne, un compositeur de haut niveau.

      Je ne me souviens plus pour quel film Georges Delerue sollicité par les américains a répondu quelque chose du genre,« sur ce film, il ne faut pas de musique »..

      Et pour « la samba Saravah » (le chabadabada,) on peut rappeler que Lelouch et Barouh se sont faits gentiment éconduire par tous les éditeurs, du coup, ils ont fondé leur maison d’édition, Savavah, seul label de chanson francophone toujours en activité depuis 1966-67.
      (Lelouch s’est retiré très vite de Saravah pour laisser Barouh aux manettes, d’où les premiers disques de Jacques Higelin, Brigitte Fontaine et pas mal d’autres.
      En ce mai 2009 ; Saravah publie des inédits de Pierre Louki, textes que Louki avait confiés à Claire Elzière, qui l’interprète depuis plusieurs années (avec des musiques de compositeurs comme Dominic Cravic, Grégory Veux, Colette Mansard)

      Je crois que c’est aussi la première fois qu’une chanson (Chabadabada) tait partie intégrante du scénario.


      • La Taverne des Poètes 2 mai 2009 15:39

        Et « Le tourbillon de la vie », dans « Jules et Jim », chanté par Jeanne Moreau. Remember ! ça vaut bien le chabadabada.


      • Fergus fergus 2 mai 2009 17:37

        Merci, La Taverne, de nous remettre toutes ces musiques de film en mémoire.

        J’attends d’ores et déjà avec impatience un prochain opus consacré aux compositeurs étrangers, d’Anton Karas à Goran Bregovic...

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